‹ Commentaire sur Tite-Live: Complément de l'édition du Tite-Live de laChapitre 15 sur 158 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

Dans ce livre notre historien indique souvent le nombre des hommes tués et faits prisonniers; et il emprunte ces détails à des auteurs plus anciens que ceux auxquels il a eu recours dans les premiers livres, où il parai*, sur ce point, avoir consulté surtout Valcrius Anlias, qu'il redresse souvent dans des questions de ce genre. Souvent aussi il a eu plu ieiirs auteurs sous les yeux , notamment aux chap. ii, m, v, et au chap. xvu où, entre quatre opiuions, il en chosit une, et mentionne brièvement les autres à la fin : au chap. xvm, où il a consulté trois annales; aux cb. xxv et xxvi, où entre trois opinions , il adopte celle qui concilie les deux autres; et dans le même chapitre xxvi, où il préfère le récit qui a le plus de vraisemblance ; enfin au cb. xxx, où il s'en tient à l'opinion qui réunit le plus d'autorités.

Cbap. I. — Soram atque Albam coloniœ deductœ. Sora était déjà colonie romaine; mais les anciens habitants avaient tué les colons , voyez IX, 25. L'Albe dont il est ici question, est Alba Fucentia, située au nord du lac Fucinus, ordinairement attribuée aux Marses, et non aux Eques leurs voisins. Aussi Tite-Live dit-il quelques li-

HISTOIRE ROMAINS. - NOTES

£nes plus bas, que les Èques regardaient cette colonie velnt arcem finibos sois imposilam. (Voyez sur les anciennes frontières de ces deux peuples une conjecture de Niebuhr. t. III. p. 508, t. V, p. 365 tr. fr.)

Cbap. I. — Arpinatibus Trebutanisque ciritas data. Les Arpinates ne reçurent pas le droit de suffrage ( voyez XXXVIII, 56). Il y avait plusieurs Trebula. Holstenius pense qu'il s'agit de la Trebula Mutusca , située dans le pays des Sabins.

Ibid. — Fr usinâtes. Frusino dans le pays des Volsques, aujourd'hui Frosinone ou Frussïlone.

Cbap. IL— CUonymo duce Lacedœmonio, etc. Ce Cléonyme, fils du roi Cléomènes, avait été envoyé aux Tareutios pour les secourir contre les Lucaniens et les Romains. L'histoire de son expédilioa est racontée par Diodore, XX, 104 et suiv. Voyez surtout Niebuhr. t. III, p. 514-520; t. V, p. 375 tr. fr."

Ibid. — Thnrias urbem in Sallentinis. Quelques interprètes prennent Thuriœ pour Thurium ou Sybaris. C'est one faute grave contre la géographie. Thuriœ est le eupotîov des Grecs, qui se trouve, sur la carte de Reichardt, entre la mer et Salentia.

Ibid. — Meduacus amnis. Il y a deux rivières de ce nom , qui viennent des Alpes de Trente, dans le territoire des Veneli , Meduacus major, aujourd'hui la Brenta ; Meduacus minor, aujourd'hui le Bachiglione.

Ibid. — In fluminr oppidi medio. Le Meduacus minor, qui traverse la ville. Tite-Live n'entre dans autant de détails que parce qu'il s'agit de sa patrie.

CfliP. III. — Cilnium genus. Voyez K. O. Muller, die Etrusker, t. I, p. 576.Cilnius Ma?cenas, l'ami d'Auguste, appartenait , comme on le sait, à la famille Cilnia, dont les Romains avaient adouci le nom étrusque Cfenle ou Cfelne. Muller. o'uvr. cité, t. I, p. 414. Le nom de M*cenns, en étrusque Maecenate, était suivant l'usage du pays, emprunté à la famille maternelle de ce personnage célèbre, /bid.page 404. Cf. p. 415, 455.

Ibid. — Carseoli , dans le pays des Èques , près des frontières Marses.

Ibid. — Id magis credo. Les Fastes capitolins portent aussi le nom de M. ABmilius.

Ibid. — Milionia. S'il fallait en croire Etienne de Byzance, Milionia aurait été une ville du Samnium, et ce qui porterait à donner quelque importance a cette assertiou, c'est qu'au chap. xxxiv, nous verrons la ville en question occupée par les Samm'tes. Mais il est constant que comme Plesiina et Fresilia , elle était située sur le territoire des Marses.

Cbap. IV. — Justitium indictum* Voyez la note sur le chap. m, du livre III, p. 805.

Ibid.— Agrum Rusellanum, de Rusella?, on, plus tard, 11 fut envoyé une colonie romaine. Voyez Pline, H. N. Ill,5;Ptolémée, 111, 1.

Cbap. V. — Cette brillante description de la victoire remportée sur les Étrusques, est sans doute empruntée à Valerius Antias, qui, pour relever la gloire de sa famil e, ««Tait fait de Valerius un dictateur et lui avait donné un Fabius pour maître de la cavalerie , tandis que chez d'autres (voyez chap. m), ces fonctions avaient été confiées à /Emilius Paulus. Du reste, Tite-Live lui-même ajoute peu de foi à ces éclatants succès , car il cite des auteurs

suivant lesquels aucun combat mémorable n'aurait signalé la pacification de l'Étrurie.

