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ACTE UT, SCÈNE II

DIOMÈDE

Sans doute de tels vœux doivent nous protéger.

Mais l'ennui du départ nous sera plus léger,

0 vierges, en quittant ce Roi qui nous honore,

Si l'une de vous prend la cithare sonore

Et nous dit quelque chant ailé, dont la douceur

Nous charme, et soit pour nous ce qu'est pour le chasseur

Fatigué, le ruisseau qui murmure et soupire î /

LYCOMÈDE, à Achille.

Chante, mon Iphis, toi qu'Apollon même inspire !

ACHILLE

Moi!

Ta voix rafraîchit mon vieux cœur altéré.

ACHILLE

Moi, seigneur 1

DEÏOÀMIA, bas à Achille.— D'une voix caressant*. Obéis.

ACHILLE, haut.

C'est bien. Je chanterai.

LYCOMÈDE, à Deïdamia. t Toi, Deïdamia, viens ici. Prends la lyre. .

Tandis que tous se groupent autour d'Achille et de Deïdamia, Ulysse entraîne Diomède à l'écart et lui parle bas.

ULYSSE, bas à Diomède.

Voici l'instant. Sitôt qu'Achille, en son délire, S'enfuira, va, suis-le. Trouble son cœur sans frein 1 Toi-même, attache-lui la tunique d'airain Et le casque mouvant. Que la fureur guerrière Le prenne, et que Thétis elle-même soit fière De voir rougir le front menaçant de son fils !

(34 DEÏDÀMIÂ.

DIOMÈDE, bas à Ulysse.

Ami, je le suivrai.

ULYSSE, haut à Achille.

Nous t'écoutons, Iphis.

ACHILLE, chantant.

Oh ! protège les nefs rapides,

Thétis, déesse au péplos bleu,

Qui dans l'azur des flots splendides

Réfléchis le soleil de feu !

Tous les Dieux, que le ciel effleure,

Désiraient ta belle demeure

De clairs saphirs et de coraux* :

Tous, ils t'adressaient leur prière;

Mais toi, dans ton âme guerrière,

Tu leur préféras un héros!

On entend un bruit de trompettes d'abord confus et comme étouffé. Achille interrompt son chant et dit d'une voix déjà émue et inquiète.

Mais quel est donc ce bruit effrayant?

ULYSSE, rassurant Achille.

CJiante encore.

Ce n'est rien. C'est la mer qui gourmande à l'aurore Les blancs coursiers d'écume et les cruels typhons, Et qui hurle d'horreur dans ses gouffres profonds.

ACHILLE, chantant.

Car le héros en sa démence Est l'image du flot amer!

Pareil dans la mêlée immense Aux fureurs de la vaste mer, Il court, semblant avoir des ailes ; Et parmi les flèches mortelles Riant à Vairain qui le mord,

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