‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 23 sur 139 · XXVIII · texte numérisé non relu

XXVIII

ALPHABET ZEND

Ihn thm thy thr thv tkw thry dk dtch db dy dr dv dru

dhtch dhn dhb dhm dhy dhr dhv dhw dhby nt nm ny nv

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fi fm fy fi fç fch fi Jry fit fcht Jchn Jchv fit

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chk chn chm chv chh

sk skh st sn sm sky sklir str stry sh ”

hk hm hy hv hmy hrk hrp

“ Il y a dans celte ligne plusieurs groupes, notamment sn et sm, qu'il faudrait se garder de considérer comme en contradiction avec les observations que nous avons faites plus haut sur l'absence d’un s dental devant n etm, le n tend recherchant le ç palatal, et m devant être précédé d'un h dans les cas où l'on a sm en sanscrit. Le i qui figure dans ces deux groupes, n'est, si je puis m'exprimer ainsi , dental que pour les yeux. En d'autres termes, les copistes se servent d’un s dental , qui, h cause des circonstances dans lesquelles il se trouve, n'a pas originairement celte valeur, et qui u*t, notamment en sanscrit, un ch . Ainsi, dans diumainyu et dans dusmdâta, le s tend

ne répond pas à uni dental dévanÀgari; la lettre qu’il représente est un ch, et cela doit être puisque la sifflante est précédée des voyelles i et u. Si donc i a persisté dans ce cas en tend, il faut de deux choses l une, ou que s se soit prononcé ch , lorsque , précédé d'un i oit d’un u , il était suivi de n ou de m , ou que les copistes aient employé par erreur s au lieu de ch. Il faut , en un mol, qu'il sc passe pour s, soutenu par net m, la même chose que pour s devant t, et les observations que j’ai faites ci-dessus sur ce dernier groupe me paraissent trouver ici leur application. Je ne connais pas d'autre manière de rendre compte de la contradiction qu'on remarque entre ces faits et le

ogle

ALPHABET ZEND

Ce Tableau présente sans contredit une assez riche variété de combinaisons. Mais ce qui frappe le plus, c’est la rudesse de plusieurs de ces alliances de consonnes, composées d'articulations qui, dans le système de quelques langues alliées au zend , et notamment en sanscrit, seraient regardées comme absolument incompatibles. On voit clairement (et c’est un résultat sur lequel nous reviendrons plus bas), que la grande loi d'attraction et d’assimilation qui pénètre si avant dans le système grammatical du sanscrit, est en zend, sinon complètement inconnue, du moins d’une application beaucoup plus restreinte. On s’attend bien que le dernier elTet de cette loi, savoir l'assimilation absolue de deux consonnes dissemblables, assimilation qui a lieu en pâli et en prikrit, est étrangère à cette langue. Aussi je ne me rappelle pas d’avoir rencontré des exemples de ce fait, et je ne crois pas qu'il y ait en zend un seul mot où l’on trouve (comme dans les dialectes cités tout à l’heure) une consonne quelconque répétée deux fois de suite “.

principe qu'un i dental ne subsiste pas devint n et m. C’est que quand nous disons un i dental, nous parlons d'une sifflante qui se trouve dons le» condition» euphoniques nécessaires pour qu elle reste dentale Or. la première de ces conditions, c’est qu elle ne soit précédée ni d’un *, ni d’un o. Que si, au contraire, ces voyelles interviennent. leur action change immédiatement la videur de la sifflante. Cette dernière devient en sanscrit ch , qu elle soit suivie d’une voyelle ou d’une consonne. En zend , au contraire, clic prend deux formes: elle est 1 • ch , quand c’est une voyelle qui la suit; 3° j (peut-être avec prononciation de ch) , si elle est suivie de n ou de m. Mais il n’y a dés lors plus lieu à changer » en ç devant n, ou en h devant m. Car la présence des voyelles i et u a soustrait dés l’abord la

sifflante* aux causes qui auraient décidé de son changement en ç ou en h. Ajoutons pour terminer qu’il y » dans l'orthographe de durmainya et de dusnidâta nne exception au principe qni veut que t qui devrait être ici ch, sechangeen j devant une sonnante, comme par exemple dans dujvaresta et d’autres. C’est que, quoique appartenant à la classe des sonnantes, les nasales a et m font une exception spéciale dont nous avons déjà eu occasion de parler, lorsque, par exemple, nous avons montré que n et n étaient, à l'égard de r et de la sifflante ç, dans d'autres conditions que le reste des consonnes sonnantes.

