‹ Commentaire sur Tite-Live: Complément de l'édition du Tite-Live de laChapitre 38 sur 158 · LIVRE XXX · texte numérisé non relu

LIVRE XXX

Cbap. III et suiv., Tite-Live a pris pour guide Polybe (XIV, 1, sq.), et il le cite encore cb. xlv. quoiqu'il ait aussi comparé plusieurs auteurs sur les points douteux. Ch. m, il dit : major pars auriorum, et il en parle encore ch. xix. Au ch. xvi, il te sert de ces mots : aliï , a'ti, et au ch. xxvi de ceux-ci : quidam auctores. Il cite Valérius Àntias, ch. m et xxix, mais avec quelque hésitation. Jusqu'au ch. x, où finit l'extrait de Polybe, tout est extrait de cet auteur (XIV), et presque traduit. Au ch.xi, il est d'accord avec les fragments du Spiàleçïum, p. 40 ; lir. XIV, ch. x. 12, éd. Didot. Cb. n i , Mir le cheval de Syphax blessé, et sur l'auteur de cette blessure, CaHius (cité par Nonn., ch. n, n. 156, col. 553) s'était exprimé avec beaucoup plus d'exactitude; cf. Nanta, p. 45. Au ch. xxviii, ces paroles : « Non esse hodie lot fascesmagi-

• stratibus populi Romani, quot captos e caede impera- « torum praeferre posset Annibal, • sont parfaitement d'accord a\ec celles de Cœlius (cité par Nonn., X, n. 55» col. 770) : « Duos et septuaginta lictores doraum reporta- « vi>se fasces, qui dtictoribus hotium ante sojutrint

• ferri. »

Les exploits de Philippe contre les Cianes, les Thasiens(cf. aussi XXXI, 51), et les événements d'Egypte, relatés par Polybe, XV, 20-56, ootété passés sous silence par Tite-Live. Les cb. xxiv et suiv. sont d'accord avec Polybe, XV, 1 et suiv. ; mais il y a plus de développements dans l'écrivain grec. Tite-Live a pris aussi dans Polybe (xv, 9 et suiv.) la description de la bataille de Zama. Le fond des discours se trouve en partie dans Polybe. Ch. xxxu, Tite-Live a ajouté quelques détails, pour plus de clarté. Ch. xxxin, dans la description de l'ordre de bataille, il traduit Polybe (cb. ix), et c'est à lui qu'il doit encore et la narration du combat, et le nombre des morts, indiqué au ch. xxxv, où il a ajouté vers la fin quelques détails qu'il doit à d'autres écrivains. Les couditions de la paix (cb. xxxvn) sont tirées aussi de Polybe (ch. xviii), et ce qu'il raconte encore dans le même chapitre est tiré également de Polybe, ch. xxix. La fin du ch. xxxvu, Sunt qui Annibalem..., a été empruntée à d'autres historiens. Au reste, un savant a prouvé formellement que Tite-Live avait omis dans ce livre plusieurs faits, et qu'il en avait raconté inexactement quelques autres. C'est Û. Becker dans l'ouvrage intitulé : « Ueber Livius XXX, ch. xxv et xxix, oder Entwickelnng der Begebenbeiten welche zwischen Hannibals Rûckkehr nacb Africa und der Schlacht bei Zama liegen ; » et dans son histoire de la deuxième guerre punique, p. 172, 184. Il n'est pas douteux que Tite-Live n'ait presque toujours suivi, les yeux fermés, Polybe, dont, cette fois, il n'avait pas à suspecter le zèle, souvent assez partial , pour les Scipions ; mais peut-être l'exemplaire de Polybe, dont Tite-Live se servait, était- il tronqué ou mutilé. Ce qui est certain, c'est qne, plus tard, ce livre XIV était peu complet, et que V Abrèviateur, publié par Valois (Schweigbeuser, t. III, p. 488) et celui du Vatican (éd. Mai, p. 406) s'en plaignent. Enfin il faut noter, dans les apophlbegmesde Plularque {S<ip. ma}.,?), un passage qui rend douteux le fait que les Carthaginois avaient insulté les vaisseaux romains, pendant la trêve, comme Tite-Live le raconte an ch. xxiv. Sur ce point, l'auteur latin diffère de Polybe luimême, lorsqu'il dit au commencement du livre XXV : « Les envoyés n'étaient pas encore revenus de Rome, negué scieoatur quœ senattts R. de bello ac pace sententia esset ; • tandis que Polybe, XV, 1, dit que la Ict re, loo-

chaot l'acceptation de In paii avait été remise a Sci pion, et que les envoyés l'avaient annoncé aux Carthaginois. Tile-Live a également omis la harangue des députés.

