LIVRE XXXII
Au cbap. vi de ce livre notre auteur compare, avec Valérius Aotias, les autres auteurs grecs et latins dont il a lu les histoires, quorum ego legi annales. Au chapitre xxx il dit : quidam auctores sttnt, et l'on reconnaît aisément, à l'exagération du nombre, qu'il veut parler surtout de Valérius , et il exprime lui-même une opinion personnelle différente ixxxi, xxi) ; car ce que Tite-Live lui-même avait raconté, de concert avec les autres, d'un combat précédent , avait été rapporté par ces auteurs au récit d'un autre combat. Au reste, Cornélius, en vouant un temple à Junon Sospita, imita Furiusqui avait voué nn temple à Jupiter; et je ne trouve rien de vraisemblable au aoupçoo émis par Hennings {Die Deutsche* dargestelt in die frûhesten Vorzeit, p. 186; Altona 1819) que Tite-Live, au lieu d'une seule bataille, en a sans raison mentionné deux. Il se fonde sur une ressemblance frappante entre le récit du combat livré par Furius, et celui du combat livré par Cornélius. Selou lui , Tite-Live offre plusieurs exemples d'une pareille confusion. Ainsi l'attaque des Liguriens contre le camp romain, dont il est parlé liv. XXXVI, ch. xxxvm, ne serait autre que celle dont il est question liv. XXXV, ch. xi ; et la victoire de P. Cornélius Scipion, liv. XXXVI, ch. xxxvni, serait la même que celle d'un autre Cornélius < Mérula ), racontée par Tite Live en un autre endroit (liv. XXXV, ch. v ). Mais on ne doit nullement s'étonner de voir se succéder, en un si court intervalle, tant de combats suivis de soumissions, et bientôt renouvelés avec un ennemi qui se révoltait toujours. 11 n'y a vraiment pas d'autre motif de contester la fidélité de ce récH. Aux chapitres xxxn et suivants Tite-Live s'est presque borné à traduire littéralement Polybe (XVII, 1 ), jusqu'au chap. xxxvm, où se termine l'extrait de Polyl>e. Quelques endroits ont été abrégés par Tite-Live. Du cbap. xxxvm à xl tout le récit parait emprunté aussi à Polybe, liv. XVII, ch. xvi et xvn.
Cbap. I. — Idibus martiis. Le 15 mars, an de Rome 554, avant J.-C. 199.
Ibid. — In Bruttiis. Les habitants du Bruttium ayant embrassé, des premiers, le parti d'Annibal, et n'étant rentrés que très-tard dans celui des Romains, étaient devenus, comme nous avons eu l'occasion de le dire dans les notes du livre précédent, un objet de mépris pour les Romains. Aulu-Gelle (X, 12 et 15) nous apprend que d'a-
près une loi expresse on leur faisait remplir les charges les plus humiliantes , et le sénat déploya contre eux, dans toutes les occasions, une excessive sévérité.
Chip. I.—SacrilegUcomperlos. Voy.XXXI, 12 et 15. Ce temple de Proserpine , à Locres , était le même que Pyrrhus essaya vainement de piller.
Ibid. — Latinis. Aux fériés latines. Nous avons déjà eu occasion de parler de ces fêtes, liv. I, ch. xlv, 1. 1, p. 786. Denys d'Halicarnasse ( IV, 49 ) rapporte que Tarquinle-Superbe institua ces fêtes pour cimenter son alliance avec les Héroïques . les Voisques et les Latins. Il fut con venu entre ces peuples, que chaque année ils enverraient des députés au mont Albain, que toutes les hostilités cesseraient , et qu'il serait offert un sacrifice commun s Jupiter Latialis. Chacune des quarante-trois cités , qui faisaient partie de cette confédération, contribuait aux dépenses de la fête en y envoyant, l'une du lait, l'autre des agneaux, etc. Chacune aussi recevait une portion du taureau immolé, au nom de tontes. Par cette institution le roi avait voulu habituer les peuples du Latium à regarder Rome comme le chef-lieu du pays. C'était un sénateur romain qui présidait la fête.
Les fériés latines étaient annuelles, sans être fixées à certains jours. L'époque de leur célébration était indiquée d'avance parle sénat et par les consuls, et lorsqu'on tardait trop à les célébrer, le peuple attribuait à cette négligence tous les malheurs arrivés dans l'année. Pour leur durée, qui varia à diverses époques , nous renvoyons à l'importante discussion de Niébubr, vol. II, p. 40 et suiv., t. II, p. 47 et suiv. de la tr. fr.
Ibid. — Sanci œdes. Voyez la note sur le ch. xx du liv. VIII, 1. 1, p. 857. La fête deSancus se célébrait le 5 juin sor le mont Quirinal. — Denys d'Halyc, II, 51 ; Vairon. L. L.. V, 66; Ovide, Fastes, VI, 215.
Ibid. — In Herculis œde capillum enatum. Ce prodige semble avoir occupé et tourmenté les commentateurs non moim vivement qu'autrefois il agita les esprits des Romains. Drakenborch commence par remarquer que les gardiens du temple avaient dû avoir une bien bonne vue pour découvrir ce cheveu unique. Il propose ensuite de substituer à capillum : caprificum. se fondant sur ce que le figuier sauvage pousse quelquefois au milieu des constructions , témoin ce vers de Martial (X,ép.2):
Mannora Messale findit caprifleus.
et celui de Juvénal (X, 144 ) :
adqus
Dbcutienda valent sterilis mala robora fief.
Mais , de cette explication assez plausible , il passe à une conjecture très-singulière. Substituant sede à œde. et s'évertuant i prouver par une foule d'exemples que capUlus et sedes peuvent être pris comme synonymes de pi/as et de nates, il suppose que le dieu de la Force s'indigna sans doute d'être Xeuxoiro-foç, wû^appç, de ne point porter, sur sa statue , les marques honorables de sa vigueur; qu'il voulut devenir velu et reprendre son glorieux surnom de Métampyge.
Pline ( XLI1I, 1 1 ) raconte qu'à Privernum on vit sortir de terre de la laine brune : lanam pullam e terra ena~ tam. Peut-être le prodige rapporté par Tite-Live est-il de la même nature, et dans cette supposition on peut conserver la leçon ordinaire.
Ibid. — Lauream. Cf. X LUI, 15; Pline, XVII, 25 ou 58.
HISTOIRE ROMAINE. - NOTES
Cuir. U—CenUm redditi obsides; de cateris, etc. Ces mots, comme nous l'ayons déjà fait remarquer, impliquent contradiction avec on article du traité de paix eooclu entre Scipion et les députés deCarthage, auxquels on ne demanda que cent otages. ( Cf. XXX, 57. ) Peut-être aussi ce nombre parut-il insuffisant, et fut-il augmenté postérieurement au traité.
Ibid. — Signiam. D'après le vingt-sixième chapitre de ce livre il semblerait plus exact de lire : Setiam.
Ibid. — Gaditanis item petenttbus remissum, ne prœfectus Godes mitteretur, adversus quod iis... convenisset. Le sens de Cette phrase n'est pas tout à fait clair. La convention entre L. Marcius Septimus et les habitants de Gadès , portait-elle qu'on leur enverrait un préfet? Mors remissum indiquera que le sénat leur fit ici la grâce de les dispenser de cette condition, ou bien cet envoi avaitil eu lieu, contrairement au traité? Alors remissum signifiera concessum. Ce second sens est le plus probable, puisqu'on sait que Cadix se soumit de plein gré. Voyez Cicéron, pro Balbo, xv et xix.
Ibid. — Numerus augeretur. D'autres lisent cogeretur, dans le sens de compléter.
Ibid.— Çosani, Plutarque {Vie de Flamininus,ch. i ) dit que QuinctiusFlamininus fut chargé de conduire des colons à Cosa et à Narni.
Chap. III. — Pro voluntariis. Voy. XXXI, 8.
