mais montent à haut en la gloire céleste où il habite
pas esté revestu de la vie incorruptible
pour délaisser d’avoir nature de Corps:
dont s'ensuit qu'il n’est pas infini, mais
Quweonsiste en quelque certain lieu. Or il est
- tonte par-dessus les cieux, afin qu’ il n'y
fr
ions à noter, nm.
je > vons vie. Etil faut retenir la prop
ait aucune imagination grossière qui nous\ détiene en terre, quand il est question de ACL A enser à Juy. Et de faict,si ce mystère est ‘éleste, il n’y à rien moins convenable ce que de tirer Christ ci-bas en terre, lequel
plustost nous appelle là-haut à soy. Le | suit une vie meilleure : comme s’il eust® ”
dernier poinct que j'ay dit que nous est la manière de ceste
anducation : car il ne faut pas songer) Unité vil se face un transport naturel de sa substance en nos âmes, Mais NOUS Mangeons sa chair, quand d'icelle nous receortionl
car le Corps de Christ n'a
que nous ne pouvons pas estre
nourris de Christ autrement qfe par LE
foy, pource que ceste manducation est} un effet de la foy.
29 Æt je vous di, que de ceste heure je ne boiray de ce fruit de vigne.
Sainct Matthieu et sainct Marc mettent ceste sentence après la Ssaincte Cène, quand Christ avoit desjà donné le signe de son sang en la coupe, dont aucuns recueillent que sainct Luc récite yei cela mesme qu'il répétera encores un peu après. Mais la difficulté est aisée à soudre : Car quant à la substance du propos, il n’y à pas grand esgard à quelle heure Christ leur ait dit ceci : pource que les Evangélistes ne prétendent autre chose que de monstrer que les disciples ont esté advertis tant AGEN la mort prochaine de leur Maistre, que de la vie nouvelle et céleste : car d'autant que l'heure de sa “mort approchoit, autant plus estoit-il besoin qu’ils fussent confermez , afin qu'ils ne défaillissent du tout. D’avantage, veu qu’en la saincte Cène il vouloit leur mettre sa mort devant leurs yeux, comme »
en un miroir,
ce monde : mais pource que c’estoyent”’ des nouvelles plenes de tristesse, la consolation est incontinent adjoustée, Qu'ils n’ont point matière de craindre, ou avoir en horreur ceste mort, après laquelle s’en-
dit, Il est vray que je m'en vay maintenant à la mort, mais c’est afin que d’icelle
je passe à l'immortalité bien- heureuse : à Er 1e nb \non pas pour vivre seul:sans vous au! : À Royaume de Dieu, mais pour vous av oir| 9.
pee jour en ma compagnie participans 2 a
une mesme vie. Ainsi nous voyons qu 71 #4
x Ve: ou similitude du pain d'avec la chair, par donduit ses disciples à la croix comme
"\V laquelle il nous est remonstré que nos | par la main, et de là les eslève en l
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mu fen icelle. Aureste, combien qu’estrenour-\} la mort et la restauration de vie s’entre- À; ni
âmes sont repues ce
espé-
la propre chair de | rance de la résurrection. Or comme il a Christ, ne plus ne moins que le pain falu qu'ils fussent adressez à la mort de f
donne vigueur à nos Corps. Ainsi donc la Christ, afin qu’elle fust une eschelle pour
x] chair dec Christ est nourriture spirituelle, tt el d'autant qu'elle nous est vivifiante. Or | que Christ est mort, et receu au ciel, il faut que la considération de la Croix nous” s
elle vivifie, pource que le sainct Espri fait déséouler sur nous là vie qui résidel|
monter au ciel : ainsi maintenant depuis
conduise : au ciel, afin que par ce moyen
wi ris de Ja chair de Christ, soit autre choseA tienent. Au reste, qu'il leur promette une gloire commune avec soy, il appert « | ane
que croire en luy, il faut toutesfois ep-
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clairement par ces mots, Jusques à ce
jour-là que je le boirty nouveau avec
vous. Et quant à Ce qu'aucuns objectent que boire et manger ne sont pas choses convenables au Royaume de Dieu, c’est une objection frivole : pource que Christ n'entend autre chose, sinon que les disciples perdront bien Lost Sa présence, en sorte qu'il ne vivra plus avec eux, jusques à ce que tous ensemble jouiront avec luy de la vie céleste. Mais pource qu’il parle de la jouissance commune d’une vie qui n’ha besoin des aides du boire et du manger, il dit que lors ils auront une nouvelle manière de bruvage : lequel mot nous monstre évidemment qu’il parle par allégorie. Et pourtant en sainct Luc il dit simplement, Jusques à ce que le Royau-
me de Dieu soit venu. En somme, Christ
nous recommande le-fruit et l'effet de la rédemption qu’il à acquise par sa mort.
