‹ Commentaire sur l'évangile selon Saint MatthieuChapitre 115 sur 129 · Mais tout ceci s'est fait pour accomplir · texte numérisé non relu

Mais tout ceci s'est fait pour accomplir

« les prophéties. Alors tous ses disciples le « quittèrent et s'eur,ineiit. »

56. « Quant à ceux qui tenaient Jésus, ils le « conduisirent au grand prêtre Calpète, riiez 1 .i ibes et les pharii e trouvaient

« rassemblés. »

« Pierre le suivit de loin jusqu'à la défi meure du grand prétee : il y entra i avec « ses satellites, e\ attendit la fin.

les prêtres, les anciens u tout le conseil cherchai itre Jésus quei-

« (jiic faux témoignage qui le fit mettr irt,

« mais ils n'eu trouvaient point, quoi lu-

tin faux témoins eussent déposé.

59. « Enfin il en vint déni qui dirent : Celuik i «lit : Je puis déti 'temple de Dieu et bâtir en trais jours. »

•ad prêtre se levant lui «lit : Vous «< i i a ce qu'ils déposent contre

« vous 61 . i I »r. m<l prêtre lui

lit : Je t'adjure, par le Dieu vivant. « «Il i la Chriet, Pila «le Pieu. »

lit : Vous l'avei dit, et en

« outre je vous le dis, vous verrez un jour « le Fils de l'homme assis à la droite de la « force de Dieu, et venant sur les nuées du « ciel. »

63. « Alors le grand prêtre déchira ses vête- « mcnts et s'écria : Il blasphème, qu'avons nous « besoin de témoins? vous avez entendu le « blasphème. »

64. « Que vous en semble? Ils répondirent : « Il est digne de mort. »

65. « Alors ils lui crachèrent à la figure et le « souffletèrent. D'autres, lui mettant la main « sur la face, lui disaient : »

66. « Prophétise-nous, ô Christ, et dis qui est « celui qui t'a frappé. »

67. « Cependant, au dehors, Pierre était assis « dans le parvis. Une servante s'approcha de « lui et lui dit : Toi, tu étais aussi avec Jésus « de Galilée. »

68. « Pierre le nia devant tout le monde, et « s'écria : Je ne sais ce .que vous dites. »

69. « Comme il allait sortir une autre servante « le vit, et dit aux assistants : Celui-là était <■ aussi avec Jésus de Nazareth. »

70. « Pierre nia de nouveau avec serment : « Je ne connais pas cet homme. »

71. « Un instant après, ceux qui étaient pré- « scnts s'approchèrent de Pierre et lui dirent :

• .^-î vérité, vous étiez avec lui, votre accent « même vous fait reconnaître. »

72. « Pierre commença à protester, et à jurer « u'il ne connaissait pas cet homme. Alors le « i oq chanta. »

'3. « Et Pierre se ressouvint de ce que Jésus « vait dit : Avant le chant. du coq, tu me re- « ; lonceras trois fois. Il sortit, et se mit à pleurer

* imèrement. »

Vous savez que la V doit se faire dans deux jour-, et que le Fils de l'homme sera livré pour être crucifié.

Et maintenant voici la fin. Fin veut dire terme et but. La fin, c'est la consommation.

L'enseignement est consommé [cum consummasset Jésus sermones hos omnes) : voici le moment de l'action.

L'action suprême, c'est le passage de la lutte à la gloire et du temps à l'éternité. C'est là le passage de la terre d'Egypte à la terre promis^

c'est la pàque (Phase, Passage); c'est le passage > par le sacrifice, à la vie éternelle. Le sacrifice est le moment même, l'opération même du uassage. « Vous le savez, voici la Pâque : le « Fils de l'homme sera livré et crucifié ! »

Mais pourquoi le passage est-il douloureux et sanglant?

Parce qu'il y a de la haine, parce qu'il y a d'immondes ténèbres.

