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pour partir avant l’heure, mais pour l’attendre avec plus de tranquillité ; (Car) ceux qui s’arment avant que l'alarme se donne le sont toujours mieux que les autres qui, sur l’effroi, courent çà et là au plastron et au casque. Il me semble que c’est toujours beaucoup de reproche aux mortels de mourir sans y avoir pensé, mais il est double à ceux que Notre Seigneur à favorisés du bien de la vieillesse.
Il est (donc) vrai que : nous trépasserons tous un jour à venir,lequel nous ignorons, et c'est à la vérité une tromperie par trop affectée, qu’une oubliance volontuire de ce passage, puisque la nature ne fait grâce à personne de sa nécessité. C’est pourquoi l’homme prudent ordonne. chaque :
journée comme devant être la der.
nière de sa vie, laquelle ne doit être qu’une continuelle sn es à faciliter ce passage.
Le départ des chères âmes que nous avons aimées doit aussi nous y aider.
La divine Majesté nous attire en cette sorte au désir du ciel, y retirant petit à petit tout ce qui nous était plus cher ici-bas,
Nous-mêmes nous mourons tous les jours et notre vie s’en va par pièces et morceaux, comme cet animal des Indes, lequel étant, de sa nature, terrestre (Q est-à-dire vivant sur la terre) petit à petit, et pièce à pièce, perd tout son être naturel et devient entièrement poisson ; car ainsi, pièce à pièce, nous changeons cette vie mortelle, jasques. à tant que, par une entière et finale mutation, que nous appelons mort, nous ayons acquis une vie immortelle. |
Mon Dieu! que ne sommes-nous
sages par tant d'expériences! Que ne méprisons-nous le monde, lequel en tout est si frêle et si imbécile | Que ne nous tenons-nous aux pieds du
Roi immortel qui a triomphé de 14 mort par sa mort, ét duquel la mort est plus aimable que la vie de tous les rois de la terre |
Mon Dieu! ne serons-nous pas heureux, si nous mourons avec notre doux Sauveur au milieu de notre cœur ? Or sus, il l'y faut donc bien ‘tenir toujours, continuant nos exer:
cices, nos désirs, n0s résolutions, nos protestations. Il vaut mille fois Mieux mourir avec Notre Seigneur, que de vivre sans lui.
Oh! que bienheureux sont ceux qui, vivant en continuelle défiance de mourir, se trouvent toujours prêts à mourir, en sorte qu'ils puissent revivre éternellement en la vie où il n’y a plus de mort.
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