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« ont fait de lui tout ce qu'ils ont voulu; ils « traiteront de même le Fils de l'homme. »
13. « Et ils comprirent qu'il leur parlait de <( Jean-Baptiste. »
14. « Dès qu'il eut rejoint la foule, un homme « vint se mettre à genoux devant lui, et lui dit : « Seigneur, ayez pitié de mon fils, car il est « lunatique, et il souffre beaucoup ; il tombe « souvent dans le feu et souvent dans l'eau. »
15. « Je l'ai présenté à vos disciples, qui « n'ont pu le guérir. »
16. « Jésus leur dit : Race incrédule et dépra- « vée, jusqu'à quand serai-je avec vousjus- « qu'à quand vous supporterai-je ? ÀmenCz-moi « Ici l'enfant. »
17. « Et Jésus, commandant au démon avec « force, le chassa de l'enfant, qui aussitôt se « trouva guéri. »
18. « Les disciples dirent alors à Jésus, en « secret: Pourquoi donc n'avons-nous pu chas- « ser ce démon ? »
19. «Jésus leur dit: C'est à cause de votre « incrédulité. Car je vous le dis en vérité : ayez
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26. « Mais, pour ne pas les scandaliser, allez « à la mer, et jetez l'hameçon : prenez le pre- « mier poisson qui viendra, ouvrez-lui la bou- « che, et vous y trouverez une pièce d'argent : ■« donnez-la pour moi et pour vous. »
Et il fut transfiguré devant eux.
* Je vous le dis en vérité, plusieurs de ceux « qui sont ici présents ne mourront pas, avant « d'avoir vu venir en son règne le Fils de « l'homme. «Ainsi finit le précédent chapitre.
Quelques jours après ces paroles, Jésus prend avec lui trois apôtres, et les conduit sur une haute montagne. Là il est transfiguré devant eux. La splendeur triomphante de la lumière pénètre le Christ tout entier. La joie, la paix, inondent les âmes des trois disciples, et Pierre s'écrie : « Nous sommes bien ici. Faisons-y, « s'il vous plaît, trois tentes. »
Là se retrouvent vivants les prophètes primitifs qui ont annoncé la lumière; la lumière palpable enveloppe les apôtres, et la voix de la
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bout de lui-même, jusqu'à la dernière limite de ses forces. « Je meurs chaque jour, qaotidie « morior, » disait saint Paul ! Cet homme a pratiqué cette parole de saint Paul, pendant sa vie entière, sans s'arrêter jamais.
Qu'était cet homme, et que fait- il donc? Cet homme est assurément le plus connu qui ait vécu de notre temps : car je n'en sais pas d'autre qui ait vécu pendant un demi-siècle, nuit et jour, sous les yeux des hommes. 11 était curé de village, et il aimait Dieu et ses frères si ardemment, que pour exhorter, consoler, relever, purifier et bénir, il ne cessa de se donner, d'âme et de corps, comme une Eucharistie, à la foule avide et serrée qui l'entourait et le pressait. Travaillant vingt heures sur vingt-quatre, dormant deux heures, mangeant une fois par jour unpeu de lait, il touchait sans cesse à la mort, mais renaissait sans cesse, en quelque sorte, d'une vie ressuscitée, transfigurée, active et ardente comme une flamme : transmettant par ses mains, par sa voix, par ses yeux étonnants, qui perçaient et embrasaient les cœurs,. le feu, la vie, l'émotion et la foi, et surtout leslarmes profondes et régénératrices durepentir. Grain de froment mort et ressuscité, il n'était plus seul, mais c'était un épi, ou plutôt une gerbe d'épis. C'était une foule La foule sembla,
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vous crucifier par le péché, et commence à porter en elle quelque chose de la résurrection. Que serait-ce si notre mémoire seule, et nos mains seules portaient les saints mystères, sans que la substance de nos âmes et de nos corps en fût régénérée? Esprit saint, esprit de vie et de résurrection, ne permettez pas ce malheur. Donnez-nous quelquefois ces instants où l'âme se sent, et se retrouve dans la lumière, et ressaisit son idéale beauté, sa forme régénérée, son être transfiguré, son état vrai, et ne peut pas ne pas comprendre que toute cette lumière vient du Filsderhomme commençant à régner. Sans doute il en est peu que vous conduisiez avec vous sur le Thabor, et qui voient ici-bas votre gloire. Mais, Seigneur, qu'il y en ait toujours quelques-uns parmi nous. Donnez du moins à quelques-uns, comme aux trois Apôtres, un instant de vision. Donnez-leur, par cette vue, cette foi glorieuse, lumineuse et ardente, qui embrase et transforme le monde. Que la génération présente ou la suivante, ou l'autre enfin, puisse entrevoir au moins l'aurore du troisième jour, etcomprendre que le règne du Fils deriiommc est possible et doit arriver! Que l'on commence à vaincre enfin l'affreuse tristesse qui pèse sur nous. Que l'effroyable largie de l'incrédulité cesse d'étouffer le
