LIVRE XV m
SOMMAIRE. — Le consul Atilius Régulus, vainqueur des Carthaginois dans une bataille uavale , passe en Afrique où il tue un serpent d'une grosseur monstrueuse, non sans perdre un grand nombre de sold its. Après avoir battu les ennemis en plusieurs rencontres il écrit au sénat pour se plaindre de ce qu'on ne lui envoie pas un successeur qu'il attend avec impatience, surtout pour aller prendre soin d'une petite terre qui lui appartient et qui a été abandonnée de ceux qu'il a chargés de la cultiver. Ce retard donne lieu à la fortune de laisser, dans la personne même de Régulus, un exemple éclatant de ses faveurs et de ses disgrâces. Il est vaincu et fait prisonnier par le lacédémonien Xan lippe , que lesCarthai avaient mis à la tête de leur armée. Tous les généraux
romains remportent ensuite sur mer et sur terre différents avantages dont la joie est troublée par le naufrage de leur» flottes. — T. Coruncanius est le prenrer d'entre les plébéiens qui soit créé souverain pontife. — Les censeurs P. Sempronius Sophns et M. Valérius Maximus, dans la revue qu'ils font du sénat, raient du tableau treize sénateurs et (bot la clôture du cens , dont le résultat donne deux cent quatrevingt-dix-sept mille *ept cent quatre -vingt- dix-sept. — Les Carthaginois envoient Régulus a Home pour traiter de la paix avec le sénat , on du moins s'il ne pouvait l'obtenir, de l'échange des prisonniers. Mais avant son départ ils l'obligent à prêter serment qu'il reviendra se mettre entre leurs mains si le sénat ne consent pas à l'échange des prisonniers. — Régulns conseille aux sénateurs de refuser aux Carthaginois, la paix et rechange. 11 retourne à Carthage. suivant sa parole, et y meurt dans des supplices affreux.
(Va 1ère- Maxime, i 8, eitr. )
« Serpentis quoque a Tito-Lrvio curiose pariter ac fa « cunde relatée fiât mentio. Is enim ait, in Africa apud « Bagradani (lumen (anta? maguitudinis anguem fuisse, « utAtilii Regulie\ercituiuusuanmisprobiberct;muilis- « que mililibus ingentiorecorreptis. compluribus caudar « voluminibus elisis, quurn telorum jactu perforari oe- « quirct, ad ultinium balistarum tormentis uodique pe- « titarn, silicum crebris et ponderosis verberibus procu- « buisse , oirn busqué et cohoriibus et legtonibu* ipsa • Carthagine visant ten ibiliorera. Atque etiam cruore « mo gurgitibus imbutis, corporisque jacenlis pesti fero c afflntu vicina regione polluta, roman a iode su bmo visse « castra. Dicit bellua? etiam corium tttotum viginli pedes « longum in urbem raissum. »
« Il ne faut pas oublier le serpent dont Tite-Live nous fait uu curieux el brillant récit. Il rapporte qu'en Afrique, auprès du fleuve Bagrada , on rencontra uu serpent d'une grosseur prodigieuse , qui interdit l'approche du fleuve à toute l'armée d' Atilius Régulus. 11 engloutissait des soldats daus son énorme gueule , il en écrasait d'autres dans les replis de sa queue; les traits ne pouvaient rien contre lui; à la fin , accablé sous une grêle de projectiles, que lui lançaient de toutes parts les machines, écrasé sous une masse de pierres , il succomba , après avoir paru à tous, cohortes el légions, plus terrible que Carthage ellemême. Les eaux du fleuve furent rougies de son sang ; les exhalaisons pestilentielles qui s'échappaient de sou cadavre infectèrent toute la contrée voisine, et les Romains fureut obligés de décamper. Tite-Live ajo.ite que la peau de cette bête, longue de cent vingt pieds, fut envoyée à Rome. •