Ibid. — Seu injuncla. C'est à tort que certaines éditions portent : seu invita. Injuncta désigne proprement une charge imposée, telle que le service militaire, ini tribut,, etc. Tacite, Vie d'Agric., nu : Ipsï Britanni éelertum, tributa et injuncta imperii munera iwipigre obeunt.
Chap. IV. — Thaumacos. Ville de la Phtbiotide, près du golfe Maliaque, aujourd'hui Dèmoco.
Ibid. — Lamiam. Lamia , aujourd'hui Lamiua , est célèbre par la guerre que les Grecs soutinrent, dans le* euv irons , contre les Macédoniens, sous les successeurs d'Alexandre, et qui prit de là le nom de guerre lamiaque.
Ibid. — Coela vocant Thessaliœ : quœ, etc. C'est ainsi que Drakenborch et Crévier ont conjecturé qu'il faut lire ce passage. L'édition Lemaire porte vocant Thessaltœque transeunti, etc. La désignation Cœla Thessaliœ devait servir à distioguer ces Cœla des Cœla Eubœœ dont il est question au liv. XXXI, ch. xlvii.
Ibid. — Ab eo miraculo Thaumaci appellati, du grec taûfta, prodige, spectacle étonnant Etienne de Byzance rapporte l'origine de ce nom a Tbaumacus, fils de Pœan , fondateur de la ville. Comp. Strabon, IX, p. 454; Pline, IV, 9 ou 16.
Ibid. — Saxo undique absciso rupibus. D'autres lisent : taxi undique abscisi rupibus, en prenant saxum dans le sens de montagne rocheuse.
Cbap. V. — Laxaverat annus. Ce dernier mot a été, avec raison , substitué par Gronove à celui d'anitnum. En effet ce n'est pas l'esprit mais bien le corps qui se délasse des marches et des fatigues, et Tite-Live parle évidemment ici d'un délassement physique; puisqu'après avoir dit que l'armée de Philippe réparait ses forces physiques et morales , il établit l'opposition existant chez le roi, entre l'état de son corps et celui de son esprit agité de vives inquiétudes. Annus, de même que tvtouTÔ;, se prend élégamment pour une saison de l'année. Ainsi
SUce entend par piger annus la saison où chôme le barreau:
Certe Jam lato non miscent jurgia leges ,
Et pacem piger annus babet, messesqoe reverse
Dimisere forum.
ad HarcelL, IV. SUv. t 4, v. 39.
Cbap. V. — Orchomenon. Cette ville, aujourd'hui Kalpaki, était dans l'Arcadie orientale, au nord de Mantinée, près du mont Partbos.
Ibid. — Herœam. Hérée était dans la même contrée, sur l'Alphée, près de l'Elide. C'est aujourd'hui Ravoli.
Ibid. — Eleis Alipheram. Au lieu des Éléens il faut lire les Mégalopolitains. Car Aliphère était en Arcadie , aux bords de l'Apbnée, sur le territoire de ces derniers. Il est déjà question , au livre XXVIII, 8 , de la restitution de cette ville aux Mégalopolitains, quam suorum fuisse finium satis probabant. Elle leur avait été prise par les Eléens avec le secours des Etoliens. Gronove suppose que quelques lettres du mot Megalopolitis ayant disparu dans un ancien manuscrit, les copistes auront fait de ce qui restait, Eleis.
Ibid. — Quœ ad condendam Megalopolim, etc. On sait que cette capitale de l'Arcadie, nommée actuellement Leontari ou Leondario, fut fondée par Epaminondas, qui voulut réunir en un centre commun les forces trop dispersées de la ligue arcadienne contre les Lacédémoniens. Il persuada en conséquence à presque toutes les villes et bourgades d'envoyer dans une ville nouvelle la plus graude partie de leurs habitants, vers l'an 372 avant J.-C Voyez Pa usa nias, IX, 14. Quelques éditions ont Megalepolim. En effet on trouve souvent ce nom écrit ainsi et même quelquefois en deux mots séparés, entre autres dans Polybe, II, 64; IV, 7, et dans Plutarque et Etienne de Byzance.
Ibid. — Macedonum animos sibi conciliât it. Quum Heraclidem amicum, etc. Ce passage a été lu de diverses manières. Anciennement la plupart des éditions offraient la leçon suivante : Sibi conciliavit cum Heraclide (aux dépens d'Uéraclide). Kam quum eum maxime, etc. Mail on a remarqué avec justesse que per Hcrarlidem, dans le sens donué à ces mots, serait plus conforme aux règles de la bonne latinité. Gœller observant que les mots sibi conciliavit manquent dans certains manuscrits , proposa de lire : cum Achats.... societatem firmabat; Macedonum animos (sous-entendu firmabat), quum UeracL, etc., tournure qui semble trop forcée. La meilleure eiplicatiou parait être celle que propose Jacobs., ad Antkol. gr., vol. I, part, u, p. 558 : Macedonum animos sibi conciliavit. ftam Heraclidem amicum quum maxime invidiœ sibi esse cerneret, etc.
Cet Heraclide était né à Tarente, dans une famille de la dernière classe du peuple. Il fut chassé de sa patrie pour avoir voulu la livrer aux Romains. Bientôt après s'être réfugié chez ceux-ci, il trama de nouvelles intrigues avec Annibal et les Tarentins. Chassé une seconde fois il chercha un asile auprès de Philippe qui lui donna toute sa confiance. Polybe dit de lui : « Cet homme avait apporté en naissant toutes les dispositions pour détenir un scélérat : dès sa plus tendre jeunesse il s'était livré à tontes sortes d'infamies. Fier et terrible envers ses inférieurs , bas et rampant à l'égard de ceux qui étaient audessus de lui, il gagna un tel crédit auprès du roi de Macédoine, et lui fit commettre tant de crimes, qu'il fut presque la cause de la ruine entière d'un si granë royau-
me, par Se mécontentement que causèrent, en Macédoine comme en Grèce, ses injustices et ses violences. • Polybe, XIII, 4, 5; XVI, 15.
Chip. Y. — In Chaoniam. La Gbaonie embrassait alors le bassin de Janina, la vallée de Pogoniani et celle de Drynopolis. C'était la partie septentrionale de l'Épire. Le récit de cette campagne des Romains contre Philippe, et surtout l'application de la topographie, telle que nous l'a laissée Tite-Live, aux localités modernes, ont fort embarrassé les commentateurs , les géographes et les savants. Mais les recherches que M. Pouqueville a faites , dans cette partie de la Grèce, ont prouvé que toutes les indications de notre historien sont de la plus rigoureuse exactitude. Ce savant et infatigable voyageur s'est attaché spécialement à la comparaison entre le récit de cette campagne par Tite-Live et l'état actuel des lieux, et rien n'est plus intéressant que de le suivre dans ses reconnaissances et ses explorations, dont nous profiterons plus d'une fois dans ces notes. Voyage de Pouqueville, 1. 1, p. 292 et suiv.
Ibid. — Quœ ad Antigoneamfauces sunt {stena vocant Grœci ), de ortvàç, étroit, — Cette dénomination ancienne a été traduite, par les Albanais, par celle de Grûca ou col. Le défilé dont il est ici question se nomme aujourd'hui, col de Cleîsoura. Il se trouve à une courte distance deTébélen, ville moderne, patrie et résidence du fameux Ali- Pacha , qui la nommait ses délices.
Ibid. — Prœter amnemAoùm. Plutarque ( Vie de Fiamininus) nomme l'Apsus au lieu de l'Aoûs; mais il se trompe évidemment. Son erreur a pu venir de ce que ces deux rivières sont peu éloignées l'une de l'autre. La première ( auj. le Vardasi ) prend sa source dans la chaîne du Tomoros de Bérat, et arrose l'illyrie macédonienne; la seconde, que les modernes nomment la Vofoussa , sort du Pinde, prts d'Iancatara, et se jette dans le golfe Adriatique, au-dessus de l'ancienne Apollonie. Florus < II, 7 ) nomme l'Aoûs, fleuve Pindus. — Voy. Strabon , VII, 5, 9, p. 516 et Paumier de Graolm., Grorc. ont., I, 25, 26 et II, 5.
