LIVRE L
SOMMAIRE. — La Thessalie. que Pseudo-Philippe voulait aussi envahir et occuper à main armée , est protégée par les Achéens que les députés romains avaient appelés à la défense de ce pays. — Prusias, roi de Bithynie, qui régnait sur les vices les plus ignobles, est mis à mort par son fils Nicomède, secondé par Attale, roi de Pergame. Il avait un autre fils qui était né, dit-on, avec la mâchoire supérieure formée d'un seul os continu. — Des trois députés que les Romains avaient envoyés pour réconcilier Nicomède et Prusias, l'un avait la tète couverte de cicatrices, un autre, les Jambes impotentes, et le troisième passait pour avoir l'esprit inerte; ce qui fit dire à Caton que cette ambassade n'avait ni tète, ni pieds, ni cœur. La Syrie possédait à cette époque un roi de même origine que celui de Macédoine, et qui égalait Prusias en mollesse et en lâcheté. Toujours gisant dans les lieux de déhanche et de prostitution , il laissait régner Ammonius . qui fit périr tous les amis du roi, la reine Laodice, et Antigone, fils de Démétrius. — Massinissa, roi de Numidie. cet homme si remarquable, meurt à l'âge de quatre-vingt-dix ans. Telle fut sa vigueur, même dans sa vieillesse, qu'entre autres actes d'un âge moins avancé, qu'il accomplit dans ses derniers jours , ou peut citer la naissance d'un enfant qu'il eut dans sa quatrevingt-sixième année.ll avait trois fils Micipsa, l'ainé,Gulnssa et Mastanabal, qui était instruit même dans les lettres grecques. Il leur laissa son royaume en commun, en leur ordouuantde prendre pour arbitre du partage, Scipion Émilien, qui divisa entre eux l'administration. — Phauueas Himilcon, commandant de la cavalerie carthaginoise, homme brave, et la principale ressource des Carthaginois, passe aux Romains avec ses troupes, à l'instigation de Scipion. — Une tempête engloutit dans les flots Claudius Marcellns, un des trois députés envoyés à Massinissa. — Les Carthaginois tnetit au mi*
lieu du sénat, leur préteur Asdrubal, petit-fils de Massintssa. qu'ils soupçonnaient de trahison, à cause de sa parenté avec Gnlussa, auxiliaire des Romains. — Scipion Émilien qui demandait l'édilité, est désigné par le peuple pour le consulat. Comme il n'avait pas les conditions d'âge requises il est exempté des lois et , après quelque opposition de la part du sénat, il estnommé consul par les suffrages empressés des plébéiens.— M'.Marnlius emporte d'assaut plusieurs villes situées aux alentours de Cartbage.— En Macédoine, Pseudo-Philippe taille en pièces le préteur P. Juventius avec son armée : mais il est vaincu à son tour et fait prisonnier par Q. Caecilius ; et la Macédoine rentre sous la domination romaine.