Voyez ces malheureux qui tiennent conseil : Caïphe, les princes des prêtres, et les anciens. Oh ! comme ils délibèrent avec prudence sur le temps opportun où il convient d'écraser Dieu, et d'exterminer la lumière !

Haine et ténèbres, ténèbres d'esprit et de cœur, séparation et oppression, homicide, larmes, sang, destruction de l'œuvre de Dieu î On tue, oui l'on tue! Et certes ce n'est pas le juste qui tue, c'est le juste qui est tué. C'est la lumière qui souffre; c'est l'amour qui est mis à mort Mais, par cette mort, l'amour s'efforce de tout TOlever, et de sauver même les bourreaux.

Prenez et mangez : c. ci est tnun coi i'-.

Mais, grâce à Dieu, le Fils aîné, 1<' premier né do la race nouvelle, survenant au milieu de c^s morts (jui haïssent ci qui tuent, n'est ; seul dans l'amour, et une partie du genrja humaindéjà comprend et aime, et glorifie le sa-

La femme a compris la première, car le cœur comprend tout, dès 1<" premier instant, et l'esprit voit longtemps après. La femme a compris la première, et son âme s'est donnée. Elle verse

sur la trie du Christ «les flots de nVlies parfun

et brise le vase précieui qui a contenu le parfum. Glorieux lux** <\r l'enthousiasma, en présence du divin héroïsme qui va donner sa vie, qui va briser aussi Le vase, pour répandre sur toute la les parfums de la vie nouvelle!

rite, dit le Seigneur, partout où sera porté l'Evangile, c'est-à-dire dans Je monde en- • action de la femme lorieui

car son cœur a tout pressenti ; son cœur a connu le mystère, inconnu des anciens et des sages. Elle soutient et ensevelit, dans le parfum de son amour et de son enthousiasme, le Fils de l'homme qui va mourir.

Pendant ce temps, l'un des disciples vend son maître pour de l'argent. L'amour vient de sacrifier un trésor pour embaumer pendant une heure l'air que respire le maître de l'amour. Mais la hideuse férocité du cœur éteint, trahit et vend l'Homme-Dieu pour trente deniers ! Eh quoi ! l'idole, l'idole d'argent, brisée ou adorée, ici même, et en ce solennel passage, a son grand rôle ! Oui, l'âme est soumise ou non à la terre, attachée ou non au métal, base de la croûte du globe. Et, selon qu'elle est délice ou liée sur cette croûte, elle monte ou ne monte pas vers Dieu. Le parfum du sacrifice monte. Rien ne monte qu'étant sacrifice.

Voici le soir. Il est à table avec ses disciples, pour la cène pascale. Ils prennent ensemble la nourriture de l'homme.

Et voici le fond des mystères et des sacrements catholiques, ce fond sacré que les premiers chrétiens conservaient sous la discipline du secret, et qu'ils ne révélaient qu'après de longues préparations.

Jésus et ses disciples prennent ensemble cette

nourriture qui, depuis l'origine du monde, entretient, la vie de chaque jour, développe la vie de nos corps pour un temps, et la conduit jusqu'à la mort. Or, écoutez! Voici la nourriture nouvelle, celle qui fait traverser la mort, qui i'.i ; !« - immortels, qui fait les dieux ; celle qui crée le règne nouveau, qui donne un nouveau cœur, un nouveau sang-, et qui fait ruisseler dans L'Ame la vie du ciel et Les parfums du ciel, les sentiments et les splendeurs du ciel.

Ta nourriture, c'esl moi, «lit l'amour à l'objet aimé. Ta nourriture, c'est moi. Prenez, mes bien-aimés, prenez, mangez : car ceci est mon corps.

Prenez, mes bien-aimés, buvez tous de ce calice béni. Buvez, car ceci est mon sai le Bang de la nouvelle alliance, que je vei sur la multitude des êtres intelligents et libres, et qui doit laver leurs péchés,

Oui, Dieu, c'est bien vous qui parlez ; vous Dieu même, ai nul autre, qui parlai ainsi '.

