CONSONNES
N’a pas d’équivalent graphique, sauf le b dans quelques cas assez rares (voir la remarque de la page 257).
Il est détourné de sa signification ordinaire lorsqu’il est joint à un h pour former un équivalent de f (ph).
11 se prononce toujours au commencement d’un mot, mais il est souvent nul dans le corps ou à la fin des mots :
Baptême, sept, sculpteur, indompté, promjptitude, drap, loup, coup, sirop, sparadrap, beaucoup, trop (1), etc.
N a pas d’équivalent et n’est jamais détourné de sa signification habituelle, sauf dans les cas de la remarque rappepelée ci-dessus.
Il ne se prononce pas à la fin des mots :
Plomb, aplomb, Colomb.
N’a pas d’équivalent, mais il est quelquefois détourné de son rôle ordinaire pour donner à l’e la valeur de a. Il ne doit pas se faire entendre dans les mots :
Automne, damné, condamné, condamnation.
A pour équivalent ph :
Phare, pharmacie, zéphir, phrase, photographe, Japhet, Théophile, Pharaon, Philosophe, Philanthrope.
f est nul dans les mots :
Clef {qu on écrit aussi clé), nerf, cerî-volant, cheî-d'œuvre et dans le pluriel cerfs, œufs, bœufs.
A pour équivalent le w dans les mots français ou allemands :
Wagon, Weber, Weser, Wissembourg, Westphalie, Wurtemberg, Witiking. garde toujours sa valeur propre.
A pour équivalents c, ç, t devant les finales ions et ie, et quelquefois x.
(1) Le P de ces deux derniers mots doit se faire entendre dans certaines liaisons, comme nous le verrons plus loin. La même observation peut être faite pour toutes les consonnes nulles à la fln d’un mot et qui reprennent souvent leur valeur dans les liaisons de mots.
c = S devant les voyelles e, i, y, é, è :
Ceci, cela, ici, ciel, cigale, cécité, félicité, cycle, cygne, Cyrus, Cyrille, Cybèle, Cyclope, cylindre, cymbale. Cyprès, Cyprien, Saint-Cyr, Cécile, céder, cédille, célébrer, ceinture, cendre, censeur, cent, cerceau. César, etc.
ç = s devant les voyelles a, o, u :
Façade, façon, maçon, leçon, reçu, balançoire.
X = S dans les mots ;
Six, dix, soixante, Auxerre, Auxonne, Bruxelles.
S prend la valeur de z, entre deux voyelles.
z = s dans les mots gaz et Vera-Cruz.
s est nul au commencement ou dans le corps de certains mots :
Scie, scène, schiste, schisme, Aisne.
t = s dans les mots en ion :
Potion, notion, nation, dévotion, imitation, action, ration, direction, inspection, opération, etc.
Excepté quand il est précédé de s ou de x :
Gestion, bastion, combustion, question, mixtion, etc. Quelques mots en lions se prononcent tantôt sions, tantôt lions, suivant qu ils sont substantifs (1) ou verbes :
Acceptions, désertions,
adoptions, dictions,
affections, éditions,
attentions, exceptions,
contractions, exécutions,
dations. exemptions.
inspections, objections,
intentions, options,
interceptions, persécutions,
inventions, portions,
mentions, rations,
notions, relations, etc.
l = S dans quelques mots en lie ou en lia :
aristocratie, balbutie, inertie,
démocratie, calvitie, ineptie',
partial, initial, initiative,
balbutia, initia, ambitieuse,
péripétie, prophétie, martial, factieux, etc.
(1) Quand ces mots sont M. Didot propose de mettre u:
en tie ou en tia où t — s.
substantifs et doivent être prononcés sion, ne cédille sous le t. De même pour les mots
Il ne se fait pas entendre dans les mots :
Deces, accès, succès, après, bas, gris, colis, rubis, bras, gros, frais, dans sans, cours. ’
11 est nul, enfin, chaque fois qu’il ne sert qu’à marquer le pluriel :
Nous, vous, leurs, ils, etc.
Joint à e, il forme, comme nous l’avons vu, un équivalent de è.
A pour équivalent s placé entre deux voyelles :
Base, vase, rose, phrase, visite, visage, poison, artisan, maison, tisane, cerise, rosace, usage, remise, valise, Joseph, Basile, Élise, etc.
Font exception à cette règle les mots :
Parasol, désuétude, monosyllabe, antisocial, contresigner, préséance vraisemblable, etc.
Dans les mots suivants s=:z quoiqu’il ne soit pas placé entre deux voyelles :
Alsace, balsamine, transit, transaction, transiger, intransigeant.
X = Z dans les mots : -
Deuxième, sixième, dixième, dix-huit.
Z perd sa valeur propre quand il est associé à e pour former un équivalent de é (ez, voir plus haut].
A pour équivalent sh :
Shah, shérif, shako, Shang-ÆTaï.
ch est détourné de sa valeur ordinaire et se prononce k dans un certain nombre de cas (v. ci-dessous).
A pour équivalent g quand celui-ci est placé devant une des voyelles e, i, y, é, è :
Genou, givre, gymnase, génie, girofle, neige, collège, cirage, image bagage, rage, pigeon, etc.
T N’a pas d’équivalent.
11 est détourné de son rôle ordinaire lorsqu il est joint à e pour former un équivalent de è ou de é et lorsqu il perd la valeur de s devant ion, ia, ie (v. plus haut), t est nul dans une foule de cas :
bât, art, part, rat, plàt, tort, sort, point, savant, méchant, aspect, respect, défunt, etc.
D N’a pas d’équivalent.
