Similiter et muliereê ntb
rlit<r tint riris suis, ut et si qui non < ■■■ I" Ut mnlir-
rum itionei n tine verbo
l>"ri/iunt,
tuiderante* in timoré ca- ■ m veetram,
> sir etctrineeeui capillatura, oui cimmn*
1. Que les femmes soient pareillement soumises a leurs maris, afin que s'il y a * i»*s maris qui ne croient pas ;i la parole, ils soient gagnés par la bonne vie de leurs femmes, sans le secours de la parole,
2. Lorsqu'il considéreront la con duite pure qui vous est inspirée par l.i craiate de Dieu.
3. Ne vous parez point au dehors par de^ cheveux tresse-, [>ar des
ornements d'or, et par la beauté des habits ;
4. Mais songez à parer l'homme invisible et caché dans le cœur, par la pureté incorruptible d'un esprit paisible et modeste; ce qui est un riche ornement aux yeux de Dieu.
5. Car c'est ainsi qu'autrefois les saintes femmes qui espéraient en Dieu se paraient, en demeurant soumises à leurs époux :
6. Comme faisait Sara, qui obéissait à Abraham, l'appelant son seigneur ; Sara dont vous vous montrez les filles en imitant sa bonne vie, et en ne vous laissant troubler par aucune crainte.
7. Et vous, maris, vivez de même selon la science avec vos femmes, les traitant avec honneur comme le sexe le plus faible, et considérant qu'elles sont aussi bien que vous les héritières de la grâce qui donne la vie : conduisez-vous de telle sorte qu'il ne se trouve aucun empêchement à vos prières.
8. Enfin, qu'il y ait entre vous tous une parfaite union de sentiments, une bonté compatissante, une amitié de frères. Soyez miséricordieux, modestes et humbles.
9. Ne rendez point le mal pour le mal, ni l'outrage pour l'outrage ; mais répondez plutôt par des bénédictions, sachant que c'est à cela que vous avez été appelés, afin de recevoir l'héritage de la bénédiction.
10. Car si quelqu'un aime la vie et désire voir des jours heureux, qu'il empêche sa langue de médire, et ses lèvres de prononcer des paroles trompeuses.
11. Qu'il se détourne du mal et fasse le bien ; qu'il recherche la paix et s'efforce de l'acquérir.
12. Car le Seigneur a les yeux ouverts sur les justes, et les oreilles attentives à leurs prières ; mais il regarde les méchants avec colère.
13. Et qui sera capable de vous nuire, si vous êtes zélés pour faire le bien?
datio auri, aut indumenti vestimentorum cultus :
4. Sed qui absconditus est cordis homo, in incorruptibilitate quieti et modesti spiritus, qui est in conspectu Dei locuples.
5. Sic enim aliquando et sanctœ mulieres, sperantes in Deo, ornabant se, subjectœ propriis viris :
6. Sicut Sara obediebat Abrahœ, dominum eum vocans ; cujus estis filiœ benefacientes, et non pertinentes ullam pertur-bationem.
7. Viri similiter cohabitantes secundum scientiam, quasi infirmiori vasculo muliebri impartientes honorem, tan quant et cohœredibus gratiœ vitœ ; ut non impediantur orationes vestrœ.
8. In fine autem, omnes unanimes, compatientes, fraternitatis amatores, miséricordes, modesti, humiles ;
9. Non reddentes malum pro malo, nec malédiction pro maledicto, sed e contrario benedicentes : quia in hoc vocati estis, ut benedictionem hœreditate possideatis.
10. Qui enim vult vitam diligere, et dies videre bonos, coerceat linguam suant a malo, et labia ejus ne loquantur dolum ;
11. Declinet a malo, et faciat bonum ; inquirat pacem, et sequatur eam :
12. Quia oculi Domini super justos, et aures ejus in preces eorum : vultus autem Domini super facientes mala.
13. Et quis est qui vobis noceat, si boni œmulatores fueritis ?
/ Pclr.t m.
14. Sed et si quid patimini jpropter justitiam, beati. Timorem autem eorum ne timiieritis, et non conturbemini.
15. Dominum autem Christum sanctificate in cordibus vestris, parât i semper ad satisfactionem omni poscenti vos rationem de ea quœ in robis est spe :
16. Sed cunx modestia et timoré, conscientiam habentes bonam; ut in eo quod detrahunt vobis, confundantur qui calumnianticr vestram bonam in Christo conversationem.
17. Melius est enim benefacientes (si voluntas Dei velit) pati, qT.am malefacientes :
18. Qu'ui et Chrisfi's semel pro peccatis nostris mortuus est, jus tics pro injustis, ut nos offerret Deo, mortificatus quidem carne, vivificatus autem spiritu.
19. In quo et his qui in carcere erant spiritibus veniens prœdicavit ;
20. Qui increduli fuerant aliquando, quando exspectabant Dei patientiam in diebus Noe, qui',,} fabricaretur arca; in qua pauci, id est, <>cto anima?
salvœ fact<r sunt per aquam.
21. Quod et vos nunc similis formas salvos facit baptisma (non carnis drpositio SOrdium, sed conscientiœ bonœ interrogatio in Deum) per resurrectionem Je su Christ i.
22. Qui est i>i dextera I),i, deglutiem mortem ut vitœ œternœ hœrede* efficeremur ; profectus in cœlum, tubjectis sibi angelis et potestatibus et virtudbus.
14. Si néanmoins vous souffrez pour la justice, vous serez heureux.
Ne craignez point ceux qui veulent vous intimider et ne vous troublez point de leurs menaces.
15. Mais rendez gloire dans vos cœurs au Seigneur Jésus-Christ; et soyez toujours prêts h satisfaire tous ceux qui vous demanderont raison de l'espérance que vous avez.
16. Faites-le toutefois avec douceur et avec retenue, conservant en tout une couscience pure, afin que ceux qui décrient la vie sainte que vous menez en Jésus-Christ, rougissent de vous diffamer comme ils font.
17. Car il vaut mieux être maltraités, si Dieu le veut, en faisant le bien, qu'en faisant le mal ;
18. Parce que Jésus-Christ même a souffert une fois la mort pour nos péchés, et le Juste pour les injustes, afin de nous offrir à Dieu, étant mort en sa chair, mais rendu à la vie par l'esprit.
19. Et c'est avec son esprit qu'il est allé prêcher aux esprits qui étaient retenus en prison ;
20. A ceux qui avaient été jadis incrédules , lorsqu'ils comptaient sur la patience de Dieu, au temps de Noé, pendant qu'on bâtissait l'Arche, en laquelle peu de personnes, savoir huit seulement, furent sauvées au milieu des eaux.
21. C'était une figure a laquelle répond maintenant le baptême, non pas celui qui consiste à purifier la chair de ses souillures, mais le baptême qui, selon l'engagement d'une conscience sincère pris en préseace de Dieu, nous sauve par la résurrection de Jésus-Christ ;
22. Qui est assis à la droite de Dieu, après avoir détruit la mort, afin que nous devenions les héritiers de la vie éternelle, et qui est monté au ciel où les Anges, les Puissances et les Vertues lui sont assujetties.
