LIVRE CXVI
SOMMAIRE. — César triomphe pour la cinquième fois après son expédition d'Espagne. — Le sénat lui prodigue les pkt* grands bonneurs : ainsi il lui accorde le titre de père de la. patrie , et le proclame inviolable et dictateur perpétuel. Mais divers motif- lui attirent la haine des Romains. D'abord un. jour que les sénateurs lui décernaient <es bonneurs, et qu'il était assis devant le temple de Vénus-Genitrice, il les reçoit sans se lever. Puis, à la fête de* lupcrcalcs. le consul Marcus Antonius, son collègue, lui ayant mis le diadème sur la tète, il le dé| ose sur son siège. Enfin les tribuns du peuple. Épidius Marullus et Caesétius Flavus l'ayant signalé à la haine publique, comme aspirant à la royauté . il les prive de leur ebarge. Ces motifs font naître contre lui une conjuration dont les chefs sont M. Brutus etc. Cassius. — Il est assassiné dans la curie de Pompée et meurt percé de vingt-trois coups. Ses meui triers s'emparent du Ca pi tôle. Le sénat ayant ensuite décrété une amnistie pour les auteurs de cet assassinat, et les enfanta d'Antoine et de Léplde leur ayant été livrés comme otages , les conjurés descendent du Capitole. En vertu du testament de César, Octave , petit -fils de sa sœur, se trouve institué son héritier pour moitié, et appelé par l'adoption à porter son nom. — Comme on portait le corps de César au Champ-de-af are , le peuple le brûle au pied de la tribune aux harangues. — La dictature est abolie pour toujours.— Exécution de C. A matins, homme de la plu* basse origine , qui se prétendait fils de l£.1rius , et excitait des troubles au milieu d'une multitude crédule, Plut arque, Vie de César, ch. lxviii. Cf. Suétone, César, 51; Freinsh. Suppl., ch. xlvii.
« Un séoatus-cousulte, au rapport de Tite-Live. avait ordonné que la maison de César fût ornée d'un fronton, en signe d'honneur. Pendent son sommeil, Calpuroia crut voir ce fronton s'écrouler, et il lui sembla qu'elle pleurait et se lamentait. Aussi , au point du jour, die
HISTOIRE ROMAINE. — NOTES
pria César de ne point sortir en public, si cela était possible , et de remettre l'assemblée du sénat à un autre temps. •
Servius ad Virgil. Georg. 1 , 471 .
• Malum omen est , qnoties AEtna , nions Sicilie, non ■ fomum , sed flammarum egerit globos : et , ut dicit « Livius, tanta flamma ante mortem Cesaris ex *Etna
• monte defluiit, ut non tautum vicine urbes, sed etiam
• Rhegina civitas, que multo spatio ab ea distat, affla- « retur. »
« C'est un mauvais présage quand l'Etna , montagne de la Sicile, vomit, au lieu de fumée, des globes de feu. Tite-Live rapporte qu'avant la mort de César il s'échappa de la montagne une si grande quantité de flammes , que non-seulement les villes voisines , mais Rhégium même, située à une grande distance, en fut incommodée. »
Sénèque. Quœst. Nat. , V, «8. Cf. Freinsh. Suppl., ch. cxvi.
• Quod de Cesare oliin majore vulgo dictatum est et « a T. Livio positum, in incerto esse, utrum illum magis « nasci reipublice profuerit, an non nasci, dici etiam de
• ventis potes t. •
• On peut dire aussi des vents ce qu'autrefois on a dit si souvent de César, et ce que Tite-Live s'est demandé, s'il eût été plus utile pour la république qu'il naquit ou qu'il ne naquit pas? »