‹ ComédiesChapitre 195 sur 271 · FLOU TSE · texte numérisé non relu

FLOU TSE

Eh bien, cher Hardy, sur ma foi, Vous avez pleuré ?

RARDY.

Non. Moi, pleurer? Quelle idée [ J'ai l'âme de bonheur et de joie inondée, Et je me sens folâtra à n'en pouvoir guèrjrl Lorsque en nous une vieille amitié va mourir, Celui qui se désole est, je pcuàe, un pauvre homme; Mais le sage, voyant qu'il faut la perdre, en somme, Rit, et la sait gaiement arracher de son cœur!

FLOIUSE.

Cher poé*te, à quoi bon prendre cet air moqueur? À sa manière aus^i l'ironie est morose. Si vous trouvez amer, comme je le suppose, De nous quitter si vite, et de nous dire adieu Sans avoir eu Je tempe de nous rasseoir un peu, 11 fallait Lien plutôt, — ce n'csL pas une aifaire, — Demeurer quelques jours ici.

HARDY, éclatant.

Moi ! Pourquoi faire?

Pour voir un autre amant tout près de vos cheveux Soupirer, et tout has vous dire ces aveux Qu'on écoute en silence et que la brise emporte? Je resterais pour voir cela ?

FLORISE

Que vous importe I

HARDY

Dieux ! — Que m'importe ! — - Ah çà ! mais vous ne comprenez Donc rien ! Vous êtes donc bien aveugle! Tenez, Puisqu'elle me déchire, il faut que je vous dise La vérité. Vraiment, vous l'entendrez, Florise. Écoutez, je vous aime et comme au premier jour, Follement, ardemment, lâchement. Cet amour Me brûle. J'avais beau prendre un masque impassible, Je m'en nourris, j'en vis, j'en meurs.

FLORISE

Est-ce possible?

HARDY

Tu le sais bien.. Peux-tu te tromper à ce cri De mon cœur? Ali ! c'est vrai, j'ai dit : Je suis guéri; Je mentais. Oui, j'ai fait un mensonge vulgaire Pour te rassurer.

florise. /

Vous 1

HARDY

Je répétais naguère, Par le rayonnement de vos yeux ébloui : Je vous aime à présent comme un frère. — Ah! bien oui! J'aurais voulu coller ma bouche sur tes lèvres, Quand je parlais ainsi, brûlé de mille fièvres, Et, mordu par les traits dont tu me déchiras, Comme un trésor volé Remporter dans mes bras I

FLORISE

Tant pis, je vous ai cru.

HARDY

Vous étiez donc bien folle Alors, quand près de vous mes regards, ma parole, Mes silences mortels, mes longs enivrements Et ma gaîté d'emprunt, tout disait que je mens I

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