Ibid. — h inter montes quorum alterum jEropum, alterum Asnaum incolœ vocant, etc. Le mont appelé, par Tite-Live et par Ptolémée ( III, 15), Erope, et par Niger, Mérope ( D. Niger, liv. X ), porte aujourd'hui le nom de Mertchica. L'Asnaûs est le Trébechina des modernes. Ce sont deux brauebes du Pinde. « La gorge de l'Aoûs, terrible et sombre, dit Ponqueville, est enveloppée par les flancs âpres de deux montagnes parallèles, qui ne laissent entre leurs bases qu'un espace large au plus de soixante toises que le fleuve occupe presque en entier. • Voici la description qu'en donne Plutarque ( Vie de Flamininus ) : • C'est une longue vallée emmurée de costéet d'autre de grandes et haultes montagnes , non moins aspres que celles qui enferment la vallée que l'on appelle Tempe, en Thessslie ; mais il n'y a pas de si beaux bois, des forests verdoyantes, guayes prairies, ny autres lieux de plaisance comme il y en a en l'autre ; aios est seulement une grande et profonde fondrière, par le milieu de laquelle court la rivière... Elle occupe tout l'intervalle qui est entre les pieds des montagnes , excepté qu'il y a un petit chemin qui a esté taillé à la main dedans le roc, et une sente fort estroitte au long de l'eau , si mal aisée qu'à grande peine une armée y pourrait passer, encore qu'elle ne trouvas! personne qui lui défendist le passage; mais s'il est tant soit peu gardé , il est du tout impossible qu'elle y poisse passer. ■ Trad. d'Amyot , ch. iv. Ces de-
scriptions feront mieux comprendre l'importance de la position qu'avait choisie le roi et les événements dont ces lieux furent le théâtre.
Chip. V. — Asnaùm Athcnagoram, etc., è l'endroit où se voit maintenant le village de Dracoti.
Ibid. — Jpse inMropo posuit castra. Dans l'angle compris entre le confluant du Celydnus et de la Voîoussa , aux environs du village moderne de Codras. Cette position était fort importante , car du défilé de l'Aoûs le roi mettait à couvert les frontières de la Macédoine, et défendait l'entrée de l'Épire , de la Tbessalie , de la Grèce entière.
Cbap. VI. — Per Charopum Epiroten. Le sénat, employant autant l'intrigue que la force, avait su,. à ce qu'il parait, s'assurer dans plusieurs parties de la Macédoine et de la Grèce, quelques-uns des principaux personnages. Ainsi , de même qu'il avait mis dans ses intérêts l'Epii-ote Charopus, nous verrons (ch.xix) qu'il avait réussi à faire chasser parles Achéeos Cycliadas, chef delà faction macédooienue , et à le faire remplacer par Aristène; qu'il avait gagné à sa cause une partie des magistrats des Achéeos , et qu'en Béotie il avait acheté la conscience d'un Antiphyte et d'un Dicéarqne. — On lit indifféremment Charopum ou Charopem d'après Plutarque (Vie de Flam. ) Polybe, XX, 4 ; XXVII, 15.
Ibid. — 7'ransrertiis. D'antres lisent : trajectus, qui équivaudrait à quum trajecisset,
Ibid. — Quinque milita ferme... qnwn abesset, toco munito relictis legionibus. Le camp du consul devait être situé au midi de Tébélen, à la base du mont Argénik.
Chip. VII. Sine ullius nota. Depuis que les chevaliers et les sénateurs romains avaient séjourné sous le climat enchanteur de la Sicile , depuis que le contact de la civilisation grecque avait appris aux Romains de nouveaux besoins, de nouvelles voluptés, le luxe et la débauche avaient infecté la république. Après la défaite de Régulus, les censeurs Valérius Messala et P. Sempronius s'étaient vus contraints de dégrader treize sénateurs et plus de quatre cents chevaliers. L'an 204, Tite-Live nous montre les censeurs Livius et Néron chassant sept sénateurs de leur compagnie (XXIX, 27). Quant à Scipion l'Africain , une telle sévérité contre les membres de son ordre n'était pas conforme à sa manière de penser ni d'agir. On sait que lui-même s'attira les reproches et même l'inimitié du sévère Caton. Ce fut aussi sur la motion de Scipion que les sénateurs s'arrogèrent le droit d'à? oir des places réservées au théâtre.
Ibid. — Castrorum portorium , etc. Ce port devait se trouver en Campanie comme les deux autres villes. C'était peut-être le fort élevé, à l'embouchure du Vulturne, par les consuls Fulvius et Clandius . et dont Tite Live a parlé ( liv. XXV, 20 ) en ces termes : « Ad Vullurni ostium, ubi nunc nrbs est, castellum commun itom. » Ce pouvait être encore le camp de Claudius fortifié par Marcellus, l'année de la bataille de Cannes (XXUI, 17). Du reste la loi de colonisation ne fut portée que l'année suivante, (voyez plus bas, ch. xnx), et elle ne fut mise à exécution que trois ans après. Voy. XXXIV, 45.
Ibid. — Mille ducenta pondo argenti, triginta pondo ferme auri. Environ quatre cent quarante kilogrammes d'argent et vingt- deux kilogrammes d'or. Ces chiffres ne paraissent pas exacts à Duker, qui observe que Manltu* Acidinus avait séjourné longtemps en Espagne avec Lentulus, et avait rempli ses ton lions avec succès, et que
cependant ce dernier en avait rapporté quarante-quatre mille livres pesant d'argent et deux mille quatre cents livres pesant d'or.
Cbap. VIL— Consulalum exquœsturapeterenonpatiebaniur. Depuis la seconde guerre punique l'ambition et l'amour du luxe portaient les jeunes patriciens à se précipiter avant le temps dans la carrière des honneurs, et les tribuns du peuple eurent fort à faire pour s'opposer à cette anticipation , a ces empiétements continuels. Ce ne fut que l'an 179, avant J.-C, que L. Villius fixa, par la première loi annale, l'âge auquel on pouvait prétendre aux différentes charges. S? Ha, dictateur, défendit de demander la préture avant la questure, et le consulat avant la préture.
Ibid. — Jam œdilitatem prœturamque fastidiri. Ce reproche était en partie applicable au consul Lenlulus, qui, de l'édilité était arrivé au consulat sans passer par la préture.
Ibid. — Creali consules Sextus jElius Pœtus et T. Quinctivs Flamininus. Plut arque ajoute que Flamininus, qu'il nomme Flaminius , commettant nne erreur, réfutée par les manuscrits, les médailles et les inscriptions des fastes Capitolins, avait emporté le consulat ■ presque par force.* • Quand il fut question d'envoyer gens pour repeupler les villes de Narnia et de Cosa , il eu fut député conducteur et commissaire : ce qui principalement luy donna grand cueur et hardiesse d'aspirer tout du premier coup au consulat, en passant par-dessus les autres moindres offices qui sont l'édilité, le tribunat ( Plutarque ne fait pas attention, qu'en qualité de patricien, il lui était même défendu d'aspirer à cette charge) et la préture. Quand donc ce vint au temps que se faisait l'élection des consuls, il se présenta entre les poursuivants du consulat, accompagné de grand nombre de ceulx qu'il avait menés en ces deux villes, etc. • iCb. 11. ) Aussi voit-on ensuite les tribuns du peuple lui reprocher de vouloir ainsi violenter les suffrages de ses concitoyens.
Cbap. VIII.— Prœter consulares eœercitus. Peut-être vaudrait-il mieux lire : prœter consules , prœtores quoque), etc., et plus loin : Marceltus in Siciliam... Cato in Sardiniam.
Ibio. — Uti populum Romanum gralum eum facturum et senatui, etc. Gronove propose de lire : Vtenti populo romano gratum eum facturum tt senatui ; et Rubenius : gratum et (populo romano) futurum et senatui. Ces deux corrections ont pour but de rectifier l'emploi de la conjonction et qui, d'après la leçon ordinaire , a en effet quelque chose d'embarrassé.