1. Similiter et malieres subditœ sint viris suis. Les chrétiens doivent obéir aux princes, et les esclaves à leurs maîtres, comme nous venons de le voir. De même, les femmes doivent être soumises à leurs époux (1). La loi naturelle, la loi divine et la loi humaine ordonnent à la femme d'obéir à son mari. Elle sera la reine de la maison, mais l'époux sera son roi. Une femme qui, forçant la nature, usurpe l'autorité ou les fonctions de l'homme, ne s'élève pas, elle se rend ridicule.
Ut si qui non credunt verbo, per mulierum conversationem sine verbo lucrifiant. Elles se montreront soumises, « afin que s'il se trouve des maris qui ne croient pas à la parole du Christ, ils soient gagnés à Dieu, même sans le secours de la parole, par la bonne conduite de leurs épouses. » Car la femme exerce une influence continue et profonde sur son mari, par sa douceur, sa modestie, son dévouement, sa patience. Quelle gloire pour une femme de présenter à Jésus-Christ son époux qu'elle a conquis à la religion !
On remarque qu'à cette époque les mariages entre juifs et infidèles n'étaient pas rares. Saint Timothée était fils d'un père gentil et d'une mère juive devenue chrétienne.
Sine verbo. 11 n'est point d'éloquence qui l'emporte sur la vertu silencieuse d'une femme. Sans doute, elle parlera de l'Evangile à son époux ; mais, auparavant, elle gagnera son affection et son estime par la douceur et la pureté de ses mœurs. Hoc valet mulieris gravitas et pmiicitia, et ejus bona conversatio, ut virum suit m vocet ad fidem et ad devotionem. (S. Ambros. De Sacram., 1. VI, c. v.) C'est par l'exemple persuasif de ses vertus que sainte
(1) Saint Paul donne un commandement semblable dans son Epître aux Ephésiens : Mulieres viris suis subditœ sint, sicut Domino, (v, 22.)
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Monique gagna son époux à Jésus-Christ. Sategit eum lucrari loquens te illi moribus sais. (S. Aug. Conf., 1. IX, c. ix.) C'est aussi la piété de Clotilde qui conquit à la religion chrétienne Clovis et, avec lui, toute la nation des Francs.
2. Considérantes in timoré castam conversationem vestram (1). Vos maris se convertiront, parce qu'ils verront avec admiration, ô femmes chrétiennes, votre conduite pleine de respect et de chasteté. — In timoré. Ce mot ne dépend pas de considérantes, mais de conversationem. Timor, synonyme de reverentia, exprime tout à la fois la crainte de la femme envers Dieu qu'elle ne veut pas offenser, et son respect pour son mari qu'elle regarde
comme son seigneur.
3. Qiianim non sit extrinsecus capillatura, ant circumdatio a?iri, aut indumenti vestimentorum cuit us (2). Ne mettez point votre gloire à vous parer à l'extérieur par des tresses de cheveux, à vous charger de bijoux d'or, ni à vous revêtir d'habits précieux.
Saint Paul donnait aux femmes le même conseil. Qu'elles s'ornent, disait -il, avec modestie et non pas avec des cheveux frisés, ni avec des bijoux d'or, ou des perles, ou des habits somptueux. (I Tim., n.)
Capillatura. Alors comme de nos jours, il y avait des femmes qui chargeaient leur tête de cheveux empruntés. Capillis alienis verticem struunt, disait saint Jérôme. (Ad Marcell. Ep. xxxviii, 3.) — Capillatura, i^-nloy.^ désigne des cheveux tressés avec art.
Circumdatio auri, rapfôeaiç gpucfaw. Quarum cultus ?wn sit in circumpositione ornamentorum aureorum. Xp-Wa., ce sont des réseaux d'or, des chaînes d'or, des franges d'or, des anneaux, des colliers, des bracelets d'or, en un
(1) Imi gQBC, inoirït\>9*vrii njv h peêu âyvïty à,aorcop/-,v Jw.wv, quùrri ijysi consideraverint veetram in tin><>r<- conversationem. Ces mots sont l'eiplicttioo il.- ju'f mulierutn eonoevsationem*
S OÏC1 le grec : Stj ;stw o^x i i%ot8tv iy.-'tOA?^ rçr/w xxl Ttsptdéazûf, îy.y.7(ùjy nôeftoç, Quarum ornatus non sit exlcrnns ille u qui situe eet in capillorum plicatttra, et in circumpositione auri, hut i>< amictu vestium.
mot, des bijoux d'or. Le véritable ornement de la femme n'est point tout cet or qu'elle met autour d'elle.
Aut indumenti vestimentorum cultus, y\ èvSussok iuoitûov xdffjxoç, c'est-à-dire, guarum cultus non sit in amictu vestimentonim. Ne faites point consister votre beauté à vous envelopper de riches vêtements. Le luxe des femmes était alors porté à son comble dans l'empire romain.
4. Sed gui absconditus est cor dis homo, in incorruptibilitate quieti et modesti spiritus (1). Tous ces ornements étrangers, si précieux qu'ils soient, s'usent et se fanent. Que votre parure véritable ne soit pas dans l'extérieur de votre personne, mais dans l'homme invisible qui est caché au fond du cœur. Mettez votre beauté dans la pureté incorruptible d'un esprit paisible et modeste. Voilà une richesse qui plaît aux yeux de Dieu, qui est in conspectu Dei locuples.
Saint Pierre montre à la femme deux espèces d'ornements : l'un, extérieur et corruptible, qui pare le corps destiné à la corruption ; l'autre, intérieur et incorruptible, qui embellit l'âme et la rend aimable au Seigneur. Que les femmes chrétiennes recherchent donc l'ornement spirituel, la beauté immortelle qui consiste dans la foi, la pureté, la douceur, et qu'elles rejettent un luxe et des atours condamnés par le Saint-Esprit.
Toutefois, l'austère saint Jérôme remarque lui-même avec sagesse que l'Apôtre, en formulant ces préceptes, n'ordonne point aux femmes de se couvrir de vêtements sordides, il n'interdit que le luxe et la vanité. Hœc prœcipiens Petrus non mulieres jubet sgualere sordibns, et horrentibus pannorum assumentis tegi, sed immoderato cultu et nimis exguisito interdicit ornatu. (Ep. cxlviii, ad Celant.)
5. Sic enim aliguando et sanctœ mulieres, sperantes in Deo, ornabant se, subjectœ propriis viris. Car c'est ainsi que se paraient autrefois les saintes femmes qui espé-
(1) En grec, in incorruptibilitate spiritus niitis ac modesti (Tzpv.eoî), et quieti sive placidi (^j/Joo). — Absconditus cordis homo, suppléez : sit cultus vester.
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raient en Dieu. Elles s'efforçaient d'orner leur âme de vertus et de bonnes œuvres que Dieu voyait et récompensait. Elles croyaient que c'était aussi le moyen de s'attacher leurs époux, en se montrant soumises, leur obéissant avec douceur et ne cherchant point à plaire à des yeux étrangers.
6. Sicat Sara obediebat Abrahœ, dominum enm vocans; cujus estis filiœ benefacient.es, et non pertimentes ullam perturbationem. Ainsi faisait Sara, la mère de votre race. Considérez cette femme vénérable : elle obéissait à Abraham, le suivait dans ses pénibles voyages et l'appelait son seigneur, comme le rapporte Moïse : Consenui, disait-elle, et dominus meus vetidus est. (Gen., xvm, 12.) ( )r vous vous montrerez vraiment les filles de Sara votre aïeule, si vous faites le bien, si vous imitez sa sagesse et son respect pour son époux, sans vous laisser effrayer par aucun trouble (1).
