THÉTIS, ACHILLE
THÉTIS, admirant le déguisement d'Achille,
Certes, ainsi vêtu, mon Achille, on croirait Voir une chasseresse errante en sa forêt, Ou, la lèvre pareille à la grenade mûre, Quelque jeune amazone ayant quitté l'armure. Écoute maintenant.
Marchant devant lui pour lui enseigner les poses et la dëmarch» d'une jeune fille.
Il faut marcher ainsi Timidement, voiler ton regard adouci.
ACHILLE, avec une dernière velléité de résistance.
Ma mère!...
THÉTIS
Ne dis rien. Calme un peu ton délirer Laisse éclater en paix la Heur de ton sourire. Ne sois plus l'intrépide et fier Achille : sois Une jeune princesse à la charmante voix. Oui, mon enfant, il faut sous ta belle parure Voiler ton large front avec ta chevelure; Mais, je le jure, aussi tu seras bien payé D'avoir eu pour ta mère un instant de pitié. Plus tard, bientôt, mon fils, tu trouveras ta proie, Le Xanthe ensanglanté, les champs fumants de Troie Et tous les Phrygiens se hâtant vers ses murs! Sur leurs frères fauchés comme des épis murs, Devant ta claire épée ils fuiront comme un rêve, Et le cruel Hector, dont le front haut s'élève
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Comme un chêne que nul ouragan ne ploya, Tombera sous tes coups.
ACHILLE
0 Deïdamia!
Les Princesses paraissent, revenant du temple de Pallas par l'avenue 'qu'elles ont prises pour s'y rendre, et en même temps le roi Lyco- ■ mède sort de sa maison. — Ne voulant pas encore se montrer eux, Thétis entraîne Achille.
THÉTIS, à Achille.
Viens.