Cbap. IX. — Spedatœ vîrtutis milites. On voit que le sénat ne négligea rien pour terminer avec éclat cette deuxième campagne contre Philippe, après le résultat peu décisif qu'avait obtenu la première. L'armée de Macédoine reçut des renforts (ch. vin), et des levées de vieux soldats. Le consul apaisa les dieux par des prières publiques. Puis il mit dans sa marche plus de rapidité que ne l'avaient fait ses prédécesseurs , et se rendit.au camp en toute hâte : magnis itin tribus.
Ibid. — In proxima Epiri. Il est probable qu'ayant pris terre â Buthrotum , ville de la Thesprotie, en Epire, h l'embouchure du Xanthus, il se dirigea par Dclvino, Moursina et Argyro-Castron , pour se rendre à Tébéleu, à l'entrée des défilés antigou.eus.
Jbid. — An, ne ten ata quidem, etc. Dans l'hypothèse
de ce détour le consul aurait dû descendre l'Aoûs pendant neuf lieues, remonter à travers la Taulentie (aujourd'hui le Musaché) par Bérat, et prendre les défiles des monts candavieos.
Cbap. IX. — Lycumque. Ce nom (Auxo;, loup ) a été donné à beaucoup de rivières, à cause de leurs ravages.
Cbap. X. — Pausanias prœtor et Alexander magister equitum. Ces deux fonctions seraient désignées en grec par les mots arpa-rirp; et tinrapx ^
Ibid. — Thessalos primos omnium. Tite Live n'a pas encore parlé, jusqu'à présent , de l'amitié du consul pour les Thessaliensqui, au contraire, avaient toujours été intimement unis aux Macédoniens . sans être cependant incorporés à ce royaume. La Thessalie était même administrée comme province du roi, puisqu'a Larisse on trouva des registres de la couronne. Voyez XXXIII, H. Peut-être le consul romain fit-il cette réclamation au nom des Étoliens ou d'Amynander, qui possédaient quelques villes dans cette province. Le caractère astucieux de Flamininus autorise aussi à croire qu'il ne demanda l'abandon de la Thessalie que pour exciter, comme il le Gt réellement, l'indignation du roi. et faire rompre des négociations auxquelles il ne voulait pas donner suite.
Ibid. — In planitie. La plaine entre Dracoti et le fleuve qui était alors probablement dans ses pius basses eaux, comme il arrive quelquefois au fort de l'été.
Ibid. — Genusarmorum erat, aptum tegendis corporibus. Ce passage est extrêmement altéré dans tous les manuscrits; aussi trouve- t-on , dans les commentateurs, grand nombre de conjectures et de leçons diverses, parmi lesquelles celle qu'on a reçue dans le texte parait la plus satisfaisante. On lit aussi : • Amplum tegendis
• corporibus, aptum urgendisregiis, ou aptum urgendo
• cominus. •
Ibid. — Non pugnœ fnem fecit. D'après Plutarque il y eut plusieurs escarmouches délivrées, tandis que notre historien ne mentionne qu'un seul combat. • Or tenait Philippe le bault des montagnes avec son armée, et quand les Romains le perforcaient de gravir cootreroont, ilz estaient accueilliz de force coups de dard et de traict qu'ils leur donnaient de ça et de là par les flancs : si estaient les escarmouches fort aspres pour le temps qu'elles duraient, et y deraou raient plusieurs blecez et plusieurs tuez d'une part et d'autre; mais ce n'est»itpas pour décider ne vuider ceste guerre. • ( Plut., Vie de Flam., trad. d'Amyot. ch. v. )
Cbap. XI. — Pastor quidam. Selon Plutarque, Charops avait envoyé au consul plusieurs bergers.
Ibid. — Ut suœ potius. Cette réponse de Cnarops a beaucoup embarrassé les commentateurs et les traducteurs. Plusieurs l'ont entendue dans ce sens, qu'il disait au consul d'avoir autant de confiance dans le berger que si lui-même, Cbarops, se fut chargé de cette mission. Mais alors il semble qu'il faudrait plutôt : Ut si suœ, etc.
Ibid. — Vinctum tamen tribuno tradit. • L'histoire du berger envoyé par Cnarops à Flamininus, s'est conservée, dit Poucqueville, dans les souvenirs des habitants de Tébélen, auxquels je l'ai entendu raconter. Ali-Pacha, sans en connaître l'origine, la rapporte à un seigneur du pays, qui fut guidé par un berger qu'on menait en laisse (comme un chien de chasse, ce sont ses expressions) par le défilé de Damesi, pour s'emparer deClelsoura qui était une place inexpugnable, remplie de trésors, gardée
par une princesse si belle, etc. Ainsi s'est perpétué, sous d'autres couleurs, un fait historique parmi des Barbares qui ne connaissent ni le nom de Philippe, ni celui de Fiamininus. » Poucquev., Voy. en Grèce, 1. 1, p. 505. D'après le même voyageur, le passage des montagnes indiqué par le berger est celui qu'on nomme actuellement le M aile-Dam. U a reconnu que le détachement commandé par le tribun de Flamininus avait dû prendre les Macédoniens en queue, en descendant du mont appelé Omitchioto dans le Gruca, par le sentier de Méjourani.
Cdap. XII. — Rex primo ef fuse ac sinerespeciu fugit. Il dut opérer sa fuite par des sentiers étroits praticables sur le bord du fleuve.
Chap. XIII. — Ad Castra Pyrrhi... locus est in Triphylia Urrœ Melotidos. Quoique ces lieux soient peu connus et que pour cela on ait proposé de lire : Slymphaliam inter et Elimiotidem ou Stymphœa terra EUmiotidis, il parait néanmoins que ces corrections sont contraires à la vérité sous le rapport topographique. La Mélotide serait le territoire actuel de Lexovico et Tchartchof le camp de Pyrrhus. Voyei Paumier , Grœc. ont., II» 9.
Ibid. — In montem Lingonem. La description que donne l'auteur, de ces montagnes, les fait reconnaître pour celles où se trouvent les sources.de l'Aoûs, c'est à dire pour cette partie du Piode environnée par les Ualiacmonts, le Mavron-Oros et le Zjgos.
Ibid. — Oriens spectat ; septentrio a Macedonia o6jtcitur. Comme il serait plus régulier de dire : regio spécial orientera ou regio septentrioni objicilur, on a conjecturé que ce passage était altéré.
Ibid. — Suum in Thessaliam agmen. Gronove propose de substituer ciluro à suum.
Ibid. — Triccam. Aujourd'hui Tricala, sur les bords du Penée.
Ibid. — Oppida incendebat. Quand Philippe vit que le consul, par sa victoire aux défilés Antigoniens, avait forcé les portes de la Grèce, il adopta un nouveau plan de défensive. U résolut de détruire l'armée romaine en détail, en la forçant à assiéger l'une après l'autre les nombreuses places fortes qui couvraient le pays et en la réduisant à toutes les extrémités de la famine. Lui-même attendrait pour se porter où besoin serait, campé à l'entrée de la vallée de Tempe, défilé non moins redoutable que celui qu'il avait été forcé d'abandonner. Malheureusemeut, la molle résistance des villes sur lesquelles il comptait fit échouer ses projets. On verra plus loin (ch. xxxiii, discours d'Alexandre) à quelles déclamations et à quelles accusations ces plans donnèrent lieu de la part des Étoliens et des agents de Rome.
Ibid. — Phacium, Iresiœ. Euhydrium ( Ville aux belles eaux, »o et C£«p ), en Arcadie.
Ibid. — Eretria. Ptolémée (m, 15) place cette ville dans la Phtbiotide, entre Pbarsale et Pbérès. C'est aujourd'hui Valia.
Ibid. — Palepharsalus. Voy. Tite-Live, XLIV, I.
