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SCÈNE III

ULYSSE, LYCOMÈDE, DEÏDAMIA, THOÉ, ZEUXO, PERSÉIS.

ULYSSE, feig* Mit l'étonnement.

Achille !

LYCOMÈDE, résolument, à Ulysse.

Oui, c'est lui.

A Deïdamia.

Mais rassure-toi d'abord, 0 mon enfant I Pour ces clairons sonnant la mort,

436 DEÏDAttlÀ,

C'est là, je le devine, une ruse d'Ulysse.

Mais, quoique sa fureur lui serve de complice,

Achille, ton époux, vers les bords stygiens

N'envoie en cet instant nuls voleurs phrygiens;

Car nul d'entre eux n'accourt vers mon seuil vénérable.

A Ulysse.

N'est-ce pas, Roi ?

Ulysse garde le silence.

Si j'ai d'un front impénétrable Accueilli tes soupçons, dès le premier moment Je connaissais Achille et son déguisement. Mais un ordre divin, me faisant violence, Me contraignait alors à garder le silence. Car, voyant mes cheveux du poids des ans chargés, Avant que les Troïens par Achille égorgés Ne tombent dans la plaine, offerts aux loups voraces, La déesse Thétis pour mêler nos deux races Elle-même a quitté les flots mélodieux.

Ne nous opposons pas à ce que font les Dieux I

DEÏDAMIA, à Ulysse.

Roi, ton esprit en mille inventions fertile Se réjouit. Enfin, tu le tiens. C'est Achille. Oui, c'est bien lui. Voilà ton regard rayonnant, Et tu dis : « Il ne peut m'échapper maintenant. » Lorsqu'un homme te fait obstacle, tu l'abuses, 0 Roi subtil, avec d'irréprochables ruses; Et, s'il le faut, tu sais mentir avec douceur Même à des vieillards. Tel dans les bois le chasseur Vient par l'étroit sentier resté dans sa mémoire Et se glisse en rampant vers la caverne noire Que le feuillage épais couvre d'un vert manteau, Puis emporte en ses bras tremblants le louveteau,

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