‹ Commentaires d'Alvar Nuñez Cabeça de Vaca (volume 2)Chapitre 102 sur 130 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

De oe qoi arrÎTii k Lopa d'Oriëdo ayec det Indiens.

AuMiràT que notre monde eut mangé, j'envoyai auprès de Lope d'Oviédo , qui avait des hommes en plus grand nombre que nous et plus forts , pour lui dire de guigner des arbres qui étaient près de là et d'y ftdre monter pour observer le pays, ce qu'il fit. U reconnut

que nous étions dans une île : le sol paraissait creusé comme dans les endroits où paissent les troupeaux y ce qui lui fît croire que nous nous trouvions dans un pi^ys habité par des chrétiens, et il me Tenvoya dire. Je lui recommandai d'observer avec plus d'attention , et de remarquer s'il n'y avait pas de chemin tracé, sans néanmoins trop s'éloigner dans la crainte de dangers. II trouva un sentier qu'il suivit pendant une demi-lieue, et il arriva à des cabanes d'Indiens dont les maîtres étaient aux champs. Il y prit un grand pot, un petit chien et un peu de poisson , et il retourna sur ses pas. Voyant qu'il tardait à venir, j'envoyai deux chrétiens pour le chercher, et voir ce qui lui était arrivé : ils le rencontrèrent à peu ded»faEiDCQ.< Ik remarquèrent trois Indiens qui le fimvaîent en l'appelant, lui^^méme bar faisait dea mgots pour les engager à s'approcher* Quand il fut arrivé où nous étions , les Indiens s'asBirent à quelques distances de nous, aur le bord du rî^

DALVAR NUNEZ CABEÇA D£ VACA. 9I

vage. Une demi-heure après , cent autres Indiens armés d'arcs et de flèches , et que la peur nous faisait paraître des géants , car ils pouvaient bien ne pas être d'une taille extraordinaire (i), s'arrêtèrent près de nous dans l'endroit où étaient les trois premiers Indiens. Il n'y avait pas à penser à se défendre ; car à peine six des nôtres pouvaient-ils se tenir sur pied. Le contrôleur et moi nous allâmes près d'eux , nous les appelâmes , et ils s'approchèrent; nous fîmes tous nos efforts pour les rassurer et pour nous rassurer nousmêmes. Nous leur donnâmes des chapelets , des grelots , et chacun me remit une flèche , ce qui est un gage d'amitié. Ils nous dirent que le lendemain matin ils viendraient nous apporter des vivres , s'excusant de ce qu'ils n'en avaient pas alors.

. (i) Ceux qui nous ont donné des relations de la Patagonie, pourraient peui:-étre en dire autant.

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