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Mais qu'est-ce donc que cette terreur et cet affaissement de l'homme, qui tombe la figure contre terre quand il entend la voix du ciel? Je le sais, car je l'ai éprouvé. Quel chrétien ne l'a éprouvé? Au premier instant du retour, c'est la joie, c'est la grande joie de croire. Certitude! sentiment ! joie! disait Pascal. Mais bientôt survient la terreur. On craint le ciel, on ne sait pas son rapport à la terre. On le croit loin, on se Fimagine vide. On le regarde comme destructeur du monde. Ciel et mort paraissent être môme chose. C'est pour cela que Jésus leur dit : Ne parlez pas de la vision, sinon après ma mort et ma résurrection, lorsque le temps sera venu. C'est pour cela que Dieu n'éblouit pas sans cesse nos pauvres yeux mortels delà vision du ciel pour nous y attirer. La vision nous tuerait au lieu de nous transfigurer. C'est pour cela que ceux qui savent ne peuvent tout dire,
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raison, et ils ne la reconnaissent pas comme précurseur et reflet de Dieu! Chose affreuse, ils en font et ils en ont fait, depuis le commencement des siècles, tout cequ'iteont voulu! Ils la tournent ou la retournent arbitrairement vers le oui ou le non. Ils la mutilent, et surtout ils la décapitent, afin qu'elle ne soit pas plus haute que leurs passions. C'est leur volonté qui fait tout, et la raison n'est plus que le vernis logique de leurs cupidités et de leurs instincts. Ils veulent d'abord, puis ils raisonnent, et jamais leur raison ne raisonne autrement qu'ils ne veulent.
Mais quoi? traiteront-ils de même la grâce de Dieu et la foi divine? Hélas oui! Ils ont traité de même le Fils de l'homme et sa doctrine. Lui, ils ne cessent de le crucifier; sa doctrine, ils ne cessent de la mutiler en tous sens, et surtout de la décapiter.
Si tous aviez la foi, rien ne vous serait impossible.
Le pauvre lunatique qui tombe tantôt dans l'eau et tantôt dans le feu, c'est l'âme humaine
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ses lèvres ce rayon de toute-puissance divine, et cette promesse que, par la foi, rien ne nous sera impossible, qu'il revient à la grande loi de l'àme et de l'histoire : Le Fils de l'homme, la justice incarnée, sera longtemps le jouet des hommes ; ils le tueront ; mais il ressuscitera le troisième jour. Courage, mes bien-aimés! Le troisième jour du monde, la troisième grande époque viendra. « Nous touchons à la plus belle « des époques religieuses, disait un grand « esprit. Il faut nous tenir prêts pour un im- « mense événement dans l'ordre divin, ver^ « lequel nous marchons avec rapidité. » Que ce soit dans vingt ans ou dans dix ou vingt siècles, qu'importe? Mille ans sont comme un jour. Ce qui importe, c'est que la marche s'accélère. Eh bien! ne sent-on pas, depuis un demi-siècle, cette accélération de la vitesse du monde? Augmentons-la par nos efforts et par l'ardeur de notre foi.
Les enfants en sont donc exempts.
Voici que le collecteur du tribut imposé aux Juifs par Auguste demande à Pierre si son
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doit être : Ergo filii liberi sunt. Les membres de la cité contribuent librement, et après discussion, et en pleine connaissance du but; ils savent pourquoi ils donnent; ils demandent compte de tout ce qu'ils confient à ceux qu'ils chargent d'employer les ressources de la commune patrie. Gela même est la loi principale de la richesse et de la liberté des peuples. Si le pouvoir central impose les peuples malgré eux ou sans eux, et les traite comme étrangers ou comme vaincus, c'est la ruine commune. Le monde romain est manifestement mort du cancer delà fiscalité. Les Césars ont tué l'Empire, parce qu'ils n'ont pas voulu savoir que tous les citoyens sont libres à l'égard de l'argent.
La science de la richesse, de l'ordre, de la prospérité sociale et de la liberté, est dans ce mot : « Les enfants sont donc libres ! »
Mais, comme le Sauveur sait que les peuples n'arriveront que peu à peu à la justice et à la liberté, et que les guerres civiles et les brisements sontencoreleplus grand fléau des sociétés humaines, il dit : Les enfants sont donc libres! Mais, pour ne pas choquer violemment ce qui est, ut autem non scandalizemus eos, payons d'abord tout ce qu'ils nous demandent.
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