Perturbationem (en grec, 7rTÔ^atv, metum, terrorem). Le sort de la femme est lié à celui de son mari ; elle partage ses revers de fortune, comme ses prospérités. Une des grâces du sacrement de mariage, lorsqu'il est saintement reçu par les deux époux, est de prévenir les tribulations amères. Si la bénédiction nuptiale ne préserve pas toujours des grandes peines, elle les adoucit du moins, et les sanctifie.
7. Viri similiter cohabitantes secundum scientiam, quasi infirmiori vasculo muliebri impartientes honorem, tan quant et cohœredibus gratiae vitœ : ut non impediantur orationes vestrœ. « Et vous maris, vivez et habitez de même avec vos femmes selon la science ; traitez-les avec honneur et indulgence comme le sexe le plus faible ; considérez qu'elles sont, aussi bien que vous, les hérit ières de la grâce qui donne la vie éternelle ; et conduisez-
(1) Saint Pieriv t'ait entendre que la femme doit obéir a son époux, sans redouter les disgrâces que pourraient lui attirer ses entreprises. Qu'elle s'abandonne à son autorité. Elle lui donnera toutefois de bons conseils et l'aidera à gouverner sa maison avec sagesse. Quant au reste, elle doit se confier en Dieu, connue faisait Sara dans les circonstances les plu- délicates et les plus périlleuses.
vous avec elles de telle sorte qu'il ne se trouve aucun empêchement à vos prières. »
Cohabitantes, habitant ensemble : mot qui fait entendre que les époux doivent ordinairement partager le même toit et le même lit.
Secundum scientiam, xatà yvûcnv. Le mari traitera sa femme selon la science, c'est à-dire, selon la prudence ; car la raison étant plus ferme en l'homme, l'autorité lui a été donnée sur la femme. Il la traitera aussi selon la science qu'il a apprise des saints Evangiles. Or ils lui enseignent que, si la femme doit obéir à son époux, elle est cependant sa compagne et non sa servante. Non es dominus, sed maritus; non ancillam sorlitus es, sed nxorent, dit saint Ambroise. (Hexaem., 1. V, c. vu.) Il doit la traiter avec honneur et avec une telle chasteté que l'un et l'autre puissent toujours, sans empêchement, élever leur cœur à Dieu dans la prière.
Vasciilum est mis pour corpiisculnm. Le mot vas (en grec ctxsuoç) a le sens de corpus dans l'Ecriture (I Reg. , xxi ; II Cor., iv ; I Thess., iv), non parce que le corps humain serait un vase qui contiendrait l'âme, mais parce qu'il en est « l'instrument », signification de tnceOoç et de vas.
Muliebre vasculum. Le corps de la femme est moins robuste que celui de l'homme, et il est sujet à de nombreuses infirmités. L'époux ménagera donc avec bonté sa faiblesse.
lmpartientes honorent. C'est le christianisme qui a rendu à la femme sa dignité, et c'est dans la religion catholique que la femme atteint le plus haut degré de respect. On voit l'estime, la liberté, l'honneur de la femme baisser à mesure qu'on s'éloigne de l'Evangile.
Honorem. Sous cette expression chaste, on entend aussi l'œuvre conjugale. (S. Hieron., 1. I contra Jovin., n. 7.) L'épouse chrétienne aura la gloire d'être mère, sans que le mari exerce sur elle une domination brutale. SU castus cum conjuge torus, dit saint Augustin ; et si est cura propagandi liber os, non sit effrenata luxuries libidinum. (S. Aug. in Psalm. cxlvi, n. 2.)
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Tanquam cohœredibus gratiœ vitœ. Honorez donc et respectez vos femmes, sachant qu'elles sont comme vous les héritières des biens divins. Car le baptême les a rendues pures et saintes; elles sont aimées, adoptées de Dieu comme ses filles; il les orne et les fortifie de sa grârce; il les destine, aussi bien que vous, à la gloire céleste et à la vie éternelle.
Lit non impediantur orationes vestrœ. L'époux et l'épouse, s'élevant au-dessus des affections grossières et des pensées de la chair, s'agenouilleront ensemble devant le crucifix matin et soir et offriront à Dieu l'hommage d'un cœur pur. Saint Paul leur conseille même de se séparer quelquefois d'un consentement mutuel, afin de vaquer plus librement à l'oraison: Utvacetis orationî. (I Cor., vu, 5.)
L'Apôtre va maintenant adresser des préceptes à tous les fidèles.
8. In fine autem omnes unanimes. Enfin n'ayez tous qu'un même esprit (1).
Unanimes, ôao'vpovsç, se dit de plusieurs personnes qui ont les mêmes pensées. On n'arrive à l'unité de sentiments que par l'union dans la foi. La concorde n'est possible que dans la parfaite soumission à l'Eglise. Adhérer fermement aux doctrines qu'elle enseigne ; condamner tout ce qu'elle réprouve ; écouter avec docilité la voix du Souverain-Pontife au lieu de chicaner sur des syllabes, comme faisaient les ariens et les jansénistes ; enfin obéir avec respect aux supérieurs légitimes : voilà le moyen de bannir la discorde et de conserver la paix dans une société, dans une maison, dans un diocèse.
Oh ! qui nous rendra l'union qui régnait à l'origine parmi les fidèles, quand tous ceux qui croyaient en Jésus- Christ n'avaient qu'un cœur et qu'une âme, sous la direction des Apôtres ! Multitudinis autem credenlium eral cor a?ia?/t et anima, una. Mais cette bienheureuse union
(1) In fine autem, rh £1 tûoç, est la même chose que denique, enfin. Omneê unanimes, on sous-entend eatote. — Unanimes. Saint Paul :\ent donné le méms précepte. Rom., ni, 1, et xv, 5; II Cor., xm, 11 ; Philipp. ii, 2, et iv, 2.
ne dura pas longtemps. Satan souffla la discorde, les Grecs murmurèrent ; et ils ont tant murmuré qu'ils ont fini par sortir de l'Eglise.
Compatientes, crupwtôéiç. Regardez les joies et les peines du prochain comme les vôtres, partagez l'allégresse de ceux qui se réjouissent et pleurez avec ceux qui pleurent, disait saint Paul. Gandere cum gaudentibus, flere cum ftentibus. (Rom., xn, 15.) Ainsi dans le corps humain, qui est l'image de la société chrétienne, lorsqu'un membre souffre, tous les autres membres souffrent avec lui : et si un membre est honoré, tous les autres s'en réjouissent. Si quid patitur unnm membrum, compatiuntur omnia membra ; sive gloriatur unam membrum, congaudent omnia membra. (I Cor., xn, 26.)
Fraternitatis amatores, <piXà$eA<pot, aimez-vous les uns les autres comme des frères, puisque vous n'avez tous qu'un même Père, qui est aux cieux. (Rom., xn, 10.)
Miséricordes, euOTrXay^vot. Vous devez avoir des entrailles pleines de miséricorde et de tendresse pour les malheureux. Que la pitié et la charité émeuvent facilement votre cœur.