Ibid. — Pheras. Aujourd'hui Fère, ville de Magnésie.
Ibid. — Sperchias. Ptolémée (III, 15) et Etienne de Byzance placent cette ville dans la Tbessalie Phtbiotide. Mais on ne peut admettre cette position pour le lieu dont il est ici question , puisque les Étoliens n'étaient pas encore pressés en Tbessalie: transçressi inde in Thessaliam.
Chip- XIII. — Macran comen ( paxçà x*u* \ I*ea Inconnu.
Ibid. — Cymenes et Angeas. Entre le Pinde et l'Api danus.
Ibid. — A Mezropoli. Dans la Phtbiotide, sur la rive gauche de CApidaous.
Ibid. — • Callithtra. Sur la rive droite de l'Apidanus.
Ibid. — Theuma inde et Calathana. La première était entre Angées et Tricca ; la seconde, sur la rive orientale du Pénée, prés de Métropolis.
Ibid. — Acharras. Un peu au sud de Calathane.
Ibid. — Xiniœ. Sur les bords du lac Xioies, près du Pinde.
Ibid. — Cyphara. A l'ouest de Xinies.
Ibid. — DolopUe. L'Onoblacbia , sur les frontières de la Tbessalie.
Chap. XIV. — Gomphos. Voy. XXXI, 41.
Ibid. — Phecam. Dans llstiéolide, au pied du Pinde.
Ibid. — Eo demum metu, Crévier a corrigé ainsi les mots : rodem metu, qui, avant lui, étaient la leçon ordinaire, mais qui ne présentaient pas un sens satisfaisant.
Ibid. — Argenta, Pherlnum... et Lampsum habent. Villes de Tbessalie, dont la situation est inconnue.
Ibid. — A tribus exercitibus. Celles de Philippe» des Étoliens et des Atbamanes.
Ibid. — In sinum Ambracium. Le golfe d'Ambracte, aujourd'hui golfe de Larta, était une vaste baie entre l'Epire et l'Acarnanie, jointe à la mer Ionienne par un canal fort étroit.
Ibid. — In monte Cercelio. Cette montagne, nommée Cercetospar Pline (IX, 8), Kspxsrtx&v 6ps; par Etienne, et Kepxmnato; par Ptolémée (III, 13), séparait la Tbessalie de la Pélagonie.
Chap. XV. - Phaloriam. Voyez XXXIX, 25.
Ibid. — Pitra. On lit aussi Pialia,
Ibid. — jEginium. Ville de 1 lstiéotide, sur les frontières de l'Épire. Strab., VII, 7, 9, p. 527, et Pline. IV, 10 ou 17.
Ibid. — Qi.ia Epirotarum peperceral agris. « Ils traversèrent l'Épire modérément et avec grande abstinence, dit Plutarqne, car Titus avait l'œil et admooestait ses gens d'y passer sans y faire ne porter aucun dommage, comme s'ils estaient sur territoire romain (ch. vin). » On voit qne Flamininus cherchait tous les moyens d'inspirer aux Grecs de la confiance dans les belles promesses de délivrance dont il les berçait. Cette modération rendait encore pius odieuses les dévastations de Philippe.
Ibid. — Leucadem. Voyez la note sur le ch. ixti du liv. XXVI.
Ibid. — Atracem. Aujourd'hui Voidaoer.
Cdap. XVI. — Zamam insulam. Cette Ile est inconnue aux géographes. Sigonius a proposé de lire : Samen insulam. Ce serait une ville de l'Ile de Céphallénie (aujourd'hui Céphalonie), ou bien l'ancien nom de cette i'e, située dans la mer Ionienne, sur la côte de l'Acarnanie. Voyez Slrab., X, p. 455, 456, Pline; IV, 12; Pau sa o., VI, 5.— Glaréanus a propose : Zactmthtim (Zante). Mais
HISTOIRE ROMAINE. - NOTES
cette Ile est trop éloignée du cap Malée pour qu'on puisse approuver cette correction.
Cuir. XVI. — Eretriam. Cette fille, située sur la côte occidentale de l'Eubée, avait été rebâtie par les Athéniens, après avoir été détruite par les Perses lors de l'expédition de Darius. Pausanias , VIT, 8; Mêla , II, 7. — Elle porte aujourd'hui le nom de Paléo- Castro.
Ibid. — AUali régis adcentu audito. Tite-Live nous apprend plus bas (ch. xxvn) qu'Antiocbus , cédant à la demande du sénat (ch. vin), avait retiré ses troupes des états d'Attale , ce qui permit à ce prince d'envoyer sa flotte au tecours des Romains.
Ibid. — Jussitque ut quœ , etc. Crévier fait obierver ici que le verbe jubere ne se construit pas régulièrement avec la conjonction ut : il propose conséquemment de lire: Jussïtque, ut quœque... cenissent naves, Eubœam petere. Mais cette correction est inutile. En effet , ou trouve beaucoup d'exemples de l'emploi du subjonctif ivec jubere, dans Plaute, Térence, Ovide, Horace. Virgile a dit (Ed., V, 1 5):
.. Tu deinde jubelo certet Amyntas.
Tite-Live, XLII, 39 : • Legati vel cum tribut venire
• jubebant velobsilcs daret. » XLIV, 2 : « Quum expo-
• nerentinconsiliojussissetquaquisqueducturusesset. »
Chap. XVII. — Macedonibus treceni nummi. Ces pièces étaient-elles grecques ou romaines? Crévier conjecture que c'étaient des drachmes; il se fonde pour cela sur le ch. liviii du liv. XXII, où Annibal exige pour rançon des Romains : « Equiti quingeni quadrigati
• nummi, pcditi treceni. • Or ces quadrigati nummi étaient des deniers, monnaie correspondante aux drachmes. Leur valeur était de 0, 82 c. Les trois cents équivalaient donc à 246 fr.
Ibid. — Cenchreas. Cencbrées , aujourd'hui Kékriès , était un entrepôt très-considérable. On n'y trouve plus de nos jours qu'une douane et quelques magasins.
Ibid. — Atroc ioremque. Gronove propose de lire : lonyïorem Atracis ou ad Atracem oppugnationem. Peutêtre aussi faut-il : Airocioremque Atracis oppugnationem ? La clarté de la phrase semble exiger que le nom de la ville soit exprimé.
Chap. XVIII. — Anticyra. Cette ville, aujourd'hui Aspro-Spitia, était, comme nous l'avons déjà dit, célèbre par l'ellébore qui croissait dans ses environs. Comme les anciens croyaient que cette plante était un remède souverain contre la folie, ils disaient proverbialement : Aatiget Anticyram. Voy. Pausanias, X, 36.
Ibid. — Phanoteam. Suivant Straboo (IX, p. 424), cette ville, située dans la Pbocide orientale, aux confins de la Kéotie, était la même que Panopée. Elle se nomme actuellement Agios-Blasios.
Ibid. — Ambrysus. Ambryse , aujourd'hui Dystomo , était sur une des croupes du Parnasse. Son acropole est encore reconnaissable par ses soubassements antiques.
Ibid. — Hyampolis, maintenant Iamboli, était entre le Céphise et Oponte, sur les confins de la Béotie.
Ibid. — Daulis, nommée ainsi par Hom., //., IL 520, et par Eschyle Daula, est placée par Sophocle sur le chemin du triodos, où Œdipe tua son pèreLaius. C'est aussi là que Philomèle et Progné servirent à Térée le corps de •on fils. Voy. Paumier, Grac. Ant. t VI, 12, 15et 15; Pausa-
nias, Phociie. ch.x; Pline, IV ,7, Polybe. IV, 25. Oo voit, sur la croupe du Parnasse où Daulis était située, une bourgade moderne nommée Dolia. Les restes de l'acropole sont sur un escarpement cerné à l'occident par un ravin très- profond.