“ Le zend Avait , dans la rencontre de nis ou nich avec tad. l’occasion de redoubler la sifflante; cependant la sifflante deWa été changée en h, et le * ou ch de nu a

cxl ALPHABET ZEND.

11 n’en faut cependant pas conclure que les consonnes soient sans action l’une sur l’autre; bien au contraire, et en ce point môme on reconnaît une nouvelle preuve de l’originalité du système zend. On a pu remarquer, dans notre analyse des lettres isolées, que la distinction des sourdes et des sonnantes était loin d’être inconnue en zend. Cette langue en possède le principe et l’applique même régulièrement dans certains cas; mais l’action en est restreinte dans des limites assez étroites, et elle ne porte guère que sur les sifflantes, et sur certaines lettres qui reçoivent de la consonne qui les suit une aspiration quelles ne possédaient pas avant leur rencontre avec cette consonne. Déjà nous avons constaté que certaines sifflantes étaient soit attirées, soit repoussées par certaines lettres. On a vu de plus que les liquides r, v, y, les nasales n, m , les sifflantes s et ch étaient plus ou moins douées de la propriété* d’as-

seul subsisté; tant le redoublement d'une consonne parait étranger à cette langue!

fl faut convenir aussi que cette absence de redoublement d'une consonne semblable, circonstance qui atteste que l'assimilation n’a pas fait de grands progrès en zend , est duc quelquefois à des causes qui agissent de la même façon que l’assimila tion elle-même ; et qu’ainsi on ne serait pas en droit de conclure de la rareté des traces de l'assimilation , que tous les mots zends , sans exception, se présentent sous une forme primitive et non encore modifiée par l’un des moyens les plus actifs dont se serve l'cuphonic. Si, par exemple, au lieu de l'assimilation , le zend avait un autre principe, celui de la suppression , on ne trouverait pas, il est vrai, des fuits analogues À ceux du pâli suppatibédha , par exemple, mais ce mot serait devenu hupaitibaodka Or, quoique le r ne soit pas représenté par

p , au moyen de l'assimilation, ou plutôt par cela même que le r a disparu complètement , la forme zend hupaiti est plus moderne que le sanscrit supra ti, je dirai même que le pâli suppati. De même , dans le mot aiwyâ, où le témoignage formel de Nériosengk et le sens d'un grand nombre de passages nous permettent de reconnaître le sanscrit adbhyah ( aux eaux ) , il y a une altération qui est plus qu’une assimilation , le p du radical et le bh de la désinence s'étant fondus et adoucis en un Vf. Cependant ces exemples ne sont pas très-nombreux, et nous ne nous en croyons pas moins autorisés , par notre tableau des groupes zends, à dire que le sanscrit a fait un pas de plus que le zend dans l'application des lois d'attraction et d’assimilation , pour lesquelles l’euphonie réclame d'autant plus impérieusement que les langues vivent davantage.

ALPHABET ZEND. cxu

pircr la consonne qui les précède, propriété qui donne naissance à ces alliances propres à la langue zende dont nous avons déjà vu les éléments, lorsque nous avons parcouru \jnc à une les aspirées de son alphabet. Ce qui se passe dans cette circonstance est un commencement d'assimilation : les consonnes s’assimilent l’une à l’autre par l’aspiration, la consonne qui contient l’aspiration forçant l’autre consonne à recevoir cette modification nouvelle. Mais il y a loin de là aux règles si savantes et si minutieuses même, auxquelles la grande distinction des consonnes en sourdes et en sonnantes, suivie et appliquée avec rigueur, donne lieu en sanscrit.

Maintenant que nous avons vu les éléments dont se compose le système des articulations zendes, et que nous avons pris une notion générale de la manière dont elles se combinent, soit entre elles, soit avec les sons vocaux, nous pouvons apprécier le degré de ressemblance et de différence que présente ce système avec celui du dévanâgari. Si la ressemblance est grande, les différences ne le sont pas moins; car les consonnes zendes diffèrent autant des consonnes sanscrites par ce qui leur manque, que par ce quelles ont de plus que ces dernières.

Ici s’élève la question de savoir comment on peut rendre compte de différences aussi marquées. Serait-ce que ces deux systèmes d’articulatiops , sortis d’une source commune, et séparés très-anciennement l’un de l’autre, se seraient développés isolément, et auraient reçu, des influences diverses du climat et des lieux ainsi que d’un degré inégal de culture, la forme qu’ils ont aujourd’hui? Ou bien la différence de l’alphabet du zend viendrait-elle de ce que cet idiome aurait oublié les principes qui servent de base à la classification si philosophique des consonnes indiennes? Ne serait-elle que le produit grossier de l’ignorance? Enfin, faudrait-il descendre, pour l’expliquer, jusques aux causes les plus vulgaires, les erreurs et les inexactitudes des copistes? Peut-être aucune de ces hypothèses

cxui ALPHABET ZEND.

ne rend-elle complètement compte de la différence de ces deux systèmes: mais je crois pouvoir affirmer que la seconde doit réunir, aux yeux de la crityjue, bien moins de probabilités que la première.

