‹ Comment agit la traction dans le traitement de la coxalgieChapitre 4 sur 4 · II. — Analyses · texte numérisé non relu

II. — Analyses

Compte rendu du 3“ congrès annuel de V American Orthopœdic Association, p. 145. — Académie de médecine de New-York (section d’orthopédie), séance du 18 octobre 1889, p. 150. — W. Schulthess. Les courbures physiologiques du , rachis dans leur rapports avec la scoliose, p. 153. — W. Schulthess. Incurvations de la colonne vertébrale chez les enfants dans la position assise, p. 153. — G.-H. Taylor. Gibbosité, physiologie pathologique et traitement, p. 154. — E. Lahdois. Des déviations du rachis dans leurs rapports avec la névropathie héréditaire, p, 155. — L. Seegbr. Pathologie de la scoliose, p. 155. — Max Jaffé. Sur la thérapeutique des scolioses habituelles, p. 156. — Lorenz. Mal de Pott, p. 157. — T.-C. Renton. Nerve-stretching pour torticolis, p. 158. — Trendelenborq. Sur une opération du pied plat, p. 159. — A. Landerer. Traitement du pied plat douloureux par le massage, p. 159. — G. Phocas. Leçon d’ouverture du cours complémentaire de la clinique chirurgicale des enfants à la Faculté de médecine de Lille, p. 160.

Avis. — L’Assistance publique vient d’ouvrir à l’hospice des Enfants-Assistés, 74, rue Denfert-Rochereau, une consultation de chirurgie et d’orthopédie, sous la direction de M. le Kirmisson. Cette consultation a lieu les mardis, jeudis et samedis, à 9 heures; elle est publique, et M. Kirmisson donne les renseignements cliniques et thérapeutiques que comportent les malades qui se présentent à cette consultation.

A.-IU JLDSON

COMMENT AGITïDÜC TRACTION

* ■ 'Jij. U] -,

DANS LE J RAITEMEN LA COXA^iJ^ ?,

par M. le Dr

Chirurgieu-oiThopédistc du New-York Hospital.

La Iraction appliquée au membre inférieur est une partie ‘ ' importante du traitement dans la période aig-uë de la coxalgie. Elle procure du bien-être et du sommeil au ' i patient; mais il n’est pas nécessaire de rapporter ce sou- ^ lagement à un prétendu antagonisme que la traction exer- 'v cerait sur les muscles contracturés, qui, d’après certains auteurs, presseraient l’une contre l’autre les surfaces enflammées et amèneraient la destruction de la jointure. Cette opinion implique l’existence d’un « cercle vicieux » dans lequel l’irritation cause le spasme, et le spasme, à son tour, cause l’iriitation; c’est une idée diabolique, plus maligne qu’une affection maligne elle-même, car s’il en était ainsi, la guérison naturelle de la coxalgie, qui arrive très fréquemment, serait impossible.

De plus, l’hypotlièse d’après laquelle le trauma produit par le spasme réflexe pourrait détruire la jointure est ^ renversée par Tordre dans lequel surviennent les phénomènes dans cette jointure. Le spasme réflexe est un incident très précoce, c’est même le premier signe de la maladie, tandis que la destruction des surfaces articulaires n’a lieu qu’à une période avancée Le tissu osseux est* d’abord , altéré, et ensuite le cartilage perforé ; les lésions se produiraient dans un ordre inverse si le spasme réflexe était Tagent destructeur.

Vient alors la question de savoir s’il est mécaniquement possible de résister à la contracture musculaire par la traction appliquée à la cuisse. Si nous pouvions appliquer* les bandelettes de diacliylon qui servent à l’extension direc-*' tement sur la diaphyse du fémur, nous pourrions peut-être,

3n tirant sur cet os, nous opposer à la contracture des ; f muscles qui croisent la ligTio de la jointure dans ditîérenles directions, et quelques-uns d’entre eux à angle droit avec Taxe de la cuisse. Mais- il n’est pas possible, en appliquant le diacliylon sur la peau, séparée de l’os par une couche plus ou moins épaisse de tissu cellulaire, graisseux, et par les muscles relâchés de la cuisse, de prendre sur le fémur un point d’appui suffisant pour que nous puissions vaincre, d’une manière pratique, le spasme reflexe des muscles péri-articulaires .

