‹ Commentaire sur Tite-Live: Complément de l'édition du Tite-Live de la Collection des auteursChapitre 109 sur 159 · LIVRE XCI · texte numérisé non relu

LIVRE XCI

SOMMAIRE.— Pompée , encore simple chevalier, est envoyé contre Sertorius , avec les pouvoirs consulaires. Sertorius prend quelques villes ; il en soumet un grand nombre à son autorité. — Le proconsul A p pi us CLudius remporte plusieurs avantages sur les Thraces. — Le proconsul Q. sJétellus massacre Herculeîus , général de Sertorius , avec toute sou armée.

Fragment trouvé dans un manuscrit du Vatican . et publié pour la première fols par Bruns et Giovenazzi , pois par Niebuhr.

« [Contrebienses , quum super caetera extrême famés

• eliam iostaret, multis sœpe frustra conatibus captis, ut « bellum ab urbe ac mœnibus propulsèrent , conjectis « de mnro ignibus Sertorii opéra infestarunt; et turris c cootabulala, quae omnia munimenta urbis superabat « aliitodioe, effusis baasta flarrjrais cuni ingenti fragore « procidit. Nocte] tamen insequenti, ipso pervigilante,

• in eodem loco alia excita ta turris prima lace miraculo « hoslibus fuit. Simul et oppidi turris, quœ maximum « propugnaculum fuerat, subrulis fnndamentis, dehi-

scere ingentibus riinis , et tum [conûagrare immisso facijum igni, cœpit : incendiique simul et rainas meta territi Contrebienses de muro trepidi refuge runt; et, al légat i initlereotur ad dedendani urbera, ab universa mallitudine conclamatum est. Eadem virtus, quae irritantes oppugnaverat, victorem placabiliorem fecit. Obsidibus acceptis, pecunia? mouicam exegit summam, arniaque omnia ademit.Traus |f]ugas libéras vivos ad se adduci jussit : fugitivos, quorum major raultiludo erat, ips s imperavit, ut interficerent. Jugulatos de muro dejecerunt. Cum magna jactura railitum quatuor et quadraginta diebus Contrebia expugnata, rclictoque ibi L. Insteio [cum valido praesidio] , ipse ad Iberum flumen copias adduxit. Ibi hibernaculis secuudum oppidum , quod Castra ASIia vocatur, aedifleatis, ipse in ca&tris manebat : ioterdiu conventum sociai um civitatium in oppido agebat. Arma ut fièrent pro copiis eu jusque populi, per totam proviociam edixerat : qui bus inspectis, referre estera arma milites jussit, quae aut itinerinus cri bris, aut oppu[guatiooibus et pr&liis inutiliaj facta erant, novaque viris per centuriones divisit. Equitatum quoque novis instruiit armis : veslimentaque, proparata ante, divisa, et stipendium datum. Fabros, cura cooquisitos, undique exciverat, quibus, ofllcina publica in[stituta utereturj ; ratione inita. quid io singulos dies effici possiL Itaque omnia simul iastrumenta bclli parabantnr : neque materia artiGcibus , prœparalis ante omnibus [ejniio ci- \i[taltium [stjudio, nec suo quisque operi arlifex deerat. Convocatis dt-inde omnium populorum légat ioni bus et civitatium, gratias egit, quod quœ imperata essent in [pjedestres [copias, prœ]st[i tissent | : quas ipsu res [iu delendendis sociis] , quasque in oppoguandis arbibus hostium gessisset, exposuit, et ad reliqua belli cobortatas est ; paucis edoctos , quantum Hispania? provincia; intéresse! suas pai tes superiores esse. Dimisso deiude conventu , jassisque omnibus [bono animo esse, atquej in civitates [redi]re suas, piincipio vens M. Perpernam cum vigioti millibos peditum, equitibus mille quingentis, in llercaonum genlem misit, ad tuendam regiouis ejus maritimam oram : datis praserptis, quibus itineribus duceret ad defendeudas socias urbes, quas Pompeios oppugnaret, quibusque ipsum agmen Pompeii ex insidiis aggrederetur. Eodem tempore et ad Hereonulcira, qui in iisdem locis era literas misit,

HISTOIRE ROMAINE. - NOTES

t et in alteram proviocianiadL. Hirtaleium, precipiens,

• qaemadmodum bellam administrari vellet : acte om- « nia, at ita socias ci vitales tueretur, ne acie corn Metello « dimicaret , qui nec auctoritate nec viribus par esset.