Cbap. VI. — Quemadmodum ad quatuor auguru m msmerum, nisi morte duorum, id redigi culUgium. potuertt, non invenio. C'est une conjecture de Tite-Live aasea probable, quoique Niebuhr ( t. III, p. 411; t. VI, p. 45, tr. fr. ) y oppose des difficultés spécieuses. Nous apprenons par Cicéron de lirpublica ( II , 9, g 16», que Romnlus s'adjoignit {cooptavit) un augure de chaque tribu : ce qui porta à quatre, le roi y compris, le chiffre des augures. Mais le même auteur ajoute plus bas (IL 14, g 26), que Numa en avait ajouté deux , de sorte qu'il y en aurait eu six , le roi y compris. Tite-Live parait croire que ce dernier nombre était venu d'un doublement du collège qui n'était d'abord composé que de trois augures et dans lequel les trois anciennes tribus devaient avoir chacune le sien ( si pluribus sit opus ; pari inter se numéro sacerdotes multiplicent). Niebuhr ne peut admettre que les patriciens aient été privés de d< ux places par un simple hasard ; mais il ne réfléchit pas qu'en ce moment les plébéiens faisaient la loi au premier ordre et qu'ib durent saisir avec empressement une occasion qui leur assurait la majorité dans cet important collège.

Cbap. VIL — Pro lege Licinia qnondam, etc. Voyez VI, 55, et suiv.; VII, 21 et suiv.

Ibid. — Incinctum gabino m Un. Voyez la note sur le ch. xlvi du livre V, et Tbiersch, Mém. de l'Acad. de Munich.

Ibid. — T. Manlius. Il était patricien , tandis que Decius était plébéien.

Ibid. — Tunica palmata. etc. Costume connu des triomphateurs auxquels appartenaient aussi la couronne de laurier et le char doré (currus auratus) dont il est question plus bas.

Ibid. — Capide. Varron de Lingua lat. V, g 121 : Copis et minores caputœ , a capiendo , quod ansatœ ut prehendi possent, id est capi. Il arum figuras in vasis sacris ligneas oc fictiles ( voir Cicéron, Paradox, I, 5) eliam nunr vide mu s. Arruntius (chez Priscien, VI, p.708 Putsch.) explique Capis : vasis genus pontiftcalis.

Cbap. VIIL — Decemtiros sacris faciundis... plebeios ridemus. Voyez VI, 57 et 42. On ne saurait déterminer avec précision de quel sacrifice à Apollon Tite-Live vent parler dans ce passage.

Ibid. — Sabinum adzenam, etc. Voyez II, 16.

Cbap. IX. — Diligcntius sanctam. Il veut dire par là que cette loi fut rédigée avec plus de soin que les lois antérieures sur le même sujet. Il ajoute en effet: Tertio ea (al. 7'er/io jam ) po>t reges laiam , semper a familia cadem. La première avait été portée par Valerius Poplicola (II, 8), et la seconde par Valerius Potitus (III, 55).

Ibid. — Porcia tamen lex sola pro tergo civium Iota videtnr. Tite-Live ne cite cette loi que pour faire voir la différence de l'esprit, à deux époques différentes, qui avait inspiré deux lois sur un même sujet. La loi Porcia permettait aux condamnes de s'exiler, au lieu de subir le supplice. Elle fut soutenue l'an 556 par M. Porcins Cato Censorius (Voyez Fragmenta oratorum Rom. p. 166 et suiv. et 175 élit. Dubner) ; mais on croit qu'elle avait été proposée par P. Porcius La?ca, tribun do peuple (voyez XXXII. 7), parce qu'on a trouvé un denier représentant un citoyen qui en appelle, avec l'inscription PROVOC. d'un côté, et P. L££A de Vautre.

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TITK-L1VE.

Chap. IX . — Aniensis el Terenlina, ain i nommées» Tune du fleuve Anio, l'autre de Terentum, endroit connu do champ de Mars , ce que M. Lemaire n'aurait pat eu besoin d'émettre avec doute.

Ibid. — Macer Licinius ac TuberO.,. Jd ne pro certo ponerem vetustior annalium aurtor Piso effecit. Bien que Tite-Live préèfre ici le témoignage de Pison à celui de Licinius Macer et de Tuberon, il parait, au cb. xi, revenir à l'opinion de ces deux auteurs.

Chàp. X.— Narnia, aujourd'hui NarnU

Ibid — Adversus inducias. Voyez chap. v. La deuxième année n'était pas encore écoulée. De societate haud abnuunt barbari, etc. D'après ce récit de Tite-Live , les Gaulois n'auraient pas pénétré sur le territoire de Rome; d'après Polybe, au contraire (II, 19), les Gaulois exercèrent de grands ravages sur les terres des Romains, et sur celles de leurs alliés, et s'en retournèrent chargés d'un riche butin, pour le partage duquel ils en tinrent aux mains et s'entretuérent.

Chap. XI. — h comitia consularia habult. Cet is doit nécessairement se rapporter à P. Sulpicius. Le passage de Cioéron que Gronove a comparé avec celui-ci, parait à la première vue contraire à cette assertion, mais regardé de plus près, il la confirme plutôt qu'il ne la détruit. Le voici ( Bruto, cb. xiv ) : c Possumus suspicari disertum « Bfanium Gurionem, quod is tribunus plebis, interrege

• Appio Claudio , diserto bomine , comitia contra leges

• habente, quum de plèbe consules non accipiebat, Patres

• antea auctores fleri coegerit. » Il y a lieu de croire qu'à la suite de cette contestation, le sénat avait déridé que P. Sulpicius serait nommé interroi. Tite-Live ne tient pas compte des comices tenus par Appius, parce qu'ils étaient restes sans résultat, comme on peut l'inférer du passage de Cicéron Si cette conjecture est fondée, nous aurions encore ici un exemple de l'extrême concision de Tite-Live dans certaines circonstances.

