‹ Commentaire sur l'évangile selon Saint MatthieuChapitre 25 sur 129 · is des faux propl · texte numérisé non relu

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« et qui au fond sont des loups ravisseurs. »

16. « Vous les connaîtrez à leurs fruits « Cueille-t-on des raisins sur des ronces, ou « bien des figues sur des épines? »

17. « Le bon arbre donne de bons fruits; le « mauvais arbre de mauvais fruits. »

18. « Lé bon arbre ne peut donner de mau- « vais fruits; le mauvais arbre ne peut donner c< de bons fruits. »

19. « Tout arbre qui ne porte pas de bons « fruits sera coupé et jeté au feu.. »

20. a Ainsi c'est à leurs fruits que vous les « connaîtrez. »

21 . « Ce ne sont pas ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le

a royaume du Ciel; mais quiconque fait la « volonté de mon Père qui est au Ciel, celui-là " mtrera dans le royaume du Ciel. »

22. « En ce jour, plusieurs me dront : Seigneur! Seigneur! n'avons-nous pes pro-

« phctisé en votre nom, n'avons-nois pas chassé les démons en votre nom, et "ait, en otre nom, bien des miracles? »

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l'effort plus confiant et plus décisif pour mener le monde à son but.

Et je trouve, dans cette dernière partie de ce divin discours, la lumière qu'il faut aujourd'hui pour répondre à la grande question : Comment entrer dans le royaume de Dieu? Notre Maître l'enseigne, par les mêmes paroles, et pour chaque homme et pour l'humanité entière. Mais je veux commenter ses paroles au point de vue de toute l'humanité, soit parce que le commentaire individuel esteonnu, soit parce que le temps présent est le temps où commence l'action commune du genre humain. Car c'est ce que Dieu même provoque, soit en faisant, depuis peu d'années, du globe entier une seule demeure, soit en appelant, chez les peuples chrétiens, la masse des hommes à la vie libre.

Donc, pour entrer ensemble dans le royaume de Dieu, et opérer ensemble un progrès de justice par toute la terre, voici les conditions :

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« Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas « jugés. » Je n'ai jamais rencontré un seul homme qui voulût croire et pratiquer cela

I. 'image évangélique est saisissante. Voici votre adversaire en face de vous. Il a dans l'aiil la paille, et vous avez la poutre dans votre œil : et vous voyez cette paille, et vous ne voyez pas cette poutre, et vous avertissez et demandez avec aigreur, bientôt avec fureur, que la paille soit enlevée.

Ceci se passe aujourd'hui sous nos yeux, partout, dans toute l'Europe.

Que faut-il faire? Voir d'abord et ôter d'abord sa propre in: juité, puis aviser à celle d'autrui

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lement bons ou mauvais, où mêlés de bien et de mal? Non sans doute.

Car je sais et je vois, et c'est ce que dit 'Évangile, que les uns ont la poutre dans 'œil, et les autres seulement la paille.

Ne jetez pas les cboses rai ites aux chiens.

Bien plus ; je crois qu'il y a sur la terre des bommes presque divins ; d'autres qui sont audessous de l'bomme ; puis, je sais qu'il y a des hommes, justes ou non, qui sont ministres de Dieu, et dépositaires des choses saintes. N'eussiez-vous que votre conscience à garder, n'êtesvous pas le ministre et le dépositaire d'une chose sainte? Mais je crois à d'autres dépôts. Votre idéal, votre système, votre erreur peutêtre, n'est-elle pas pour vous l'arche sainte? Or, si tout homme de cœur se croit ainsi dépositaire du vrai, n'est-ce pas à dire que les hommes s'accordenf tous à croire qu'il est une arche sainte qu'il faut entourer et défendre?

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définit, avec une science profonde et grave, la vérité. Il y a des âmes arrêtées à l'état animal, que la vie des passions tient au-dessous de la raison, c'est-à-dire au-dessous de l'homme, et surtout deJ'rlomme-Dieu. Qu'ils deviennent hommes d'abord, pour devenir ensuite enfants de Dieu et hommes divins.