Chap. XVI1L— Elatia. Cette ville était, après Delphes, la plus considérable de toute la Pbocide, au rapport de Pausanias. Elle était placée de manière qu'elle livrait l'entrée de la Phocide et de la Béotie. Voyez Strab., IX, p. 424, et Tite-Live, XXVIII, 7. C'est aujourd'hui le village d'Elepbta. L'acropole présente encore d'au tiques constructions, et l'on trouve à quelque distance une grande quantité de débris.
Ibid. — Aut ducem aut exercitum romanum. Cette alternative est assez déplacée. Aussi Drakenborch croit-il qu'il y avait primitivement : romanum seulement , et qu'un copiste aura exprimé son doute en ajoutant à la marge : Aut ducem aut exercitum, mots qui auraient eusuite passé dans le texte.
Chap. XIX. — Rei majoris spes affulsit. On ne comprendra bien les plans de Flamiuinus qu'eu songeant que son but principal était de détacher la Grèce du parti de Philippe. Il sentait bien que , pour le vaincre , il fallait d'abord entraîner dans l'alliance romaine un pays qui était pour l'ennemi, comme le dit Plutarque , un «renier, un trésor, un arsenal inépuisable, une retraite assurée. D'ailleurs, la domination du roi y était fortement ébranlée, et la défection des Acbéens ofirait au consul un avantage très-important. C'est pourquoi il ue négligea rien pour l'obtenir, ui la séduction, ni la terreur.
Ibid. — Corinthum Us contributuros. Corinthe avait été prise autrefois aux Macédoniens par Aratus qui, avec quatre cents hommes, s'était introduit par un fait d'armes des plus glorieux dans la ville et dans le château. Mais plus tard Aratus l'avait de nouveau cédée à Antigone-Doson pour obtenir son appui.
I BID# [ n antiquum gentis consilium. Les villes d'Aebaie, au nombre de douze, avaient déjà été confédérées avant d'être soumises par les rois de Macédoine, successeurs d'Alexandre; mais ce ne fut que vers l'an 281 qu'elles chassèrent leurs tyrans et formèrent une nouvelle ligue. Voyez, sur la ligue achéenne, Helwing, Getchichte des achœischen Bundes. Lemgo, 1859; Ch. Fr. Merleker, Gesrhichte des jEtolische - Achœischen Urundesgenosstn-Krieges. Kœnigsb., 1851; le même i4rhakorum librl, III, Darmstadt, 1857 et W. Schorn, Geschichte Griechenlands von der Entstehund des Atolischen Bundes bis aufZerstcmmg Korinths, Bonn, 1833.
Ibid. — Terrebat Nabis. Il avait usurpé l'autorité après Machanidas, vers 206 avant J. C. On sait qu'il ne consolida son pouvoir qu'à force d'exils, de supplices et de confiscations.
Chap. XX. — Si non cura communis salutis. Il régnait alors dans toute la Grèce une indifférence déplorable pour les affaires publiques. Athènes, par exemple, n'avait plus que des orateurs aussi lâches que bavards, et ne rendait plus de décrets que pour flatter les rois ses alliés, ou lancer des imprécations contre Philippe. En Béotie, les tribunaux étaient fermés, les assemblées publiques suspendues, et les mourants léguaient leurs biens à leurs amis pour être dépensés en festins. Voyez, sur l'état de la Grèce à cette époque, Montesquieu , Grand, et dècad. des Romains, th. v.
Cbap. XXI. — Fortuna et dat fiduciam. Les éditions anciennes portaient toutes : Achœi portus et dont... et demunt. Cette phrase n'offrant pas ainsi de sens satisfaisant, Gronove proposait : suf exercitiis, ou suœ vires : un autre commentateur conjecture : armati potius, ou arma potins, en donnant à arma le sens de puissance , comme plus bas : • si victus arrais cessit. • Enfin, Gœller, s'appuyant sur un manuscrit, a proposé la leçon que l'on a suivie dans le texte.
Ibid. — Ut nos Philippus défend at. Le roi réservait ses troupes pour la défense de la Macédoine et des places qu'il possédait encore en Grèce. Ainsi, tandis qu'il abandonne à eux-mêmes les Acbéeas, pressés de toutes parts, nous le verrons envoyer quinze cents hommes pour renforcer la garnison de Corintbe (cb. xxm).
Ibid. — Nec duce fonsulari, nec exercitu. Crévier dit qu'il faudrait pent-étre lire cette phrase ainsi : Nec duce consule, nec exercitu consulari.
Ibid. — Maritime: tum urbes. Gronove substitue tantum à tum ; d'autres etiam.
Ibid. — Ciani, La restitution de ce mot à la place de Cluvii, qui n'offrait pas de sens, est due a Sigonius. Cius, ville de Bithynie, aujourd'hui Cbio ou Kemlik, au fond du golfe Ci an us, avait été renversée par Philippe. Prusias son gendre et son allié la rebâtit et elle prit alors le nom de Prusa. Voyez Strab., XII, p. 563; Polybe, XV, 21, 25 ; XVI, 54 ; XVII, 3-5; XVIII, 27 ; Hardouin, sur Pline, V, 52ou40 et 43; et Wesseling, sur Hiéroclès, p. 692-694.
Ibid. — Direptionesque bonorum Messeuiœ. Voy. Plut., Vie d'Aratus.
Ibid. — Hospitem Cyparissiœ. Cyparisse était une ville de Messénie, au fond du golfe de ce nom, aujourd'hui golfe de Droncbio.
Ibid. — Garitenem. L'histoire ne nous apprend rien au sujet de la mort de ce Garitène.
Ibid. --Aratum patrem, filiumque. On sait qu'Aratus.fils de Clinias et d'Aristodéma , fut chef de la ligue acbéenne dons laquelle il fit entrer Sicyone, Corintbe, Athènes et Mégalopolis. Il avait demandé du secours à Philippe contre les Etoliens; mais il n'eut pas à se féliciter de l'amitié de ce roi, qui séduisit sa belle^fille, et força même sa femme Polycratia à le suivre en Macédoine. Alors il rompit avec le roi, qui le fit empoisonner, à l'âge de soixantedeux ans, l'an 215 avant J. C. Comme ses amis s'étonnaient , quelques jours avant sa mort, de le voir cracher du sang, il leur répondit : « Voilà le fruit de l'amitié des rois. • Voy. Polybe, VIII, 14; Plut., Vie d'Aratus. Son fils remplit aussi la première magistrature chez les Achéens et périt, comme son père, victime de la perfidie du Macédonien.
Ibid. — Fi/ii etiam uxorem. Gœller lit : Polycrattam uxorem. Voyez XXVII, 51.
Ibid. — Cum Antigono, mitissimo ac justissimo rtge. etc. Antigone-Doson , oncle paternel et tuteur de Philippe dont il fut le prédécesseur, domina dans tout le Peloponèse, moins par la force que par l'affection. 11 contraignit les Etoliens à vivre en paix sans piller leurs voisins, et vainquit Cléomène à Sellasie. Favorisé par Aratus , il acquit chez les Achéens une telle autorité, qu'il fut nommé généralissime de leurs troupes de terre et de mer, et ^u ils portèrent un décret par lequel ils
s'engageaient à n'envoyer d'ambassadeur à aucune puissance sans l'expresse permission de ce prince. Enfin, pour comble de bassesse, ils lui offrirent des libations et des sacrifices, célébrèrent des jeux en son honneur, et le regardèrent enfin comme un dieu. Voy. Justin, XXYUI, 5; Polybe. II, 45, 70 ; IV. 87 ; XX, 5.
Cbap. XXI. •— Quod tum fieri non posset. Ce tutn est embarrassant; peut-être faut il lire avec Drakenborch : Quod tuto fieri, ou avec Gœller : Quod tueri non posset f
Ibid. — Issaici lembi. Voyez XXXI, 45.