Ibid. — Prinripio ejus anni. Mûnter ( Velia in Lucanien t p. 57) suspecte la véracité de Tite-Live qui, selon lui, assure que les Lucaniens se soumirent sans résistance. Et il lui oppose l'autorité de l'inscription du sarcophage deScipion, dans laquelle on attribue à celui-ci la gloire d'avoir soumis la Lucanie : Taubasia cisâlua j sahnio

CEPIT — SUBIGIT OHJVK LOUCANA OPSIDESQUB ABDOUCIT. MaiS

je ne sais s'il ne faut pas plutôt savoir gré à Tite-Live de n'avoir pas consulté d'orgueilleux titres de famille. — Les Fastes s'accordent avec Tite-Live (cb. m) pour attribuer la direction de la guerre du Samniuin et le triomphe, non pas à Scipion , mais à son collègue Fulvius. Tite- Live donne à Scipion la province d'Étrurie. U est douteux cependant qu'il faille placer sous son consulat ce qui n'est peut-être que le récit amplifié de ce qu'il Ot dans le Samnium, sous le consulat de Papirius, eu 459. A moins que, parti pour le Sam nium à la fin de l'année, il n'y fût demeuré , et ne se fût alors emparé de ces villes.

Quant aux Lucaniens il n'est pas du tout invraisemblable qu'aprrs les pertes considérables que leur avaient fait éprouver les Rrutlieus <Diodore, XVI, 16; cf. Antonini Luc an i a, discorso IV. p. 50 et suiv.), menacés, comme ils l'étaient, de la guerre par les Samnites ( Denys , ExcerpU Ug., ch. m, est sur ce point d'accord avec Tite-Live), ils aient implore le secours des Romains, et confirmé, en donnant des otages, le traité conclu déjà auparavant ( VIII, 25; cf. 27; cf. Claudius Quadrigarius apud GeU., U, 19 et VU, n ). Car il ne s agit nullement ici de didU

tion, mais d'alliance et de traité. Or comme ce fait sa passa sous le consulat de Scipion , on l'a grandemeut amplifié dans son éloge tumulaire, qui se tait au contraire sur les échecs qu'il éprouva en Etrurie, durant sou consulat d'abord, et ensuite dans sa propréture.

Quoique l'inscription soit en vers saturnins, il est trèsdouteux cependant qu'elle soit fort ancienne et qu'elle doive être rapportée au temps des Barbatus plutôt qu'a l'époque postérieure à laquelle appartiennent les inscriptions suivantes , tout à fait identiques. ( V. Piranesi Monumenti degli Scipioni , pi. 5; et Visconti, Œuvres diverses, 1. 1, pi. v, Milan, 1827, in-8° ). Et il y a plusieurs raisons de douter: d'abord la forme même du sarcophage sur lequel les ornements doriens et ioniens sont mélangés; ensuite l'orthographe, cette triple répétition du o qu'on doit à Carvilius, selon le témoignage de Ptutarque et des grammairiens, et qu'on ne trouve pas sur la colonne de DuiHus; enfin ces formes Cornélius, cepit, obsidv.

Chap. XII. — Cn. Fulvii conduits clara pugna. Tite- Live n'en dit qu'un mot : il parait pourtant que Fulvius avait déployé dans cette campagne de grands talents stratégiques. Frontin, dans ses stratagèmes ( 1, 1 1, S 2; I» 6, § 1 et 2 > en a conservé les preuves les plus intéressantes: car bien qu'il nomme ce général Fulvius NobiUor, il ne peut parler que de notre Fulvius : on chercherait vainement parmi tous les membres de la gens Fulvia un autre qui ait fait la guerre aux Samnites. Le nôtre se nommait Cn. Fulvius Maximus Centumaius. — Sur la prise de Bovianum, voir la note du ch. xxxi, du livre IX.

Ibid. — Oratores Lueanorum ad novos consules ver niunt. Denys d'Halicarnas&e ( Excerpta legationum , n. 5, p. 2528, édit. Reiske) ajoute que ces députés venaient accompagnés d'otages, choisis parmi les enfants des plus nobles habitants de leur pays : ce qui s'accorde parfaitement avec le discours que Tite-Live leur prête.

Chap. XIII. — Carseolos. Voir la note sur le chap. us. Les jEqui et les jEquicoli étaient un seul et même peuple.

Ibid. — Legem recitari jussit. Voyex sur cette loi, iv. VII,ch.xLii.

Ibid. — Etiam recusantem. C'est encore Pison que Tite-Live parait suivre dans ce chapitre. Le dernier consulat de Fabius était trop éloigné pour qu'il y eût lieu d'appliquer la loi sur les dix années, à moins qu'on ne retranche deux années avec Pison ( cf. IX, 44 ) et une ancienne ère chronologique Pisoo cependant parait les avoir ajoutées ailleurs, peut-être par l'interposition de quelques dictatures. Du moins , à l'année 596. comptet-il une année de plus que Catoi * ( Voyez Fragm. apud Censorin., ch. xvii ; Scaliger, £. T., p. 591 ; cf. 587). La même observation est applicable à l'année 567 (Voyex Pline, M. i>., xxxit, 5.)

