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24. « Il dit ensuite à ses disciples : Si quel- * qu'un veutvenir à moi, qu'il renonce à lui- « même, qu'il prenne sa croix et qu'il me « suive. »
25. « Celui qui voudra sauver sa vie, la per- « dra ; et celui qui consentira à la perdre pour « moi, la trouvera. »
26. « À quoi sert à un homme de posséder le « monde entier, s'il perd son âme? Que peut-il « échanger contre son âme? »
27. « Le Fils de l'homme viendra dans la « gloire de son Père, avec ses anges, et c'est « alors qu'il doit rendre à chacun selon ses « œuvres. »
28. « Je vous le dis en vérité, plusieurs de « ceux qui sont ici présents ne mourront pas « avant d'avoir vu venir en son règne le Fils de « l'homme »
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Et les aveugles d'aujourd'hui, malgré les jignes évidents, refusent à leur tour de comprendre le temps présent, cette phase nouvelle de l'ère nouvelle, cette grande crise de justice pour tous les peuples, ce grand progrès du Christ dans l'univers entier que veut Dieu, mais que repoussent les hommes.
Surtout nul n'ose comprendre et juger par lui-même les choses de la justice, ces choses que la conscience et la raison ont le droit et ont le devoir déjuger, comme l'œil et la raison peuvent et doivent juger des apparences du ciel et de la terre.
Le refus de suivre la lumière naturelle de la conscience et de la raison est un des grands obstacles qui repoussent le Seigneur. Il dit aux hommes qui ne font pas de la raison l'usage pour lequel Dieu la donne, qui feignent de vouloir la foi, et demandent toujours des miracles pour établir la foi, il leur dit, — Lui, le Verbe de Dieu, qui est la lumière naturelle de la raison aussi bien que la surnaturelle lumière de la foi révélée, — il leur dit : « Si vous ne me « comprenez pas quand je vous parle des cho- « ses terrestres, comment pourrez-vous me « comprendre si je vous dis les choses du « ciel?.. » Etilleslaisse et se retire.
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Fanatisme! Les Pharisiens se nomment euxmêmes les élus et les séparés: c'est lé sens du mot Pharisien. Ils croient à la prédestination absolue. Ils imposent, sans cœur ni prudence, à leurs disciples et à leurs fidèles, la lourde masse des traditions et l'écrasant fardeau de la multiplicité des pratiques. Et sous cette religion, construite par eux, ils étouffent les commandements de Dieu, et la conscience, et la raison, et la nature, et rendent, comme le dit ailleurs Jésus-Christ, l'homme plus pervers qu'il ne l'était auparavant. C'est là partout, toujours, le caractère et l'effet de toute fausse doctrine religieuse, et de la vraie doctriDe elle-même quand lepharisaïsme la corrompt. C'est là toujours l'effet de l'orgueil religieux, du fanatisme, qui, au contraire de ceux qui veulent anéantir le ciel, entreprend de détruire la nature et la terre, et foule aux pieds raison, conscience et liberté.
N'avons-nous pas vu la lutte énergique de Bossuet contre Y anéantissement pervers que semblait enseigner Fénelon? Et n'avons-nous pas vu la lutte de Fénelon contre les docteurs
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deux sectes, qui pervertissent les hommes, et qui détruisent la vérité ; qui nient le ciel, ou qui relèguent tout sur la terre; ou bien qui nient îa terre et la nature au nom du ciel.
Or, dit-il maintenant à ses disciples: Qu'est- «e que le Fils de l'homme? « Que disent les « hommes du Fils de l'homme? »
Les disciples répondent qu'il est, aux yeux de la foule, ou Jean-Baptiste, ou quelqu'un des prophètes, c'est-à-dire seulement un homme.
« Mais vous qui dites-vous que je suis? »
« Vous êtes, » répondit Pierre, « vous êtes « le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
Vous êtes, ô Jésus-Christ, vous êtes, comme le proclame, en toute lumière et en toute science, le dogme catholique, vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant. Vous êtes l'Homme- Dieu, à la fois le Fils de l'homme, visible par les yeux, ayant un corps palpable, une âme humaine et une raison humaine, et de plus Fils du Dieu vivant, Fils éternel de Dieu. Vous êtes vrai Dieu et en même temps vrai homme. Oui, de même que l'âme raisonnable et le corps constituent l'homme, de même Dieu et l'homme en un constituent l'unité du Christ, Oui, Dieu et l'homme en un dans l'unité du Christ, voilà le ciel et la terre réunis, la nature etl'étcrnitô réunies dans la vraie et entière religion.
