AUX LECT[-:URS XVII
vail avail procede a line enquete qui disait les intentions du Proletariat :
Elle avail appele Vattention des syndicals sur ce qu'ils anraient a faire, au cas de greve generale triomphenle. Elle leur demandait d'examiner comment ils procMeraient pour se transformer de groupements de lutte en groupements de production ? Comment ils effectueraient la pnse de possession de Voutillage et quelle conception ils avaient de la reorganisation des usines et des ateliers ? Quels rdles ils pensaient que joueraient, dans la societe reorganisie, les federations corporatives et les Bourses du travail? Sur quelles bases ils prevoyaient que s'ottererait la repartition des produits ?
C'etait tout le probleme social pose en points d'interrogations.
Cette enquete ne fut d'ailleurs pas Vunique symptome des preoccupations qui, de plus en plus, absorbaient la classe ouvriere. Le « Que faire au lendemain de la Greve Generale ? » tournait a I'obsession, s'incrustait dans les cerveaux, s'y condensait ct s'y clarifiait.
Et c'est pourquoi, lorsqu'eclata la grande tour-' mente revolutionnaire, les masses populaires ne furent pas ignorantes et disemparees. C'est pourquoi, apres avoir combattU} apres avoir demoli, elle$ surent reedifier I
XVIIl AUX LECTEURS
Ce fut une piriode d'enthousiasme magnifique. tei plus froids, les plus inconscients 6taient secou^s, rechauffes.
'Ah ! les grandes et belles journees de tumulte el de fikvre I Tragiques elles furent a vitrre... douces elles sont au souvenir.
Ce qu'a iU cette Revolution, — la plus grande et la plus profonde qui se soit encore accomplie, — nous allons le dire.
Nous allons evoquer et revivre cette periode form* dable et sublime. Nous allons assister a VenfanUi mcnt d'un monde.
IblOLB rATAUD.
Emilb PouasT