Ibid. — Plus quam quod Ugefinitum erat, agripossiderent. C'est la Lex Lie nia Sexlia. Voyez VI, 55.

Chap. XIV. — A/. Fu/rium. Plusieurs bons manuscrits donnent , maximum filium , préféré à la leçon ordinaire par Gronove et Crévier. Niebuhr ( t. III, p. 428; t. VI. p. 65 et 66 de la tr. fr.) lit Maximum Fulvium.

Ibid. — Scipionem legatum. Je cite seulement, comme simple mention, l'avis de Niebuhr ( t. III, p. 424 et suiv.; t VI, p. 6i tr, fr. ), qui parait disposé à rapportera cettecampagne le passage que nous avons cité plus baut^

HISTOIRE ROMAINE. — NOTES

eh . xi, de la célèbre inscription du sarcophage de Scipion-

TaLIU S U ClSAUNA | SaMNIO CEPIT SUB1GIT OtfftK L.OU- CANA OPSIDESQUE ABDOICIT.

Ko effet ces exploits ne sont pas rapportes à son consulat, et certes s'ils eussent eu lieu à cette époque, les historiens et les fastes n'eussent pas manqué d'en parler puisqu'ils lui auraient assuré les honneurs du triomphe.

Cbap. XV. — CAmetra, ville complètement inconnue, et même omise par Cluvier dans son Italia antiqua.

Ciiap. XVI.— L. Volnmnio, Ap. Claudio Coss. Tous deux étaient consuls pour la deuxième fois.

Coap. XVII. — Murgantïa, en grc;- Mo pfs'vTtov. Cette ville, queDanville ne donne pas, est placée, parReichardt, entre Noviaoum et Aquilonia , à égale distance de ces deux villes.

loin. — Ad Bomuleam urbem. Romnlea se trouvait sur le territoire des Hirpins; Etienne de Byzance, qui la nomme 'Pwu.uXta, dit que c'était une ville des Samnites.

Ciiap. XIX. — Quam mallem,inquit Volumnius, tu a me >trenue facere, quam ego abs te scite loqui didicissem. On a traduit, « que tu eusses appris de moi à bien faire. » Mais le mot streuue se rapporte ici, romroe ailleurs, à la conduite qu'on tient à la guerre, et jamais stvenue facere n'a eu le sens de recte . bene facere. Les nouveaux fragments de Dion Cnssius ( p. f 65, éd. Mai ) confirment cette explication, et le reproche, que dans Tite-Live Volumnius adresse à Appius : èxeîvcv Si p.y,#sv «pô; ri tcû TCoXe 4 u.ou "rcpâ-yufcTa é*Kt£i&ùx£vai. « Il ( Appius ) n'avait fait aucun progrès dans la science de la guerre.

Ibio. — Bellcna,... asl ego templum libivoceo. Nous ajouterons ici , puisque Tite-Live passe ce fait sous silence, qu' Appius fit construire ce temple, dans la neuvième région de Rome, entre la porte Carmentale et le cirque de Flaminius , et qu'il l'orna, comme Pline nous l'apprend XXXV, 3), des images de ses ancêtres.

Cbap. XXI. — Qnœ Minturnœ appcllala. Voyez, snr Vescia, la note sur le eh. x du livre VIII, et livre IX, ch. xxv. Il a déjà été question de Mintnrne aux mêmes passages. On ne fonda donc pas une ville nouvelle dans cet emplacement; mais seulement la ville déjà existante changea de nom quand ou y eut envoyé une colonie, de même qne nous terrons bientôt la ville de Sinope recevoir, de ses colons , le nom de Sinnessa. Ainsi, aux passages cités, c'est par anticipation que Tite-Live donne à la ville, située sur le territoire de V escia et de Falerne, le nom de Minturne qu'elle ne porta que plus tard. Voyez la note suivante.

lnw>. — Sinuessa deindeab colonis Romanis appellata. Tite Live (VIII, xi) la déjà nommée Sinuessa. et en cela il a agi fort sagement, autrement il eût troublé le lecteur par un nom tombé en désuétude complète. Snr l'emplacement de Sinuessa se trouve aujourd'hui la petite fille de S. Agata. Voyez Nicbubr, t. III, p. 436 ; t. VI, p. 74, tr. fr.

Ibio. — Adcersns quatuor populos duces consules Wo diedeligi meminissent. Je ne puis passer sous silence la conjecture de Perizonius, duces non consules, qui est tout à fait dans l'esprit de Tite-Live.

Coap. XXIII. — Pudicitiœ patrîciœ quœ in foro boario it ad œdem rotundam Herculis est. Festus eu parle I, p. 101 : Pudicitiœ signum in foro Boviario est ubi

familiana œdis est Hemdis. Scaliger corrige le mot corrompu Familiana, par Almxliana, Dacier, par Fuiriana. Le même Festus ( p. 92 ) parle du temple de la pudeur plébéienne ( plebeiœ Pu<1i<itia> $ucellum),et, à co juger par le commencement de l'article, dans des termes conformes au texte de Tite-Live : mais malheureusement la plus grande partie de cette page a dispara.

Cbap. XXI IL — Trium mensarum vasa argentea. Il s'agit sans doute de . tables destinées aux lectisternia et sellisternia.

Ibio. — Ad ficum Buminalem ( voyez liv. I, ch. iv ) *itnulacra infant inm conditorum vrbis sub uberibus tupœ. Ou croit , et ÏSiebuhr ( t. III, p. 499 ) est aussi de cet avis, que la louve conservée au Ca pilote est la même que celle dont parle Tite-Live en cet endroit. Voyez p. 775.

