Comment a vécu Standhal
Il y a quelques années l'auteur de ces pages — avant de s'exiler dans la solitude à laquelle il s'est voué — m'annonça qu'il me léguait son admirable collection Stendhalienne et peu après il m'apportait lui-même non-seulement les autographes, mais toutes les reliques du maître : plusieurs livres ayant appartenue Stendhal remplis de notes de sa main, un moulage du fameux buste de Tibère dont Beyle donna l'original au comte Mole, deux coupes étrusques en terre cuite; il me donna ces trésors en me disant :
— Voici ce que je vous avais promis — j'y ajoute les notes que j'avais prises en étudiant ces pièces qui sont à vous désormais. J'aime mieux que vous les ayez de mon vivant... je jouirai ainsi du plaisir que vous aurez à les posséder.
PRKFACE
N'est-il pas très rare de trouver sur sa route un ami capable d'autant de délicatesse?
Je voudrais lui dire toute ma reconnaissance, mais il me semble que son acte comme ses paroles se passent de commentaires, et, s'il faut en croire Stendhal, ne gâte-t-on pas le bonheur en essayant de l'exprimer?
Les documents qui ont servi à composer ce livre sont des documents de premier ordre — ils proviennent de l'exécuteur testamentaire de Bcyle, Romain Colomb; leur authenticité est absolue.
■ "Ce volume forme en quelque sorte un catalogue raisonné d'une très belle et très homogène collection d'autographes. Mais à force de tourner et de retourner ces papiers jaunis, à force de les interroger, l'auteur qui avait tout d'abord un but modeste a fini par faire œuvre vraimentoriginale. Le cataloguedepièces inédites est devenu un catalogue d'états d'âme.
Les quatorze testaments de Beyle sont en effet autant de révélations sur les crises de son existence — plus sentimentale qu'on ne croit généralement — et à travers les formules admi-