COMMENT SE COMPORTER DANS LES EXCURSIONS
Tout ce qu'on pourrait dire sur ce sujet s'applique à la chasse en général. Le calme et la tranquilité dans les mouvements sont les meilleures règles de conduite. Il est bon de mentionner ici un petit expédient auquel les ornithologistes ont souvent recours: il s'agit de placer le revers de la main contre les lèvres humectées et de retirer l'air par succion; il en résulte comme un léger gazouillement qui a pour cffet d'attirer les petits oiseaux du plus loin qu'ils l'entendent, particulièrement en été et en automne, et qui les fait sortir des buissons où ils se tiennent cachés. Le chasseur a plus de facilité pour les atteir :“e.
Du SoIN À DONNER AUX SPÉCIMENS PENDANT L'EXCUR- SION.
La première chose à faire après avoir ti.é est d'achever l'oiseau qui n’a pas été tué instantanément. La manière la plus rapide, et en même temps la plus sure pour ne pas “étériorer le plumage, consiste à prendre l'oiseau entre le pouce et l'index, un peu en arrière des ailes, par en-dessous, et de presser fermement. Cette pression sur le cœur et les poumons produit la mort en très peu de temps Cette méthode est en même temps la moins douleureuse pour l'oiseau. On ne peut l'appliquer aux gros oiseaux tels que les hiboux, les éperviers, etc. Il faut alors avoir soin d'éviter les coups de bec ou de pattes qui pourraient infliger d’assez graves blessures. Le mieux est de maintenir l'oiseau par terre et d'appuyer fortement du genou en y mettant tout le poids du corps: le résultat sera le même. Essayer d'étouffer un oiseau en interceptant le passage de l’air par les voies respiratoires est chose inutile dans la plupart des cas, vu que les oiseaux ont une communication d'air directe entre les poumons, les os à cavités internes, et les sacs aériens repartis dans le corps et que, au moyen de cet air, ou même au moyen de la per-
foration faite par la balle à travers le corps, ils peuvent respirer momentanément aussi bien que par les voies naturelles.
Lorsque le relâchement des muscles de l'oiseau indique qu'il est bien mort, il faut avoir soin d'enlever tous les caillots de sang qui se sont formés et de tamponner la bouche, quelquefois aussi les narines, au moyen d'ouate. Il est bon de se munir d'une certaine quantité de farine de maïs ou de plâtre et d’en répandre sur les plumes souillées de sang; cela fait, on glisse l'oiseau tête première dans un cornet de papier, que l'on referme ensuite à peu près à la hauteur de la queue; et l'on confie le tout à la gibecière, À moins qu'on ne préfère le mettre dans sa poche en ayant soin de‘lui éviter toute pression. Le plus diffcile est fait, si l'on a pu rapporter au campement, ou chez soi, son gibier en bonne forme; aussi, un peu de soin pendant l'excursion sauvera beaucoup d’ennui et de travail dans le montage du spécimen. Le meilleur papier pour en faire des cornets est peut-être celui que contiennent les revues populaires comme pages d'annonces. C'est un papier solide, glacé, et de grandeur convenable. !Plié en deux, il se glisse très bien dans la poche du veston; un seul feuillet est suffisant pour un petit oiseau, un double feuillet suffit pour la plupart des oiseaux de taille moyenne.