‹ Commentaire sur l'esprit des lois de Montesquieu. Suivi d'observations inédites de Condorcet sur le vingt-neuvième livre du même ouvrage [u.a.]Chapitre 1 sur 216 · Commentaire sur l'esprit des lois de Montesquieu. Suivi d'observations inédites de Condorcet sur le vingt-neuvième livre du même ouvrage [u.a.] · texte numérisé non relu

Commentaire sur l'esprit des lois de Montesquieu. Suivi d'observations inédites de Condorcet sur le vingt-neuvième livre du même ouvrage [u.a.]

Cet ouvrage a été imprimé en anglais à Philadelphie, en 1811, sous les auspices du célèbre M. Jefferson, ancien président des Etats-UniS; il sert de texte à l’enseignement dans le collège de Guillaume et Marie de l’état de Virginie , et dans plusieurs autres.

Un savant français distingué avait commencé à le traduire en 1812 : cette traduction n’a pas été achevée.

Nous croyons donc rendre un véritable service aux libéraux de tous les pays, en publiant aujourd’hui cet ouvrage , traduit dans la langue que l’Europe semble avoir adoptée pour toutes les sciences politiques et morales. Les lecteurs y trouveront un double avantage : celui de revenir sur le livre, si justement admiré, de X Esprit des Lois ,

vj AVERTISSEMENT DE l’ÉDITEUR.

livre dépositaire des titres du genre humain , perdus depuis trois mille ans , et retrouvés par Montesquieu ( c’est Voltaire qui rend à ce beau génie cet immortel hommage) ; et cet autre, d’apprécier les conquêtes de l’esprit humain dans le domaine illimité de la raison, si long-temps usurpé par les préjugés et les routines , enfans de l’ignorance.

Purger un chef-d’œuvre de quelques erreurs qui appartiennent moins au grand homme qu’à son siècle subjugué par le despotisme des fausses doctrines, c’est l’honorer; surtout si l’on reconnaît , en même temps , comme l’a fait l’auteur du Commentaire , que Montesquieu , en secouant , autant qu’il le lui était permis , sa propre chaîne , en cachant le manteau du philosophe sous la simarre du magistrat, a imprimé à ces esprits , encore observateurs timides, une impression qui, depuis lui, n’a cessé de s’accroître, et à laquelle nous de-

AVERTISSEMENT DE l’ÉDITEUR. vij

vons, parmi tant d’immenses résultats, le gouvernement représentatif et le gouvernement fédéral; celui-ci approprié à des peuples neufs, à des terres vierges que le privilège féodal n’a point souillés; celui-là à l’Europe que ce régime délétère, depuis tant de siècles, frappe, plus ou moins, de servile stérilité.

Le volume est terminé par des Observations inédites de Condorcet, sur le vingt-neuvième livre de X Esprit des Lois ; c’est une critique que nous avons cru devoir rigoureusement imprimer telle quelle nous est parvenue. Dans cette lutte , le public a seul le droit de prononcer. C’est à lui de déterminer jusqu’à quel point, s’y présentant avec tous les avantages qu’il a pu puiser dans un demi-siècle de philosophie, Condorcet a balancé l’inébranlable renommée dont Montesquieu jouit et dans sa patrie et chez tous les peuples policés. Éminem-

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ment français, il est cosmopolite par le droit du génie et par X Esprit des Lois.

Nous ajouterons quelques observations. Premièrement que l’auteur du Commentaire résidant actuellement en Amérique , nous n’avons pu soumettre à son examen les épreuves : nous devons cet avis au lecteur dans le cas où il se serait glissé quelques légères fautes que nous n’aurions pas remarquées , malgré toute notre scrupuleuse attention. En second lieu, nous prévenons le public que nous avons cru pouvoir diviser le Commentaire , par chapitres, dont chacun renferme plus ou moins de , livres de X Esprit des Lois , selon que les matières l’ont exigé. Nous nous y sommes décidés , parce que nous avons cru reconnaître que c’était d’ailleurs l’intention de l’auteur. Le lecteur verra facilement que les titres des chapitres, sont les titres mêmes des livres que l’auteur commente. ’

Des trente et un Livres de f Esprit des Lois de Montesquieu, avec le précis des ventés qui en résultent.

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