ES
n'est pas une chose surprenante pour vous
d’être éloigné de la cour et des emplois. Votre
cœur ne tenait à rien en ce monde-ci, qu’à
la seule personne du roi. Je vous plains d’au-
tant plus dans le malheur que vous avez de vous croire forcé de le fâcher. Gue Dieu est
profond et terrible dans les voies qu’il tient « sur vous ! Il semble qu'il ne vous retient ici « lorsque vous voulez quitter, qu’afin de vous « en arracher parun coup soudain. » Dans trois autres lettres (2) relatives à la même dis-
grâce, Bossuet fait toucher du doigt au maré-
1. Cette phrase montre bien que l'éditeur des Œuvres de Bossuet, édition de Versailles, s’est trompé en attribuant la disgrèce du maréchal à un conflit avec M. de Créqui. Je n'ai rien trouvé dans les Hémotres qui justifiât cette assertion ; d’ailleurs il serait extraordinaire que M. de Bellefonds, promu au maréchalat en même temps que M. deCréaui, se fût trouvé commander sous ses ordres. Ce qui a pu induire en erreur, c’est cette hrase qui se trouve à la fin de la lettre : « On attend es réponses de M. le maréchal de Créqui. » Ce seigneur était en effet entré dans la mème ligne de conduite que ses collègues, mais il céda le premier.
2. Lettres des 1er et 30 juin et du 9 septembre 1672. Œuvres de Bossuet, t. XXXVII.
chal les desseins de la Providence, lui découvre le bonheur de sa position, et l'encourage dans ses bonnes dispositions. Dieu, dit le P., Bouhours, « quine voulait pas l'engager dans le monde... semblait vouliir lui en faire ressentir l'injustice et l’amertume pour lui en donner du dégoût (1). »