Modesti, humiles. Ces deux adjectifs rendent le mot grec TOHteivocppoveç, ayant d'humbles et modestes sentiments de vous-mêmes (1). C'est la première leçon que Notre- Seigneur veut que nous apprenions de lui. Discite a me quia mitis sum et humilis corde. (S. Matth., xi, 29.)
9. Non reddentes malum pro malo, neque maledictum pro maledicto, sed e contrario benedicentes. Ne rendez point le mal pour le mal, ni l'injure pour l'injure; mais, au contraire, dites du bien de ceux qui vous insultent, et bénissez ceux qui vous maudissent. On n'éteint pas le feu avec le feu, mais avec l'eau, non extinguitur ignis igné, sed aqua, dit saint Chrysostome. (Hom. xvni, 1, in Matth.) De même on triomphe de l'injure, non par l'injure, mais par la douceur et par l'humilité. Faire du bien
(1) Au lieu de zsinu'Jéppovgi, qui est la leçon des meilleurs manuscrits (celui du Vatican, de l'Alexandrin et du Sinaïtique), d'autres exemplaires donnent fiMfpoveç, bienveillants et affables.
— 193 — l Petr.,uu
à nos ennemis, c'est le moyen de les vaincre et de gagner leur affection.
On peut remarquer ici trois degrés de vertu. Le premier est de ne pas rendre le mal pour le mal, quand on le pourrait facilement : comme lorsqu'un vaillant homme ne se venge pas d'un soufflet reçu.
Deuxième degré : si l'on est outragé, fermer ses lèvres et ne pas répondre, quand on pourrait d'un seul mot confondre l'insulteur.
Enfin, dire du bien de celui qui nous a calomniés, et faire du bien à celui qui nous a fait du mal.
C'est là sans doute une vertu supérieure à la nature. Mais pourquoi sommes-nous chrétiens, sinon pour nous efforcer de devenir semblables à Dieu?
Quia in hoc vocati estis, ut benedictionem hxreditate
possideatis. Car, ajoute saint Pierre, c'est à bénir que
vous avez été appelés, alin qu'en bénissant ceux qui vous
offensent, vous receviez vous-mêmes la bénédiction en
héritage, selon cette parole de Notre-Seigneur : Venez
les bénis de mon Père, possédez le royaume, Venite bene-
dkti Palris mei, possidete reqnum. (S. Matth., xxv, 34.)
En effet, souhaiter du bien et faire du bien, même à
nos ennemis, est le précepte formel de Notre-Seigneur :
Bene facile lus qui oderunt vos, et orate pro persequentibus
et calumniantibus vos. En faisant du bien à ceux qui vous
haïssent, en priant pour ceux qui vous persécutent et
vous noircissent de leurs calomnies, vous montrerez que
vous êtes les fils de votre Père céleste, qui fait lever son
soleil sur les bons et sur les méchants, et qui répand sa
pluie féconde sur les justes et sur les injustes. (S. Matth.,
Ut benedictionem hœreditate possideatis. C'est à ce prix que vous hériterez vous-mêmes de la bénédiction. « Vous hériterez », ce mot est juste, puisque c'est comme enfants de Dieu que vous obtiendrez l'héritage de la gloire céleste.
// wedictionem. Le royaume des cieux est appelé une bénédiction, car il nous est donné par la bénédiction de
BP1TRBS CATHOLIQUES 13
Dieu, en qui bénir est faire du bien ; et toutes les grâces que Dieu nous accorde ont pour fin le royaume des deux, qui est la bénédiction suprême.
Après avoir exhorté à ne pas rendre injure pour injure, saint Pierre montre aux Juifs que ce beau précepte n'était pas inconnu à leurs pères. Car on le trouve exprimé dans le Psaume xxxm.
10. Qui enim vult vitam diligere et dies videre bonos, coerceat linguam suam a malo. « Que celui qui aime la vie et désire voir des jours heureux, contienne sa langue et l'empêche de prononcer des paroles méchantes. »
La vie et les jours heureux que promettait David aux Israélites, s'entendaient, à la lettre, d'une vie longue et d'une félicité temporelle sur la terre. Mais le sens principal, qui était dans la pensée du prophète inspiré de Dieu, c'était la vie éternelle et le royaume céleste.
Coerceat linguam suam, a malo, et labia ejus ne loquan lur dolum. « Qu'il empêche sa langue de dire du mal, et ses lèvres de prononcer des paroles trompeuses. » Il prohibe ainsi l'injure prononcée en face, avec la médisance ouverte ou cachée, celle qui éclate en discours violents et celle qui distille son poison sous des paroles douces et polies.
11. Declinet a malo et faciat bonum. « Qu'il évite le mal et fasse le bien. » Des paroles, le prophète passe aux actions. S'abstenir de faire le mal, ce n'est pas assez pour être juste aux yeux de Dieu : il faut encore faire le bien. Car tout arbre, dit Notre-Seigneur, qui ne porte pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. Omnis enim arbor quee non facil fructum bonum excidetur, et in ignem mittetur. (S. Matth., m, 10, et vu, 19.)
lnquirat pacem et sequatuream. « Qu'il cherche la paix et qu'il fasse tous ses elforls pour l'atteindre. » Scciuatur, %va\imù,persequatur. Semblable à un chasseur qui ne se contente pas d'avoir aperçu une proie magnifique, mais s'élance après elle pour s'en emparer, il faut que le chrétien poursuive la paix jusqu'à ce qu'il en ait fait la conquête. Non enim sufficit pacem quœrere, nisi inventam
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fuqientemque omni studio prosequatnr, dit saint Jérôme. (Epist. ad Rust.) Saint Paul disait de même : Autant qu'il est possible et selon qu'il dépend de vous, ayez la paix avec tout le monde. Si fieri potest, quod ex vobis est, eum omnibus pacem habentes. (Rom., xn, 18.)
12. Quia oculi Domini super justos, et aures ejus in preces eorum. « Car le Seigneur a les yeux ouverts sur les justes, et ses oreilles sont attentives à leurs prières. »
Ce verset confirme la pensée précédente. C'est comme s'il y avait : Celui qui fera ce que je viens de dire, celui qui évitera le mal et fera le bien, verra des jours heureux et possédera la vie; car il sera juste; or Dieu regarde les justes avec amour, il les protège et il exauce leurs prières !
YuJtus auiem Domini super facientes mala. Mais le Seigneur fixe ses regards sur ceux qui font le mal. L'Apôtre en reste là : c'est une espèce de réticence menaçante, qui fait entendre que la colère divine éclatera sur les pécheurs. Pour le prophète David, il achève sa pensée : Utperdatde terra memoriom eorum. « Dieu regarde les méchants avec indignation, pour faire disparaître leur mémoire. » Leur nom sera aboli sur la terre, ou bien les hommes ne s'en souviendront que pour le détester. Car la gloire de l'impie n'est qu'un monceau de fumier, gloria ejus s ter eus. (1 Mach., n. 62.)