Il est détourné de sa valeur habituelle quand il est joint à e pour former un équivalent de é (v. plus haut), d est nul dans un grand nombre de cas :
Nid, bord, sourd, grand, froid, quand, gland, fond, lard, fard, bavard, lézard, boulevard, Gard, lourd, etc.
N N’a pas d’équivalent. Seul, il n’est jamais nul ; nt est
nul dans toutes les troisièmes personnes du pluriel des verbes :
Ils sautent, ils marchent, ils mangent, ils travaillent, ils courent, ils viennent, ils prennent, etc.
L N’a pas d’équivalent et ne perd jamais sa valeur habi¬
tuelle.
Il est nul à la fin de certains mots ;
Fusil, outil, persil, sourcil, soûl, pouls, Hérault, Châtellerault.
Quand 1 placé à la fin d’un mot est précédé de deux voyelles dont la seconde est un i, il ne se prononce pas, mais l’i se détache de la voyelle précédente comme s’il était marqué d’un tréma :
Ail, pareil, recueil, œil, fenouil, travail, orgueil, rail.
se prononcent comme s’ils étaient écrits :
a-ï, paré-ï, recue-ï, œu-ï, fenou-ï, trava-ï, orgueu-ï, ra-ï.
Mais l’avant-dernière voyelle est plus accentuée que l’i.
R N’a pas d’équivalent, car on ne peut considérer comme
tel la combinaison rh des mots rhume, Rhin, rhéteur, où il suffît de dire que l’h est nul.
. Il perd sa valeur propre quand il est associé à l’e pour former un équivalent de é (er, v. plus haut); mais il n’est jamais nul.
K A plusieurs équivalents.
c = k devant les voyelles a, o, ou, œu :
café, coke, cou, curé, curieux, canapé, canon, cocon, couché, écurie, cœur, code, etc.
c = g à la fin du mot zinc, q = k à la fin du mot coq.
qu=k dans tous les mots où se trouve cette combinaison :
Que, qui, quoi, coque, époque, casque, quinze, quarante, coquin, question, etc.
Il faut excepter de cette règle générale les cas où l’u qui suit le q prend la valeur de ou (v. plus haut).
Ch = k dans quelques mots :
Chorus, chorée, choléra, chaos, écho, orchestre, chœur, etc., et toutes les fois qu’il est suivi d’un 1 ou d’un r :
Chlore, chlorure, chloroforme, christ, chrétien, Christmas, chronomètre, chronologie, chrysalide.
k (et ses équivalents c efq) sont souvent nuis à la fin des mots :
Tabac, hroc, marc, clerc, estomac, blanc, franc, instinct, almanach, cinq sous, vingt-cinq francs.
G- On pourrait dire qu’il n’a pas d’équivalent, car, dans
la combinaison gu, l’u est inutile. L’u de cette combinaison se fait entendre dans les mots où il prend exceptionnellement la valeur de ou.
g perd sa valeur propre devant les voyelles e, é, è, i, pour prendre la valeur du j (v. plus haut).
g est nul dans le corps de quelques mots :
Sangsue, longtemps,
et plus souvent à la fin des, mots :
Sang, étang, long, rang, poing, coing, bourg, faubourg, hareng.
Pour compléter cette étude des équivalents graphiques, nous devons parler de deux lettres que nous n’avons pas fait figurer dans notre tableau de consonnes (p. 235), l’h et l’x.
Cette lettre n’a pas de valeur propre ; elle sert seulement à modifier la valeur d’autres lettres, et cela dans trois cas :
V Placée après le c, elle sert à former la sifflante ch, et quelquefois aussi placée après l’s (shako).
2° Placée après le p, elle sert à former un équivalent de f (ph).
3“ Placée après l’I, elle équivaut, dans quelques rares cas, à un i :
Castilbon, Daguilhon.
Même placée après le c, elle est quelquefois nulle; c’est lorsque ch = k.
En dehors de ces trois cas, l’h est nulle partout où on la rencontre :
Elle est nulle quand elle suit un t ou un d, comme dans les mots :
Théodora, Théophile, théologie, adhérer, adhésion,
Adhemar, etc., etc.
Elle est nulle quand elle suit un r :
rhume, Rhin, rhéteur, rhétorique, Rhône, rhum.
Elle est toujours nulle au commencement des mots :
homme, hiver, histoire, Hoche, ha! ho! holà! hélas! hangar, hareng hahit, héros, hôtel, habile, habitude, hache, haie, haïr, haltère, hamac, Henri, herbe, hérisson, hibou, hippodrome, hippopotame, etc.
Elle est toujours nulle, également à la fin des mots :
ah! oh! Shah, Loth, Seth, Judith, Goliath, etc.
En un mot, elle est nulle dans tous les cas autres que les trois cités plus haut.
Elle empêche, dans un certain nombre de cas, l’élision ou la liaison ( Voir au chapitre suivant).
Dans ce cas on dit que l’h est aspirée.
Équivaut tantôt à ks, tantôt à gz, tantôt à s, tantôt à z, enfin il est souvent nul.
X ks dans les mots :
axe, luxe, sexe, boxe, index, maxime, fixe, Félix, taxe, rixe, luxe, fluxion, etc., etc.
X = gz dans les mots :
examen, exagéré, exiger, exercer, exécuter, exemple, exhorter, exhumer, exécrable, exaucer, exil, exact, Xavier, Xaintrailles, Xénophon
Pour les cas où x est équivalent de s ou de z, voir plus haut.
X est nul dans une foule de cas, principalement chaque fois qu’il est à la fin d’un mot :
toux, jaloux, houx, choux, croix, heureux, paix, époux, crucifix, faix, faux, saindoux, etc., etc.
Font exception :
flux, reflux.