De là vient l'étonnante lenteur de la propagation du royaume de Dieu ; on ne peut le jeter et l'imposer aux animaux : ils le fouleraient aux pieds, déchireraient, disperseraient ses commentaires. C'est ainsi que des hommes ou des peuples mal préparés ont déchiré l'Eglise.

Cherchez, et tous trouverez.

Que faire donc? Devenons hommes nousmêmes; élevons-nous nous-mêmes au-dessus de l'animalité. Alors nous élèverons les autres, et nous ferons l'inverse de ce que fit l'enchanteresse et corruptrice antiquité, nous changerons les animaux en hommes.

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demander et de frapper, ils est certain qu'ils trouveront, et que le glorieux avenir sera conquis. Eh quoi! lorsque la bouche des petits enfants s'ouvre et appelle, il y a le sein maternel qui s'approche. Plus tard, quand il demande du pain, l'enfant reçoit du pain, et le Père de famille trouve le pain en cherchant dans le sein de la terre qui le lui offre. Ainsi est constitué, depuis le commencement des siècles, ce monde dans lequel nous venons d'arriver. Or, je dis que la soif de lajustic et la faim de la vérité est aussi certainement rassasiée que celle du pain. Et puisqu'il y a, sur la terre, une grande partie du genre humain qui a faim et soif de justice, qui demande et qui cherche, il est certain qu'ils recevront et trouveront.

Donc enfin le devoir des aines, parmi les hommes, est aujourd'hui, plus que jamais, d'appeler tous leurs frères au travail commun, à la poursuite du royaume de Dieu et de sa justice par toute la terre. Pour cela, notre premier soin doit être de retourner la forme perverse du jugement humain, qui a deux mesures de vision : l'une, qui anéantit l'énorme iniquité manifeste en nous; l'autre, qui grossit et centuple l'imperfection presque imperceptible en autrui. Retournez ces deux termes, une l'ont fait tous les saints ; tournez l'indui-

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Mais quoi! est-ce donc que l'amour, la bonté, l'indulgence m'apprendront à tromper les hommes, et à leur dire : Vivez dans les délices, dilatez vos passions, suivez la pente de la nature, car il n'y a pas d'autre loi?

Non pas; cette voie large est celle qui conduit à la perte. Cette porte large et tout ouverte, où passe naturellement la foule des hommes, n'est pas la porte de l'avenir et de la vie. C'est celle qui perpétue, sur la face de la terre, le règne de la volupté, mère de la mort, le lègue de l'iniquité, de la violence, de la spoliation, l'ère antique du sang et des larmes. L'austère loi du devoir, mes frères, la voie étroite de la justice et du travail, voilà la voie qui conduit à la vie, voilà la porte de l'avenir. Jusqu'ici, mais surtout avant l'Évangile, combien peu d'hommes l'avaient trouvée! et quels peuples l'ont jamais librement pratiquée, ou seulement comprise!

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fruits. Ouvrez les yeux, et regardez. 11 y a, iu milieu des ténèbres pi couvrent encore ce globe, il y a une partie de l'humanité qui vit dans un commencement de lumière, de justice, <de science, de force, d'ordre et de liberté.

Comment se nomme cette partie lumineuse «lu genre humain? Elle se nomme la chrétienté! Et quel est le prophète qui a porté ce fruit? C'est Jésus-Christ, il n'y a donc pas d'autre vrai prophète, puisqu'il est manifestement le seul qui ait fructifié la lumière, la justice et la force, et qui ait su produire ce fruit sublime et grandissant, « fructum ascendentem et crescentem », dont parle l'Évangile. Aujourd'hui, dis-je, il suffit de regarder le globe, pour voir qui est le vrai prophète.

Celui qui pratique ma parole est le sage qui bâtit sur le roc.

Et pourtant nous ne voyons encore que le commencement de l'œuvre du vrai prophète.