Si la traction avec point d’appui sur les muscles est inutile et mécaniquement impraticable, cherchons donc comment il se fait que beaucoup de chirurgiens soutiennent cette opinion que la traction est nécessaire pour contrebalancer la contracture musculaire et pour arrêter la destruction progressive de l’articulation. Il n’est pas impossible que les observateurs honnêtes et habiles qui soutiennent cette opinion se soient basés sur des conclusions tiiées trop hâtivement d’apparences cliniques. Il est vrai que lorsque nous appliquons la traction, soit par les poids et les poulies, soit par l’attelle à coxalgie, l’apparence est i celle d’un appareil qui soulage la douleur en s’opposant a la contracture musculaire. On ne peut nier que la tête fémorale, que l’on trouve érodée à l’autopsie ou après la résec- I tion à une période avancée, paraisse dans certains cas avoii souiïert d’une pression analogue à celle que pourraient produire les muscles en état de contracture spasmodique. Mais ces apparences sont illusoires et tronipeuses. Nous ne pouvons, sur une pareille base, c’est-à-dire sur des apparences non vérifiées, réédifier notre pathologie et notre

hérapeutique. . ,

Quoi en soil. U n’cn reste pas moins ce fait que la

xaction soulage la .louleur, et il serait nécessa.re ,1e ü-ouvcr

une explication qui ne f.U pas en f ^

natliologic et fût il’accoril avec ce que nous savons si ^mnLe\lonl les ban.lelettes .le lUaohylon peuvent avoir

A. -U. JL’DSON

prise sur ios muscles. Je pense que la clef de ce problème réside dans ce fait que l’immobilisatioTi, ou l’arrêt de la fonction de l’articulation ennammée, est le principal antiphlogistique, et que la traction, quel qu’en soit le mode d’application, possède la propriété d’exercer une immobilité constante.

Ce n’est pas une idée nouvelle en chirurgie que l’immobilisation existe en même temps que la traction. Elle a été émise il y a près d’un siècle par Desault, dont l’appareil pour le traitement des fractures du fémur est décrit comme il suit : « Il consiste en général à prendre les points d’extension, en haut, sur la tubérosité de l’ischion, du côté malade; en has, sur les malléoles; à fixer les lacs destinés à l’exécuter sur les deux extrémités d’une solide attelle placée au côté externe, et à faire, pour ainsi dire, une seule pièce du bassin, de la cuisse, de la jambe et du pied (1). »

On ne peut douter que la traction produise l’immobilisation, si l’on se rappelle seulement ce que produisait dans les jointures la traction appliquée d’après les procédés anciens de la torture.

Mais ne commettons pas l’erreur de supposer qu’une traction modérée, appliquée comme agent chirurgical, puisse donner une immobilité absolue; celle-ci, en chirurgie, n’existe qu’en imagination. La sensibilité de la peau, le glissement du tissu cellulaire, les coussinets de muscles et de graisse empêchent l’action parfaite des attelles qui doivent produire l'immobilisation, quelle que soit l’habileté avec laquelle elles soient appliquées, même s’il s’agit du genou, avec son articulation ginglymoïdale et scs longs leviers osseux s’étendant au-dessus et au-dessous. Que dirons-nous alors de la boule et du cotyle de la hanche, dont la disposition ressemble à celle des parties d un bilboquet, et qui sont enveloppés d’une épaisse couche de parties molles, sans levier d’aucune sorte au-dessus de la

(1) J. -P. Desault, Œuvres chirurgicales, par Xav. üichat, 3<^ édit. Paris, 1830, t. 1, p. 206.

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