ACHILLE, ULYSSE
ULYSSE, jouant la surprise.
C'est toi, belle Iphisl
424 DEÏDAM1A.
ACHILLE, à part.
Ulysse ! J'ai pitié de sa ruse inutile,
ULYSSE
Seule 1 Que fais-tu là?
ACHILLE
Mais, tu le vois, je file Ma quenouille. Car c'est ainsi que nous régnons, Nous iautres. C'est au mieux, si tes chers compagnon», Ne laissant pas leur glaive amasser de la rouille, * Le caressent, ainsi que moi cette quenouille, Et savent faire mieux que tourner un fuseau !
ULYSSE
Ils sont braves. Jamais la peur en son réseau
N'a pris leurs cœurs. Mais quoi! leur bravoure est stérile,*
Puisqu'ils ne vaincront pas à moins d'avoir Achille.
Négligemment.
Du moins on le leur a fait croire. Mais pourquoi Ne vaincrions-nous pas sans Achille ?
D'un ton provoquant.
Ce roi Qu'il faut chercher partout comme une fleur dans l'herbe, Ne me paraît pas être un héros bien superbe, Et contre les hasards il est trop protégé. N'est-ce pas ?
A part.
Si vraiment c'est Achille que j'ai Devant moi, je lui veux dire des choses telles Qu'il en sente en son cœur des angoisses mortelles. Haut.
Je le juge peut-être avec sévérité.
Mais que sais-tu de lui ? dis-moi la vérité.