I . El quis est qui vobis noceat, si boni demulatores fueritis? « Et d'ailleurs qui i j ni pourra vous nuire, si
vous i és pour faire le bien (1)? » Sens littéral : Celui
qui veilla sur sa langue pour n'offenser personne, celui qui aime la paix et s'applique à faire le bien, ordinairement passe une vie tranquille sur la terre. Sens spirituel principal : Qui pourra vous nuire quand Dieu sera tre protecteur, puisqu'il fait tourner toute chose au bien d ceux qui l'aiment? Diligèntibus Deum omnia cooperantur m bonum. (Rom., vin. -28.) Cette parole donne au chrétien une constance invincible. Il dit à Dieu comme
(1) Boni (ou bonitatiê) est BU génitif : t»C àyxôov Zyv:v.i.
David : « Quand je marcherais au milieu des ombres de la mort, je ne craindrais aucun mal, parce que vous êtes avec moi. » (Ps. xxn.) C'est ce que l'Eglise nous répète dans une de ses belles oraisons : Nulla nocebit adversitas, sinulla dominetiir iniquitas. « Aucune adversité ne pourra nous nuire, si nous sommes exempts de toute iniquité. » C'est aussi ce que disait aux empereurs le philosophemartyr saint Justin : « Vous pouvez nous tuer, mais non pas nous nuire », uu.£"tç ôbcoxTEivai ;j.sv Buvaaôî, pXà'^ai 8' ou. (ApoL, i, 2.)
C'est enfin la grande maxime que saint Jean Chrysostome a développée avec éloquence dans un beau traité, où il montre que personne ne peut nous nuire, si ce n'est nous-mêmes. Nemo lœditur, nisi a semetipso. (S. Chrys., t. III, p. 530, éd. Gaume.)
14. Sed et si quid patimini propter justitiam beati. Saint Pierre répète la parole même de Notre-Seigneur Jésus- Christ : Heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice ! Beati qui persecutionem patiuntur pr opter justitiam. (S. Matth., v, 10.) Le chrétien seul prononce cette admirable parole. Car lui seul espère une récompense certaine au delà de cette vie. Pour celui qui n'attend rien après la mort, la sagesse consiste à vivre en ce monde le plus doucement et le plus longtemps possible. C'est la philosophie de l'athée et du grossier matérialiste ; philosophie animale, qui éteint tout dévouement et toute vertu, comme toute consolation.
Timorem autem eorum ne timueritis. Ne craignez donc point les maux dont ils veulent vous effrayer (1).
Notre-Seigneur a donné le même précepte : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, nous dit-il, mais ne sauraient perdre l'âme. Nolite timere eos qui occidunt co?tpusy animant autem non possunt perdere. (S. Matth., x, 28.)
Et non conturbemini. « Que rien ne vous trouble. » Quand saint Pierre écrivait cette parole, le sang des
(1) Timere timorem, pâëov poëeïsSxi, est un hellénisme bien connu : il consiste à donner au verbe actif ou neutre le nom de même origine, comme à[,v.$ Apôtodeu, prononcer des malédictions. (Synt. 112.)
— 197 — / Petr., ht.
chrétiens et des Apôtres avait déjà coulé ; lui-même après avoir été saisi par Hérode, enchaîné dans la prison de Jérusalem et condamné à mort, n'avait été sauvé que par un Ange; des menaces éclataient partout contre les chrétiens ; et cependant il dit : Non conturbemini, ne vous troublez pas.
Il ne fait que répéter encore aux fidèles la parole qu'il avait entendue de Notre-Seigneur : Non turbetur cor vestrum, neque formidet (S. Joann., xiv, 17.) Les peines que les hommes peuvent nous faire souffrir sont au fond peu de chose : elles passent vite et elles nous méritent une gloire éternelle. Rien ne trouble un chrétien dont la conscience est en paix avec Dieu.
15. Dominum autern Christian sanctificate in cor di bus vestris. Mais au lieu de vous effrayer des menaces des hommes, ne pensez qu'à « sanctifier le Seigneur Jésus dans vos cœurs. * Lorsque nous disons dans l'Oraison dominicale, « Que votre nom soit sanctifié », cela veut dire qu'il soit loué, béni, prononcé avec respect et amour comme un nom sacré. Ici de même, « sanctiliez le Christ dans vos cœurs » signifie : honorez-le comme le Saint des saints, par vos louanges, par la fermeté de votre foi, par la pureté de vos pensées, par la ferveur de votre amour. Saint Pierre fait allusion à ce texte d'Isa ïe : « Ne craignez point leurs menaces et qu'elles ne vous épouvantent point ; mais rendez gloire à la sainteté du Seigneur des armées ; qu'il soit lui-même votre crainte et votre terreur. » Plus on craint Dieu, moins on craint les hommes (1).
Parati semper ad satisfactionem omni poscenti vos rationnn de ea quae in vobis est spe. En adorant saintement le Christ au fond de vos cœurs, « soyez toujours prêts à donner » les raisons de votre foi et « les motifs de votre espérance à tous ceux qui vous interrogent. »
Ad satisfactionem, icpoçàicoXo^ocv. Soyez prêts à la défense
(1) Timorem ejus (pcpuli) ne timeatis neque paveatis: Dominum exercituum ipsum sancHflcate; ipse pavor rester et ipse terror rester. (Is., vin, 12.)
et à l'apologie ; c'est-à-dire, ayez toujours une réponse prête aux questions et aux objections que l'on pourra vous faire touchant notre sainte religion.
Saint Pierre veut donc que tous les chrétiens connaissent les vérités de la foi et les preuves de la religion. Il souhaite que chacun soit capable de répondre clairement, solidement à ceux qui lui demanderont sur quoi il fonde sa croyance et ses espérances. De là il résultera deux avantages. D'abord les fidèles, étant bien pénétrés des preuves delà religion, s'affermiront eux-mêmes dans la foi. Ensuite, lorsque les païens attaqueront et railleront leur croyance, ils la justifieront.
En effet les Gentils demandaient aux chrétiens pourquoi ils adoraient un Juif crucifié, au lieu de Jupiter? pourquoi ils négligeaient les richesses, les plaisirs et les biens que tous les hommes recherchent ? sur quoi ils se fondaient pour espérer une autre vie dans les cieux après leur mort? Les sages réponses que les chrétiens faisaient à ces questions ébranlaient souvent les païens et en convertissaient un grand nombre.
Ils prouvaient de même aux Juifs que Jésus était le Christ promis à leurs pères et annoncé par les prophètes.
Ce que saint Pierre demandait aux fidèles de son temps ne leur était pas très difficile. Car ils avaient tous été convertis du judaïsme ou de l'idolâtrie au christianisme; il leur suffisait donc de se rappeler à eux-mêmes et d'expliquer aux autres les raisons pour lesquelles ils avaient embrassé la foi chrétienne.
Aujourd'hui que la religion est attaquée partout, il faut aussi que la défense soit universelle. Fortifions ceux qui croient et fermons la bouche aux incrédules. Que le père, que la mère aient soin de préparer leurs enfants à la lutte. Il faut que la religion soit prouvée partout, dans la famille, dans l'école, dans la chaire.
Semper paroti. Sans doute les prêtres connaissent fort bien les preuves de la religion : ils les ont étudiées dans la théologie; mais cela ne suffit pas. Il faut qu'ils soient toujours préparés à les exposer d'une manière
— 199 - l Petr.,m.
lucide. Car ce que saint Pierre recommande aux fidèles, il l'exige à plus forte raison des pasteurs.