■ Ne ipsi qnidem coosilium esse ducere [ad J versus Pom-

• peium : neque io aciem desceosumm eum credebat. Si c traberetur bellam, hosti, quum mare ab tergo, provin-

• ciasqae omoes in potes ta te baberet, navibus undique

• commeatus Tenturos : ipsi autem , coosumptis priore « sstate , qua? praeparata fuissent , omnium reruai ino- « piam fore. Perpernam in maritimam regionem su-

• perpositum, ut ea , quœ intégra adhuc ab boste sint, « taeri posset , et , si qua occasio detur, iocautos per

• tempos sgressurum. Ipse cum suoexercîtu io Berones « et Antrigones progredi statuit : a quibus sa?pe per hie-

• mem , qaom ab se oppngnarentur Celtiber[œ] urbes,

• imploratam esse opem Pompeii compererat , missos-

• que qui itioera exercitui Romano moostrarent; et

• [ab] ipsoram equitibus vexatos sspe milites suos, quo- « cuoque a castris, per oppugnationem Cootrebiœ, pa-

• buiaodi aut framentandî causa pro (grederentarj. Aasi « tum quoque [eraotj Arevacos in [pjartes [sollicitare]. « Edito |igitur excmplo] belli, coosilium se initurum, « otrum prins hostem , utram provinciam [petat] : ma- « ritimamoe oram , ut Pompeium ab Ilercaooia et Conf testania arceat, otraque socia gente, an ad Metellura et « Lositaoiam se convertat. Hœc secum agitans Sertorius

■ praeter Iberum amoem per pacatos agros quietum « exercitam sioe allius noxa duxit. Profectus inde in « Bursaonura et Cascantinorum et Gracchuritanorum c fines , evastatis omnibus, proculcatisque segetibus , ad

• Calagurim Nasicam , sociorum urbem , venit : trans-

• gressasque amoem propinquum urbi , ponte facto , « castra posait. Postero die M. Marium quaestorem in « Arevacos et Cerindones misit, ad conscribendos ex iis c gentibos milites . frumentumqae inde Contrebiam ,

• [qua?) Leucada appellatur, comportandum , prœter

■ quam urbem opportunissimus ex Beronibus transilus « erat, in quamcunque regionem ducere exercitam sta-

• tuisset : et C. Insteium , praefectum equitum , Sego- « viam et in Vaccseorum gentem ad equitum conquisitio- « nem misit , jussam , cum equitibus Contrebiœ sese

• opperiri. Dimissis iis , ipse profectus , per Vasconum

• agrum ducto exercitu, in conQnio Beronum posuit cas- « tra. Postero die cum equitibus progressas ad itioera t exploranda, jusso pedite quadrato agmine sequi, ad «Vareiam, validissimam regionis ejus urbem « venit. « Haud inopinantibus iis noctu ad venerat. Undique equi-

• tibas et sua? genlis et Autrig[onum accitis nppidaoi,

• eraptione facta , Sertorio obviam ierunt , at eum adita « aroereutj. >

• Pour comble de maux , les Contrébiens allaient se voir réduits aux extrémités de la famine, quand, après de nombreux et iuutiles efforts pour repousser l'ennemi de leurs murailles , ils parvinrent à porter le ravage dans les ouvrages de Sertorius , en lançant des feux du baut du rempart. Une tour de bois, qui dominait par sa hauteur tous les édifices de la ville, devint la proie des flammes , et s'écroula avec un borrible fracas. Mais dès la nuit suivante » uue autre tour s'élevait à la même place, sous l'œil vigilant de Sertorius, et le lendemain, au point du jour, elle apparut aux assiégés frappés d'épouvante. En même temps une tour de la ville , son plus fort rempart , minée dans ses fondements, présenta de larges crevasses , et bieulôt fut entourée par la flamme qu'y portèrent les assiégeants. Craignant d'être atteints par l'incendie