Et ce matin, moi qui éai> ces lignes, j'ai prononcé les mêmes paroles, et j'ai mangé ce pain, et j'ai bu ce calice, et c'est pourquoi, en méditant ces choses, je sens que je puis mourir d'enthousiasme. Plaise a Dieu qu'il en soit ainsi !

El ce fruit de la vigne, consacré <t transsuàf*

tancié, devenu le sang du Seigneur, sera le vin nouveau, le sang divin, que boiront ensemble les hommes dans le royaume de Dieu.

Je suis moi-même ta nourriture, dit l'amour! Mais Dieu seul peut le dire vraiment. Et l'Homme-Dieu le dit et l'opère. Il l'opère par le sacrifice. 11 brise le vase et répand le parfum . Et, pour mieux dire, il est ce grain de blé qui restait seul s'il ne mourait, mais qui, mis en terre pour mourir, meurt en effet et porte beaucoup de fruits. Il se multiplie par la mort, il devient multitude, afin de se donner entier à chaque être dans la multitude.

Et après avoir chanté l'hymne, chant du passage de la servitude à la gloire, des ténèbres terrestres aux splendeurs de l'éternité, ils sortent et vont à la montagne des Oliviers.

ni

II commence à être saisi de tristesse et d'angoisse.

Oui, l'hymne, les parfums, le glorieux enthousiasme, quand les hommes sont ensemble

au banquet sacré, et qu'ils prévoient, dans I i lumière <t dans L'amour, les fruits du sacril et goûtent déjà, dans l'élan de leur coeui :niccs de ces fruits.

Mais l'iieure même où commence en i la racine de L'Ame, L'opération du sacrifia ' ! de la mort, de la mort - I ie et g

ah ! voilà l'heure épouvantable «jue Dieu peut nous appi i i tr< a Ira

Dana L'h< ure Lumineuse qui pi cède, le Sauveur voil sa céf lion a! il L'annonce:

nand je serai ressuscita • rail «S'il prévoil et annonce 1.»

La faite des apôtres et des discij ceux-ci disent tous : « Fallût-il mourir avec vous, ne ,^ <>\\< renoncerai El Pierre -

uand bien même loi utresvous aban-

« donneraient, moi du moins pèserai près de « vous ! »

survient L'heure des grandes ter eurs senties dans L'Ame, heure plus affi i

tant même du -

•ii ban ses diacipli c

lui les trois plus u 01

Le Pila de l'hpmmi a mmenci i -i

« Soutenez-moi, et veillez avec moi. »

Puis il s'avance tout seul vers le fond des angoisses, se prosterne, et la face contre terre il dit : « Mon Père, s'il est possible, que ce calice « s'éloigne de moi : cependant qu'il soit faitnon « comme je veux, mais comme vous le voulez. »

Ainsi prie , au fond des douleurs, l'Homme- Dieu tout seul. En ce fond de douleurs, les hommes dorment. Il y a un point et un moment où Dieu même, je crois, endort l'homme, qui ne pourrait supporter cet excès.

Dieu pourtant vous exhorte à veiller dans l'angoisse, le plus longtemps qu'il se pourra ; puis, si nous fléchissons trop tôt dans le sommeil, il nous reprend avec bonté ; « Quoi! vous « n'avez pu veiller avec moi pendant une heure ! »

Veiller avec Dieu seul,, dans les ténèbres et dans l'angoisse, oh! quel divin creuset pour tremper l'âme!

Veillez donc et priez, pour ne pas succomber. L'esprit est prompt, la chair est faible. Votre esprit était prompt, dans son élan et son idéal, mais votre vie réelle et incarnée est bien infirme. Affermissez-la par l'effort.

Et il s'éloigne une seconde fois, et prie encore : « Mon Père, si ce calice ne peut passer « sans queje le boive, que votre volonté soit « faite, et non la mienne. »

Il revient vers les troib disciples, et les retrouve dormant, tant le poids du sommeilles accable.

11 ne les reprend plus, et les laisse au sommeil.

