VIT
MÉSINTELLIGENCE ENTRE M. DE VAUDREUIL ET MONTCALM. —PRISE DU FORT GEORGE OU WILLIAM-HENRY,
Avant de commencer la campagne de 1757, il avait paru bon de réchauffer le zèle des sauvages. Les troupes françaises étaient dans leurs quartiers d'hiver, à Québec, à Montréalet aux environs. Les Anglais s'étaient concentrés dans leurs meilleures positions, après avoir détruit leurs forts d’entrepôts, appelés Bull et William, sur la rivière de Chouegen. Une grande assemblée fut convoquée à Montréal, et les sauvages
s’y rendirent en bon nombre. « Les cinq nations
(c'est ainsi que l’on nomme les Iroquois) en-
voyérent à Montréal une ambassade composée de 180 hommes, y compris les femmes et les enfants. Il y a en cette occasion de grands conseils, pour se servir des termes du pays, c'est-
à-dire qu’on a tenu à Montréal une sorte de
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congrès auquel nos Iroquois domiciliés, les Nepinings, les Algonkins, les Potoouatomis et les Outaouais, nations sauvages attachées à la France, ont assisté par députés. Cette ambassade est la plus mémorable qu'il y ait jamais eu au Canada, tant par le nombre des ambassadeurs et la nature des objets qui se sont agités, que pour les bonnes dispositions dans lesquelles les cing nations ont paru être. Il y à lieu d'attendre de leur part la neutralité la plus exacte. On peut même espérer que, quelque ces nations ne veuillent pas prendre la hache contre l'Anglais, plusieurs de leurs jeunes gens nous suivront à la guerre. C'est tout ce qu'on peut exiger raisonnablement d'un peuple enclavé presque au milieu des habitations anglaises. Nos sauvages domiciliés ont parlé aux cinq nations dans ces conseils avec menace et fierté. M.le marquis de Vaudreuil leur a promis un oubli de leur conduite passée et de leur faire trouver tous leurs besoins, pourvu qu'ils
fussent fidèles à leur parole. Ges sauvages ont
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rapporté et foulé aux pieds les médailles des Anglais. Cependant ils n'ont pas dissimulé qu'ils avaient aussi des députés à Orange (1. En effet, nous avons su à la fin de mars que les députés s'étaient retirés de chez l'Anglais sans vouloir prendre aucun engagement. Cette espère de congrès a duré tout le mois de décembme ‘2).» Ces négociations ne laissaient pas que d'être épineuses ; elles exigeaient beaucoup de prudence et de sang-froid. Montcalm le comprit, et w'omettait rien pour gagner ces esprits rolages « Mes amis les sauvages, souvent insupportables, et avec qui j'ai autant de patience que de legme, m'aiment beaucoup (3). »
Cependant la position de Montcalm devenait de plus en plus embarrassante. Le 11 juillet, il éenivait au ministre une lettre remplie de do-
lances. Ses rapports avec le gouverneur étasemt
L. Albany ou Orange était une ville de la Nouvelle Angleterre, sur l'Hudson, 2. Lettre de Montcalm, datée de Montreal ke fe
æwrul.