‹ Comment collectionner les spécimens zoologiques pour le Musée commé moratif Victoria [microforme]Chapitre 24 sur 25 · COMMENT NETTOYER ET PREPARER LES COQUILLAC · texte numérisé non relu

COMMENT NETTOYER ET PREPARER LES COQUILLAC

À moins qu'on ne les réserve pour l'étude anatc:.ique, on ne doit pas mettre les fortes Hélices en alcool, vu qu'il n'est presque pas possible d'en retirer le mollusque après qu'il s’y est durci. On doit les ébouillanter le plus tôt possible. Il faut que l'eau soit bouillante et non simplement chaude. Pour que l'opération réussisse bien, on ébouillante en même temps les espèces de même taille ou à peu près. Le mieux est de se servir, pour maintenir les coquillages, d’:1e passoire à long manche; car si on les jetait directement dans l’eau, comme il ne serait pas possible de les retirer tous en même temps, on risquerait d’en laisser bouillir les derniers trop longtemps. Le temps requis pour les bien faire bouillir varie selon la taille des espèces et selon les espèces elles-mêmes, les unes étant plus dures que les autres. Si l'on n’a pas fait bouillir suffisamment, les attaches musculaires de l'animal à la coquille ne seront pas assez ramollies, et le mollusque ne se «tirera» pas bien. Si, au contraure, on a fait bouillir trop, le mollusque se brisera et il sera très difficile de faire l'extraction de la partie brisée. En général, le temps doit varier de dix secondes pour une espèce de la taille de Polygyra monodon, à soixante secondes pour une espèce de la taille de P. albolabris. Il est toujours bon d'essayer

RARRURIRRENUT

d'abord avec un ou deux spécimens de chaque espèce, afin de bien s'assurer du temps requis. Comme il est plus facile d'extraire le mollusque lorsqu'il est encore chaud, il vaut mieux n’en ébouillanter qu'un petit nombre à la fois. Pour faire l'extraction, il faut avoir soin de tirer doucement et sans secousse. On saisit l'animal avec la pointe des pinces recourbées donr on se sert pour ramasser les petites espèces, ou l’on peut, avec des épingles de sûreté, se faire des crochets de diverses grosseurs, que l'on fixe à de petits manches de bois. Une petite seringue est aussi indispensable: si l'animal se brise pendant l'opération, un jet d'eau bien appliqué suffira dans la généralité des cas à déloger ce qui en reste. Si le cas se produisait pour des spécimens très précieux, il sera bon de les mettre dans l'alcool pendant vingt-quatre heures, après quoi, il sera plus facile d'extraire, par un jet de seringue, la partie du mollusque brisée dans l'intérieur de la coquille. Il y a certaines espèces qui ont l’aperture tellement dentée, qu'il est très difficile d'y introduire le crochet; dans ce cas, un jet vigoureux de la seringue fera sortir suffisamment l'animal pour qu'on puisse ensuite le saisir avec les pinces ou avec le crochet. Une fois le coquillage débarrassé de l'animal, il faut le bien laver à l’intérieur au moyen de la seringue. On se servira aussi avec avantage d'un petit morceau d’éponge fixé à un mince fil de cuivre très flexible que l'on introduit dans le coquillage et qui peut se plier selon les sinuosités; or. enlèvera de la sorte les muscosités qui adhèrent aux parois de la coquille et qui, en y séchant, pourrait les déformer considérablement. On doit aussi nettoyer soigneusement l'extérieur avec une brosse à dent; pour cela, on ne doit se servir d’huile ni d’aucun acide. On ne devrait jamais entreprendre de nettoyer les petites espèces en en extrayant l'animal. En plaçant ces petits coquillages quelques temps dans un endroit sec, les mollusques se retirent d'eux-mêmes au fond de leurs coquilles. On les met ensuite dans l'alcool à 25% et on les y laisse une couple de jours. Si l’on augmente la force de l'alcool, vingt-

quatre heures au plus suffiront. On laisse ensuite sécier à l'air et l'on peut étre certain qu'il n'en résultera aucune sente.ir désagréable. On" peut, par la méthode suivante, nettoyer parfaitement ces petites espèces, et cela, soit avant, soit après l'assèchement; «n les met dans une petite fiole avec du sable très fin et très propre et l'on secoue doucem m” jusqu'à ce que le sable ait pris toutes les immondice:.