11 parait que l'homme n'est capable que de la première veille dans la douleur, et en face de la mort. 11 y a une seconde et une troisième veille, un second, un trosième abîme de désespoir, <>ù l'Homme-Dieu peut seul pénétrer

11 y va seul, et au fond du dernier abîme, et au milieu de la BUeurde san^*, par un BUprêl effort de divin héroïsme, il i pour la troi-

sième fois sa prière : « Mon Père, m ce calice m ne peut passer, que votre volonté s<>il faite. »

Et ceci fut l'acte absolu d'obéissance au Père, qui mérita de rassembler en Dieu, de recueillir dans l'amour éternel et dans L'unité delà vie, toute dispersion des créatures, toute dispersion des Ames, des esprits libres, et des mondes.

Quiconque prendra l'ipée périra par l'épée.

Ainsi, recueillir en Dieu, dans l'amour, les esprits et les volontés, c'est la fin de l'œuvre de Dieu, et du sacrifice de i'IIornme-Dieu.

Mais voyez.

Voici les méchants qui surviennent. Les méchants! Quel mot! G.'est-à-ciire les cœurs éteints et monstrueuseme \t retour es dans l'égoXsme, et dont l'effort et le travail est d'écraser l'homme et Dieu même, et de tout disperser, tout ce, qui veut s'unir en Dieu. Ecraser avant tout l'Homme-Dieu, pour disperser toute l'assemblée de Dieu : frapper le pasteur, pour disperser tout le troupeau ; frapper, trahir, frapper du fer et mentir de l'esprit : voilà leur œuvre.

Oui, les anciens du peuple, et beaucoup d'autres, croient encore trop souvent, et croiront longtemps, que la force est dans le fer ou dans Le bâton, et dans le nombre des hommes armés [turba multa cum gladiis et fustibus).

Pour eux la force, après l'épée, c'est le ii. •'. La iuse, la trahison. EU ils cn-

at ce malheureux donuer sou baiser de .hul

Le baiser de Judas! La baille prenant la

forme de l'amour! L'enfer et sa fureur donnant

létruire ! N'ai-je point vu cela?

OU du moins un esprit, fou de

naine et tl , qui ne parle qu'amour; et il

dans les entrailles de l'humanité déchue,

l;i haine la :

immense qui fut jamais, et qui m parle *jue

d'aimer et de béatifier t ml nom

Et ce qui est épouvantai |ue j'ai

li- •nulles vivants qui attendent avec impatû

l'heure de ûots

en! que chaque

un baiser qu'ils donnent au genre humain, .le

Ils croient cela. 0 I i êe Judas :

sprit d'homicide, marqué sur le front

! L'homicide, ô mes bien-aimés, voilà

mnaitres Satan!

Mais voici maintenanl OSOUrS de la

justice, Les soldats du royaume éternel,

du ciel, qui tirent l'en • ■• Pi I lire

il a l'un de ceux qui ont

la main sur J

lans le

« fourreau, car quiconque prend l'épée périra « par l'épée. »

Ici Jésus crée la forme nouvelle de la guerre qui doit conquérir à Dieu tout le globe ; « Heu- « reuxles doux parce qu'ils posséderontla terre. » La forme nouvelle de la guerre est celle-ci : Non est nobis colluctatio adversus camem et sanguinem, sed contra spiriiualia nequitiœ in cœlestibus La guerre des siècles à venir ne doit plus être corps à corps, et pour verser du sang, mais d'esprit à esprit, esprits célestes contre esprits pervers!

I La force nouvelle, c'est celle que Jésus-Christ introduit clans le monde, au moment même où la violence saisit ses membres et va verser son sang.