Touchant ce qu’aucuns pensent que ceci a esté accompli toutes fois et quantes que le Seigneur a mangé avec ses disciples après sa résurrection, cela ne convient aucunement à son intention. Car veu que c’éstoit une condition moyenne
“entre le cours de la vie mortelle, et le but le Royaume de Dieu.
de la vie céleste, n ”estoit point encores lors manifesté, Et pourtant Christ disoit à Marie, Ne me touche point, car je ne suis point encores monté à mon Père. Joint que les disciples n’estoyent pas encores entrez au Royaume de Dieu pour boire ce vin nouveau avec Christ, éstans participans d’une mesme gloire. Cependant, Si nous lisons que Christ à beu après la résurrection, combien qu’il eust dit auparavant qu’il ne boiroit point que les disciples ne fussent recueillis au Royaume de Dieu, la Contradiction qui semble estre en cela est aisée à résoudre: car il n'entend pas préciséement du boire et du manger, mais de la conversation de la vie présente. Or nous sçavons que ce que Christ a beu lors, ce n'a pas esté ou pour soustenir les fôrces corporelles par nourriture, ou pour retenir les disciples en sa compagnie vi-
sible: mais seulément afin de leur bien
prouver. :sà résurrection, de laquelle ils estoyent encores’ en doute, et par Ce moyen eslever puis après leurs esprits en
| haut, Parquoy,
|reluit sa merveilleuse douceur et débon-
contentons-nous de ce simple sens naturel, c’est que le Seigneur promet à ses disciples qu'au liéu que jusques à présent il a vescu en terre avec eux estant homme mortel, par ei après ils luy tiendront compagnie en la vie bienheureuse et immortelle.
( 9) \Luc. Lequel est donné pour vous, Faîtes ceci en mémoire de moy. Les deux autres Evangélistes omeftent ce mot, qui toutesfois n’ést pas Superflu., Car voylà pourquoy la Chair de Christ,us \nous est aujourd’huy pain, asçavoir pour- ï ice qu’en icelle le salut nous à esté une fois acquis. Et comme ceste chair cruci-} fiée ne proufite sinon à ceux qui la man- 40 gent par foy: aussi d'autre part | cestËfe] Man ducaton seroit une chose bien mai- 4 gre, et quasi de nulle valeur, s’il n’y avoit ce regard du sacrifice qui a esté une fois offert. Ainsi donc, quiconque RSIe AE) la chair de Christ luy soit.en nourriture, :
qu’il la considère offerte en Ja croix, afin tam que ce fust le pris de nostre réconcilia- 4 tion avec Dieu. Au reste, ce que sainct Matthieu et sainct Marc Sci en par-
la coupe, LAC que le “sang devoit estre espandu en rémission des péchez. Or il faut estendre en toutes les deux parties ‘ ceste marque ou circonstance. Afin donc que nous soyons vrayement repeus de la chair de Christ, il nous faut regarder à l’immolation d’icelle, pource qu’il a falu qu'une fois elle : ait esté donnée pour nos- Soit donnée.
97 Matth. Et ayant prins la coupe, et rendu grâces, il leur donna, disant, Beuvez-en tous. Pource que l'intention de Christ a esté de tenir nostre foy 4 | tièrement arrestée à luy, afin que nou ne cherchions rien hors de luy, il à usé de double signe, pour monstrer que toute | nostre vie consiste et est enclose en luÿ.
