SCÈNE VI
DEÏDAMIA, THOÉ, ZEUXOr PERSÉIS, LYCOMÈDB, THÉTIS, ACHILLE.
THÉTIS
Roi, je t'amène Iphis, la sœur de mon Achille. Des Nymphes relevaient jusqu'à ce jour, dans l'île
394 DEÏDAHIA.
D'Icos, mais quand sévit la guerre affreuse, ô Roi, Je lui donne un plus sûr asile près de toi. Vois ses yeux! Vois son air indomptable et sauvage l N'est-ce pas bien l'aspect farouche et le visage De son frère? Voilà pourquoi je craindrai moins Pour elle, après l'avoir confiée à tes soins. Toujours en sa fureur guerrière, dès l'aurore, Iphis veut porter l'arc et le carquois sojjrjre, Et, comme l'amazone, en son dédain jaloux Se refuse à marcher sous le joug d'un époux. Mais dompte cette ardeur à mes désirs contraire, Car c'est assez que j'aie à craindre pour son frère. Qu'elle vive les jours de sa jeune saison Parmi tes filles, sous tes yeux, dans ta maison, Et qu'elle porte, au lieu des armes abhorrées, Les corbeilles, les Heurs et les choses sacrées. Qu'elle ne coure pas dans les noires forêts ! Et surtout, car plus tard tu te repentirais, Défends-lui d'approcher du port et du rivage. Déjà bien des vaisseaux, apportant le ravage Dans quelque île paisible, ont parcouru ces mers; Ne nous expose pas à des regrets amers, Et mon cœur bénira ton auguste vieillesse Si tu me rends un jour cette enfant.
O Déesse! Tes yeux ont honoré mon front devenu blanc, Puisque tu m'as choisi pour veiller sur ton sang. Viennent les Phrygiens et, maître de cette île, Je saurai protéger la jeune sœur d'Achille, Ou mourir.
THÉTIS, étendant sa main sur la tête cTAchiUâ^
Adieu, toi que bercèrent mes brasl Toi, mon trésor 1