Voici cette force et ces armées nouvelles : « Croyez-vous que je ne puis pas prier mon « Père, et que mon Père ne peut pas m'envoyer « des légions d'anges? »

Prière et légions d'anges, voilà la force. Oui, prière, la première des forces, celle qui opère en Dieu par voie de toute-puissance d'emprunt. Prière, c'est-à-dire effort d'âme, opérant et voulant avec Dieu et en Dieu : prière, c'est-àdire vibrations célestes des cœurs et des esprits, vibrations comparables à celles de la lumière, à celles de l'électricité, à celles de l'attraction,

- jiielles ne transportent paf seulement les ni' ut les mondes, et les lancent dans l'espace. Tel tiun des forces physiques invisibles. Mais les imperceptibles forces des esprits soulèvent le genre humain, l'illuminent et le transfigurent, L'unissent, le rassemblent en I Létruisi

- ténèbres morales, L'erreur, la haine, La \>

. - ut, n ut, transfi-

gurent: elles ci. eut le ciel, la mu ifainour,

et la \ie éternelle.

Mais quand donc verra-t-on 1. un effets sur cette I ;re du i humain ?

L'établissement du cbristianismi l'un de ces effets, et beaucoup plus grand

qu'on m, sut jamais le comprendre et qu'on n'a pu le dire! In second triomphe aura lieu, bie tùi ie, quand beaucoup d'âmes, prianl ab-

iiuitiit a Tu: mettront en onL

çions invisibl e de croire, de \ « >i i-

et de vouloir ensemble, soulèveront, a partir de l'aine de 11. lans tout le genre humain

vivant sur terre, des mouvement! d'ensemble que L'histoire n'a pas encore vus.

(juVIl. it mouvoir >( des Légions d

t. liions ont i . "U essaient

aujourd bui, sous . si, cette manière nou-

velle de combattre ou de dompter la violence de

l'épée. Elles ont essayé ; pas assez, mais elles ont essayé un peu! Qu'elles soient bénies, ces glorieuses filles du monde nouveau ! Aucun de leurs efforts ne peut être perdu. Pas une prière partie du moindre de ces cœurs, pas un cheveu tombé de la tête du moindre de ces hommes, ne restera sans récompense et sans effet. Dieu soit loué! Il en est ainsi.

Mais, je vous prie, tout usage de l'épée seraitil aboli et maudit parle Christ? Non, puisqu'il y a, et tant qu'il y aura des assassins et des voleurs. Le sabre et le bâton pour les voleurs et pour les assassins : tanquam ad latronem cum gtadiis et fustibus. Ceci est de droit naturel, et de devoir universel. Les rois portent le glaive, dit saint Paul, pour protéger, pour défendre l'homme qui travaille, sa femme et son enfant, contre les bêtes féroces. Or, tant qu'il y aura des animaux de proie, le sabre et le bâton seront inévitablement levés. Mais que reproche le Christ à ces hommes qui viennent le saisir? c'est d'appliquer l'épée, comme on eût fait pour un voleur, à celui qui enseigne et parle dans le temple.

Et, au moment où la violence saisit le Christ comme un bandit, les hommes, ces esclaves de la peur, qui venaient de crier : Nous mourrons, s'il le faut, avec vous : tous ceux-là perdent, à

la vue de Cépée, l'usage de la raison et de la liberté, el ils fuient. Tous les disciples prennent la fuite y discipuli omnes fugerunt. Voilà l'heure de la dispersion, dispersi naît omnes in propria : b • mbole terrible de ce qui arrive en tout temps, eu tous lieux, à L'homme '{m est frappé. A l'instant même où il reçoit le coup, tout disparait autour «le lui, 11 demeure seul parce qu'il est frappé.

Voici Jésus devant les princes des prêtres, les

el les anciens du peuple. Tous les pou-

voirs : princes des prêtres, pouvoir religieux ;

s, pouvoir <lc la parole el <le la pensée;

anciens du peuple, pouvoir politique.

El la sentence. précède le jugement. C'està mort qu'il est condamné, C'est là 1»' principe et le fait Lejugement survient, pour apport s'il s'en rencontre, quelque point d'appui, vrai ou faux, s -i condamnation, déjà portée. C'est l'us rdinaire que fait, «lu jugement et de la raison, l'homme uon soumis i Dieu. Il veut d'abord, et il décide : puis il eherche à laver de »n ce qu'il s

T II. il

Les faux témoins surviennent, mais leurs mensonges se trouvent insuffisants.

