LIVRE LXXVU
SOMMAIRE. — Le tribun du peuple , P. Sulpicius . fait passer, à l'instigation de C. Marius, plusieurs lois pernicieuses, portant le rappel des exilés, l'inscription dans les tribus de nouveaux citoyens et des affranchis , et la nomination de C. Marius au commandement de la guerre contre Mithridate. Dans son opposition contre les consuls Q. Pompée et L. Sylla , il exerce des violences et fait tuer Q. Pompée , fils du consul et gendre de Sylla. — Le consul L. Sylla vient à Rome avec son armée; il livre, dans l'intérieur même de la ville, un combat à la faction de Sulpicius et de Marius , et parvient à l'expulser. — Douze hommes de cette faction , entre autres C. Marius et son fils , sont déclarés ennemis publics par le sénat. — P. Sulpicius , qui se tenait caché dans une villa , est dénoncé par un de ses esclaves et mis à mort. On affranchit l'esclave pour tenir la promesse faite au dénonciateur ;« mais on le précipite du haut de la rochf tarpéienne, pour
avoir trahi son maître. — C. Marius . le fils , passe en Afrique. — C. Marius le père , se cache dans les marais de Mintnrne; il en est tiré par les habitants de cette ville; un esclave. Gaulois de nation , envoyé pour le tuer, recule frappé de U majesté d'un *i grand homme. - C. Marius est embarqué aux frais de la ville et conduit en Afrique. — L. Sylla rétablit l'ordre dans l'eut , puis il fonde d- s colonies. — Le consul Q. Pompée va prendre le commandement de l'armée du proconsul Cn. Pompée. Il est tue à l'instigation de celui-ci. — Mithridate , roi de Pont . s'empare de la Cappadoce et de la Bithynie. U pénètre, avec nue nombreuse année, dans U province romaine de Phrygie, et en chasse le lieutenant Aquillius.
Plutarque , Vie de Sylla . ch. vi. Cf. Freinsh. Suppl. , ch. ix.
« Sylla fit une noble alliance cn épousant Cécilia, fille du grand-pontife Métellus ; ce qui lui attira les injurieux sarcasmes du vulgaire, et le mécontentement d'un grand nombre de patriciens, qui regardaient comme indigne d'une telle femme , suivant les expressions de Tite-Live, celui qu'ils auraient jugé digne du consulat, s
Augustin., de Civit. Dei II , 24. cf. Plut. 1. c , ch. rx.
« Sulla quum primnm ad urbem contra Marinm castra ■ movisset, adeo laeta exta immolant i fuisse scribit Livras, « ut custodiri se Poslumius baruspex voiuerit, capitis « supplicium subiturus , nisi ea, quse in animo Sulla ba- « béret, diis juvantibus, implevisset. »
Tite-Live raconte que la première fois que Sylla se mit en marche vers Rome pour combattre Marius, la victime qu'il immolait offrit de si heureux présages, que l'aruspice Postumius demanda à être mis eu surveillance, consentant à perdre la tète, si avec l'aide des dieux Sylla n'accomplissait pas ce qu'il avait projeté.