Ibid. — Dymas. Cette ville, aujourd'hui Papas , était située dans l'Achaie, au N. sur la mer, entre le promontoire Araxe et Olène. Elle avait été prise dans la guerre des Romains contre Philippe , pendant la deuxième guerre punique. Voyez XXVII, 31 ; Pausanias, VII, 17, 3
Cbap. XXII. — Damiurgos vorant. Forme dorienne pour ^yjpoup^ot. Voy. Polybe XXIV, 5. Hesych. : Anp.tcupYot wapà toîç Awpieûaiv cl àp^ovre;, ta Abusais, ffparrovTe^, carotp Àôr.vTpaw ot Ar^ac/ot .
Ibid. — JS'am Megalopolitanos acorum memoria, etc. Cléomène, tyran de Sparte, chassa les Mégalopolitaios de leur ville. Us se retirèrent à Messène et furent rétablis dans leur patrie par Antigone-Doson, qui défit Cléomène, prit Sparte et rendit la paix à la Grèce (Plut., Vie de Cléom., ch. iv). On voit donc que les termes avorum memoria disent beaucoup trop, appliqués à des événements si peu éloignés.
Cbap. XXIII. — Ab Lechœo. Le Léchée, port de Corintbe, sur le golfe de Lépante, était à uoe demi-lieue de la ville à laquelle il était réuni par un chemin bordé de murailles sur une longueur de douze stades. Il porte aujourd'hui le nom d'Alica, et se présente comme un flot snbmergéà l'extrémité d'un terrain bas. On y voit les magasins des douanes.
Ibid. — Jmperio in se uti. On a suivi dans le texte la leçon de Gœller, mais ce passage est rendu de diverses manières. Dans quelques éditioos on lit : Imperio justo patiebantur, Gronove propose : lmperatoremjustum, et plus bas oppugnantibus,
Ibid. — Ad spem honoratioris militiœ. Les Romains n'enrôlaient guère dans leur marine que des fils d'affranchis ou des hommes libres de la plus basse classe. Voyez Suét., Galb., 12; Tacit., Uist. 1, 87; Lips., de MU. ros»., 1, 2; voyez aussi la note du ch. xxxii, du liv. XXVI.
Ibid. — Quant vocantacrœam. Ce nom venant d'dbtpatoc, haut , est donné à plusieurs divinités honorées sur des lieux élevés, à la Fortune, à Jupiter, etc.
Ibid. — /n incepto perstubat. Ces mots sont fort altérés dans les manuscrits, et ont donné lieu à un grand nombre de conjectures. Quelques commentateurs lisent : aSysiphio, qu'ils croient être un fort, voisin de Corintbe.
Chap. XXIV. — Ariete admoto, 91mm, quantum inter turres munierat prorutum, cum ingenti, etc. Telle est ta disposition de la phrase adoptée par Jacobs. Lemaire la lit ainsi : Ariete admoto, quantum... erat pronttum, quum ingenti, etc.
Ibid. — Ita urbe potitur consul, La conquête d'Elatée, poste très-important de Philippe dans la Grèce du milieu, contrebalança le double avantage qu'il obtint par la levée du siège de Corintbe et l'entrée de Philodès dans Argos (Voyez ch. xxv).
HISTOIRE ROMAINE. - NOTES
Cuir. XXV. — Additum lege erat. D'antre» éditions portent legi. Ce mot oe serait pas en opposition avec mos qui signifie souvent une chose établie par une loi et observée par un usage constant. Servi us , à propos «te ce passage de Virgile ( En., I, 268 ), mores que viris et roœnia ponet , a dit : • Leges etiam mores dici non dubium est. §
Ibid. — Post pactam cum Romanis societatem. Il faut se rappeler que quelques Argiens seulement, ouidam jérgivorum, quittèrent l'assemblée générale de la ligne.
Ibid. — Legitimum honoremusurpare. Rem ou vocem u surpare, signifie souvent Taire ou dire une chose, surtout si cette actiou ou cette parole est répétée.
Ibid. — Larissam eam areem vocant. Cette forteresse avait été bâtie par Danaûs. Voyez Pausanias, II, 23, 9; III, 17, 2; Strabon, Vin, p. 370; IX, p. 440; cf. Cellarius, Geog. An t., U, 15, p. 782.
Ibid. — Missus a Vhilocle nihil fatus, tantum-
nnodo, etc. La tournure de cette phrase a quelque chose d'embarrassé. En voici la construction d'après Gronove: « Nihil fatus, quum taotummodo projecto pra? se clypeo
• staret, missus a Philocle qui quœrcret : quid sibi vel-
• let ? Respoodit : etc. — Elle aurait une allure plus franche si l'on suivait la conjecture de Drakenborch, qui propose de lire : ■ Missis qui qusrerent, ou Misso qui
• quaereret, etc., nihil statu motus , nihil statu mutato « ou mutatus quum, etc. • En effet, on reconnaît dans la plupart des manuscrits les roots statu et moto ou modo. Tite-Live a dit ailleurs (VIII, 18; : « Si turbareac statu
• movere volumus. •
Chip. XXVI. — Setiœ, ville des Volsques.
Ibid. — Centum millia gravit œris. 48,000 fr.
Ibid. — Vicena quina millia œris. 12,000 fr.
Ibid. — Triumriri carceris lautumiarum. Ces triumvirs s'appelaient capitales. C'étaient trois officiers chargés de veiller à la garde des prisonniers et de présider aui exécutions. Ils avaient aussi une juridiction particulière sur les esclaves fugitifs et les gens sans aveu.
Ibid. — Ne minus decempondo. Environ quatre kilogrammes.
Cbap. XXVII. — Ducentitm quadraginia sex pondo. Environ quatre-vingt-quatorze kilogrammes.
Ibid. — Modium ducenta millia . Seize mille six cent quarante hectolitres.
Ibid. — Sardiniam M. Porcius Cato obtinebat. Cet homme . dont le nom devenu proverbial désigne la vertu la plus sévère, était né à Tusculum et avait été élevé dans les rudes travaux de la campagne. Appelé à Rome par Va 1er i us Flaccus, et appuyé par Fabius Maiimus, il fut bientôt tribun des soldats. Nommé questeur en Sicile auprès de Cornélius Scipion. il s'éleva contre les comptes peu réguliers de l'Africain et ses dépenses excessives. Préteur en Sardaigne, il se conduisit de manière qne jamais, dit Plutarque, le nom romain n'y fut plus chéri et en même temps plus redouté. Les préteurs romains ruinaient ordinairement leurs provinces par le luxe de leur maison et la magnificence de leur cortège. Ils exigeaient des \illes qu'ils visitaient, des fournitures de lits, de pavillons, de provisions de toute espèce, et des sommes immenses pour leur table. Loin de les imiter, Caton marchait à pied, suivi d'un seul officier, portant à son usage
une robe et un vase pour les sacrifices. • Jamais, dit Plutarque ( Vie de Coton, ch. vi et ix), il ne prit du public, pour lui et sa suite, plus de trois médimnes de froment par mois, ni plus de trois demi-médimnes d'orge par jour pour ses chevaux. Il buvait leméinc vin que ses esclaves, et ne souffrait pas qu'on achetât pour plus de trente as de provisions par jour. U écrit lui-même que de toutes les maisons qu'il avait à la campagne, il n'y en avait pas une dont les murs fussent blanchis ni enduits, et se fit gloire d'avoir laissé en Espagne le cheval dont il s'était servi à la guerre pendant son consulat, pour épargner a l'état l'argent qu'eût coù'é son transport. *
A la suite de son consulat, il fut envoyé en Espagne, où il se vanta d'avoir pris plus de villes qu'il n'y passa de jours. Après s'être vaillamment battu en Grèce contre Antiocbus, comme simple tribun militaire, il revint à Rome et y remplit les fonctions de* censeur qui furent son plus beau titre de gloire aux yeux de la postérité. Tout le monde connaît l'énergique dévouement et la courageuse sévérité avec lesquelles il consacra ses efforts à veiller au maintien des mœurs. Il faut avouer cependant qu'il vécut trop longtemps pour sa gloire. Dans les derniers temps de ta vie, il te laissa aller aux vices qu'il avait si énergiquement condamnés : à la volupté, à l'avarice et à l'usure. Plutarque rapporte qu'il exerça même l'usure maritime, la plus décriée de toutes, parce qu'elle était la plus forte. Après avoir, tans égards pour la présence de son fils et de sa belle-fille, entretenu un commerce illicite avec une de ses esclaves , il finit par se donner le ridicule d'un second mariage avec la fille de son intendant. Cet bomme extraordinaire mourut à l'âge de quatre-vingt-dix ans. Voyez Tite-Live, XXXIX, 40.