16. Sed cum modes lia et timoré. Mais en donnant ces preuves de la religion chrétienne, ne les présentez pas d'un ton superbe et comme en injuriant ceux qui vous résistent : exposez vos raisons avec douceur et modestie.
Ce batelier qui n'avait pas étudié la rhétorique donne aux prédicateurs une excellente leçon d'éloquence. Toutes les fois qu'on enseigne, il faut sans doute s'exprimer nettement pour faire bien comprendre la vérité : mais on doit aussi parler doucement pour attirer la sympathie de l'auditeur, et modestement pour ne pas l'exciter à la résistance. Vous ne gagnerez point un adversaire auquel vous jetez un défi.
Cum timoré, \xttk çdêou. Cela ne veut pas dire que vous enseignerez timidement et comme paraissant douter de ce que vous affirmez. Non, vous direz comme saint Paul : « Je sais, je suis certain y>,scioetcertus sitm. (Il Tim., i, 12.) Mais après avoir exposé avec clarté les vérités de la religion et les faits qui sont le fondement de la foi. vous laisserez vos auditeurs dans la main de leur conseil, et Dieu fera le reste. Responsio mollis frangit iram, dit le
je, sermo du rus suscitât furorem. (Prov., xv, 1.)
Conscientiam habentes bonam. Gardant aussi une conscience bonne (c'est-à-dire, une conscience pure selon les mœurs et ferme selon la foi), vous ferez, par votre conduite irrépréhensible, une heureuse impression sur vos adversaires. Alors ceux qui diffament la vie sainte que vous meut/ selon .Jésus-Christ seront confondus, et vous les forcerez à rougir de leurs calomnies : ut in eo quod detrahnnt voôis. confundaniur qui calumniantur vestram bonam in Christo conversationern,
s.iim Pierre ne dit pas que les calomniateurs seront convertis, mais confondus. Insulter la religion, travestir m. ut. noircir la réputation des prêtres, des religieux, des évê [ues, des Papes, est un crime qui conduit presque toujours à la perdition. Ces loups ne devieu-
dront point des brebis. Il les faut combattre pour les empêcher de dévorer le troupeau.
17. Mêlais est enim benefacientes (si vohintas Deivelit) pati, quam malefacientes. Car il vaut mieux souffrir (si Dieu le veut) en faisant le bien, qu'en faisant le mal. Souffrir en faisant le mal, c'est la juste punition des méchants ; souffrir en faisant le bien, est la condition même de l'héroïsme.
Si voluntas Dei velit. Les méchants ne peuvent rien contre les bons, sans la permission de Dieu. Lors donc que les justes souffrent, Dieu le permet pour leur salut et pour leur perfection. On peut même dire qu'il le veut en un certain sens : comme il a voulu que le Christ souffrît et entrât ainsi dans sa gloire. Nonne hœc oportnit pati Christnm, et ita intrare in gloriam suam ? (S. Luc, xxiv, 26.)
C'est ce que saint Pierre ajoute.
18. Quia et Christus semel pro peccatis nostris mortuus est. Car le Christ est mort lui-même une fois pour nos péchés. Saint Pierre exhorte les justes à souffrir les calomnies et les persécutions, en leur présentant l'exemple de Jésus-Christ, comme il avait tout à l'heure exhorté les esclaves à la patience par le même motif (1).
Semel pro peccatis. Il est mort une seule fois pour les péchés, parce qu'étant Dieu et homme, une seule oblation de sa vie a suffi pour effacer tous les péchés du monde. Una oblatione consummavit in sempiternum sanctificatos. (Hebr., x, 4.)
Pro peccatis nostris. Non seulement il est mort pour tous les hommes en général ; mais chacun de nous doit se dire : il est mort spécialement pour moi ; il a vu mes péchés et il les a expiés sur la croix. Dilexit me, et tradidit semet ipsum pro me. (Gai., n, 20.)
(1) Le chrétien innocent qui souffre avec patience les injures des hommes ressemble au Christ outragé sur la croix. Le pécheur qui accepte les souffrances comme le châtiment de ses fautes imite le larron pénitent, qui passa de la croix au paradis. Mais l'impie que le supplice ne convertit pas, c'est le larron blasphémateur, qui continue de pécher sur la croix et tombe de la croix dans l'enfer. (Vén. Bède.)
— 201 — / Peir., m.
Justus pro injustis. Parfaitement juste, et la justice même, il est mort pour les injustes. Qinim adhuc peccatores essemus, pro nobis mortuiis est. (Rom., vin, 5.) Et moi qui suis coupable, je ne consentirais pas à souffrir les injures des hommes pour expier mes propres iniquités (1) !
Ut nos offerret Deo. Il est mort pour nous offrir à Dieu son Père comme une nation pure, qu'il avait sanctifiée par son sacrifice et lavée dans son sang.
Mortificatus quide?n carne, vivificatus autem spiritu. Et si le Christ a été mis à mort, sa chair, il est vrai, a été séparée de son âme ; mais son âme a repris son corps le troisième jour, elle l'a ranimé, et en le ressuscitant, lui a communiqué une vie glorieuse et immortelle.
C'est la pensée de saint Paul lorsqu'il dit : Adam le premier homme devint une âme vivante, c'est-à-dire un corps animé par une âme ; et le second Adam, Jésus- Christ, fut au jour de sa résurrection un esprit puissant qui vivifia son corps, le rendit spirituel, immortel, impassible, et devint le principe d'une vie semblable pour tous les élus qui sont ses membres. Factns est primns homo Adam in animam viventem, novissimns Adam in spiritum vivificantem. (I Cor., xv, 45.)
19, 20. In quo et his qui in carcere erant spiritibus veniens prœdicavit, qui incredidi f itérant aliquando, quando exspectabant Dei patientiam in diebus Noe, quum fabricaretur arca, in qua pauci, id est octo animée salvœ factœ swit per aquam. C'est dans son esprit que le Christ alla prêcher aux esprits qui étaient retenus en prison, lesquels avaient été autrefois incrédules, lorsqu'ils comptaient sur la patience de Dieu, aux jours de Noé, pendant que l'arche se construisait sous leurs yeux ; arche dans laquelle un petit nombre de personnes, savoir huit seulement, furent sauvées au milieu des eaux.
(1) Mortuu» est. Les exemplaires grecs varient entre erraflîv, passits ett, "t abrtâacvcv, mortuus est. Peu importe la leçon; car semel jxissvs <>u mortUU» indiquent la Passion et la mort de Jésus-Christ.
Saint Pierre nous apprend ici un fait important : c'est qu'au temps de Noé, plusieurs des pécheurs qui n'avaient pas cru aux menaces du ciel que leur annonçait le saint Patriarche, se repentirent quand ils virent le déluge inonder la terre ; ils demandèrent pardon à Dieu, et furent sauvés selon leur âme, en périssant selon le corps. Ils obtinrent donc la rémission de leurs péchés ; toutefois, il leur resta une peine à subir pour satisfaire à la justice divine, et leurs âmes furent détenues en une prison.
In carcere erant. Elles y étaient encore au jour où l'âme de Jésus-Christ descendit aux enfers et les visita. Cette prison était-elle un purgatoire ? Nous le pensons, car une prison n'est point un lieu de joie, mais de tristesse et de peine (1).