on entraînés dans la raine de la tour, les Contrébiens abandonnèrent précipitamment la muraille ; et il n'y eut qu'une voix dans toute la multitude pour demander qu'on envoyât des dépotés pour traiter de la capitulation. Lear courageuse résistance, qui avait irrité les assiégeants, leur fit trouver aussi des vainqueurs de plus facile composition. Sertorius se contenta de prendre des otages , d'exiger une légère somme d'argent , et d'enlever toutes les armes qui se trouvaient dans la ville. Il ordonna en outre aux habitants de lui amener vivants tous les transfuges de condition libre , et il leur enjoignit de tuer euxmêmes tous les esclaves fugitifs , qui étaient en bien plus grand nombre. Ceux-ci furent égorgea et précipités du baut des remparts. Sertorius avait perdu beaucoup de monde à ce siège , qui dura quarante-quatre jours ; il laissa L. Insteius à Cootrébie, avec une forte garnison, et lui-même conduisit son armée sur les bords de l'Ebre, où il fit construire des barraques pour y passer l'hiver auprès de la ville appelée Castra ABlia. Il avait établi sa résidence dans le camp, et pendant le jour il tenait dans la ville l'assemblée des cités alliées. Par son ordre , tous les peuples de la province avaient dû fabriquer des armes , chacun en proportion de ses ressources. Lorsqu'il en eut fait l'inspection , il ordonna aux soldats de rapporter celles que des marches continuelles , les sièges et les combats avaient mises bors de service, et leur en fit distribuer de nouvelles par les centurious. La cavalerie fut aussi pourvue d'armes neuves : elle reçut en outre des vêlements , confectionnés à l'avance, et le montant de sa solde. Des ouvriers choisis avaient été rassemblés de toutes parts , et réunis en ateliers publics, où l'on savait au juste ce qui pouvait être fabriqué par jour. Ainsi tous les approvisionnements de guerre se faisaient avec une célérité égale. Grâce aux préparatifs empressés des cités, ni les matériaux ne manquaient à l'ouvrier, ni l'ouvrier à l'ouvrage. Sertorius convoqua alors les députatîons de tontes les cités et de tous les peuples; il commença par les remercier d'avoir fourni pour ses fantassins ce qui lenr avait été commandé; il exposa ensuite tout ce qu'il avait fait pour proléger les alliés et se rendre maîtres des villes ennemies, et les exborta à continuer lu guerre avec constance, leur faisant sentir en peu de mots de quelle importance il était pour la province d'Espagne que son parti triomphât ; puis il congédia l'assemblée , leur recommandant d'avoir bon courage et les invitant à retourner daus leurs villes. Au commencement du printemps, il envoya M. Perperna avec vingt mille fantassins et quinxe cents cavaliers chez les llercooos, pour défendre les côtes de ce pays ; il lui donna des instructions sur la route qu'il devait suivre, soit pour protéger les villes alliées que Pompée pourrait assiéger, soit même pour attaquer A f improviste l'armée ennemie. Eo même temps il écrivit à Herennuleius , qui éiait dans le même pays , et A L. Hirtuleius, qui commandait dans l'autre province, pour leur faire connaître comment il entendait que la guerre fût faite, leur recommandant avant tout de protéger les villes alliées, mais sans en venir auxmaius avec Métcllus, qui avait à la fois plus d'influence personnelle et des troupes plus nombreuses. Lui-même n'avait pas l'intention de marcher contre Pompée , qui , de son coté, ne paraissait pas décidé A livrer bataille. Si la guerre traînait en longueur, l'ennemi , maître de la mer et de toutes les provinces qu'il avait derrière lui , pourrait s'approvisionner de toutes parts au moyen de ses vaisseaux, tandis que lui-même, après avoir consommé

toutes les provisions de l'été précédent , se trouverait absolument sans ressources. Il avait donné à Perperna le commandement des provinces maritimes pour qu'il pût protéger ce qui était resté à l'abri des attaques de l'ennemi, et surprendre celui-ci, quand l'occasion s'en présentait. Pour lui, il allait avec son armée marcher contre les Berons et les Autrigons. D savait que pendant l'hiver, tandis qu'il assiégeait les villes Celtibéi iennes, ces peuples avaient fréquemment imploré le secours de Pompée, qu'ils avaient envoyé des guides à l'armée romaine, et que leurs cavaliers avaient souvent harcelé ses soldats, lorsque , pendant le siège de Gontrébie , ils s'éloignaient du camp pour fourrager ou faire provision de blé. Ils avaient même cherché à attirer les Arévaques dans leur parti. Après avoir ainsi commencé la guerre, il déciderait vers quel ennemi et de quel côté il tournerait d'abord ses armes, incertain qu'il était s'il devait gagner la côte pour repousser Pompée de l'Ilercaonie et de la Contesta nie dont les habitants étaient ses alliés , ou marcher contre Métellus et la Lusitanie. Occupé de ces projets, Sertorius remonta l'Ebre avec son armée, à travers des champs paisibles, sans être inquiété et sans commettre aucun dommage. De là il se dirigea vers le territoire des Bnrsaons , des Cascantins et des Gracchuri tains, ravageant tout, et foulant aux pieds les moissons, etarrivaàCalagurisNasica, ville alliée, près de laquelle il traversa le fleuve sur un pont qu'il y fit jeter ; et son armée campa en cet endroit. Le lendemain il envoya le questeur M. Marins chez les Arévaques et les Cérindons pour y faire des levées, et ramasser du blé qu'il avait ordre de diriger ensuite sur Coutrébie, autrement appelée Leucade, dont l'heureuse position lui permettait, au sortir du pays des Bérons , de conduire son armée partout où il voudrait. Il envoya aussi G. Insteius, commandant de la cavalerie, à Ségovie et chei les Vaccéens , pour y recruter des cavaliers avec lesquels il irait l'attendre à Gontrébie. Après leur départ, lui-même se mit en marche, conduisit son armée sur le territoire des Yascons et vint camper sur les frontières des Bérons. Le lendemain il prit les devants avec sa cavalerie , pour reconnaître la route, et, suivi de l'infanterie marchant en carré, il parvint à Vareia, la plus forte ville du pays. Quoiqu'il fût arrivé la nuit, les habitants ne forent pas pris au dépourvu, car ils avaient appelé à leur secours toute la cavalerie du pays et celle des Autrigons. Frootin , Stratag. , II. 5, 51 . Cf. Freiosh. Suppl. , ch. zix.

• Hoc primum praelium in ter Sertorium et Pompeium « fuit. Decem millia bominum de Pompeii exercitu • amissa , et omnia impedimenta , Livius auctor est. »

• Ce rat le premier combat que se livrèrent Pompée et Sertorius. Tite-Live nous apprend que Pompée perdit dix mille hommes de son armée et tons ses bagages. •

Page 1