Chap. H. — Ludos magnos. Voyez livre XXVII, cb. xxxm. Gependant ces jeux ne furent célébrés que par les consuls de l'année suivante, comme on le voit plus bas, cb. xxvii, peut-être à cause des terreurs inspirées par les prodiges.

Chap. V. — Ct proximis casis. Comparez Fénelon , Télémaqne, litre VII et Silius Italicus, XVII, 85 et suiv.

Chap. VII. — Afrorum urbem. Appien nomme cette ville Anda (Pun., xxiv).

Chap. IX. — Tuneta. Polybe, XIV, 10; Strabon, livre dernier, p. 854. Cartbage était au nord-est.

Chap. X. — On n'est pas d'accord sur le nom Riiscinona. D'autres lisent Husucmonu, Rusimona. etc. Cf. Holslenius ( ad libr. de Palriarch. rom.\ p. 94, et Hardouin sur Pline, V, 2 ou I .

Chap. XI. — Les Massyliens habitaient, au pied du moût Atlas, la partie orientale de la Kumidie, et les Masses) liens que l'auteur désigne par ces mots : regnoretere. en occupaient le côté occidental. Voyez la noie sur le cb. xlvui du livre XXIV.

Chap. XII. — Gentes Numidarum in Venerem prœceps. La même observation s'est déjà présentée au cb. xxiii du livre XXIX, et exprimée presque dans les mêmes termes : « Ante omnes Numidœ Barbaros effusi in Venerem. » Corneille l'a traduite littéralement dans sa tragédie de Sopbonisbe, acte V, se. u.

. . . Je sais qu'il est Numide; Toute sa nation est sujette à l'amour.

Ibid. — Victor captus. On retrouve la même antithèse dans Horace, Èp. II, i, 156.

Gracia capta ferum victorem cepit.

Tite-Live parle ici d'une particularité que mentionnent d'autres historiens et, parmi eux, Appien. c'est-à-dire que Masinissa avait été fiancé avec Sopbonisbe avant qu'Asdrubal l'emmenât en Espagne. Plus tard les Carthaginois l'avaient donnée en mariage à Syphai, suivant en cela la règle ordinaire de leur politique qui consistait à se ménager, par des mariages, l'alliance des chefs des tribus voisines.

Chap. XIV. — Quo die captum hostem vidisset. Cette pensée est rendue avec beaucoup d'énergie dans ce vers:

M assinisse en un jour volt , aime et se marie.

SophonUbe de Mairet , 1635.

Ibid. — Ipsum juvenem mdlius forma pepulerat captiva*. Voltaire, dans sa Sophonisra, fait dire à Scipioo : Mais jeune comme vous, et dans un rang suprême . Vous savez si mon cœur a jamais succombé A ce piège fatal où vous êtes tombé.

Chap. XV. — ^ccipio nuptiale mumts neque ingratum. ... Dites, Arcas, au roi qui me l'envoie, Que de tous les présents que m'a faits sa bonté .le reçois le plus cher et le plus souhaité , etc.

Racine, JHitAriU.V. 2.

On remarque avec intérêt qne l'art tragique a commencé par une Sophooisbe, en Italie comme en France. Ainsi, ce sujet fut adopté d'abord en 1514 par Trissino, qui le premier appliqua rigoureusement à la tragédie la règle des trois unités. En 1655, quelques années avant l'appa-

rition du Cid , Mairet le transporta sur la scène française, et sa Sopbonisbe, qui au milieu d'un style ampoulé on bassement familier, offre quelques lueurs de géuie, tut la première pièce régulière jouée devant Louis XIII.

Corneille et Voltaire ont composé chacun une Sopbonisbe sans réussir à l'élever au niveau des chefs-d'œuvre qu'ils nous ont laissés. Observons, du reste, que le caractère de Masiuissa a paru à ce dernier avoir si peu de noblesse que, contrairement à la vérité historique, il représente ce roi se poignardant snr le corps de son épouse.

Chap. XVI. — Bis jom erersa. Plusieurs éditions portent bis jam ante eversa ; mais cette leçon n'est justifiée, ni par le sens, ni par les meilleurs manuscrits. Eversa signifie non pas renversée, mais seulement ébranlée, comme dans Virgile : eversum sœculum (Georg., I, 500). Il y a ici allusion à la défaite des Carthaginois aux lies agates.