Ciiap. XXV. — Ahamam. Cette ville est inconnue. Clavier pense que c'est Arna.

I«nn. — Belicta secunda legione ad Clusium , qund Cûmars olim appellabant. La seconde légion , dit Riebuhr ( t. HT, p. 44(»; t. VI, p. 80, tr. fr. ) , était restée près de Camerinum , et non près de Clusium. Voici comment il le prouve: « Pohbe, qui connaît très-bien Clusium el les Clusiui, dit ( II, 19), qne la légion fût détraite t\ -rii Kaatp-tttv xwp*. Tite-Live, qui se rappelle ici à contretemps que Clusium se nomme, en langage étrtuque, Cawars, nomme plus bas < chap. xxx ) les Clusini p..rmi les ennemis de Rome : mais la ville, auprès de laquelle la légion se trouvait , était une ville amie des Romains, puisque, attaqués par les Gaulois, ils se ra prochèrent encore de la ville • ( voyez cbap. xxvi ), etc. De plus on rencontre une difficulté géographique pour la marche des Romains , après cette défaite, si l'on suppose que la bataille eu lien près de Clusium; mais, si l'on admet qu'elle été livrée à Camerinum, tout s'explique naturellement.

Cbap. XXVI. — Clusium. Il faudrait Camerinum , (faprés Polybe. Voyez la note précédente.

TniD. — Deletam ibi legionem... quidam auctores sunt. Polybe, par exemple. 11, 19.

Ibio. — Pectoribus equarum suspensa gestantes capita (hoslium) , lanceisque infixa, ovantesque moris sut carminé. Ces détails sur lesquels Tite-Live insiste comme faisant ressortir le caractère national, auraient pu trouver place daos le portrait que M. Micbelet fait des Celtes» au premier chapitre de son Histoire de France. On les retrouve aussi dans Diodore (V, 29), un peu plus explicitement , dans Strabon, VI, p, 302, B, éd. Almelov. et dan* plusieurs passages de Polybe.

Cbap. XXVII. — In aqrum Sêntinatem. Sentinura, aujourd'hui Sentina; c'était une ville de l'Ombrie, au pied des Apennins.

Cbap. XXVIII. — Gallorum corpora intolerantissima labons atque œstus. Tite-Live reproduit souvent cette assertion; voyez V, 42; XXII, 2; XXXIV, 47, etc. Les passages auxquels renvoie M. Michelet, ouvr. cit., p. 2, note 2, sont cités avec peu d'exactitude. Diodore de Sicile, lib. V, cap. xxvui et Appien, de rébus GalL, excerpt. VII. et nou Appian. apud scriplores rerum francicarum I, 462.

Ibid. — Essedis carrisque superstans armatus hostif. Cette coutume des Gaulois est aussi mentionnée par Diodore, V, 29. et par César Bell., Go//., IV, 55. Philargy-

TITfi-LIVK.

rios sur les Géorgiques de Virgile (III, 204) : explique ainsi le mot Esseda : Esseda autem vehiculi tel currus genu* quo soMi s uni pugnare Gallï Cœsar testis est ad Ci. eronem ///. Aucun éditeur, pas même Wesseling sur Diodore (page 552, 61), n'a corrigé ce passage. Il faut Cependant lire vahiio testix est . comme il est facile de le prouver par d'autres citations de Philargyrius , et pir les emprunts faits par Servius à ce grammairien et reconnus par M. Dubuer qui, à la Bibliothèque royale, a trouvé un manuscrit d'une partie de Philargyrius, beaucoup plus complet que ce qui en avait été publié. Le copiste . voyant qu'il était question de Gaulois, aura . pour 'aire preuve de science , écrit Cœsar au lieu de Varron. Les éditeurs de Varron ont passé sous silence ce texte de Philargyrius.

Chap.XXVIII. — Qho pater P. Vertus ad Veserim, etc. Voyez VIII. 8, et les notes sur les rites qui accompagnèrent ces deux dévouements.

Chap. XXX.— Superjecere quidam auçtido fidem. Niebuhr(t. III, p. 450; t. VI. p. 91, tr. fr.) range parmi ceux qui avaient exagéré les chiffres, l'historien grec Douris qui parle de cent mille morts. Mais il est constant que Douris dans ce chilfre a compris les ennemis tués, non dans la dernière bataille, mais bien dans Us dernières campagnes de Fabius , y compris celle dont il est question au chap. suivant. Voici le passage de Diodore ( Excrrpia Hcrsch.libri XXI, p. 490, i;4 éd. Wessel.)» où l'historien grec est cité. II ne peut laisser aucune incertitude : fct M toù 7T0X2JXCU tcÏ>v Tuppyjvtbv xai TaXaTtôv xa.1 SajxvtTwv xal twv ixepwv ovajxâ^wv âvY)pi'6Yioxv u^ô 'Pufxatùv, <X>a€îoj 07ra7tûovTo; , èix.% p.upia£s;, eo; çYjai Aoûpt;. Pour les chiffres suivants, nous renvoyons à la discussion critique de ÏNiebubr., t. III, p. 451 et suiv. ; t. VI, p. 91 et suit. tr. fr.

