‹ Commentaire sur l'évangile selon Saint MatthieuChapitre 90 sur 129 · I. «1 autres serviteur · texte numérisé non relu

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40. « Or, quand viendra le maître de la vigne, « que fera-t-il aux vignerons ? »

41. « Ils lui dirent: Il exterminera ces mi- « scrables, et il louera la vigne à d'autres vice gnerons, qui lui en donneront les fruits en « temps voulu. »

42. « Jésus leur dit: N'avez-vous jamais lu « ces mots des Ecritures : La pierre qu'ont re- « poussée ceux qui bâtissent est devenue la « principale pierre de l'angle? C'est Dieu qui a « fait cela; nos yeux voient cette merveille. r

43. « Je vous le dis aussi; le royaume de <q Dieu vous sera enlevé, et sera donné à un «; peuple qui en portera les fruits. »

44. c« Celui qui tombera sur cette pierre s'y «, brisera. Celui sur qui elle tombera sera <« broyé. »

45. « En entendant ces paraboles, les princes <<; çles prêtres et les pharisiens comprirent qu'il « parlait d'eux. »

46. « Et ils cherchaient à s'emparer de lui, «i mais ils craignaient le peuple, qui le tenait « pour un prophète. »

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Mais rien n'étonne et ne révolte davantage le vieux monde que le premier soupçon du règne à veuir. Tout est ému, pour un seul homme qui vient en paix rendre ce témoignage à la justice et à la vérité. L'Etat se trouble tout entier : Cornmota est universa civitas.

Quel est cet homme? Voilà le cri que le vieux monde va pousser pendant des siècles. Et il crie encore aujourd'hui: Quel est cet homme?

Cet homme va d'abord au temple de Dieu : là est le centre des affaires humaines ; et il chasse du temple les vendeurs, les acheteurs et leur argent.

Ma maison, s'écrie-t-il, est la maison de la prière: vous, vous en avez fait un repaire de voleurs !

Voilà par où commence le Christ quand il prend possession de son royaume.

Il ne va pas au tribunal, ni à la place publique, ni au palais d'Hérode, ni à la demeure de Pilate, ni môme à la demeure des princes des prêtres. Il va droit au temple de Dieu.

Le temple de Dieu, c'est l'àme de l'homme, c'est la conscience humaine. C'est de là qu'il gouverne le monde.

L'àme humaine, la conscience, c'est le temple, c'est le lieu de prière.

La prière, c'est l'effort de l'âme cherchant

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Aimez Dieu par-dessus toute chose, et les hommes comme vous-même. Plus de mensonge, de vol ni d'homicide !

Les enfants et le petit peuple comprennent ces évidences et ces éternelles lumières simples. Et ils s'écrient: Gloire au Fils de David, gloire à celui qui vient au nom de Dieu! Mais les scribes ne les comprennent pas, ni même les princes des prêtres.

Oui, c'est de la bouche des petits enfants que Dieu tire ses louanges.

Ne vous souvient-il pas des merveilleuses convictions de justice que Dieu même révélait à votre première enfance, en ce temps céleste où l'on croit encore que les méchants sont les plus faibles, et que quiconque a pour lui la justice est le plus fort? À douze ans, nous croyons cela! Plus tard nous avons le malheur d'en douter. Heureux ceux dont la vie, en tendant au terme, remonte vers Dieu et vers les simples convictions absolues !

Mais les scribes et les pharisiens s'indignent de ce qui ravit les humbles et les petits, de ce qui arrache aux enfants des cris de joie et d'en» thousiasme.

Aussi Jésus s'éloigne d eux.

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une âme hypocrite et perverse qui, osant affronter l'Eucharistie, est foudroyée par l'Esprit- Saint.

Les Apôtres, voyant le figuier desséché, s'étonnent de cette étrange puissance. Mais Jésus ramène leur pensée à l'unique nécessaire et à la source universelle des forces : prière et foi. L'église juive, maison de prière, est devenue caverne de voleurs. La voilà foudroyée. Vous, apôtres de l'Eglise vivante, prenez la force qui dompte les obstacles, et qui transporte les montagnes, qui obtient tout ce qu'elle demande, qui est la toute-puissance d'emprunt. Lorsque les hommes sauront prier, c'est alors qu'il «auront gouverner le monde.

Par quelle autorité faitesvous ces choses? Qui vous a donné ce pouvoir?

Ici viennent des paroles fondamentales sur la grande question du salut. Pourquoi est-on sauvé? Qui est sauvé?Qui ne l'est pas? Le Christ ne vient-il pas pour tous, et la grâce n 'est-elle pas donnée à tout homme?

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Il y a là aussi un autre mystère: celui de la foi morte, de la foi sans les œuvres, du surnaturel en paroles, non pas en actes!

Il y a des âmes qui disent oui quand la religion se présente, mais qui n'en font aucun usage vivant. Elles sont comme celui des deux fils qui dit au père, quand son père l'envoie au travail : J'y vais, Seigneur; mais il n'y va pas. L'autre fils, au contraire, commence par refuser audacieusement; il dit: Je n'irai pas. Mais bientôt, touché de repentir, il se met au travail. Tout consiste à se mettre au travail. C'est ce dernier qui obéit, dit l'Evangile, quoique d'abord il ait dit non. C'est à l'œuvre qu'on l'a jugé. Et c'est ce qui arrive au publicain et à ces femmes de mauvaise vie, qui d'abord avaient repoussé la loi de Dieu. Mais la voix de saint Jean, du précurseur qui prêche la pénitence, les ramène. Ils écoutent la conscience, ils écoutent Je re mords. Les princes des prêtres, au contraire, hommes d'entière et publique profession religieuse, sont représentés par ce fils qui s'écrie : a J'y vais, » mais qui n'y va pas. Ils ont dit oui, et ils portent le manteau religieux dans sa forme la plus orthodoxe. Mais la conscience est abolie; point de remords possible; la loi naturelle même est oubliée, sous prétexte de loi écrite. Le précurseur pour eux prêche en vain

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vignerons disent: Voici l'héritier, tuons-le, et l'héritage sera pour nous. Ils se saisissent du fils et ils le tuent î

La vigne, c'est le monde et la vie, et les vignerons sont les hommes.

Dieu demande les fruits de la vie: vérité, justice, amour libre.

Mais la vie est un vin qui enivre: l'homme s'en abreuve jusqu'au vertige, jusqu'à la mort, et n'en veut rien donner à Dieu et à ses frères. Donner, transmettre, est la loi de la vie, loi qui ôte à la vie le venin qui enivre, et qui seule peut donner au nectar la vertu de rendre immortel.

Or, Dieu fait toujours deux efforts pour ramener à lui l'homme qui s'égare, et la vie qui va s'enfermer dans Fégoïsme.

Il leur envoie d'abord ses serviteurs, précurseurs de son fils. Et puis il leur envoie son fils. Raison, conscience, remords, loi naturelle inscrite au cœur, spectacle de la nature, spectacle du genre humain souffrant, compassion naturelle de l'homme pour l'homme: voilà les envoyés de Dieu. Les méchants étoufïent toutes ces voix, et foulent aux pieds, lapident et tuent ces envoyés.

Le père alors envoie son propre fils. Dieu dît*. Moi qui vous parlais autrefois par mes pro-

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