PREFACE
d'nae famille dont ruiiistration remonte au eommeiteemeut du treizième siècle.
Au mois de juillet 1212 , Farmée chrétienne , commandée par les rois de Castille , d'Arragon et de Navarre, s'avançait contre les Maures, lorsqu'arrivée à Castro-Ferral, tous les passages se trouvèrent occupés par Tennemi. Les chrétiens allaient donc se voir forcés de retourner sur leurs pas, quand un berger,, nommé Martin Alhaja, se présenta au roi de Navarre, et offrit dliidiquer un chemin par lequel Tannée pourrait passer sans obstacles : le roi envoya av^ lui don Diego Lopez de Haro et don Garcia Romeu. Pour qu'ils retrouvassent la route, Alhaja plaça à Feutrée du passage qu'il avait découvert le squelette d'une tète de vache ( Cabeca de i^aca ).
Le 12 du même mois les chrétiens gagnèrent la bataille dé las.Navas de Tolosa , qui assura à jamais leur suprématie sur les Maures.
Le roi récompensa Martin Alhaja en Fanoblissant ainsi que sa descendance , et celui-ei en mémoire de Févénement qui lui avait mérité cet honneur, changea son noin en celui de Cabeça de Vaca. Plusieurs membres de cette famille furent revêtus dans la suite de hautes dignités. Don Pero f ernandez Cabeça de Vaca fut élu grand-maltre de I5aint-Jac€[ues en 1383.
Alvar .Nunez embrassa le métier des armes : li passa aux Indes avec Pamphile de Narvaez qui voulait conquérir la Floride , et il revint presque seul de cette malheureuse expédition , dont il
DE tEDITEUB FRANÇAIS. 5
écrivit uiie relatioo que je publierai daos fo pro* ctiaine livraison de ces Mémoires. Il fut ensuite envoyé au Rio de la Plata pour remplacer don Pédre de Meudoce. Ou verra par ses commentaires qu*il ne fut pas plus h^ireux dans cette nouvelle entreprise.
Les écrivains ne sont pas d'accord #ur le véritable caractère d'Alvar "Nunez. Schmidel, so|i contemporain , et de nos jours , lé chevalier d'Azara nous le représentent comme un tyran soupçonneux qui méritait son sort : Herrera, Barcia et Funes prétendent au contraire qu'il fut victime de son zèle à réprimer les vexations des conquérants , et à faire exécuter les lois de la métropole.
Cette dernière opinion me parait la plus vraisemblable ; cependant je crois qu'il mit beaucoup trop de roideur dans sa conduite. Il n*est que trop facile à concevoir qu'un homme qui voulait faire rentrer dans l'ordre des^ soldats accoutumés à une licence sans borne , devait leur paraître un tyran insupportable. Cette opinion me semble surtout confirmée par son acquittement , car ses ennemis étaient riches , puissants , et Alvar, dépouillé de tout , n'aurait pu acheter ses juges.
Je ne sais ce qu'il devint après qu'il eut recouvré la liberté. Herrera prétend qu'on ne lui permit pas de retourner aux Indes , de peur que sa présence n'excitât de nouveaux désordres. Nie. del Techo (Historia Paraquariae, lib. i, cap. xiv ) , dit qu'il mourut à Séville dans un âge très-avancé , après avoir été revêtu d'un poste d'auditeur ( oydor ) à
4 FBÉFACE DE l'ÉDITEUR FRANÇAIS.
roiiâience de cette ville : jlgnore si ce renseignement est bien exact.
Ces Commentaires qui pariirént pour la première fois à Valladolid , Chez Francisco Femandez de Cordova en 1555, in-4<» , goth. , ont été insérés dans les Historiadores primitivos de las Indias de Barcia. L'édition originale est fort rare. Le style de ce livre est difiTus; Fauteur Fa rédigé comme un acte de sa profession , et il a fallu retrancher bien de3 répétitions ; pour le rendre lisible , j*ai donc cru pouvoir supprimer sans nuire à la fidélité de la traduction une foule de redondances fort inutiles comme : ils étaient contents et satisfaits , ils marchaient et avançaient , 1/5 dansaient et sautaient y, et bien d'autres qui reviennent presqu'à chaque ligne : peut-être en ai-je. encore trop laissé , mais j'ai mieux aimé m^attirer ce reproche que celui d'être un traducteur infidèle.