‹ Commentaire sur l'évangile selon Saint MatthieuChapitre 27 sur 129 · Mais voici qu'une tempête vint soûle · texte numérisé non relu

Mais voici qu'une tempête vint soûle

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32. « Jésus leur dit: Allez; et les démons, « laissant alors les possédés, entrèrent dans les « animaux, et voici que tout le troupeau, em- « porté vers ie précipice, s'élança dans la mer, « et fut noyé. »

33. « Les gardiens du troupeau s'enfuirent, « et, entrant dans la ville, annoncèrent toutes « ces choses, et ce qui était arrivé aux p'os- « sédés. »

34. « Alors, les habitants vinrent au-devant « de Jésus, et, l'ayant rencontré, le prièrent de « quitter leur pays. »

« La foule admirait sa doctrine, nous a dit « l'Evangile, parce qu'il enseignait comme « ayant pouvoir. »

Oh! quel pouvoir que celui d'enseigner et d'attirer le peuple!

Un grand esprit de notre temps remarque qu'il y a un abime entre leslettrés et le peuple, entre la masse des hommes et l'aristocratie intellectuelle que gouverne la littérature. Il se demande où l'Europe trouvera des forces pour enseigner les masses et leur apprendre la justice, la sagesse, et les vérités nécessaires à

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Seigneur, si vous voulez vous pouvez me guérir.

Que l'on puisse obtenir de Dieu et de riîomme-Dieu, par la prière, des actes souverains qui n'auraient pas eu lieu sans la prière, cela me semble aussi manifeste que beau. Cela veut dire que l'homme, roi du monde, par son dé tir et sa volonté, lorsque désir et volonté s'appuient sur Dieu, est la plus grande des forces Dieu, dites- vous, ne changera pas, sur votre demande, le cours de la nature, et ne détruira pas les lois que lui-même a posées. Cher élève de métaphysique, écoutez-moi : Lorsque ma main soulève une pierre, est-ce qu'elle détruit quelque loi? Non, sans doute, mais elle superpose à la loi et à la force de l'attraction, qui subsiste sans nul dommage, une autre force soumise à d'autres lois, savoir: \a force de mon corps vivant que gouverne ma volonté libre. Dieu fait de môme lorsqu'il superpose, par un acte libre, sa force aux forces de la nature. Les forces supérieures empor-

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un acte de prière vous délivrait à l'instant même, pour des années, vous croiriez au miracle. Mais la vraie science, et surtout la théologie, mettent au miracle proprement dit de plus difficiles conditions.

Moi donc, je crois, et je dis avec le lépreux : « Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me u guérir! » Oui, je crois qu'il y a des actes de la volonté de Dieu, que l'homme peut obtenir par la prière, qui peuvent guérir toute maladie, et même ressusciter les morts.

Mais voici comment je conçois l'exercice ordinaire de ce pouvoir.

11 s'exerce en secret, au fond des choses, au sein du Père qui est dans le secret. « Prenez « garde, dit le Seigneur au lépreux qu'il guéce rit, prenez garde! Ne le dites à personne! » Serait-ce une vaine parole que cette injonction du secret? Non, le Christ cache ses œuvres profondes, comme il le recommande si instamment aux hommes. Il ne laisse voir que par exception sa toute-puissance surnaturelle. Ce que l'on voit n'est rien. Gela est juste et salutaire ainsi, par de très bonnes raisons. Depuis lavenue du Régénérateur, la divine sève surnaturelle s'est mêlée secrètement à leur sève naturelle des forces humaines d'âme et de corps. Dieu s'est mêlé à l'homme. Il a aidé et relevé

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Mais, comme le dit ici cet homme qui demande à Jésus de guérir un enfant, il n'est pas nécessaire que la main du Seigneur touche le corps de celui qui souffre : les rayons de son cœur suffisent; les rayons de sa volonté atteignent à distance, et guérissent!

« Seigneur, je ne suis pas digne que vous « veniez dans ma maison, mais ditesseulement « une parole et mon serviteur sera guéri. »

C'est dans la maison d'Israël, peuple de Dieu, qu'est entré Jésus-Christ en venant c*ans ce monde, et les autres maisons humaines, races et nations, tombées dans le polythéisme, l'oubli de Dieu et le mépris de l'homme, auraient pu dire aussi : «Seigneur! nous ne sommes pas dignes que vous veniez vousmême dans nos maisons! envoyez seulement votre cœur, votre esprit, votre volonté, et la face de la terre sera renouvelée. » Et c'est ce qui fut fait.

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