‹ ComédiesChapitre 63 sur 271 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

ORGON, rocintrant Lê*ntlf4.

Moi, je comptais sur lui I

COLOMBINE, « Léandre.

Donc Messine, ton frère Octave, les corsaires...

LÉANDRE

C'était pour t' obtenir.

ORGON

Vous êtes deux faussaires.

Je devrais, et j'en sens quelque tentation, Vous (Jonner à tous deux ma malédiction.

COLOMBINE

Mon père!...

ORGON, à part.

Il n'est que temps de marier ma fille. Je la sens de mes doigts couler comme une anguille.

Haut.

Épousez-vous, l'argent ne fait pas le bonheur.

LÉANDRE, à part.

Ainsi je me serais marié pour l'honneur!

Haut, à Orgon.

Tenez, monsieur Orgon, je sais, père modèle, Ce qu'il vous coûterait de vous séparer d'elle. D'ailleurs, vous n'aimez pas mes procédés errants. Vous ne m'estimez guère, allez !

Jetant Colombine dans las bras d'Orgon.

Je vous la rends î

ORGON, à Léandre.

ÎSTon, amant généreux, tu l'auras, je l'atteste, Et son père avec toi ne veut pas être en reste. Il jette Colombine dans les bras fle Léandre.

ii{\ LE BEAU LÉANDRE.

LÉANDRE

Gardez-la, mes esprits y sont bien résolus. Je ne veux pas vous en priver.

Même jeu avec Colombine dans les bras d'Orgon.

ORGON, la lui rejetant.

Ni moi non plus.

LÉANDRE, même jeu.

Entre nous le destin avait mis trop d'espace. Je vous la restitue 1

OHGON, même jeu.

Et je te la repasse.

La voilà l

LÉANDRE, même jeu.

Vainement vous voulez dépasser Ma prudhomie!

ORGON, même jeu.

A moi de te la repasser.

' COLOMBINE, se dégageant violemment. .

Ah ! tout beau, s'il vous plaît! C'est un pou trop de zèle. Vous vous ferez du mal ! Suis-je une demoiselle Qu'on se jette de main en main comme un ballot ? Vouf n'y voyez pas clair : prenez votre falot. Tant de beaux sentiments à mettre en étiquettes ! Suis-je un volant peut-être, et vous les deux raquettes?

A Léandre, h part, dans un coin.

Épouse-moi, Léandre, et quitte le tripot.

Mon père est... non pas est, mais a dans un vieux pot

Des boisseaux de ducats enfouis sous la terre

Au fond de son jardin. Tu sauras le mystère.

Je tiens les bons endroits.

Page 1