Chap. XVII. — /Edes liberœ. On peut entendre par là une maison réservée pour lés ambassadeurs seuls , en prenant liberœ comme synonyme de vacuœ. Voy. XXIV, 7. Mais il vaut peut-être mieux considérer ces roots comme désignant une maison louée aux frais de l'état, ce qui était de la part du sénat une grande marque de bienveillance (XLV, 44; XXV, 25, etc.). Les ambassadeurs des nations ennemies étaient logés hors de la ville (XXX, 2«).

Ibid. — Loca sont des places réservées, an théâtre, aux comices ou dans le sénat. (XXIX, 16; XLII, 14, etc.)

Ibid. — Imitia. Voyez la note snr le ch. xxxix du livre

Chap. XIX. — Lutatio. Des éditions ajoutent pairuo, mais contrairement aux meilleurs manuscrits.

Ibiu. — Ad vicum Tanetum. Voyez XXI, 25, et XXVII, 21.

iBin. — Consentia et Clampetia. Ces villes s'étaient déjà soumises l'année précédente. Cf. XXIX, 58.

Chap. XX.— Qnod non cruentum, etc. Tite-Live en revient toujours à cette accusation banale contre Annibal , de n'avoir pas attaqué Rome aussitôt après la bataille de Cannes.

Chap. XXII. — Culpam omnem in Annibalem rertentes. Les partis qni divisaient Carthage étaient donc bien nettement tranchés, ces dissensions étaient bien profondes, puisqu'une faction pouvait ainsi rejeter snr le chef de la faction adverse la responsabilité entière de ce qui avait été fait.

Chap. XXIV. — Ctieio Octavio ex Sicilia trajicienti. Nous retrouvons encore ici un de ces oublis assez fréquents dans Tite-Live. Comment Octavius pouvait-il venir de Sicile, puisque, comme il est dit au ch. i et u de ce livre, il était chargé de défendre les cotes de la Sardaigne ; qu'en Sicile commandait P. Villius, et sur la flotte M. Pomponius ? Il y avait déjà eu une erreur sur ce même Octavius au ch. u de ce livre, où il est appelé : prioris anni prœtor. tandis qu'il n'avait été que propréteur.

Ibiu. — Apo'linis promontorium. Ce cap, aujourd'hui nommé Zebibiou Zibeeb, forme avec le promontorium hermœum ( cap bon ), le golfe an fond duquel était Carthage.

Ibid. Ad Agimurum , aujourd'hui Zowamoore ou Zimbra. Cette île répond sans doute aux nror de Virgile ( JEn. 1, 159). Comp. Ptolémée et Strabon , XVII.

HISTOIRE ROMAINE. — NOTES

Cbap. XXtV. — Ad Caiidas aqnas. Strabon, livre dernier, p. 854 ; Pline, V, 7; Voyage» de Shaw, p. \ 46 et suif .

Cnip. XXV. — Ad Bagradam. Ce fleuve, maintenant appelé Majiarda , se jetait entre Utique et Cartbage , dans la Méditerranée, après avoir traversé la Zeugitane. Polybe le nomme Macra : Èàv rrapaXXâÇwat tôv Maxpav mtouxov, XV, 2. — Le changement du B en M est très-fréquent ; en lisant donc Bâxpav, nous aurons le même fleuve sous deux noms peu différents. Gomp. Strabon, liv. dernier; Pline, V, 4.

Ibiu. — Superantem promontorium. Le cap d'Apollon d'après Appieo.

loin. — Leplim. Il y avait deux Leptis. Voy. Ptolémée et Pline, V, 4. La grande (maintenant Lebida) était sur la côte, dans la région syrtique; la petite (Lempta) était dans la By sa cène, à quelque distance de la précédente. C'est de la petite qu'il est ici question , puisqu'elle était la plus rapprochée d'Adrumète où Annibal arrive au cb. ïxix.

Cmap. XX VI. — Ad res repetendas. Formule consacrée pour les réclamations des ambassadeurs. Cf. X, 4.

Iuid. — Q. Fabius Maximus moritur. Il avait près de cent ans, suivant Valère-Maxime, VIII, 14. Le peuple romain fournit aux frais de ses funérailles, et s'imposa à une drachme par tête.

Ioid. — Superatit paternos honores. Sou père, Fabius Gurgès, fat cousul trois fois ( livre X), et Fabius Cunctator cinq fois.