Faisons d’abordda part de l’ignorance des copistes. Je crois bien qu'on en peut trouver quelques traces dans l’emploi des consonnes xendes, mais ces traces se réduisent peut-être à un seul fait, encore ce fait lui-même peut-il avoir sa cause dans une particularité de la prononciation du zend qui nous est inconnue. Je veux parler de l’emploi du kh dans les mots où l’étymologie appelle nécessairement un k non aspiré. Il y a ici une confusion évidente de deux gutturales que le zend lui-même distingue soigneusement, puisqu'il attribue à la seconde une force d’aspiration qui ne paraît pas connue en sanscrit. Cette confusion peut venir des copistes; mais pour qu’on en comprenne la possibilité, il me semble indispensable d’admettre que les copistes ont transcrit les livres à une époque beaucoup plus récente que celle où ces livres ont été composés, ou, pour parler plus généralement, que celle où la langue zende était communément en usage dans l’ancienne Arie. Alors, de deux choses l’une: ou bien ils n'avaient plus une connaissance très-étendue des lois étymologiques de la langue, et ils pouvaient, contrairement & ces lois, prendre une consonne pour une autre; ou bien la consonne avait, par le laps de temps, perdu, dans certaines circonstances, quelque chose de sa valeur première, et elle se confondait presque d’elle-mème avec une autre consonne. Dans le premier cas, l’adoption fautive du kh dans des mots où il faut de toute nécessité un k simple, devrait être exclusivement attribuée à l’ignorance; dans le second , elle le serait à l’ignorance justifiée par l’éloignement des temps et par le changement de la prononciation.

A l’exception de ce fait et de la confusion dans l'emploi des sifflantes dont nous avons parlé ci-dessus, je n’en connais aucun autre dans l'alphabet des consonnes rendes qui puisse être absolument mis sur le compte des copistes. Car je ne crois pas qu'on puisse leur

ALPHABET ZEND. cxliii

attribuer l’absence d’un bh aspiré , et la substitution du b au bh dé* vanâgari. Voici comme je comprends ce fait, qui a lieu non-seule* ment du lend au sanscrit, mais des dialectes germaniques au grec et au latin. Je remarquerai d'abord que la classe des labiales est une de celles où se montre dans les alphabets le plus de variété. Il y a des langues qui n’ont jamais distingué d’une manière bien claire l’articulation du b doux de celle du v ou même du w; il y en a d’autres qui n’ont absolument pas de 6, et qui ne connaissent que la forte p. Or, je pense que le sanscrit a du être dans le cas des premières de ces langues, c’est-à-dire qu’il n’a jamais dû distinguer bien nettement le b doux du v, et cette opinion se fonde sur les deux faits suivants : t* sur ce qu’il y a bien peu de mots dans la langue (si même il y en a aucun), qui , écrits par un 6, ne puissent en même temps l’être par un v; a* sur ce que le signe qui, dans l’alphabet, représente le b, n’est que très-peu différent de la forme du v. Cependant la langue possédait un bh d’une prononciation forte et aspirée à la manière indienne; ce bh se trouvait aussi inhérent aux racines des mots où on le rencontre, que nous venons de voir le b doux, l’être peu. Autant le b doux avait de tendance à se confondre avec le t>, autant le bh devait s'en distinguer dans la prononciation. Le bh, en un mot, était le b véritable, celui qui s’opposait de la manière la plus tranchée à la forte p. Tel devait être, selon moi, l’état de la série des labfedes au moment où les Brahmanes grammairiens introduisirent dans l’alphabet dévanâgari l’ordre admirable qui y règne aujourd'hui : dans la langue , une forte p , une douce d’une prononciation bien tranchée et même aspirée bh, plus un son qui devait flotter entre le v et le b très-doux. La facilité avec laquelle s’était régularisé le développement des autres séries, celle des dentales, par exemple, dut inviter les grammairiens à réaliser le même ordre dans la classe des labiales. Chaque consonne simple avait son aspirée, le t son th . le à son kh; dans l’ordre des labiales l’aspirée bh était donnée, elle appelait la douce simple; cette douce fut le

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ALPHABET ZEND

son qui flottait entre v et b, et la forme même du signe adopté pour la représenter indiqua en quelque sorte son origine.