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•vivant de mon Eglise, le fondement de l'assemblée des âmes dans l'infaillible et universelle unité, contre laquelle ne prévaudront pas les portes de l'enfer, c'est-à-dire ces deux portes d'erreur, ces deux pôles de ténèbres, qui veulent, ou détruire son œuvre, ou briser ou nier l'union du créé et de Fincréé en Jésus-Christ, Fils de l'homme, Fils de Dieu.
« Oui, Pierre, vous êtes heureux, car ce n'est « ni la chair ni le sang qui vous ont révélé « ces choses, mais mon Père qui est dans le « ciel. »
Oui, de ses yeux corporels, Pierre voit le Fils de l'homme, et il s'écrie : Vous êtes le Fils de Dieu ! Mais il n'a pas déduit cela par raisonnement ni conjecture qui lui fit dire: Ce Fils de l'homme est Fils de Dieu! Non, mais il a eu le grand bonheur de recevoir directement du Père, qui est dans le ciel, et qui est dans l'âme, la lumière même de Dieu, où il a vu la vérité. 11 a reçu dans l'âme la foi vivante, qui est la substance même de Dieu et l'opération même du Saint-Esprit.
Une preuve extrinsèque de ce fait que Jésus- Christ est Dieu, une exposition scientifique qui le démontre, ne sont rien pour la vie éternelle. Ce qui importe, c'est la réalité dans l'âme, et la présence du mystère de Dieu. Le père met cette
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d'opérer sur terre : les effets s'ensuivent dans le ciel . Ainsi opèrent les sacrements.
De plus, les forces du genre humain, pour avancer ou s'arrêter dans la marche vers le royaume du ciel, seront déliées ou liées, selon les décisions et les lumières de la grande société des esprits, àlaquelle sont données les clefs.
Quel élan pourrait donner en ce moment l'Evangile au monde entier en déliant les forces?
Mais elle craint que l'élan ne soit tumulte, et chute, et brisement. Et elle attend, et lie, jusqu'à ce qu'il y ait, dans ces masses qui veulent s'avancer, de l'ordre, de la lumière et la claire vue du but, avec celle des obstacles et des abîmes. Elle ne veut pas que les courages s'élancent sans discipline, comme se lançaient autrefois nos impétueux chevaliers, dans ces batailles que nous perdions.
C'est ainsi que le prêtre n'envoie pas à l'Eucharistie l'homme qui n'y est pas préparé, car l'Eucharistie briserait, comme par un coup de foudre, ce vase impur.
Peuvent-ils entrer dans la lumière, dans h justice et la liberté du prochain grand siècle, lej peuples qui boivent comme de l'eau l'iniquité, et qui n'ont pas su rejeter de leurs cœurs et d(
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pierre sur laquelle est bâti l'édifice, qui ne peut être renversé. Seigneur Jésus, éclairez-moi, éclairez les esprits et les cœurs de ceux à qui je parle ; donnez-nous la sincérité en tout sens et le couragede voir la vérité et de la confesser.
Je parle ici à tout chrétien, de toutes les communions différentes de l'Eglise catholique romaine.
Frères bien-aimés, répondez-moi, croyezvous à tout l'Evangile?
— Oui, j'y crois.
— Croyez-vous que toute page d'Évangile est absolument vraie ?
— Je le crois.
— Eh bien! relisez avec moi cette page, et dites d'avance : Oui, cela est ainsi.
— Je vousle dis d'avance : Oui, celaest ainsi.
— Lisons donc denouveau.
Et Pierre lui dit : « Vous êtes le Christ, le Fils « du Dieu vivant. »
« Et Jésus lui répond : Vous êtes heureux, « Simon, fils de Jean, car ce n'est ni la chair ni « le sang qui vous ont révélé ces choses, mais « mon Père, qui est au ciel. »
« Et moi je te le dis : Tu es Pierre, et sur cette « pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de « l'enfer ne prévaudront pas contre elle. »
« Et je te donnerai les clefs du royaume du
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Frères bien-aim es, comprenez- vous cela ?