Cbap. XXXI. — Agrnm... .Eserninum. Il ne peut être question du territoire d'&sernia (aujourd'hui Isernia ou Sergna), situé de l'autre côté des montagnes, dont la pente forme les rives du Vulturne. On peut s en convaincre sur la carte de Reicnard. Niebuhr (t. 111, p. 455 et suiv.; t. VI, p. 95 tr. fr.) pense que si ce nom, quoique très-défi guré dans la plupart des manuscrits , est cependant exact, il faut admettre ou uuc jEsernia inconnue dans le pays des Sidicius, ou un pays nommé /Esernium (comme Samniumi.

Ibid. — Agrnm Stellatem. Voyez la note sur le chapitre xuv du livre IX, où Tite-Live mentionue le StellaU m ra»ipum, expression que nous retrouverons plus bas : Stellatiàus campis. .

Cbap. XXXIV. — Milioniam. Voyez la note sur le chapitre m.

Ibid. — Inde Fermtinum ductœ legiones. Il ne peut être question ici de Ferentinum , situé dans le pays des Héroïques : aussi les manuscrits offrent- ils de nombreuses variantes et paraissent conduire plutôt à la leçon Feretrum qu'a reçue Niebuhr (t. III, p. 455; t. VI, p. 27 tr. fr.), sans affirmer qu'elle soit la véritable. La conjecture de Gronove, Treventinum (lisez plutôt Tretenlum) , ne me parait pas aussi probable qu'a Drakenborcb.

Cbap. XXW .—Centuriones primorum ordinum, c'està-dire des premières centuries des trois parties de la légion, des triaires, des bastats et des princes.

Cbap. XXXVI. — Jnteramnam, coloniam Romanam.

M. Verger insère la note suivante : « Tite-Live ne dit nulle part à quelle époque cette colonie fut établie. DRA.-

KEN'BOUCII. • Mais en ouvrant Drakenborcb , on peut se convaincre que cette observation appartient à un commentateur beaucoup plus ancien, à Gl ireanus. Drakenborch dit à cette occasion qu'il était bien permis à (ilareanus d'avoir cette opinion, puisque de son temps toutes les éditions portaient au chap. xivm du livre IX. la m au vaise leçon Minturnu; que depuis Sigouius a remplacée d'après les manuscrits par Interamna. Drakenborch observe de plus que Tite-Live a ajouté sagement: quœ (in) ria latina est, parce qu'il existait eu Italie trois autres Interamna , et que notre colonie est placée également sur li voie laline, par Strabon (iiv. V, p. 257, éd. Ca aub.u Peut-il y avoir rien de plus explicite? Mais M Verger n'extrait de cette note que l'erreur et la met sous le nom de celui qui l'a combattue. Il est fâcheux pour uu auteur d'éire commenté avec une légèreté pareille.

Cbap. XXXVII. — M. Iloratium, M. Valerium, etc. Voyez plus haut, III, 65, et VII, 47. Les fastes triomphaux disent «tue les consuls de cette a nuée triomphèrent tous deux , Postumius des Samnites et des Étrusques ; Atilius « de Volsonibus et Sammtibus. • Volsones, dit Niebuhr, t. III. p. 456; t. VII, p. 98, « est un nom de peuple qui ne se trouve que là. Il se peut que ce soient les Volcentes, que Tite-Live nomme ailleurs (XXVII, 45) avec les Hlr pius et les Lucaniens; il est possible aussi, que l'auteur veuille parler des VoUiniens. • Cette dernière opinion me parait la plus probable.

Ibid. — Aurtor est Claudius... Fabius... scribit. Tite- Live cite Fabius et Clandius ; mais il ne suit ni l'un ni l'autre et préfère un récit beaucoup plus détaillé (cf. ch. xxxi i xxxvm ). Le récit de Claudius est tout à fait différent de celui que notre auteur adopte ; mais celui de Fabius s'en rapproche plus. Fabius cependant ne désignait pas le consul qui était parti pour l'Ëtrurie, tandis que Tite-Live dit que ce fut Postumius, et rapporte en outre le uombre des morts du côté de l'ennemi , les conditions de la paix, le triomphe des consuls. Il est d'accord avec Tite- Live pour envoyer les deux armées dans le Samnium ; mais il fait assister les deux consuls et les deux armées au combat de Lucerie, tandis que, suivant notre historien , le combat fut livré par Atilius seul. On ne voit pas qnel auteur Tite-Live a pu suivre ici.

Ibid. — Id est locus templo effattis, sacratus. Ces mots paraissent être une glose, du moins on n'en saurait douter pour le mot sacratus.

Cbap. XXX * Ilf.— Quondam.., quum adimendœ Etrusris Capuœ clandestinum cepissent consilium. Voyez IV,

Ibid. — Ad Aquiloniam consedit. Zooaras (VIII. f) raconte le fait autrement, sans doute d'après Dion Cassius. Suivant lui lesSamnites auraient attaqué la Campanie, et seraient retournés dans leur pays, après la mort des deux consuls.

Cbap. XXXIX. — Dwronia, ville iucon une.

Ibid. — Atinate agro, le district d'Atina. dans le pays, des Volsques; il devait être alors au pouvoir des Samnites. Cluvier (/ta/, ant. p. 4 495) aimerait mieux lire Antiaie agro.

Ibid. — Auream olim... Samniiium aciem a parente suo occidione occisam. Voyez IX, 40.

