Hist. de Louis XIV 1741, t. IV, p
» Par la Hodde. Francfort,
gauche un gué profond ; les fantassins s’y jetèrent à la suite ; quelques uns furent emportés par le courant; les autres passèrent; mais leurs munitions étaient mouillées. Cependant la cavalerie espagnole venait sur eux à la charge ; ils la recurent sur la pointe des baïonnettes et des piques, la mirent en désordre et l’achevèrent avec la crosse de leurs mousquets. En même temps le régiment de Sainte-Maure attaquait le pont, coupé de distance en distance par des barricades : la première fut brisée à coup de hache ; mais il fut impossible de renverser la seconde, qui était soutenue par un terrassement ; alors les officiers; M. de Calvo, lieutenant général, en tête, sautèrent sur les garde-fous, et tout le régiment défila de la sorte, à droite et à gauche des barrières, Les Espagnols reculèrent en désordre; la nuit protégea leur retraite, et le lendemain le duc de Bournonville put faire entrer la plus grande partie de son infanterie
dans Girone, C'était plus qu’il ue fallait pour
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mettre cette place à l'abri d’une surprise /1). »
« Pendant que tout le monde parle de vous, « écrivit à cette occasion le P. Le Valois au « maréchal, et vous donne la gloire qu’il juge « que vous avez méritée au passage du Ter, « je suis persuadé que vous la rendrez à Dieu « tout entière. Le soin que vous avez eu de ne « rien dire, ni de vous, ni de monsieur votre « fils, dans les lettres que vous avez été obligé « d'écrire après cette grande action, montre « bien que vous avez oublié ce qui vous regar-
« dait, ouque vous n’y avez pensé qu’autant
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qu'il fallait pour le cacher. » Puis, après lui avoir rappelé la conduite de l'Israélite Barac, vainqueur de Sisara, il lui recommande d’avoir soin que ses troupes servent Dieu aussi
bien que le roi : « Dieu vous en a fait comme
1. Hist. de Louvois, t. II p. 264.— « J'ai fait voir à madame de Villars tout ce que vous me mandez de M. le maréchal de Bellefonds. Cette action vous a paru plus grande qu'ànous; c’est l'effet de la perspective » (Lettre de madame de Sévigné au président de Moulceau, 1e" juin 1681.)
« l’évêque, en même temps que le roi vous en
« a fait le général ; et vous n'avez pu recevoir
« une si grande autorité, sans contracter de
« très-grandes obligations. » Il termine en le
priant de se conserver et de n’exposer ni sa
personne, ni ceile de son fils, sans une vraie
nécessité.
La suite de la campagne ne répondit pas à
ses commencements. La victoire du Ter, ou de
Ponte-Mayor, paraissait rendre inévitable la
prise de Girone ; ces prévisioi:s ne furent pas
réalisées. « Le maréchal de B:llefonds n'avait
rien préparé pour faire un siége en règle, Le
bon sens lui conseillait de se jeter sur quelque
autre poste moins bien garni ; mais Girone
était la première des places indiquées dans ses
instructions ; il s’entèta quoiqu'’on püût lui re-
présenter, à prendre Girone la première. Tout
se fit à la hâte, l'investissement, la tranchée,
les batteries. Dès qu'il y eut une brèche à peu
près praticable, le maréchal y lançs tout son
monde : c'était le 24 mai, à huit heures dusoir,
LE MARÉCHAz re
Les aSSaillant
DE BELLEFONDs. 241
$, EMportés par une ard Pénétrèrent jusqu'au
aCcablés par les force
Poursuivre, Le 7 juin, Louvois écrivait à Louis XIY :
Majesté une nouvelle for
ne Ja Surprendra point 5 C'est la levée du siége
«j'envoie à Votre t désagréable, Mais qui
de Girone, après y avoir fait donner Un assaut
Par ls plus grande par fait une Perie considér de soldats (1). »
tie de l’armée, où l'on a
able tant d'officiers que
Quelques historiens
attribuent ce pr l'imprudence des trou
evers à
pes ; d'autres en rejettent la responsabilité sur Louvois, Jui « aurait été « bien aise de lui faire
l. Hist. de Louvois, t. II, p. 265,
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