Le grand prêtre se décide alors à poser la question, non pas comme question, mais comme piège. Etes-vous le Christ? « Je t'adjure, par « le Dieu vivant, de nous dire si tu es le « Christ, le Fils du Dieu vivant. »

« Vous l'avez dit, » répond Jésus! Vous l'avez dit. Vous avez porté témoignage. Vous savez que le Christ doit venir ; vous l'attendez. C'est beaucoup ; car vous avez la base du jugement. Mais pourquoi est-ce à moi que vous dites : Es-tu le Christ ? Pourquoi ne le demandezvous pas à Hérode, à Pilate, à vous-même, à quelqu'un des anciens, ou des scribes, ou des prêtres? Pourquoi ne dites-vous donc à aucun autre : Es-tu le Christ? Pourquoi est-ce à moi seul? Vous êtes donc près de la vérité, et votre bouche l'énonce : Vous l'avez dit.

Vous l'avez dit, et, qui plus e§t (tcX^v, imo), vous le verrez. Oui, « vous verrez le fils de « l'homme assis dans la force et la vertu de Dieu, « et venant sur les nuées du ciel ; » oui, visible comme roi, dans l'immensité de toute la création, dans tous les centres de lumière et de force. Or voici qu'il se trouve d'étranges lecteurs de VEvangile qui s'écrient : Il n'a pas dit : Je suift le Christ, le fils de Dieu.

Nous venons cependant de l'entendre, et tous ceux qui étaient présents l'ont entendu ; tous, princes des prêtres, juges, auditoire, et valets de bourreau.

Le prince des prêtres, saisi d'horreur en p sence de cet homme qui se dit Christ et fils de Dieu, déchire ses vêtements, en s'écriant : Il n' st plus besoin de témoins ; vous avez entendu le blasphème.

Et tous disent : Oui, il est digne de mort.

Et quant aux valets des bourreaux, ils l'ont si bien compris qu'ils lui disent : Christ, ô Christ, prophétise donc, et dis qui t'a frapp

Oui, mais le Christ seul à la masse des

iniquités, des emportements, des fureurs de tout le genre humain; seul, il soulève le tout; seul, parce [qu'il est Dieu, il peut porter le genre humain, changer te court les, et

relever jusqu'à la lui; des sociétés chré-

tiennes le monde entier qui descendait; seul,

liqueur de la mort et maître de la peur, seul, dit saint Paul, il vient pour délivrer ses 1 que la peur de la mort maintenait BOUS le joi pendant leur vie entière. Ohl divine force et

divin cou] le l'être intelligent et libre qui

lutte seul contre tons, seul parce qu'il porte en lui celui qui (lit : « A;. ••/. confiance, j'ai vaincu « le monde( » Courage, mes bien-aiméa, cra

nous ne sommes pas seuls; ayons confiance, nous sommes plusieurs, et il est avec nous; courage, il a vaincu le monde. Hàtons-nous de vouloir et de croire, et de vaincre ce siècle, et de le faire entrer dans ce progrès de paix, de justice et de liberté que nos pères, depuis bientôt cent ans, voient de leurs yeux, mais où ils ne peuvent pas entrer, parce qu'ils ont été incrédules, et n'ont pas cru en Jésus-Christ : comme les Juifs incrédules voyaient la terre promise, mais n'y pouvaient entrera Tous durent mourir en la regardant. Faut-il donc que tous les hom mes de cette génération qu'a frappés et stérilisés l'esprit de négation, de violence, d'anarchie et de tyrannie, soient morts jusqu'au dernier, pour que l'Europe parvienne à entrer dans un siècle nouveau, et dans une phase nouvelle de l'ère nouvelle?