Prœdicavit, sxTjpul-ev. Qu'est-ce que l'âme de Jésus vint annoncer à ces captifs ? Elle leur apprit qu'il était le Rédempteur, qu'il avait expié les péchés du monde, et qu'il venait les délivrer de leur prison pour les conduire avec lui dans les cieux. On peut croire qu'il délivra toutes les âmes du purgatoire ou la plupart d'entre elles, exerçant lui-même le pouvoir qu'il a laissé à son Eglise, d'accorder des indulgences. Car plusieurs appliquent aux âmes retenues dans le purgatoire cette parole d'Isaïe : « L'Esprit du Seigneur m'a envoyé annoncer l'indulgence aux captifs, et l'ouverture de la prison à ceux qui étaient enfermés. »
(1) Ilis qui in carcere erant spiritibus. Lorsque Jésus-Christ descendit aux enfers, il visita les limbes et le purgatoire. Dans les limbes ou le sein d'Abraham, étaieut les âmes des justes, morts avant la venue du Messie. Elles y attendaient en paix, sans ressentir aucune douleur, la béatitude parfaite que devait leur apporter le Rédempteur en leur ouvrant le ciel. Ibi sine ullo doloris sensu, beatœ redemptionis spe sustentati, quieta habitatione fruebantur. (Catech. Cono. Trid.) Notre- Seigneur dit lui-même en parlant de Lazare qui était dans le sein d'Abraham : Hic consolatur. — C'est dans ce séjour, et non dans un lieu d'expiation, que plusieurs commentateurs placent les âmes dont parle saint Pierre. Nous avons préféré l'autre interprétation : car l'Apôtre, en désignant, parmi les âmes que Jésus visita, celles des incrédules qui avaient refusé de faire pénitence à la prédication de Noé, semble indiquer la cause pour laquelle ces âmes n'étaient pas dans un lieu de consolation et de paix (comme Abraham, Moïse, David, saint Joseph) mais enfermées dans une prison, in carcere.
— 203 — 1 Pelr.,m.
Spiritus Domini super me ;mi$itme utpnedicarem captlvis indulgentiam, et clausis apertionem. (Is., lxi, 1.)
Quando exspectabant Dei paticntiam. Nous voyons ici une des principales causes de la perdition des hommes: ils comptent sur la patience de Dieu ; ils se flattent que Dieu ne se lassera jamais de leurs iniquités et de leur indifférence ; ils espèrent qu'ils partageront dans le ciel la récompense des saints, après avoir toujours vécu dans le péché sur la terre. Funeste illusion, qui perd une foule de chrétiens (1) !
Qui nicredidi f uer ont. Les hommes qui vivaient au temps de Noé le voyaient bâtir son arche. Il leur prédisait qu'un immense déluge d'eaux viendrait submerger la terre et les ferait tous périr, s'ils ne faisaient pénitence. Ces prédictions répétées pendant cent ans ne touchèrent point leur cœur; ils n'y crurent point. Ils mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs filles, ache taient et vendaient, plantaient, bâtissaient, péchaient, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche. Alors vint le déluge, et ils furent tous engloutis dans les eaux. Venii diluvium et tulit omnes. (S. Matth., xxiv, 37; S. Luc, xvn. 28.)
Jncreduli, ils étaient incrédules. Cela ne veut pas dire qu'ils ne croyaient pas en Dieu, mais qu'ils rejetaient la prophétie de Noé. Car. à cette époque, la connais>ance du vrai Dieu était encore universelle. Le polythéisme et L'idolâtrie ne parurent qu'après le déluge. La cause de la submersion de la terre fut la corruption du genre humain livré aux passions de la chair: comme plus tard
bant Dei patientiam, en grec, Sx* Aite&xexo r, -ri
• Dei patient ia, « pendant que la
patience tteodait ;'• résipiscence. " C'était peut-Atre la
primitive «l<- la Vulgate : on la retrouve dans saint Augustin
tiv) et dans saint Jérôme (m cap. liv, Isaïe). Un
copiste, qui M" la comprenait pas, aura pu croire qu'il manquait un
trait sur l'a Boa] d tabat, et «le patientia, et il aura écril exspec-
.;>>ii du grec présente un sens très beau. Dieu était
humain, parce que toute chair avait corrompu
at, il attendit avec patience, pendant cent an-, que
les pécheurs tissent pénitence.
les mêmes impuretés ensevelirent Sodome et Gomorrhe sous une pluie de feu et de soufre.
Mais pourquoi saint Pierre, en parlant de la descente de Notre-Seigneur aux enfers, mentionne-t-il spécialement les âmes de ceux qui s'étaient convertis à la vue du déluge? Il nous semble qu'il y a là une leçon très sérieuse. L'Esprit-Saint nous montre des âmes retenues en prison pendant plus de deux mille ans. Craignons cette prison nous-mêmes, et prions pour les âmes de nos frères, de nos parents, de nos amis qui peut-être y sont encore. Nous pouvons les délivrer par nos prières et nos bonnes œuvres. Sancta et salubris est cogitatio pro defwictis exorare, ut a peccatis solvantur. (II Mach., xii, 42.)
Quum fabricaretur arca, in qua pauci, id est octo ani> mœ salvœ factœ surit per aquam. Huit personnes seulement furent sauvées du déluge, savoir Noé, sa femme, ses trois fils Sem, Cham et Japhet, et leurs femmes : tout le reste du genre humain périt.
Per aquam, Si' uSaxoç. Ces huit personnes furent sauvées du milieu des eaux. Quelques-uns traduisent : elles furent sauvées par les eaux mêmes qui, en soulevant l'arche, les empêchèrent de périr. C'est une ressemblance avec les eaux du baptême, qui sauvent ceux qui y sont plongés.
Pauci, octo animœ. Ces huit personnes qui, seules, furent sauyées dans l'arche au temps de Noé, sont la figure du petit nombre des justes qui parviennent au salut, quand les infidèles, les juifs, les hérétiques, les schismatiques, les hypocrites et les pécheurs obstinés, sont engloutis dans l'abîme. Multo brevior est numerus electorum, dit le vénérable Bède.
Que tous les hommes aient péri dans le déluge à l'exception de Noé et de sa famille, c'est ce que déclare le récit de la Genèse pris dans son sens naturel. Il y est dit que Dieu fera venir le déluge des eaux sur la terre pour détruire toute chair qui a en elle le souffle de vie sous les cieux. Tout ce qui vit sur la terre habitée par l'homme
— 205 — / Petr. .m.
expirera. Les termes sont absolus, plusieurs fois répétés. Aucune exception n'est faite, sinon pour Noé. L'auteur sacré déclare que la corruption du genre humain était universelle et que le châtiment le fut de même. Ainsi l'a compris toute l'antiquité (1).
21. Quod et vos mine similis formas salvos facit baptisma. Cette vaste inondation était la figure du baptême qui vous sauve maintenant. Comme la famille de Noé fut sauvée dans l'arche, en étant soulevée par les eaux qui couvraient la terre et en voguant sur les flots, de même vous êtes sauvés en passant par les eaux du baptême (2).
