LIVRE Ll
SOMMAIRE. — Carthage, qui enfermait dans son enceinte une étendue de terrain de vingt-trois mille pas, est prise en détail après un long et pénible siège , d'abord par le lieutenant Mancinus, ensuite par le consul Scipion , à qui la province d'Afrique avait été donnée directement saus tirage au sort. — Les Carthaginois étaient parvenus à creuser un nouveau port ( toutes les issues de l'ancien étant gardées par Scipion ), et à rassembler en secret, et en un court espace de temps, une flotte immense; mais ils ne fureut pas plus heureux sur mer que sur terre. Scipion détruit, avec l'armée qu'il renfermait, le camp de l ur général Asdrubal, assis dans une positiou de difficile accès , prés de la ville de N» pherin ; et s'empare enfin de la ville , la 700" année de sa fondation. La plus grande partie du butin fut restituée aux Siciliens , sur qui elle avait été prise. — Au dernier instant de l'existence de Carthage Asdrubal était venu se livrer à Scipion ; mais son épouse, qui peu de jours auparavant n axait pu obtenir de son mari de passer comme transfuge au vainqueur, se précipita du haut d'une tour avec ses deux enfants au milieu des flammes qui dévoraient la ville. — A l'exemple de son frère naturel Paul-Emile, le vainqueur de la Macédoine, Scipion, donna des jeux publics, et exposa aux bétes les transfuges et les fugitifs. — Origine de la guerre acbéenne; violences exercées, parles Achéens, sur les députés du peuple romain envoyés à Corinlhe pour séparer de la ligue acbéenne les villes qui avaient été sous la domination de Philippe.