‹ Commentaires d'Alvar Nuñez Cabeça de VacaChapitre 68 sur 91 · CHAPITRE LX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LX

Retour des interprètes des Xarayes.

LdBS Xarayes prennent beaucoup de poissons dans la rivière et dans les lacs, ils font aussi des chasses considérables de cerfs. Les Espagnols étant restés tout le jour avec le chef, lui remirent les présents et le bonnet rouge que le gouverneur leur avait donnés.

Cet Indien les reçut avec tant de plaisir que c'était une chose merveilleuse de le voir. Aussitôt il ordonna d'apporter de nombreux panaches de pluinës de perroquets et d'autres de différentes espèces, et il les donna aux chrétiens pour les porter au gouverneur : ces ornements étaient très- élégants. Les chrétiens prirent congé de Camire, qui ordonna à vingt Indiens de les accompagner. Ces hommes les escortèrent jusqu'au village des Ar^ rianès : de là ils retournèrent chez eux , et ils laissèrent avec les Espagnols le guide que le cacique leur avait donné. Le gouverneur l'accueillit , lui fît des démonstrations d'amitié , et sans retard , il lui fît demander , au moyen des interprètes, de quelle nation il était, et s'il sAvait.qu'jil y eut un chewin qui ct)nduisit aux villages de Tiatërieqr. Il répondit qu'i 1 était Çruarani^ ; natif d' Tiqti qui est wr le bord d^ Parag^^.i;qu'étwi fort jeune; sa ns^tion ftvsât figit uqe ligu^ 4i.vec tous lès habitants dn la» contré^ et il$ s'éfeaient portés

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dans rikiterieur. Il avait suivi soii père et ses jiiàrénts pour &ire la guerre aux naturels, qui leur prirent les plaques et les bijoux d'or et d'argent qu'ils possédaient.

Aussitôt qu'ils furent arrivés aux premières cabanes, ils commeni^èreDt les hostilités et tuèrent uiie multitude d'Indiens. Un grand nombre d'habitants prirent la fuite et se réfugièrent dàiis des villages qui étaient plus avant. Bientôt toutes les peuplades du pays se réunirent , marchèrent contre ceux de sa liatidn , les défirent et en tuèrent un grand nombre; beaucoup s'enfuirent de divers icôtés; l'enilemi les poursuivit^ leur coupa la retraite et tua tous ceux qui ne purent échapper. Il fit signe que douze cents Indiens couvrii*ient le champ de bataille. Cet homme fut du nombre de ceux qui durent leur salut à la fuite; la plus grande partie restèrent dans les forêts, par où ils étaient enti^s, et s'y établirent , n'ayant pas osé en sortir, dans la cràiiitë de se faire massacrer par les Guaxa-

^ rapos , les Guatos et d'autres peuplades du pays qu'ils devaient traverser. Cet Indien ne voulut pas rester avec ceux qui s'établirent dans les forêts , et il suivit plusieurs de ses compatriotes qui préférèrent retourner chez eux. Une nuit , pendant qu'ils étaient en marche, ils furent . découverts par des peuplades, qui les attaquèrent et les tuèrent tous; cependant il avait pu s'enfuir dans les bois ; et , en continuant d'avancer , il était parvenu chez les Xarayes. Ceux-ci l'avaient fait prisonnier, et l'avaient nourri pendant longtemps; enfin , ayant pris beaucoup d^amitié pour lui^ ils l'avaient marié à une femme de leur nation. On lui demanda s'il connaissait bien la route par où il s'était rendu , avec les siens, aux villages de l'intérieur ; il répondit qu'il y avait fort longtemps qu'il l'avait parcourue , et qu'alors ils s'étaient ouvert un chemin en coupant les arbres et en éclaircissant le pays, (jui était très-sauvage. Il croyait que, depuis cette époque , ces routes avaient dû se fer-

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mer de nouveau par les arbres et les brouissailles. Du reste , il ne les avait pas revues de* puis , n'ayant plus passé par4à. Néanmoins , il pensait qu'une fois qu'il y serait entré il pourrait continuer. Il dit aussi que le chemin commence à une montagne élevée et ronde , qui est en vue du port des Rois. On lui demanda combien il fallait de jours pour parvenir au premier village ? Sa réponse fut, qu'autant qu'il se le rappelait, on pouvait en cinq jours arriver au pays peuplé , et qui est très-riche en vivres. Les habitants sont cultivateurs. Bien que les gens de sa nation eussent détruit et dépeuplé upe grande quantité de villages à l'époque de leur expédition , cependant les» habitants étaient revenus peupler le pays* On s'informa si d^ns la route il y avait de fortes rivières ou des fontaines ? Il répondit qu'il avait vu de petites rivières, mais qu'il y en a aussi de trèsgrandes; ainsi que des fontaines, des lacs, du gibier, des cerfs, des tapirs, beaucoup

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dé miel et de !ï*uits. Interrogé di , à Tépoque où sa nàtioin alla faire la guerre dans Hntérièur , il avait vti que les habitants possédassent de Ter où de Talrgent , il dit que dans les villages qu'ils avaient saccagée , ils avaient pi*is beaucoup de plaques d'argent et d*or , desbarbotes(i)^des boucles d^oreilles, des bracelets , des couroriiiés , des hachettes et de la vaisselle d'une petite dimension; mais leis naturels leur avaient tout irep'ris quand ils les avaierit défaits. Ceux qui 6'étaiëiit échappés avaient emporté quielques plâqUeg d'argent , des colliers et des barbotes , que le» G^axarapos leur enlevèrent quand ils pase^* rent sur lé territoire de ces d^èmiers, qui to ihassacrêrènt. Cfeux qui étaient t'iBSté^dans les Montagnes possédaient enc6re des objets de cette iiàtùrè. Il ajouta qu'il avait entertdu dlt^é que Ifes Xâràyfe ■en avaient aussi ; et ihêine, qUànd ëeè Indiens revenaient de la

^ (i)JPrpb«blefl[)e^t cet omçmeut que les indigèpes insèrent dans la lèrre inférieure.

guerre contre les autres naturels , il les a vus rapporter des plaques d'argent de l'intérieur. On lui demanda s'il désirait accompagner les chrétiens pour enseigner la route. Il dit que oui , qu'il le voulait de bon cœur, que son maître l'avait envoyé pour cela. Le gouverneur le prévint et lui dit de faire attention de dire la vérité sur ce qu'il savait à l'égard du chemin, qu'autrement cela pourrait lui attirer beaucoup de mal ; que, s'il disait vrai, il en retirerait de grands avantages. 11 répondît qu'il avait dit la vérité sur ce qu'il savait du chemin, et qu'il désirait aller avec les chrétiens à la découverte, pour leur enseigner la route.

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