Oh! nos pères! nos pauvres pères, qui ont renié Jésus-Christ ! Combien l'ont renié par influence, parce que la masse criait : Ecrasez-le Eh bien ! il n'est pas nécessaire qu'ils meurent tous . Il suffit qu'ils pleurent ! Pierre se ressouvint de Jésus, un instant après son blasphème, et «'éloignant de la foule, il pleura. Pleurez, vieillards, et vous aussi, jeunes gens, pleurez, et vos pleurs vous transformeront et sauveront ce siècle.

Mais, ô Père de nos âmes ! dans cette douloureuse lu monde <]iie nous ti >ns aujourd'hui, laquelle au fond esl un nouveau proc< a de votre Christ, dai^ nez ouvrit1 nos

ix. Qui connaîtra b s, tonfc

iniquités, [<■

td veul v» rt,

et qui ne la veut pas? Qui travaille pour H qui travaille contre v< asî Qui \<

îminellement, Bataniqui ment nie par influence et peur ! El qui est-ce qui cric, et frap] rache l'accus

un rumuH lutremenl grand

Juifs et sur ia | la Je ttN ir-

d'hui le tumulte est dans le monde entier; le procès remplit tout. Voici Ici; Ils, qui veulent le bannir de l'esprit;

et lu peuple, qui veulent sa mort

dan ■ politique icial. Mais moi,

pi | icje le d<

pleinemc je ne Le trahis en rien?

Je vois clairement le crime «les autres, Mais c'est le mien qu'il m'importe de voirl moi et

qui disioi i mi roi ni pari

.jui all< n> jusq

frapper ceux qui viennent contre lui; nous, dis-je, n'avons-nous jamais déclaré, en aucune circonstance ceci : « Je ne connais pas cette homme-là? » Que dis-je, dans cet affreux tumulte, ne Tavons-nous jamais frappé sans le vouloir, ni le savoir?

Prenons garde ! Le Christ est à la fois toujours ancien et toujours nouveau. Jésus-Christ vient toujours : Christus venit semper. Il vient aujourdh'ui même comme vin nouveau. Lh bien ! je déclare avoir vu des hommes qui mourraient pour le Christ, et qui de fait, j'espère, mourront en lui, je les ai vus pendant qu'ils tiennent en main le calice du vin conservé, je les ai vus méprisant ou foulant aux pieds le vin nouveau qui coule aujourd'hui même de la vigne de Dieu.

Mais quel est donc le vin nouveau qui coule aujourd'hui de la vigne? Ce vin, c'est l'esprit même de Jésus-Christ, roi des siècles, qui vit au fond des siècles comme conducteur et inspirateur de chaque siècle, qui est vraiment le €hrist venu et toujours attendu. Malgré tous les mensonges que lui font dire les faux témoins, c'est lui-même : il est actuellement vivant. Le vin nouveau, c'est la réelle inspiration des vrais progrès, je dis des vrais progrès, que Dieu demande, progrès de justice, de lu-

miérc, de liberté morale, et de fraternité chrétienne.

Les faux té moins des deux côtés soutiennent cec!: il a dit : « Je puis détraire le temple de Dieu, et le rebâtir en trois jours. » Mais ceux de droite s'adressent à ceux qui, avec raison, ne veulent pas qu'on détruise le temple de Dieu , et ils disent : « Voyez, c'est le destructeur de to'it bien et L'ennemi de Dieu, le destructeur (J..> sociétés. » Les faux témoins de LMuclie t'adressent à ceux qui veulent qu'on détruise le temple de Dieu, et L'édifice entier des soeié t - humaines, et disent : « Celui-ci est pour n «us, il faut détruire tout L'édifice et le rebâtir t* ii trois jours : ainsi L'Eglise, qui ne veut pas cela, est L'ennemie da genre humain. »

Prenons garde! ne repoussons rien de ce qui \ient de lui. Et s'il se trouvait, parmi non un groupe d'esprits qui, s et anéantis

par la peur du tumulte présent, se décidaient absolument à repousser L'inspiration fond mentale **t divine de ce siècle, ces défenseurs aveugles el terrifiés repousseraient Leur maître

en croyant le servir, <'t deviendraient le grand obstacle à son triomphe.

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