MESURES
Avant d'écorcher un animal, il y a certaines mesures qu'il est bon de noter. Ces mesures doivent être prises toutes en ligne droite, à moins d'indication contraire; par ligne droite, il faut entendre la distance réelle, et non
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celle que l'on obtiendrait en suivant les sinuosités du corps de l'animal. Pour avoir ces mesures avec exactitude, il y a certains soins qu'il ne faut pas négliger. Etudiez l'animal sur le sol dans une pose aussi naturelle que possible, en voyant à ce que la hauteur des épaules et la longueur des jambes soient exactement ce qu'elles seraient si l'animal était vivant et qu'il fût dans la position que vous lui donna .
Lor:gu.…., .—Mesurez depuis le bout du museau jusqu'à l'extrémité de la dernière vertèbre de la queue.
Hauteur de l'épaule. —Mesurez depuis le sol jusqu'au sommet de l’omoplate.
Hauteur du coude.—Mesurez depuis le sol jusqu'à la pointe de l'articulation du coude pour la patte de devant, et de l'attache du tendon pour la patte postérieure.
Longueur du corps.—Mesurez depuis l'extrémité antérieure de l’omoplate, ca-dessous de la base du cou, jusqu’à l'extrémité de l'os coxal.
Largeur. —Mesurez par le travers de la poitrine depuis l'extrémité antérieure de l'omoplate, jusqu'à l'extrémii: antérieure de l’autre omoplate.
Grosseur—La grosseur de l'animal se mesure immédiatement en arrière des Pattes antérieures et aussi immédiatement en avant des pattes postérieures. Pour prendre ces mesures on se sert d’un cordon, et si l'animal a une fourrure épaisse, on aura soin de bien insérer le cordon entre le poil pour l'appliquer sur la peau.
Au moyen de ces mesures, il sera comparativement facile au taxidermiste de reconstruire Ja figure de l'animal. Certaines autres mesures de moindre importance ont aussi leur utilité, telle que la distance depuis l'extrémité du museau jusqu’au coin de l'œil, depuis le coin de l'œil jusqu'à la base de l'oreille, ainsi que la grosseur du cou en arrière des oreilles et la grosseur des
jambes à différents endroits.
Les mesure étant prises, on procède à l’écorchement de l'animal. On fait une première incision tout le long
du ventre, en commençant vers le haut du sternum, entre les pattes antérieures, et en la prolongeant en arrière, jusqu'à l'extrémité de la queue. On fait ensuite des incisions par le travers du corps et, en arrière des pattes jusqu'à la plante du pied ou entre les sabots. C'est par ces incisions que l'on pourra détacher totalement la peau des jambes et du corps. S'il s'agit d'un animal de forte taille, et que la conformation de ses pieds le permette, il faudra écorcher les pieds et les droigts sur toute leur longueur; s’il s'agit d'un ruminant, on écorche jusqu'aux sabots, et l'on en extrait le mieux possible toutes les parties charnues. On doit laisser les os de la jambre attachés à leurs ligaments ou bien on peut les couper près du sabot ou des griffes. Dans l'un comme dans l'autre cas, il faut nettoyer les os soigneusement et les conserver comme parties du spécimen. Il faut avoir soin de conserver autant que possible aux enveloppes des organes génitaux leur forme naturelle. Si J'on opère sur un animal à longue fourrure, on peut continuer l'incision de la poitrine jusqu’à la gorge et tout aup:és de la machoire inférieure, et l’on fait passer la tête par cette incision, mais avec les espèces à poil court, tels que le daim et l'antilope, il ne serait pas possible de faire une couture sans qu'elle y parût, de sorte que l'on doit faire l'incision le long du cou par en arrière. Chez les animaux à panache, cette dern.-re incision est de toute nécessité; pour ces animaux, on doit faire une incision en forme d'Y, les bras de l'Y s'étendant à la base des cornes tandis que la tige se prolonge aussi loin en arrière du cou qu'il est nécessaire pour y faire passer le crâne. On doit soigneusement décoller la peau autour de la base des cornes, puis on l'en détache en faisant une incision; on coupe ensuite les oreilles à ras le crâne. Il faut être très particulier en arrivant aux yeux, pour ne pas couper les paupières. Chez beaucoup de ruminants, il existe une profonde dépression dans la région des yeux, la fossette lacrymale, dans laquelle la peau se
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colle à la partie osseuse. 11 faut procéder, à cet endroit, avec beaucoup de précaution. Quant à la bouche, coupez les lèvres tout auprès des maxillaires, puis ‘coupez le nez assez loin en arrière vers les cartillages du crâne. Une fois la peau entièrement détachée du Corps, nettoyezla le mieux possible en enlevant ce qui y reste de graisse et de chair, puis étendez-la à plat sur le sol et frottez-la à l'intérieur avec du sel. Vous verrez tout particulièrement à ce que le nez et les lèvres, la base des oreilles et les pieds soient bien enduits de sel. Attachez-y ensuite solidement une étiquette portant la date tout au long, et faites sécher la Teau à l'ombre. Gardez-vous bien de l'exposer au soleil ou d'essayer à l’assécher par des moyens artificiels.