Ce corps ha besoin de viande et de bru- | vage pour le sustenter et entretenir en M vie: Christ nous voulant enseigner qu'il est luy seul suffisant pour nous donner en perfection toutés choses nécessaires à salut, s’attribuent les mesmes propriétez que la viande et le bruvage ont: en quoy
SUR L'HARMONIE ÉVANGÉLIQUE
naireté, entant que pour plus grande confirmation de nostre foy, il se démet et abaisse à [a rudesse de nostre chair. Et d'autant plus est détestable l'audace enragée et plene de sacrilége du Pape, qui n’a point fait de conscience de rompre ce lien sacré. Nous oyons yei que le Fils de Dieu a ordonné deux signes ensemble, pour testifier la plénitude de vie qu'il "donne aux siens. De quéile authorité un homme mortel a-il peu diviser les choses que Dieu avoit conjointes? Mais encores il semble que le Seigneur de propos délibéré à commandé que ous beussent de la coupe, afin d’empescher qu'un tel sacrilége n’entrast en l'Eglise. Quand il parle du pain, nous voyons qu'il dit simplement, Prenez, mangez. Pourquoy doncques en l’autre partie commande-il nomméement que tous en boyvent, et sainct Marc récite expresséement que tous en beurent, sinon d'autant qu'il a voulu advertir les fidèles de fuir ceste nouvelleté exécrable? Ce néantmoins ceste défense estroite n’a point fait peur au Pape : mais passant outre, il a bien osé changer et abolir la loy establie par le Seigneur : car il a osté à tout le peuple Pusage du calice. Et afin que il semblast que sa rage fust fondée en quelque raison, il allègue pour se couvrir, qu'une seule espèce suit, pource que la chair comprend aussi le sang avec SOy per concomilantiam, comme disent ses supposts : c’est-à-dire, pource que l’un ne peut estre sans l’autre.
Voire, mais il faudroit, si ceste couleur ha lieu, abolir par mesme moyen tout le Sacrement, pource que Christ nous pourroit bien faire participans de sa chair et de son sang Mais toutes ses cavillations tant püériles ne servent de rien pour excuser son impiété, pource qu’il n’y à rien tant absurde que de dire que les fidèles se passent volontairement des aides que Dieu leur a ordonnées, ou souffrent qu’on les en despouille. Et pourtant il ny a rien moins supportable que ce vilein deschirement dun tel mystère.
. 28 Car ceci est mon sang du nouveau Testament, lequel, etc. J'ay desjà remonstré ci-devant, quand il est dit que le‘sang seroit espandu en rémission
sans aucune aide externe. |
des péchez, que par ces mots nous som-
mes conduits au sacrifice de la mort de ?*
Christ, sans la mémoire duquel on ne ; sçauroit jamais célébrer Ja Cène. Et de faict, il est impossible que les âmes des fidèles soyent autrement rassasiées, entant qu’elles s’asseurent que Dieu est appaisé envers elles. Au reste, par ce mot de Plusieurs, 1 n'entend pas seulement une partie du monde, mais tout le genre bumain. Car il met plusieurs à l’opposite d’un : comme.s’il disoit qu’il ne sera point rédempteur d’un homme seulement, mais qu'il s’en va. mourir pour délivrer plusieurs de la condamnation de malédiction : et n’y à point de doute que Christ en parlant à quelque petit nombre de gens, n'ait voulu faire Ja doctrine; commune à plusieurs : toutesfois il faut quant et quant noter que Christ en sainct Luc
parlant nomméement aux disciples; éxhor-
te chacun fidèle d’applicquer à son usâge et proufit ceste effusion de sang, Ainsi
donc quand nous venons à ceste saincte table, que non-seulement il nous souviene en général que le monde à esté racheté par le sang de Christ, mais que chacun
en son endroit considère que Ja purga-
tion de ses péchez a esté faite, Du nouveau Testament. Sainct Lue et sainct Paul disent autrement, Le nouveau T'estament en mon sang : toutesfois en mesme sens : LE a
point nt ratifiée pour demeurer ferme et, avoir efficace, simon par le bruvage spirituel du sang. Au reste, il est aisé à recueillir comment sans raison les Papistes et telles gens font des scrupuleux et superstitieux, en S’attachant obstinéement aux mots. Car quand ils devroyent crever (comme on dit) on ne sçauroit rejet-
ter ceste exposition du sainet Esprit, Que
la coupe est nommée sang, pource que c’est le testament au sang. Or est-il qu il y à semblable raison au pain : dont s’en-
SUyVra qu’il est nommé le Corps pource que c’est le Testament au corps: IT né faut plus donc qu'ils débatent, disans qu’on se doit arrester préciséement aux simples paroles de Christ, et fermer l’aureille à toutes autres expositions : c’est Christ luy-mesme en personne qui parle,
lequel ils ne pourront nier qu’il ne soit
pource que ceste alliance n’est.
da # ph.n