Cbap. XXVII. - M. Sergius Silus. Il fut le bisaïeul de Catilina. Pline (VII. 28) parle avec grand éloge de sa bravoure et des blessures dont il était couvert.
Cbap. XXVIII. — 7'. Quluctio prorogarunt imperium. Polybe nous apprend ( VI, 5 ) que depuis la fin de la deuxième guerre punique jusqu'au temps des Gracques, le sénat usurpa la prérogative d'accorder ou de refuser aux consuls et aux préteurs la prorogation de leur commandement, tandis que depuis les premières auuées de la guerre du Samnium le peuple seul avait exercé ce droit.
Cbap. XXIX. — Summani. Surnom de Pluton : Summus Manium, le premier des dieux Mânes.
Ibid. — G'/astidium, aujourd'hui Chiatezzo.
Ibid. — Litubium, aujourd'hui Ritorbio, dans le Milanais.
Cbap. XXX. — 7n Us Amilcarem. Nous avons déjà fait remarquer ailleurs que Tite-Live a commis une inadvertance au sujet de la mort d'Hamilcar, qu'il dit avoir été tué dans une bataille précédente contre les Gaulois (XXXI. 21), et qu'il nous présente encore plus tard comme mené en triomphe devant le char de Cornélius (XXXIII, 25). S'il s'agissait d'un autre Harailcar, l'historien eût dû en prévenir le lecteur.
Cbap. XXXII. — ld cravate concessum régi est ; non quin, etc. Telle est la manière ordinaire de lire cette phrase. Gronove a soupçonné avec justesse que l'auteur avait écrit : Idnon gravait concessum régi est, quum caperet, etc.
Ibid. — Prope Nicœam. Nicée était une ville de la Lo cride, très-voisine des Thermopyles.
Cbap. XXXII. — Principes Macedonum. Polybe, que Tite-Live suit presque toujours exactement dans la relation de cette campagne, nomme ici Apollodore et Démosthène(XVII, 1).
Ibid. — istud quidem, ait Romanns . par omnibus periculum est qui cum hoste ad colloqnium congredientur, etc. Les paroles du consul ont ici un sens général, taudis que dans Polybe elles sont restreintes à la circonstance et ne s'appliquent qu'aux personnes qui assistent à la conférence, de manière que la repli tue de Philippe s'accorde mieux avec elles : tsov *[vat niai rôv xîv^uvov xat xotvov tôv xaipov. Plutarque, dans sesapophthepmes, raconte autrement les détails de l'entrevue : • Philippus, dit-il, pour la seureté de sa personne luy demandait ostnges. Pour ce que, disait-il, les Romains ont ici plusieurs capitaines avec toy et les Macédoniens n'ont que moy. — Non, respondit Quinctius, pour ce que tu t'es rendu tout seul, ayant faict mourir tous tes amis et parents. *
Chap. XXXIII. — ISirephorium, Vrnerisque templum. Nous avons eu occasion de dire précédemment que ce Nicéphorium était un bois sacré planté par Eumène, près de Pergame.
Ibid. — Perœam. Pérée, de rapâv, traverser, est un nom qu'on donne en général à une contrée située au delà d'un fleuve ou d'une mer. La Pérée rhodienne était la partie méridionale de la Carie, vis-à-vis de Rhodes. Canus en était la ville là plus remarquable.
Ibio. — Ab lasso, et BargylHs et Euromensium urbe. Iassus (AssemKalesi) était une ile de la Carie, au fond du golfe d'Iassus. Bargylies était sur les côtes de la mer Egée, dans le même golfe. Eurorae se trouvai t aussi dans la Carie.
Ibid. — Sësto atque Abydo. La première de ces villes était dans la Thrace, sur les bords de l'Hellespont, visà-vis d'Ab)dos, dont elle n'était séparée que par un bras de mer très-étroit.
Ibid. — Perinthum, ville de la Thrace, sur la Propontide, près de Byzance ; aujourd'hui Erekli.
Ibid. — Lysimachiam. U s'agit ici de la ville de ce nom dans la Cbersonnèse; il y avait une autre Lysimachie en Étolie. ,
Ibid. — PhVas, ancienne ville de Thessalie, où régna Pelée et ou naquit Achille.
Ibid. — Echinum , sur les côtes de la Thessalie , dans la Pbliotide , à l'entrée du golfe Maliaquc, aujourd'hui Echino.
Cu ap. XXXIV. — Et erat dicaciornaturaquamregem de cet. Plutarque rapporte qu'après la bataille de Cynocéphales les Étoliens ayant composé une chanson contre Philippe, ce prince se contenta d'en composer une autre en réponse.
Ibid. — jEqrœos , Apodotosque et Amphilocos. L'Agrée était une petite contrée, partie dans l'Acarnanie , partie dans l'Ktolie, au nord de ces deux pays. On ne connaît pas bien la position de l'Apodotie. L'Amphilochie (Filocbiai était une contrée de l'Acarnanie, au S. E. du golfe d'Ambracie. Voy. Paumier, Gricc. Ant., IV, 5, 7.
Cdap. XXXVII. — Non posse liberam Greeciam esse. Sans doute Philippe se proposait d'occuper ces trois postes importants jusqu'à ce que le torrent de l'invasion romaine fût pas*é, et d'en sortir à la première occasion fnvorable pour établir en Grèce sa suprématie, momentanément détruite. Mais les ambassadeurs grecs, choisis
parmi ses ennemis, dévoilèrent au sénat ses projets. Chap. XXXVIU. — Optimum ratos Nalndi earn.... dare. Outre l'impuissance de veiller à la sûreté dune ville si éloignée qu'Argos, le roi sentait encore la nécessité de balancer par l'alliance de Nabis celle des Achéens avec les Romains.
Chap. XXXIX. — Quinctius... quum annuisfet se r**turum. Après avoir acquis l'amitié des Achéens, il ne restait plus au cousul pour établir son influence par toute la Grèce qu'à gaguer celle du tyran, qui, maître de l'Argolide comme de la Laconic, dominait dans le tiers do Péloponèse. 11 accepta donc cette ignominieuse alliance, se réservant d'agir plus tard en ennemi avec Nabis , quand l'intérêt de Rome le demanderait. Ainsi cet habile agent des desseins du sénat avait réussi à établir dans tout le Pélo ponèse , Corintbe excepté , la suprématie de Rouie. La Grèce était complètement détachée de Philippe; elle marchait d'elle-même, sans s'en apercevoir, à son prochain asservissement, et tout était prêt pour livrer avec succès au roi une bataille décisive.
Chap. XL. — Decemmillia medimnum [rament ï. Environ seize cent &oixantc-quatre hectolitres.
Ibid. — Uxorem. On sait par quel moyen ingénieux Nabis avait imaginé de lever dans ses états des contributions forcées. Il faisait venir auprès de lui quelque riche personnage, lui parlait avec beaucoup de douceur des dépenses que lui coûtait l'entretien de ses troupes mercenaires, des frais énormes nécessités par le culte des dieux ou l'administration de l'état ; puis il finissait par lui demander ses biens. Si l'individu refusait obstinément, il lni disait : « Je n'ai pas le talent de vous persua- « der, mais je vais vous conduire vers ma femme Apéga, • qui peut-être aura plus de bonheur que moi. ■ Pais U le menait vers une statue à ressorts ressemblant à sa femme et couverte de vêtements magnifiques, mais dont les bras, les mains et la poitrine étaient hérissées de pointes aiguës. Le malheureux eipiait son refus dans ces cruels embrassements.