‹ Commentaire sur l'esprit des lois de Montesquieu. Suivi d'observations inédites de Condorcet sur le vingt-neuvième livre du même ouvrage [u.a.]Chapitre 21 sur 216 · CHAPITRE 111, LIVRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE 111, LIVRE III

allons nous servir de la classification que nous avons préférée , pour tâcher d’éclaircir davantage ses idées. Commençons par les • gouvernemens que nous avons appelés nationaux, c’est-à-dire , qui sont fondés sur la maxime que tous les droits et tous les pouvoirs appartiennent toujours au corps entier de la nation.

Entre les diverses formes que ces gouvernemens peuvent revêtir, la démocratie pure est à peu près impossible. Elle ne peut exister uu peu de temps de suite que dans des hordes de sauvages , ou parmi les nations un peu plus civilisées , dans quelque coin de terre isolé ou écarté , où les liens de l’asso-

les sauvages. Partout ailleurs où les relations sociales sont plus étroites et plus multipliées , elle ne peut avoir qu’une durée trèscourte , et elle finit promptement par l’anarchie qui , par le besoin du repos , la ramène à l’aristocratie ou à la tyrannie. L’histoire de tous les temps fait foi de cette vérité (i).

(i) Et surtout l’histoire de la Grèce. Les démocra-r ties grecques que l’on vante tant , n’ont jamais existé

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