Cbap. XL. — Tripudium solistimum. L'augure tiré des poulets sacrés était funeste, lorsque ces oiseaux sortaient trop lentement de leur cage, {ex cavea) ou ne vour

HISTOIRE ROMAINE. — NOTES

Jaient pas manger. Mais dans le cas, an contraire, où ils dévoraient avec une telle avidité que la nourriture sortait de leur bec et tombait à terre, terram paviret, cela s'appelait thpudxum solistimum, quasi Urripavium ou terripudium. Cicer. (de Divin, lib. II, ch. xxxiv) : Quumpascuntur (pulli), neccsse est aliquid ex ore cadere, et terram pavire ( iii est ferire ), terripavium primo, mox terripudium dictum est. Cf. Festus, au mot Pullus, Pline, X. xxi, 24. Quant au mot Solistimum, il est formé de solnm et de stare, parce que le grain tombé à terre solo stabat.

Cbap. XLI. — Le récit des exploits de Papirius est encore emprunté à Fabius et à Claudius, qui les avaient exagérés jusqu'au merveilleux (vo)«a» ch. xl.). Il résulte cependant du cbap. xu, que pour cette partie du livre X, Tite-Live a comparé aussi d'autres auteurs.

Ibjd. — Jucenis ante doctrinam deo spernentem natus, avant que la philosophie d'Épicure fut établie.

Cbap. XLLI.— Cœ>a... milita trigxnta trecenti quadraginta , capta tria millia octingentï et septuaginta. Cela ferait trente - quatre mille hommes tués ou prisonniers sur trente-six mille, comme on voit cbap. xxxviii, ce qui est évidemment exagéré. Mais deux manuscrits donnent millia decbb, leçon que les éditeurs auraient dû faire passer dans le texte. Orose (III, 22) ne parle aussi que de douze mille, duodecim millia.

Ibid. — Quam temetum biberet. C'était probablement l'eipression même des anciennes annales. Aulu-Gelle (X , 25) attribue le mot temetum à l'ancienne langue (prisca lingua).

Cbap. XL1II. — Corniculis. On ne sait rien de positif sur la nature de cette récompense. D'après l'opinion la plus vraisemblable ce devait être un ornement creux en lorme de corne qui s'adaptait au casque et où les soldats, suivant la conjecture de Scbelfer, plaçaient des plumes ou des queues de cheval. J. Perizonius propose de lire corollis ou coronulis. Mais cette correction est inutile. U est constant que le mot corniculum désignait deux objets bien distincts; l'ornemeut en question et un petit cor dont les lieutenants des tribuns icornicularii ; voyez le dictionnaire de Facciolati à ce mot) se servaient pour transmettre les ordres aux soldats.

Ibid. — Sœpinum. Ce fut plus tard un municipe, voyez G ru ter Corp. inscr. ccocxli, 4; nxiu, I. On l'appelle aujourd'hui Supino.

Ibid.. — Volana, ville inconnue. Les meilleurs manuscrits font penser à un autre nom: ils donnent soit Vella, •oit Velïa, soit Veletia. Mais il ne peut être question ici de la ville connue de Yelie.

Cbap. XLV .—Palumbinum et Uerculaneum sont aussi des villes inconnues.

Cbap. XLVL—lnspec tata >polia Samnitium. Pline, H. IV. XXXIV, 18, parle de ces dépouilles plus en détail, mais avec des différences notables. Voici ce qu'il dit : « Fecit

• et Sp.Carvilius Jovem, qui est in Çapitolio, victis Sam-

• nitibus sacrata lege pugnantibus, e pectoralibuseorum,

• ocreisque et galeis. Amplitudo tanta est . ut conspicia-

• tur a Latiario Jove. Reliquiig lime suam statuam fecit,

• quœ est ante pedes simulacri ejus. • D'après lui, ou d'après d'autres annales , c'était donc Carvilius, et non pas Papirius Cursor, comme Tite-Live le raconte, qui avait le plus contribué à la défaite des Samnites. On ne peut guère admettre que dans un passage , tel que celui de Pline, 1'au.eur ait par inadvertance écrit un nom pour un autre.

J'ajouterai encore que ce passage de Pline prou? e que nous avons eu raison d'expliquer plus haut, IX, 39, Uç* sacrata coacto extrcitu, à l'aide des détails fourni* par Tite-Live au cbap. xxxvm de notre livre : car Pline dit positivement. Samnilibm legs sacbata pugnantibus.

Cbap. XLV1. — JEdem Qtiirini... filins consul dedhcavit. Voyez Pline, Hist. Aot , VII, 60.

Ibid. — Apud neminem veterem auctorem inrenio. Il réfute implicitement des annales récentes dont le récit n'est, dit-il, appuyé d'aucune ancienne autorité.

Ibid.— 7roiJium, ville inconnue. Doujat propose Trotsulum, aujourd'hui Trosso, près du mont Frascooi.

Ibid. — His rébus actis ad triumphum decessit. Tile- Live place ce triomphe après celui de Papirius, ou, si 1 00 veut, au même temps ; mais selon les Fastes triomphaux, il précédait d'un mois celui de Papirius.

Ibid. — jEdem Fortis Fortunœ... prope œdem ejus de* ab rege Servio 2li//io dedicatam. Sur l'emplacement de ces deux temples, voyez Mardini, Homa ant»ca, VI , «I, t. III, p. 554, éd. de Nibby, Rome 1819, in-8».

Ibid. — L.Postumium, le consul de Tannée précédente qui s'était fait nommer legatus, pour échapper à I accusation du tribun Contius, ou mieux, ce me semble, Scantius, comme d'autres manuscrits le portent. On trouvera plus haut (chap. xxxvu) le chef d'accusation, que Tite- Live ne répète pas ici.