Similis formas baptisma. Nous l'avons dit, les eaux du déluge représentent celles du baptême ; l'Arche est l'Eglise ; la famille de Noé contenue et sauvée dans l'Arche, figure ceux que l'Eglise renferme et sauve; les hommes qui sont hors de l'Arche et périssent représentent tous ceux qui ne sont pas réfugiés dans l'Eglise, hors de laquelle il n'y a point de salut. Quiconque ne sera pas dans l'Arche de Noé périra dans le déluge, disait saint Jérôme, en comparant l'Eglise à l'Arche. Saint Cyprien disait de même : Si quelqu'un a pu échapper à la mort, en étant hors de l'Arche de Noé, celui qui sera hors de l'Eglise évitera la condamnation (3).
Non ca?mis depositio sordium. Les baptêmes ou ablu-
(1) Quelques-uns ont voulu, dans ces dernières années, sauver du déluge la race de Caïn et restreindre l'inondation au pays habité par les descendants de Seth. Les raisons qu'ils allèguent sont loin d'être convaincantes. Nous continuons de croire, avec la tradition et les Saints Pères, que toute la race humaine a péri dans le déluge, saut' les huit personnes réfugiées dans l'arche.
En grec, 9 //-. up&i àvxlrunov vuv gïjÇu fi'y.TZTfj>j.x} c'est comme s'il y avait S (tenrtefix, Avrlrunov &v, vïn sïjZsi y.v\ upy.s. Quod baptisma, similcm ïibens formant, etiam r<js nunc salvos facit. « Et c'est ce baptême qui, devenu celui du Christ dont il était la figure, vous sauve auss vous-mêmes aujourd'hui. » Pour comprendre cette phrase, il faut distinguer Le type de l'antitype. Un cachet de métal est un type, et la
jure de ce cachet empreinte dans la cire en est l'antitype. De même lei m «lu déluge fiaient le type qui figurait le baptême, et le baptême du Christ est l'antitype ou la chose que figurait le déluge.
(3-) Si quis i<i Arca Noe non fuerit, peribit régnante diluvio. (Hieron. Contra Jovin.) — Si potucrit evadere quisquam qui extra arcam Noe fuerit, et qui extra Kcclesiam fuerit, evadet. (Cypr. De Unit. Eccl.)
tions judaïques ne lavent que le corps, mais le baptême du Christ purifie les souillures de l'âme.
Sed conscientiœ bonae wterrogatio in Deum. « Le baptême qui nous sauve est celui qui est conféré selon l'interrogation faite à une bonne conscience en présence de Dieu. »
lnterrogatio, BTCËpcoTT^a, désigne l'examen que, dès l'origine du christianisme, on faisait subir au catéchumène avant de lui accorder le baptême. On lui demandait, comme aujourd'hui, s'il croyait en Jésus-Christ et s'il renonçait à Satan. Le mot interrogation comprend donc et les questions posées par le ministre du sacrement et les réponses du catéchumène. Ces réponses étant faites avec une bonne conscience, c'est-à-dire avec sincérité, en présence de Dieu et de l'Eglise, le baptême était conféré, tous les péchés effacés et le ciel mérité. C'est le sens qu'on trouve dans Tertullien : « L'âme est rendue sainte non par la seule ablution, mais par la réponse du baptisé. » Anima non lavatione, sed responsione sancitur. (De Resurrectione, 48.)
Per resurrectionem Jesn Christi ex mortuis. L'on doit rattacher ces mots à salvos facit. « Le baptême nous sauve par la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts. » La phrase qui précède (non carnis depositio sordium) est une parenthèse. Les heureux effets du baptême sont dus à la résurrection du Christ. Car c'est en vertu de sa résurrection que l'âme reçoit dans le baptême une vie nouvelle, semblable en quelque manière à celle de Jésus sortant du tombeau (1).
En effet, dit saint Paul, Jésus-Christ a été livré à la mort pour expier nos péchés, et il est ressuscité pour notre justification. Traditus est propter delicta nostra, et resurrexit propter jnstificationem nostram. (Rom., rv,25.) La vie incorruptible que le Christ a reçue dans sa résurrection est le modèle de la vie spirituelle que le chrétien
(1) Voyez plus haut, ch. 1, v. 3 : Regeneravit nos in spem vivam per resurrectionem Jesu Christi ex mortuis.
— 207 — lPetr.tm.
doit mener après son baptême. Ut quomodo Christus surrexit a mortuis per gloriam Patris, ita et nos in novitate vitœ ambulemiis. (Rom., vi, 4.)
22. Qui est in dextera Dei. Le Christ est assis à la droite de Dieu, comme l'avait annoncé le prophète au Psaume eix : « Le Seigneur a dit à mon Seig.neur : Asseyez-vous à ma droite. » Jésus l'avait déclaré lui-même devant le grand prêtre et le Conseil des Juifs : Vous verrez, leur disait-il, le Fils de l'homme assis à la droite de la Majesté de Dieu. Videbitis Filium hominis sedentem a dextris virtutis Dei. (S. Marc, xiv, 62.) Et saint Paul nous dit que « Jésus est assis pour toujours à la droite de Dieu. In sempiternum sedel in dextera Dei. (Hebr.. x, 12.) Cette expression, consacrée dans le Symbole des Apôtres, signifie que le Christ, égal à son Père en tant que Dieu, est assis comme homme dans le trône de Dieu et règne avec lui sur toute créature.
Deglutiens mortem, ut vitœ œternœ hœredes efficeremur (1). Le Christ est allé s'asseoir à la droite de Dieu, « après avoir absorbé la mort, afin que nous devinssions les héritiers de Dieu. » Par sa mort, en effet, le Christ a aboli la mort, et par sa résurrection il nous a rendus les héritiers de la vie éternelle, comme le prophète Osée l'avait prédit : Ero mors tua, o mors; morsus tuus ero, infcrnr. (Os., xiii, 14.) C'est aussi ce que chante l'Eglise : Qui moi lent nostram moriendo destruxit, etvitam resurgendo reparavit.
Profeclus in cœlum. Il est parti pour le ciel! Jésus- Chrisl n't -t donc pas mort, mais plein de vie. Il a quitté la terre pour aller habiter les cieux. Ainsi en est-il de toutes Les âmes chrétiennes qui ont conservé la pureté de leur baptême <>n qui l'ont recouvrée. On peut écrire
(1) C . donnée par saint Augustin (Ep. < lxiv) et d'autres
manque dans le grec. Elle rentre parfaitement dans la I l'Apôtre. La supprimer Berail une hardiesse défendue par le
1 e et désavouée par la saine critique. De ce qu'on ne la
voit plus aujourd'hui dans le grec, il ne s'ensuit pas qu'elle n'y ait jamais •
sur le tombeau du juste : Profectus in cœlum, « Parti pour le ciel! »
Subjectis sibi Angelis, et Potestatibus et Virtutibus. Tous les Anges, avec les Puissances et les Vertus, lui sont assujettis et soumis par son Père. Ces paroles de l'apôtre saint Pierre condamnent une superstition répandue alors en Phrygie. Certains hérétiques prétendaient que la Majesté divine ne s'était pas incarnée; et ils enseignaient que les Anges, et non le Christ, étaient nos médiateurs auprès de Dieu. (Voy. Coloss., xi, 18.) Saint Pierre, au contraire, nous montre les plus sublimes esprits soumis au Christ qui règne au haut des deux.