A l'exception des plus fortes espèces de Planorbes, qui se nettoient plus facilement à l'eau bouillante, il importe peu que l'on fasse bouillir les autres univaives fluviatiles ou qu'on les mette directement dans l'alcool. Dans l’un ou l’autre cas, l'extraction du mollusque se fait très facilement. On doit agir avec les petites espèces fluviatiles comme pour les petits couuillages terrestres. Dans les coquillages operculés, il est bon de conserver l'oper: en tout ou en partie. Après qu'on a détaché l’operex x de i’animal, on le nettoie parfaitement puis on le gli-se dans la coquille où on le maintient au moyen d'un petit tampon d'ouate. On doit, par un bon lavage, débarrasser la coquille de tout corps étranger, tant à l'intérieur qu’à l'extérieur. Les espèces fluviatiles s’inscrustent facilement de dépots de calcaire ou d'oxide de fer: un baïn dans l’aci: oxalique aura vite fait d'en détacher ces dépots. Seulement, il ne faut pas prolonger ce l:in, car l'acide s'attequerait aussi à la coquille. Les Any! surtout sont toujours ;lus ou moins souillés de ces dénots; on les en ‘1éb rasse en les plongeant, sens dessus d:-sous, dans } acic pendant quelques secondes, après «moi on les frotte l-gèr: ment avec une brosse très douce, e: les mainte sant bout du doigt.

Les grands iivalves requièrent un ben ettoyage : même, s’il est possible, on les grattera, nme-liatement après les avoir pris, avec la lame © canif ; ur lever les immondices et autres Gépots, e: ayant fois, de ne pas attaquer l'eépiderme. : on le pn n les

passera à l’eau bouillante; dans ce cas, i uvri-

ront d'elles-mésnes et l’on pourra facir ment décoller ie mollusque. Toutefois, il est pr‘érab zénérak ment, de couper les mu:les qui “maintiennent s valve fermées; à cette fin, on se sert d'un lame très mince, puis . détache l'anisaal comme l’on fait pour ies huîtres. Il aut être prudent, en introduisant la lame entre les deux valves, pour ne pas sriser le rebord, très fragile chez certaines espèces. 1 fœut faire disparaître toute trace de l'animal, puis, après un nettoyage minutieux, on maintient avec une ficelle les deux valves l’une contre l'autre, jusqu'à ce qu'elles -oient jrrfaitement sèches. N'emplovez jamais de ficelle de couleur, car clle pourrait se détendre sur la coquille. Les dépots calcaires doivent être trait : à l'acide oxalique ou à ride muriatique. Ce de ser convient mieux pour les es: es de bonne taille; on l’a;

que au moyen d'un piucea: . et omme il n’attaqu pa

eau des doigts. vn peut l'employer librement. T: is, on ne dot pas en abuser, car des lavages trop fré ts finiraient par détériorer le coquillage. Quant 2u ite espèces, 5: deria et Pisidia, il est préféra! ur S nettoyer cd: les li ser dans de l'alcool « lué, ; ant une couple de ;: après quoi on les lais: scher urelle-

ment. Il ne iaut pas les laisser trop longtemps dans l'alcool, car les valves pourraient s'y défor:ner -le quelque

façon.

Il est préférable d'extraire le mollus zit des Sbhærium de forte taille. Celà n'est ju'après que le coquillage a trempé pendant plu urs dans

l'alcool. Comme ces espèces sont généralement trop petites pour qu'il soit possible qu'on attache ensemble les deux valves, on fera bien, alors que la charnière est encore flexible, d'enrouler chaque spécimen dans une petite bande de papier de soie et de l'y laisser jusau’à ce qu'il soit parfaitement sec.

Il est un point sur lequel je ne saurai: trop appuyer: il faut prendre un soin extrème de ne pas mélanger ensenble les espèces de localités différentes, soit pendant qu'on

les collectionne, soit pendant qu'on les nettoie. Chaque spécimen doit en outre avoir son étiquette. L'étude de la distribution géographique est l’une des branches les plus importantes de la conchyliologie; or cette étude doit être basée sur un travail absolument consciencieux de la part du collectionneur.

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