Cbap. XLV1I. — Lustrum id undevicesimum fuit. Les Fastes capitolins indiquent ce lustre comme le trentième, Sigonius et Pigbius pensent que Tite-Live n'a pas tenu compte de dix lustres que les auteurs des Fastes capitolins placent avant la création des Censeurs. Cette explication parait satisfaisante. Je lis cependant dans l'édition de M. Lemaire, à la suite de l'opinion de Sigonius et de Pigbius : • Sed forte librarii pro XXXreposuere XIX.* Conjecture qui pourra paraître plausible et ingénieuse à ceux qui ne savent pas qu'anciennement on n écrivait jamais XIX* ma» toujours XVUI1.

Ibid. — Coronati primum... ludos Romanos spectaverunt. Le traducteur dit, • les citoyens : * c'est probablement trop dire; il parait que c'étaient seulement les soldats qui avaieut combattu.

Ibid. - Libri adili, les livres Sibyllins.

Ibid. — Msculapium ab Epidauro Homam arcessendum.Le fait était raconté dans le livre suivant, d'où Valère Maxime, I, 8, g 11, Va extrait. Tout le inonde connaît la belle description d'Ovide, Metamorph. XV, 622-

Ici commence la première interruption dans la suite des histoires de Tite Live, et cette lacune comprend toute la seconde décade dont nous ne possédons rien , ai ce n'est peut-être un mot, une ligne au plus retrouvés dans quelque auteur, quelque scholiaste; comme ces moto cités par Servius ( ad Kirgi*. /fin.. I, 456 ), et qu'on peut rapporter au livre Xll : « Pyrrhus unicus pugnandi arc titex, magisque in praelio, quam bello, bonus; • ou même quelque chose de plus insignifiant, comme cea mots du livre XIV : • Privato nos tenuissemus » ( Priscien, liv. XV, p. 1009, éd. Putsch.) Quelquefois un auteur s'appuie de 1 autorité de notre historien, par exemple, ce qui peut se rapporter au livre XIII : • Curribus fel~ • catis usos et majores . et Livras et SaluUiua dopent %

(Ser? lus ad Virg. Alix., 1,476; cf. Freinsbem. Suppl., en. xxxvui ). Ou bien encore c'e»t un récit emprunté à Tite-Live, et qui ne serait intéressant à reproduire, qu'autant qu'il serait complet et qu'il conserferait les expressions de notre auteur, ou que sous sa forme altérée on reconnaîtrait encore clairement la manière et la couleur de Tite-i.ive. Toutes les fois que cela arrivera ( trois ou quatre fois peut* être, je ne dis pas dans cette décade, mais dans toute l'étendue de nos pertes ) nous insérerons, en le ur Heu , ces rares débris , ainsi que le fragment du XC1« livre retrouvé en 1772, par Burns.

Mais afin que le récit de Tite-Live ne soit pas brusquement interrompu , et, pour rattacher la première décade à la troisième, nous allons donner la suite des sommaires qui ont été placés en tête de chaque litre dans notre édition. Ces sommaires ont été longtemps , mais à tort , attribués à Florus Ce qui 'probablement donna lieu à cette erreur, c'est que le Précis de l'histoire romaine en quatre livres que oous possédons de Florus, fut d'abord regardé comme l'abrège des histoires de Tite-Live . jusqu'à ce que Juste-Lipse eut démontré qu'il n'en était rien , bien que Florus, comme au reste il le déclare luirméme, ae fût beaucoup servi de Tite-Live, Or, les premères éditions de Florus portaient le titre ô'Epitome ou Epitomata T. Licii ; ce qui fit confondre facilement cet ouvrage avec les véritables epitome ou sommaires de Tite- Live. On a cru aussi, sans plus de raison, que ces sommaires étaient l'œuvre de Tite-Live lui-même. Sans parler delà différence de style, il faudrait admettre, si cela était, que Tite-Live a assex mal résumé son propre ouvrage. Car ces sommaires ne sont pas toujours fidèles ; les événements y sont quelquefois mentionnés inexactement; quelquefois déplacés dans un même livre, ou même d'un livre à l'autre ( voyez la note sur le sommaire du livre XLIV ). On aperçoit en outre comme la personne et les goûts de l'auteur dans le choix des faits et la manière dont ils sont présentés. Ainsi il passe quelquefois sur des événements fort importants pour s'arrêter à de petites anecdotes. Mais, quel que soit l'auteur de ces sommaires, ce qu'il y a de certain, C'est qu'ils sont authentiques; et leur authenticité n'a jamais été contestée par aucun savant. Ils ne sont donc pas à dédaigner comme source historique, malgré leur inexactitude sur quelques points, et peut-être en raison même de cette inexactitude. Car, sur les points où ils s'éloignent de Tite-Live dans les livres que nous possédons, ils peuvent quelquefois représenter une version différente de celle de notre historien; et, pour les livres que nous avons perdus, ils doivent faire autorité, et représenter pour nous l'histoire même de Tite Live , qu'ils ne remplacent pas sans doute , mais dont ils nous donnent un résumé rapide. Ce sera pour le lecteur, en cette occasion , un fil a l'aide duquel il traversera rapidement les événements accomplis dans la deuxième décade, et qu'il devra reprendre après le XL V e livre, mais, cette fois, pour ne plus le quitter.

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