Faites ensuite un bon nettoyage du crâne, puis faites-le sécher et étiquettez-le b:-:n Pour qu'il corresponde à la peau. À moins d'absolue nécessité, gardez-vous bien de détériorer la base du crâne en agrandissant le trou occipital pour en extraire la cervelle; vous y arriverez facilement dans la généralité des cas en vous servant d’une spatule en forme de cuiller. Comme, au point de vue scientifique, le crâne du mamifère est aussi utile, sinon plus, que la peau, il faut le conserver très précieusement.
Pendant qu'elle sèche, vous aurez soin d'examiner la peau de temps en temps, particulièrement sur les bords où elle a une tendance à se recoquiller et aussi autour des parties charnues du nez et des pieds, et Partout où elle peut s'être plissée; si ces endroits sont lents à se sécher, vous les étendrez et les fixerez avec des épingles pour bien les exposer à l'air. Lorsque la peau est sèche, vous la pliez ou vous l'enroulez; mais il sera bon de l’examiner de temps à autre Pour vous assurez que tout est bien.
Si les facilités de transport par chemin de fer 1. permettent, vous pouvez envoyer la peau au musée Pour y être préparée et montée. Dans ce cas, il n'est pas nécessaire de la faire sécher, mais vous devez voir à la bien
droit, soupoudrer de sel. Vous devrez notifier par lettre ou
, COu- télégramme les autorités du musée lorsque vous leur trans-
pupez mettrez une peau dans cette condition, afin qu'elles soient râne. È en état d'y voir sans «“'ai une fois le spécimen arrivé. oyez- A Si vous envoyez les peaux encore vertes, ne craignez pas raisse ; de mettre abondance de sel—vous n'en mettrez jamais trop lez-la Fi —et aussi voyez à ce que le sel soit bien en contact avec ticu- toutes les parties de la peau. Un autre moyen d'expédier eilles ces peaux est de les tremper dans une forte saumure et de
suite les renfermer dans un baril.
Ne vous servez jamais d’alun pour les peaux de mammi-
g, et 1 de - fère. On a inventé grand nombre de formules de sel et yens d'alun, mais ces dernières durcissent ou recoquillent les : peaux et ont le tort d'en rendre le tannage € 1: ‘: ntage es-le } plus difficile.
à la | Fee ; REPTILES, AMPHIBIES ET POISSONS.
ita | . ; COMMENT LEUR FAIRE LA CHASSE.
ule lue, Du moment que l'on sait où trouver les reptiles et les > la amphibies, il devient comparativement aisé de les collectionner: tout ce qu'il y a à faire, c'est de les attraper. la L'agilité et l'expérience nécessaires à cela varient selon
rds les espèces. On n’a pour ainsi dire qu’à se pencher pour ramasser le crapaud que l’on trouve, tandis qu’au contraire
des lle il faut une certaine habileté pour s'emparer du lézard er, excessivement rapide dans ses mouvements. Les habi-
tudes et le mode de vie de ces différentes formes animales he, sont si nombreux et si variés, qu'il ne serait pas possible d'entreprendre ici de longues dissertations sur la manière
st de leur faire la chasse. Nous nous contenterons de ne parler assez longuement que des reptiles.
T- Dans notre pays, le seul reptile dont la chasse offre
y quelque danger est le crotale ou serpent à sonnettes.
C'est l'unique serpent venimeux qui se rencontre en Canada on le trouve dans la partie méridionale de la péninsule
de l'Ontario, le long des côtes et sur les îles de la baie Georgienne, et le long de la frontière dans les provinces de l’ouest, ainsi qu’au sud de la Colombie-Anglaise. Bien qu'on ait exagéré le danger qui résulte de sa morsure, ce serpent peut occasionner une blessure très douleureuse:; il faut donc s'en approcher avec prudence: toutefois, comme il n'est pas capable de s'élancer et qu'il ne peut tout au plus se projeter que dans la moitié de sa longueur, il est facile de s'en emparer au moyen d’un baton fourchu qu'on lui applique sur le cou à proximité de la tête. La meilleure manière de transporter les reptiles que l’on vient de prendre, c’est de les renfermer dans des petits sacs de toile dont on ferme l'ouverture par une ficelle à coulisses. Pour tuer l'animal, on n’a qu’à plonger le sac et son contenu dans un seau d'eau en l'y laissant une couple d'heures. Il faut avoir soin de voir à ce que le tout soit bien complètement plongé sous l’eau.
On peut facilement expédier vivants les reptiles, les amphibies, et autres animaux à sang froid. On place les petites espèces dans des boîtes avec du papier humide, des feuilles, de: la mousse ou toute autre matière qui empêchera les petits animaux d'être trop secoués. Comme, d’autre part, ils ne requièrent que très peu d'air, ils pourront fort bien supporter le trajet par la poste, du moment que l'on ne ferme pas hermétiquement la boîte qui les contient. Les espèces de plus forte taille ne sauraient être expédiées par la: poste; ori pourra les confier aux compagnies de messagerie. Autant que possible, il est préférable d'envoyer de cette manière un simple spécimen ou de petites collections, plutôt que de les mettre dans des liquides.