CHAPITRE IX
Le gouverneur et let gens souffrent de la famine. — Ib ic nourrÎMeot de ren qu'ils retirent des roseaux.
Le a8 décembre , le gouverneur et sa troupe partirent du village de Tuguy après avoir laisse les Indiens trés-satisfaits. Ayant marché toute la journée sans trouver aucune habitation, ils arrivèrent à une rivière très-profonde, très-large et très-rapide. Les bords
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étaient ombragés de cyprès , de cèdres , et de beaucoup d'autres arbres : on eut bien [de la peine à la passer. Ces jours-là et les trois suivants on s'avança dans la plaine , et Ton traversa cinq villages guaranis. Les habitants , leurs femmes et leurs enfants vinrent tous recevoir les Espagnols, et portèrent tant de vivres que Ton en eut à profusion. Les naturels, satisfaits des bons traitements et des prix que le gouverneur leur paya, se montrèrent très-pacifiques;
Toute cette contrée est fort gaie , traversée par des cours d'eau nombreux , et bien boisée. Tous les habitants des villages cultivent
pu maïs y de la cassa ve , d'autres graines , des patates de trois espèces , des blanches , des
rouges et des jaunes : cps racines sont trèsgrosses et très-sayoureuses. Ils élèvent des oies , des poules i et recueillent beaucoup de miel dans les creux des arbres.
Le 1*' de janvier, de Tannée de notre Seigneur 154^1, Alvar-ISunez quitta les villages
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àÊS Indiens , et s'avança à travers des montagnes et des endroits couverts de roseaux fort épais y dam lesquels la marche Ait très-péni- Me. Juaqu^u 5 du toème mois on ne vit aueud village : outre la fatigue de la route , un sauffirit cruellement de la famine. En passant dans les roseaux on découvrit entre les noeuds de ces plantes des vers blancs aussi longs et aussi gros que le doigt : k troupe les fit frire pour lesoMinger; il en sortait tantdegraisseque eetibe friture était très-facile à feire : tout le fnonde s'en nourrit et la trouva excellente. Jtens les nœuds d'une autre espèce de roseau on trouva de fort bonne eau, ee qui fut un grand soulagement. Pendant toute la route on cherefaadt ces roseaux qui nous préservèrent de la ftmine dans ces déserts. On traversa avec beaucoup de mal deux grandes rivières trè^ profondes qui coulent vers le nord. Le lendemain , 6 de janvier ^ après avoir marché dans fintérieur du pays sans trouver aucune habitation , on alla passer la nuit sur le bord