TOULOUSE EST SECOURUE
empêcha qu'ils ne pussent connaître la sortie des portes, et gagnèrent les vignes en fuite et déroute ; ils y perdirent cinq enseignes. Nous avions fait notre ordre de combattre en cette manière : que MM. de Terride et de Gondrin devaient passer outre sans s'arrêter dans la ville, menant ma compagnie et la noblesse avec eux, et se jeter au-devant des portes qu'ils tenaient hors la ville ; et moi je descendrais à pied combattre avec la compagnie de M. de Termes, laquelle je voulais faire descendre, ayant nos gens de pied et de ceux de la ville ; et voulais arriver et combattre de jour. Or le matin, une heure avant le jour, comme nous commencions à marcher, nous arriva un capitoul de Toulouse, nommé M. Durdes, qui m'apporta des lettres de M. le président et de M. de Bellegarde, nous mandant la sortie et fuite des ennemis; de quoi je fus bien marri, car, s'ils m'eussent attendu, il ne s'en fût pas sauvé un couillon; et Dieu sait si j'avais envie d'en faire belle dépêche, et si je les eusse épargnés. Ceux qui étaient venus de Foix s'en retournèrent vers ledit pays de Foix en désordre et en déroute, car les paysans même en tuèrent beaucoup; et les autres s'en allèrent chacun du côté d'où ils étaient venus. Et voilà comment la ville fut secourue, où le combat dura trois jours et trois nuits, pendant lequel se brûlèrent plus de cinquante maisons les unes sur les autres ; et y mourut beaucoup de gens de tous côtés, entr 'autres deux frères de M. de Savignac de Gomminge.