‹ Comment a vécu StandhalChapitre 7 sur 40 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

Les budgets de Stendhal ne sont guère brillants, il a essayé de s'en consolât. « La cuisine de la littérature, dit-il, m'aurait dégoûté du plaisir d'écrire. J'ai renvoyé les jouissances de l'imprimé à vingt ou trente ans d'ici. Je vous avouerai que je place mon orgueil à avoir un peu de renom en 1880. » En quoi il ne s'est pas trompé. De son vivant il fut apprécié de quelques happy fen'^ parmi lesquels on peut citer Gœthe, grand admirateur de Rouge et Noir^ et Balzac qui écrivit dans sa ^evue Parisienne un article superbe sur la Chartreuse de Parme. Balzac disait : « Aussi le plus grand obstacle au renom mérité de M. Beyle vient-il de ce que la Chartreuse de "Parme ne peut trouver de lecteurs habiles à le goûter que parmi les diplomates, les ministres, les observateurs, les gens du monde les plus éminents, les artistes les plus distingués , enfin parmi les douze ou quinze cents personnes qui sont à la tête de l'Europe. »

Et pourtant les livres de Beyle ne sortaient pas du magasin de son éditeur. Il en riait le tout premier. Il raconte qu'en 1822, il eut grand peine à trouver un libraire qui voulût gratuitement du manuscrit de Yd/îmour. Ce libraire lui dit au bout d'un mois :

— Votre livre, Monsieur, est comme les Psaumes de M. de Pompignan : « Sacrés ils sont, car personne n'y touchr, »

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