Iein. — Amis Rullus. Peut-être ce Hullus ou Rullianiis était-il non l'aïeul mais le bisaïeul du grand Fabius ; car Plutarque rapporte que celui-ci fut le quatrième du sur- . nom de Maximus, et l'on sait que Rullus reçut du peuple ce glorieux surnom pour avoir diminué la puissance du sénat, et le transmit comme un héritage à ses descendants. Il défit les Étrusques, les Sam ni tes et les Gaulois.

Ibid. — Cunctando rem restituisse. Cf. Cic, Off., 1,24.

Ibid. — Q. Fabius Maximus, filins. Il avait eu un autre fils (cf. XXIV, 45) ; mais il lui avait survécu. Cicéron dit dans son traité de Senectnte. iv : • ISihil est admiramlitis • quam quomodo ille (Q. Fabius Maximus ) mortem filii « tniit, clari viri et consularis. »

Cas*. XXVIII. — Statorius Semitixa. Voyex XXIV. 48, et XXVIII, 28; Oudend. sur Frontin,!, 1, 5, et Gronove, Obserc, IV, 7.

Ibid. — Senex foetus* Il avait quarante-six ans. Comp. ch. xxxvn.

Ibid. — Pulsos de Hispania. Les Carthaginois avaient toujours regardé comme un avantage capital la possession de l'Espagne, dont les mines précieuses étaient, pour leur trésor, une source inépuisable de richesses.

Cbap. XXIX. — Adrumetum. Cette ville était au sud de Cartbage.

Ibid. — Zama quinque durum iter. Plutarque ne dit rien d'une distance si forle, et comme Adruraète ellemême était à peine à cinq jours de marche de Cartbage, Adrumète d'où Annibal arrive à Zama, magnis itinenbus, il y a lieu de croire queTite-Live s'est trompé.

Ibid. — Piaraggara urbe. Dans Polybe, XV , 5, on lit : Mâp^apov, dans Ptolémée, Nap^âpav, et dans Appieo, KÎXXalPwn., xl).

Chip. XXX. — Tune Annibal prior. Tile-Live, qui a suivi presque pas à pas Polybe dans tout ce livre , l'imite encore pour ce discours d' Annibal ; seulement , dans ce dernier historien, l'exorde commence à ces mots : • Optimum quittent fuerat, » e;c.

Ibid. — Signa inferentem ad mœnia. Telle est la leçon de la plupart des manuscrits. D'autres éditions porteut : Positis, acjam prope scandentem mœnia.

Inm. — Duobus fratribus. Annibal avait trois frères : Asdrubal (XXVll, 49), Magon (XXX, 19). Haunon {XXIX, 54). Peut-être ignorait-il encore la mort de Magon.

Cuap. XXXI. — Pieque patres nostri priores de Sicilia. Ce langage ne parait pas sincère. Les Mamertins et les Sagontins ne firent que fournir un prétexte spécieux aux hostilités.

Ibid.— Piaacjusta arma. Ces deui qualificatifs étaiect toujours employés pour signifier une guerre légitimement entreprise. Cf. I, 32, et IX, 1.

Chap. XXXIL— n>i ad insignem mUitem venerat. etc. Silius, dans son XVII e livre, développe fort longuement cette pensée, et son stjle est plein de mouvement et d'énergie.

Tu mihi Flaminil portas rorantia cae&i

Ora ducis . nosco dextram , etc.

Ibid. — Celsus hœc rorpore. Voyez Silius, XVII, 126, Comp. Polybe, XV, 10 et H.

Coap. XXXIII. — iYon ronferias auiem cohortes. On remarque quelquefois de la confusion e; de l'obscurité dans les expressions de Tite-Live, lorsqu'il fait des récits militaires, et qu'il décrit les mouvements d'une année. Pour l'entendre, il fant alors recourir aux soorces qu'il a consultées, et surtout à Polybe. Ordinairement, les troupes étaient disposées en échiquier ; mais ici le général romain suivit un autre ordre pour rendre plus aisé le passage des éléphants. Les manipules des hastats, à la première ligne , reçurent leurs intervalles ordinaires : mais au lieu de mettre les manipules des princes à la deuxième ligne, vis-à-vis de ces intervalles, il les plaça à quelque distance derrière les manipules des basUts.de même que, dans la troisième ligne, il mit ceux des triaires derrière ; les manipules des princes et les intervalles des trois lignes se correspondaient aiusi entre eux. Voyez les Mémoires militaires de Guiscbart, I, ch. xn.