Mais vous, pourriez-vous me montrer une page de l'Evangile, que mon Eglise, je parle de la sainte Église catholique, supprime, et entende supprimer, comme toutes les autres communions suppriment, et entendent supprimer, la page que nous venons de lire, c'est-à-dire cette institution évangélique, clairement, fondée sur les plus solennelles paroles de Jésus-Christ, savoir, la papauté ?
— Yoilà la question queje fais.
Eh bien, je reçois une réponse.
— 11 n'est pas nécessaire d'aller loin, me dit-on, pour vous citer cette page, ou du moins cette parole de Jésus. La voici dan» le chapitre même que nous lisons ensemble, et elle suit immédiatement celle que nous méditons.
«Jésus, se retournant vers Pierre, lui dit: « Retirez-vous de moi, Satan, car vous m'êtes « un scandale : vous n'avez pas le goût des « choses de Dieu, mais le goût des choses delà « terre! »
Si vous osez, mon frère, membre de l'Eglise catholique, donner un sens, continu à travers les siècles, à la page qui attribue à Pierre la primauté, de mon côté j'ai le même droit; j'ai
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entourent l'Eglise, et en particulier toute l'Eglise enseignante, et en particulier l'épiscopat, et en particulier la papauté. Mais je demande que malgré ces scandales et ces abus, fussent-ils plus grands encore, jedemandeque vous acceptiez avec moi la papauté, parce que l'Evangile l'établit au moment même où il prévoit tous les scandales.
Ne comprenez- vous pas ce qu'il y a de saisissant dans cette leçon du maître? À la même heure, au même endroit, et s'adressant au même Apôtre, Jésus lui dit, d'une part : « Vous
« êtes l'inébranlable fondement de mon Eglise, » et d'autre part :« Retirez-vous de moi, Satan, « car vous m'êtes un sujet de scandale ! »
Jamais l'on n'avait assez remarqué ce rapprochement, qui nous donne, au sujet de l'Eglise et du sacerdoce éternel, la plus nécessaire des leçons.
Qui ne comprend, en méditant ensemble ces deux paroles, que le prêtre et le sacerdoce sont deux choses. Le sacerdoce est une incorruptible délégation de Dieu : le prêtre est homme, et tombe à chaque instant dans le goût des choses de la terre, puisque saint Pierre lui-même, ce grand homme vigoureux et simple, ce saint martyr, y est tombé. S'ensuit-il que le prêtre n'ait plus alors l'éternel caractère et les divins
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Et maintenant que les Apôtres, tacitement et àlasuite de Pierre qui a parlé, ont confessé le Christ, Jésus commence à leur montrer ce qu'est le Christ, et la nature de sa mission, de son opération, de son triomphe.
Sa mission, c'est de triompher parla croix. Et Jésus, en quelques paroles, va résumer toute son histoire depuis le moment où il parle jusqu'à sa croix, et aussi depuis le moment où il parle jusqu'à la fin du monde, à travers tous les siècles.
Et voici cette histoire : Il se tiendra toujours au cœur du genre humain, que symbolise Jérusalem ; là il devra souffrir, en divers temps et de bien des manières, mille traverses de la part des pouvoirs politiques (senioribus), des lettrés
et des philosohes (smfo'?), et surtout des prêtres [principibus acerdotum).
Il sera mis à mort, mais il ressuscitera. Et ceci
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et j'espère conserver cette volonté jusqu'à Ja mort. Je l'avoue, je voudrais, comme saint Pierre, que vous ne fussiez plus jamais crucifié dans ce monde. 0 maitre ! que j'ai donc peu de goût pour la croix ! Oh ! qu'il m'arrive souvent de l'éviter et de la fuir! Mais, Seigneur, traitezmoi et traitez-nous tous comme vous avez traité saint Pierre, lorsqu'il s'enfuit de Rome de peui d'y être crucifié !
Saint Pierre, sorti de Rome, dit la légende , rencontra le Sauveur sur le chemin : « Seigneur, « où allez-vous?
— Je vais à Rome, pour y être crucifié de « nouveau. » Saint Pierre rentra dans Rome, et mourut sur la croix.
Mais Jésus-Christ continuera l'enseignement du mystère de la croix, qui est le mystère de la vie. Il exhortera ses disciples et toutes les âmes jusqu'à la fin, pour les mettre dans les voies de la vie, la vie réelle, actuelle, éternelle, immortelle, vie présente et future. Il leur dira : « Qui- « conque veut venir avec moi, qu'il renonce à « lui-même, prenne sa croix et me suive. »
Et, en effet, « qui veut sauver sa vie la perd, « et qui consent à laperdre la trouve. »
Ces mots sont la loi de la vie. Mais qui veut les comprendre?