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opérés en son nom, rien de cela ne nous fera entrer dans le royaume du Ciel. C'est la pratique de la justice qu'il faut; c'est elle qui est la volonté de Dieu ; c'est elle, elle seule, qui conduira l'humanité vers le royaume de Dieu. A l'œuvre! à l'œuvre de justice! C'est là la volonté du Père.

Que pensez-vous de ceux qui avaient dit : « Peu importent les œuvres, c'est la foi qui suffit. 11 suffit de dire au Sauveur : Seigneur I Seigneur! c'est vous qui nous sauvez! Et lors môme qu'on pratiquerait encore l'iniquité, l'on est sauvé! Quoi que l'on fasse, on entrera dans le royaume du Ciel, si l'on croit que Jésus nous sauve. »

Comment expliquez-vous qu'il y ait eu des hommes pour soutenir que cette doctrine était dans l'Evangile? Et ces hommes se croyaient chrétiens, et chrétiens purifiés! Et quand saint Paul méprise la justice vide des pratiques de la loi judaïque, et demande cette justice qui vient de Dieu, et qui est dans la foi, quae ex Deo est justifia in fide, n'ont-ils pas osé supposer que it Paul, exigeant la justice de la foi, ne demande pas les œuvres de justice qu'opère la

. mais veut dire « que la foi seule est ta justice » ! Non, ce ne sont pas ceux qui disent: Seigneur! Seigneur! ni ceux qui ont- la foi jus-

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du Christ. De là, l'inévitable décadence des républiques, des monarchies et des empires. Les hommes bâtissaient sur le sable; les tempêtes, les inondations emportaient ces maisons mal fondées. Et même chez les peuples chrétiens, dont la civilisation générale parait ne pas devoir mourir, les anciennes formes, les antiques monarchies européennes ont été incapables de supporter la tempête et l'inondation. Tous ces grands édifices ont été ruinés à la longue ; les derniers s'écroulent sous nos yeux. Mais que dire de ceux qui prétendent bâtir sur la justice éternelle et universelle, et qui veulent en même temps rejeter Jésus-Christ? Il faut dire qu'ils bâtissent sur le sable des paroles vides. Que dire aussi des édifices d'hypocrisie qui, peut-être, inscrivent sur les murs Je nom du Christ, mais qui sont fondés sur le luxe, la guerre, la force, l'organisation du mensonge, de la domination, de la spoliation? Il faut dire ce que voient nos yeux, à savoir que leurs constructions croulent Tune sur l'autre avant d'être achevées. Il faut dire ce que le Christ dit de lui-même : « que la pierre rejetée par ceux qui ;< bâtissaient sera pourtant la clef de voûte de « l'édifice ». C'est sur la base du christianisme, disait un grand esprit, que doit se reconstruire, après un siècle ou deux, la vieille société qui se

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Les paroles qui sortent de la bouche du Sauveur partent de sa pensée, et sa pensée tient à son âme, et son âme tient à sa divinité; c'est pourquoi sa parole est créatrice et vivificatrice. La parole des lettrés, au contraire, part de leur bouche, et, quand ils ne mentent point, de leur pensée ; mais leur pensée tient fort peu à leur âme, et leur âme ne tient pas à Dieu. Ils n'ont pas le pouvoir. Le pouvoir vient de Dieu. Ils rêvent, ils espèrent, et ils annoncent aux hommes les destinées les plus glorieuses ; mais leurs discours ne retardent point l'accélération continue des décadences. Le Christ vient, il opère, il transforme et il crée dans l'histoire une ère nouvelle, un règne plus haut, une race d'esprit lumineux, de cœurs plus justes, et les peuples s'émeuvent, et suivent celui dont la parole les régénère : et ils s'avancent vers de plus saintes et plus sérieuses destinées.

Et c'est ce que peut aujourd'hui encore le Régénérateur; et H terminera, par sa puissance transformatrice, a crise présente du monde, quand les peuples recommenceront à le suivre.

L'Évangile maintenant va nous montrer quels pouvoirs porte avec lui le Christ, quels pouvoirs il transmet à ceux qui se donnent avec lui à l'action pour le salut du monde.

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