Si l'hypothèse que je viens d'imaginer pour expliquer le classement de l'ordre des labiales en dévanâgari ne paraît pas trop arbitraire, elle pourra rendre compte de l’absence en zend du bh sanscrit, et de la substitution du b à la lettre aspirée de l'alphabet indien. Je me ligure en effet le zend s’arrêtant à l’état où se trouvait le dévanâgari avant qu’il se systématisât. En zend était un p. la forte labiale, plus un b dont la prononciation devait être nettement articulée pour qu’elle ne fût pas confondue avec le v et le w; il ne paraît pas qu’il y eût de son flottant entre v et b, à moins que ce ne fut, et seulement dans certains cas, le tr. Que le point de vue systématique qui appelle auprès de chaque consonne simple une articulation identique, mais suivie d’une aspiration forte, ne s'introduise pas en zend; que l’alphabet ne soit pas rangé et peut-être remanié par dos grammairiens intelligents; que la langue soit écrite assez tard, quand certaines nuances délicates de la prononciation ancienne avaient eu le temps de s’effacer, et que des nuances nouvelles avaient pu se faire sentir, et on comprendra sans peine comment il se peut faire qu’un bh à prononciation aspirée (puisqu’en latin et en grec il est d’ordinaire représenté par un $ , un y, ou simplement un h ) ait pu devenir le b non aspiré de l’alphabet zend. Le seul b qui existât réellement dans la langue, le b à prononciation nettement articulée, se trouva naturellement confondu avec la douce qui s'opposait à la forte p; et de là vint que cette labiale put en zend, c’està-dire dans une langue dont l’alphabet ne paraît pas avoir subi le même travail que le dévanâgari, répondre aux variétés de la labiale douce indienne.

La discussion à laquelle nous venons de nous livrer ne repose pas exclusivement sur des hypothèses, et nous devons en avertir le lecteur pour qu'il consente plus volontiers à nous suivre dans le développement des inductions que nous croyons pouvoir tirer de la

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différence du système des consonnes zendes avec celui des consonnes dévanàgaries. C’est un fait que le principe qui a organisé l’alphabet des consonnes en sanscrit n’a pas exercé la même influence sur les consonnes zendes; la comparaison des deux alphabets suffit pour le démontrer. Chaque consonne n’est pas en zend , comme elle l’est en sanscrit, suivie de son aspirée correspondante. Mais ce qui, dans ce genre, manque dans l’alphabet zend, cet alphabet ne me parait pas l’avoir perdu; il semble, au contraire, s’être fixé avant de l’avoir acquis.

La classe des palatales n'a pas d’aspirées; mais combien les aspirées de cette classe, surtout le djh, sont-elles rares même en sanscrit! La labiale p n'a pas d’aspirée & la manière indienne, mais elle en possède une d’un caractère propre aux dialectes persans. Enfin, la classe des linguales ou cérébrales sanscrites ne se trouve pas en zend: mais n’est-il pas remarquable qu’on ne la rencontre pas davantage dans les langues de l’Europe qui appartiennent à la même famille, et que, parmi les mots indiens où se voient les cérébrales, il en soit passé un si petit nombre dans les idiomes européens? Pour moi, quand je pcnsdSau rôle que jouent ces consonnes dans les dialectes du Décan, particulièrement en tamoul et en télougou, et au nombre relativement assez restreint des mots sanscrits qui les possèdent, je me persuade qu’elles appartiennent en propre au sol de l’Inde, et que leur origine ne doit pas être cherchée en deçà de l'Indus, dans l’ancienne Arie. Il me paraît qu’elles ont été empruntées par le sanscrit aux dialectes primitifs qu’il rencontra dans l'Inde, et admises par lui dans son alphabet, lorsque les Brahmanes sentirent le besoin de le régulariser et de le mettre en parfaite harmonie avec l’état de la langue. En un mot, la présence des cérébrales dans la série des consonnes sanscrites est, à mes yeux, un des appuis les plus solides de l’hypothèse qui rapporte le classement et l’ordonnance de l’alphabet dévanâgari à une époque où le sanscrit, déjà établi dans l'Inde, avait pu entrer

ALPHABET ZEND

en contact avec d’autres langues, et, selon toute apparence , avec d’autres systèmes alphabétiques.