Ibid.— Velittbus. La place des vélites était généralement devant le front de l'infanterie. Scipion les distribua dans les espaces de la première ligne comme pour cacher à l'ennemi ses dispositions.

iBin. — Applicantes se untesignanis. L'auteur se fût expliqué plus clairement en disant qu'ils devaient se sauver à droite ou à gauche par les espaces qui étaient entre les manipules d'une ligne et ceux de l'autre. Comp. Polybe, lor. cit.

Ibid. — Ligurim, Gallorumque. Ann bal eut pour auxiliaires des Liguriens dès le commencement de la guerre avec les Romains. Quant aux r.aulois, il y en eut à la solde de Carthage bien avant les guerres paniques. Ils venaient probablement des pays ciroonvoisins de la Méditerranée. C'étaient des bordes barbares et féroces qui combattaient à moitié nues. On cite des Celtes parmi les alliés de Carthage dans le traité d'Annibal avec Philippe de Macédoine.

Cdap. XXXIII. — Baliaribiis. Les frondeurs et les archers des Iles Baléares ( de Pattstv ?) formaient un corps redoutable, ordinairement composé de mille hommes.

Ibid.— Modico intercallo. D'après Pohbe, cette distance était d'un stade.

Ibid. — Bruttii pi en que erant. Les Rruttieos étaient méprisés par tout le reste de l'Italie, surtout depuis qu'ils t'étaient laissé soumettre si facilement par A nui bal. On prétendait qu'ils tiraient leur nom de leur stupidité et de leur lâcheté. Justin , XXIII, i , 2 et 9.

Ibid. — Eqmtatum. La cavalerie légère, que fournissaient les tribus nomades, faisait la principale force de l'armée carthaginoise ; elle était montée sur de petits chevaux non sellés.

Ibid. — Quibus non linqua, non mos, etc.

Tôt dissona lingua Agnvna . barbarico tôt discordantfa ritu Cnrda virum.

Silius. XVI, «9.

Ibid. — Auxiliaribns, etc. Comparez dans Justin. XI. 9, le dbcours d'Alexandre à sou armée : « Singulas génies

• di versa oralinne alloquitur : Illyrios et Thracas opum

• acdivitiarum ostentatioue, • etc.

Chap. XXXV.— Singulari arteaciemeodieinstruxisse. Polybe accorde une admiration égale aux deux généraux, et attribue la victoire surtout à la discipline de l'armée romaine et à la prudence de Scipion, qui fut assez sage pour rappeler ses hastats aussitôt qu'il vit plier les troupes ennemies, pour former sa ligne pleine au lieu de poursuivre les fuyards. Sans cela, Annibal eût peut-être vaincu , malgré le désastre de sa cavalerie et de ses auxiliaires et la lâcheté de *es compatriotes de la deuxième ligne, qui était malheureusement composée en grande partie de nouvelles levées. La troisième ligne, composée de ces vieilles cohortes si souvent victorieuses sous ses ordres, faisait seule sa véritable armée. C'était une espace de légion sacrée. Du reste, les grandes armées carthaginoises renfermaient toujours beaucoup moins d'indigènes que de combattants mercenaires, et ces troupes étrangères, qui n'avaient ni discipline ni force morale, étaient souvent un élément de défaite.

Ibid. — Incertos sorii an hosies estent. Il y avait incertitude , non pas dans les Italiens . mais dans Annibal. Tite-Live donne quelquefois ce sens passif à l'adjectif i»icertus. Cf. XX Vil, 37 : • Is quo me incertus mas an remina « esset, nains erat; » et XXXI, 12 : • In Sabinis incertus « infans natus masculus an femina esset. •

Chip. XXXVII. — Conditiones pacis dictœ. Voyez Polybe, XV, <8.

Ibid. — Bellum neve in Africa neve extra Africain : jugum populi Romani gérèrent. Voici le texte de Pol\be : no/.epuov pi^tvt tûv IÇû» TÎi; Ai€utj; Éwi^épeiv xaôo'Xou, jaïj^è twv iv rîi Ai€uti x w p' l C ^ i*û>|xaîwv jHùpnç. Tite- Live a donc mal traduit ce passage, duquel it résulte qu'il y avait défense absolue de faire la guerre au dehors de l'Afrique , et que la permission du peuple romain était exigée pour la faire au dedans.

Cbap. XXXVII.— Obsides centum. Cependant Tite-Live parle plus loin d'un nombre plus considérable (XXXII, 2) : • Centum obsides redditi : de esteris, si in fide remane rent.spesfacta. » D'ailleurs, Appien dit que Scipion exigea cent cinquante otages.