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suivre et de la forcer, et la vie se retournera vers nous. Renoncez à la vie chaque jour par la sobriété, le courage et l'austérité, pour la justice, pour le devoir et pour autrui, et la vie vous sera rendue décuplée. Telle est la loi. C'est la for, mule évangélique, et c'est la loi de l'expérience. Et ne le comprenez-vous pas? Pour moi, je crois voir le mystère jusqu'au fond. L'Évangile me le dit ici : celui qui cherche sa propre vie, t'est celui qui se cherche lui-même, et qui, en se cherchant lui-même, cesse de chercher la source de la vie, laquelle est Dieu. Il cherche la vie finie, et laisse la source infinie de la vie. Quant à celui qui perd la vie pour Jésus-Christ (gui perdidcrit anlmam suçon propter me), il cesse de se chercher lui-même, il s'oublie pour regarder Dieu, source de vie, et Jésus-Christ, vie incarnée. Il remonte vers la source, et le torrent de vie toujours nouvelle lui est donné. L'un a le goût des choses de l'homme, de l'homme mortel, et non le goût des choses de Dieu (non sapis ea quœ Dei sunt, sed ea quœ ho?ninum), et il reste dans sa pauvreté, ses bornes et sa mortalité : il perd sa vie. L'autre a le goût des choses de Dieu, et il ne cesse d'aller à Dieu ; il monte, et la vie monte en lui, toujours plus noble, plus forte, plus voisine de la gloire et de l'éternité.
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l'obstacle pour sortir de la vie mortelle etentrer dans la vie éternelle, pour sortir des limites du moi borné et isolé, rejeter le linceul et transporter ce centre qui est moi, ce centre délivré dans l'infini de Dieu.
Aussi le Fils de l'homme annonce toujours sa mort dans les mêmes termes : « Mourir, « dit-il, et puis ressusciter le troisième jour. »
Et c'est bien là la loi de son histoire. Ce troisième jour, ce mot si répété dans l'Évangile et dans le symbole des Apôtres, n'est-il pas aussi l'un de ces mots universels, et l'une de ces lois de la vie, valables dans tous les siècles et dans toutes lésâmes!
Je le crois ; cette mort et cette résurrection du troisième jour sont d'abord le grand fait historique, qui est le fondement visible de notre foi.
Mais c'est aussi l'histoire du Verbe incarné, de sa vie dans chaque âme et dans l'ensemble du genre humain; et peut-être dans chaque grande période de l'âme et de l'histoire.
En effet, quand le Christ se présente, l'homme commence par frapper, puis il écoute, puis il se rend. Ce sont les trois moments pour l'âme. Tels seront aussi, je l'espère, les trois grands moments de l'histoire depuis la venue du Sauveur jusqu'à la fin des temps.
Et d'abord, quant à l'âme, le premier essai
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religion triste et douloureuse, sans lumière et sans récompense. C'est une suite de crucifiements, et pourle Christ, et pour l'àme elle-même. Il faut des efforts victorieux pour arriver au second moment, où commence l'aurore du triomphe, où l'étoile du matin se lève dans notre cœur : Donec Lucifer oriatùr in cordibus nostris, et où nous est donnée la vue du but, la vue de la cité de paix.
Mais là encore, là surtout, ii faut longtemps combattre et longtemps marcher, pour parvenir au but et entrer dans la cité sainte, et pour voir de ses yeux, dans cette vie, le commencement de la gloire de Dieu. Quelques-uns y parviennent : ce sont les saints ou quelques-uns des saints. « Je vous le dis en vérité, il en est « quelques-uns parmi vous qui ne goûteront « pas la mort sans avoir vu le Fils de l'homme « arriver dans son règne ! »
Or, après ces paroles, vient immédiatement le chapitre de la Transfiguration du Seigneur.
Chers bien-aimés, e (forçons-nous de ne pas rester, pendant la vie entière, dans ces deux moments imparfaits, où l'on crucifie Jésus- Christ. Courage! courage! Saisissons hardiment la croix pour avancer, et suivons Jésus-Christ jusqu'où il veut aller en nous, savoir : jusqu'au triomphe, jusqu'à la paix, jusqu'à l'union et à
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