‹ Commentaires d'Alvar Nuñez Cabeça de Vaca (volume 2)Chapitre 25 sur 130 · I I 3 COMMENTAIRES · texte numérisé non relu

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d^autres naturels et même beaucoup des leurs, afin de se rendre maîtres de tout le pays ; de sorte que l'on s'en méfie. Leur taille est gigantesque ; ils vont en course sur le fleuve dans des canots, s'apostent sur le rivage pour piller les Guaranis , leurs plus grands ennemis. Ils vivent de poissons et de gibier, et ne cultivent pasla terre.Ils ont coutumede prendre des Guaranis, de leur lier les mains et de les enlever dans leurs embarcations; puis ils se rendent chez eux et leurs parents viennent à leur rencontre. Ils frappent les prisonniers devant leurs pères, leurs fils, leurs femmes et leurs parents, et leur disent qu'ils les engraissent pour les tuer ensuite. Ils emportent autant de vivres qu'ils en peuvent charger dans leurs canots ; puis ils retournent chez eux en emmenant les captifs. Us font fréquemment ces expéditions. Il est rare qu'ils échangent ceux qu'ils ont pris. Quand ils 3ont fatigués de les garder dans leui's canots et de les battre , ils leur coupent la tête, et la placent sur

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des pieux plantés au bord du fleuve. Avant l'arrivée du gouverneur, les Espagnols avaient combattu contre ces Indiens; ils en avaient tué un grand nombre, mais ils avaient fini par &ire la paix avec eux. Les Âgazes, suivant leur coutume , violèrent ce traité , maltraitèrent les Guaranis et leur enlevèrent beaucoup de vivres. Quand Cabeça de Vaca vint à l'Assomption , il y avait peu de jours que les Agazes avaient commencé les hostilités et pillé certains villages des Guaranis. Chaque jour ils inquiétaient la ville et la tenaient en alerte. Les principaux chefs des Agazes , ayant appris Tarrivée du gouverneur (on les nommait j^baeoten , Tabor et Alabos) , vinrent dans des canots, accompagnés d'un grand nombre des leurs; ils se présentèrent au gouverneur, et lui dirent qu'ils venaient faire acte de soumission à sa majesté et contracter amitié avec les Espagnols; que si, jusqu'à présent, ils n'avaient pu maintenir la paix , c'était la faute de

quelques jeunes fous très - audacieux , qui, 6. ^ 8

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sans leur pcrmiasîon, se mêtUieiit en campagm^ et donnaient à penser que les ehefs Rompaient les conditions de la paix ; que d'ailleurs ces jeunes gens avaient été punis. Ds ]Hriérent le gouTemeup de les reeevcnri et demandèrent à filire une alliance avec nous, promettant de la maintenir. Us parlèrent ainsi en ptësence du clergé , des religieux et des officiers de sa majesté. Alvar-NuSez les accueillit avec beaucoup d*amitié , et leur répondit qu'il consentait avec plaisir à recevoir les Agazes comme sujets du roi et amis des chrétiens , pourvu qu'ils ne violassent plus .les traités comme par le passé. Il les avertit qu'autrement il les regarderait comme des ennemis mortels, et qu'il leur ferait la guerre. C'est ainsi que la paix fut conclue , et ces Indiens restèrent amis des Espagnols et des Guaranis. Le gouverneur ordonna de les bien traiter à l'avenir, et de leur fournir des vivres. Les conditions du traité de paix furent le» suivantes :

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Les chefs de» Agazes que nous veooûs de sommer f et les autres Indiens de cette nation, devaient venir tous ensembie» et non par troupes séparées, lorsqu'ils descendraient le Rio-Pai^uay pour entrer sur les terres des Guaranis jusqu'à l'Assomption^ Ilj&llait que'ce fût en plein jour, et non de nuit, et cela sur l'autre rive , et non pas du côté où les Guaranis et les Espagnols avaient leurs établissements et leurs cultures. Ils ne devaient ni ravager le pays , ni continuer la guerre qu'ils avaient contre les Guaranis , ni leur causer aucun mal ni dommage , parce qu'ils étaient sujets de sa majesté. Us promettaient de mettre à rançon et de rendre des Indiens de cette nation pris pendant la paix , parce que c'étaient des chrétiens, et que leurs parents étaient dans la désolation. Ils ne devaient pas inquiéter les Espagnols et les Guaranis qui allaient péchei* dans ce fleuve ou chasser dans l'intérieur, ni leur apporter aucun empêchement. Les femmes , les filles et parents des Agazes

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qui s'étaient convertis, devaient être libres de persévérer dans leur sainte œuvre , et ne seraient pas forcés de quitter leur pays. Ces dauses étant observées, on les r^arderait comme des amis; et, si quelques-unes ne Tétaient pas, on marcherait contre eux. Ces conditions et ces ordres ayant été compris , les Agazes promirent de les respecter. Ainsi fut stipulée la paix , et ils jurèrent obéissance.

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