Ibid. — Sunt qui tradant.... postulanti ante ornnia Sci*

pioni ut Annibal s.bi traderetur. etc. Tite-Live ne citant pas les autorités sur lesquelles ce fait s'appuie, nous uous plaisous à douter de sou authenticité.

Cuap. XXX IX. — Inter portus Cosanum, Lauretanumque. Cosa et Laurete , villes d'Etrurie.

Ibid. — Populonia, ville et promontoire de la même contrée, vis-à-vis de l'Ile d'Elbe.

Ibid. — In*anos montes. Florus dit au livre II, ch. vi : • Gracchus Sardiniam arripuit. Nihil illi geulium fe

• rites, tnsanorum (nam sic vocantur) immanitas mon-

• liuiu profuere. »

Ibid. — Scriba viatoresque. Les scribes, dont la charge était plus considérée en Grèce qu'à Rome, transcrivaient les actes publics, les lois, etc. Les viateurs étaient des oificiers subalternes qui avertissaient les magistrats et les sénateurs quand il y avait des assemblées, et qui conduisaient les eondamnes en prison. Voyez la note sur le cb. lvi du livre H, tome f, p. 802.

Ibid. — Cerealia ludos. Les dames se préparaient à ces jeux par l'abstineuce elles célébraient dans le cirque au mois d'avril ivo)ez la note du ch. lvi, liv. XXII). Quelques éditions ont céréale* , mais notre lecou est d'accord a>ec les manuscrits et avec l'habitude de Tite-Live, qui s'exprime souvent ainsi. Couf. XXXIV, 54 : « Mega-

• lesia ludos scenicos; • XXXiX, 2. : • Ludi Tauriiia. •

Cbap. XLII. — Hœdiim populares appellabant. 11 n'y avait paa de noms propres chez les Carthaginois mais seulement des surnoms empruntés à certaines qualités on à une ressemblance avec certains animaux. Ainsi le nom de Barca signifiait foudre, et était un surnom personnel d'Haniilcar. Vo>ez Heeren, Commerce et poli' tique des nations anciennes, 4« vol.

Cbap. XL 111. — Privos lapides silices, privasque verbenas. Privus répoud à stnguli singulos. Ces cailloux ^acrés étaient aigus et servaient, en guise de cou team, à couper les victimes.

Ibid. — Inter quos Q. Terentius Culleo. Pluiarque rapporte dans ses Apopbtnegmes que Scipion déclara qu'il n'écouterait les députés de Carlbage qu'après la délivrance de Terentius.

Ibid. — Tarn lugubre fuisse Pœnis, etc. On comprend bieu quelle importance Cartbage dm toujours attacher à sa marine. Diodore rapporte que la défaite d'une hotte y euirainait un deuil géuéral, qu'on tendait alors les mets en noir, et qu'on déroulait sur les proues des navires des peaux de moutons noirs.

Ibid. — De perfugis gravius quant de fugitivis consultum. Quelques commentateurs ont pensé à tort qu'il s'agissait ici d'escla\es lugitiîs. Les esclaves étant des propriétés particulières ne pouvaient être l'objet d'un traité public. Les perfugœ étaient des transfuges passés à l'ennemi. Les fvgitïvi des déserteurs arrêtés par les Carthaginois.

Chap. XLV. — Tttotre haud ita multo ante mortuus. D'autres historiens, et entre autres Polybe, XVI, 12, disent que Sypbax assista au triomphe de Scipion, et se lait sa ensuite mourir de faim dans sa prison.

Ibid. — Polubius, haudquaquam spernendus auctor. Par cette expression négative, notre historien n'a certainement pas voulu rabaisser le mérite de celui dans les écrits duquel il a si souveut puisé. Il faut remarquer que cette tournure est fréquente dans Tite-Live. Ainsi il dit

HISTOIRE ROMAINE. - NOTES

de même, livre XXXffl, 10 : t Nos Polybium secati su- • mus, non incertnm auctorem cum omnium romanarum « rerum, tum precipue in Gracia gestarum. » Voyez encore, IV, 13 : « Laudibus baud immeritis, » et IV, 20 : «Haud spernendos testes. »

Cuap. XLV. — SeaUus Scipionem triumphantem est pileo capiti imposiio Q. T. Culleo. Il suivit aussi les funérailles de Scipion. toujours portant le pileus.

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