Si cela est ainsi, la série des consonnes zendes peut passer pour un alphabet dévanâgari primitif, non encore complètement régularisé, ou plutôt dont une partie seulement est susceptible d’un classement systématique. Cette partie, dans laquelle peut se rétablir l’ordre indien, c’est la classe des gutturales et celle des dentales. Les deux autres classes, celle des palatales et celle des labiales, sont, au contraire, incomplètes; mais l’état dans lequel nous les voyons vient plutôt, selon nous, d’une absence de développement, que de retranchements faits par l’ignorance à un ancien alphabet plus perfectionné. En d’autres termes, le système des consonnes zendes ne nous parait pas une altération du système des consonnes sanscrites; nous le regardons comme étant au fond le même, à la différence près de la classification. Ce qu’il y a de primitif et d’essentiellement organique dans les articulations du dévanâgari, se retrouve également dans la série des consonnes zendes. Ce dernier alphabet possède les éléments du classement régulier en forte, forte aspirée, douce, douce aspiséc. La langue y a déposé, comme dans l’alphabet sanscrit, la puissance d'aspiration qui tire de chaque articulation une articulation identique, mais suivie d'une émission de voix que nous ne pouvons mieux représenter que par notre h aspiré. Et certes, cela doit être ainsi, puisque les langues zende et sanscrite sont si semblables l'une à l’autre. Car, comme il n’y a , en général, dans un alphabet que ce qui est dans la langue, et comme, pourvu qu’un alphabet soit composé avec quelque soin, il doit contenir tout ce que la langue possède en fait d’articulations, la série des consonnes zendes doit laisser voir, sinon l’ordonnance régulière des consonnes sanscrites, au moins les éléments fondamentaux qui pourront plus tard donner naissance à une classification systématique. En un mot, l’analogie des deux langues doit passer dans les deux systèmes d’articulations; ces systèmes doivent ne dif-

ALPHABET ZEND. cxlvii

férer l’un de l’autre que par les traits qui forment le caractère propre et l’individualité de chacun de ces idiomes.

Un de ces traits, c’est le grand nombre des aspirées fortes du zend, un kh qui a été vraisemblablement plus voisin du % greç que du kh sanscrit, un gh dont le son est peut-être celui du ghain arabe, un ih qui n’est autre qu’une sifflante, un f qui est le 9 grec, le f de nos langues européennes, puis deux chuintantes ou sifflantes d'une nature particulière, mais counues aussi de nos idiomes, j et z. Tout cela appartient exclusivement au système des consonnes zendes, et c’est surtout par là que l’ancienne langue de l’Arie se rapproche des dialectes germaniques **; or on n’en trouve pas de trace en déva- ,

" Je dois donner ici la preuve du fait que j’avance dans le texte, fait auquel le lecteur a du être déjà préparé par quelques notes dans lesquelles j’ai indiqué les rapports les plus fréquents que présentent les consonnes tendes avec les consonnes des dialectes germaniques. J’offre ici ce résultat avec d’autant plus de confiance , qu’il s'accorde , ce me semble . complètement avec ceux auxquels est arrivé J. Grimm , dans ses recherches dont on ne peut trop admirer la solidité et la profondeur. Personne ne contestera l’identité du th et du/ tend» avec le th et le/ gothiques : ces aspirées sifflantes sont employées par les deux langues dans les mêmes mots, comme je pourrais en fournir de nombreux exemples. Le kh zend est peut-être plus douteux. cl on peut croire au premier coup d’œil qu'il diffère du rÀ de l’ancien bant allemand. Mais puisqu'en zend il est dû aux mêmes lois que le th et lé f, qu'il est postérieur, comme il l’est en haut allemand à l’égard d’un k gothique (Grimm, Deutsch.

Gramm. tom. I. pag. 177, sqq.), je ne doute

pas qu'il ne soit k la classe des gutturales dans le même rapport que th et / à celles des dentales et des labiales. Nous avons déjà remarqué qu'en gothique z est l’adoucissement de 1 (dental). La tendance de s à se permuter en une autre lettre, soit z , soit r, est encore un nouveau trait de ressemblance qu'offrent les dialectes germaniques avec le tend, qui ne supporte guère la sifflante dentale que lorsqu’elle est soutenue par une dentale, une gutturale mi une nasale. La liquide r a. dans les dialectes gothiques comme en zend, une affinité marquée pour l’aspirée h ; on en peut dire autant, jusqu'à un certain point, dem, puisqu’en gothique le groupe hm est d’usage comme en zend. H suit de là que le développement des aspirées, si caractéristique dans le système des articulations zendes . est presque aussi considérable dans les dialectes germaniques. Si maintenant nous passons en revue chacnn des ordres dans lesquels sont divisées les articulations sanscrites et zendes, en commencent |>ar l’articulation la plus consonne , si je puis m ex- T.

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