‹ Commentaires et lettres (volume 2)Chapitre 136 sur 158 · DE BLAISE · texte numérisé non relu

DE BLAISE

En sera parlé à monsieur de Gramont. Regarder s'il y aura moyen de leur faire bailler un moys, pour les lic entier.

En est escript à la court de parlement, affin qu'ilz regardent d'y pourveoir pour l'advenir.

DE 3I0NLUG. 291

eu depuis ung an en çà; et les veullent abandonner, s'ilz ne sont bien tost païez.

Faire pareillement entendre au dict sieur de Monluc si vostre Majesté veut entrestenir ou non la compagnie de cbevaulxlégers du cappitaine Monluc, son filz; et la voullant ou casser ou entrestenir , il vous plaira ordonner que quelque somme de deniers luy soit délivrée, atendu que, depuis six moys qu'elle fut levée, elle n'a eu que mil livres.

Révocquer aussi les arrêts que le premier présidant a donnez en faveur de ceulx de la nouvelle relligion , mesme de la dame de Duras; par lesquelz leur est permis d'enquérir contre tous ceulx qui leur plaira et faire restituer ce qui leur a

vol. 689, 8, pièce 137). Cette instruction, du 23 décembre 1563, nous donne la date de sa mission.

esté prins durant ces troubles : et faire defFence au dict président^ ensemble à la dicte court, de plus en congnoistre. Autrement, les catholiques, qui n'ont pas esté moins vexez qu'eulx, feront le semblable. Ainsi, chacun se ru\ nera en procès; et cela - pourroit estre cause que nous retournerions à plus grande sédition que jamais et principallement entre la noblesse^

Escrire aussi au dict présidant que le roy n'entend point que à Bourdeaux se face aulcun Cela est fait. presche de la nouvelle

religion, ne ailleurs aussy, sinon es lieux ordonnez par sa Majesté ; et qu'il se gai^de bien d'en user autrement^.

1 . Le roi avait envo} é en Guyenne deux commissaires, Fumée et Angenoust, qui étaient entrés en rivalité avec le pai'lement de Bordeaux. Les incidents de cette querelle de compétence sont exposés dans diverses lettres, notamment du 7 août (coll. Saint- Germain fr., vol. 689, 8, pièce 50), du 20 août [ibid., pièce 57) et dans un important mémoire , sans date, mais que nous attribuons au mois d'octobre [ihid., vol. 689, 11, f 294).

2. La ville de Saint-Macaii'e avait été attribuée à la prédica-

Le roy n'entend point qu'il y ait presche qu'en chacune baillie ou séneschaulcée ung et riens plus.

Il plaira aussi à vostre Majesté mander au dit sieur de Moulue si elle entend que la royne de Navarre face prescher par toutes ses terres. Il semble au dit sieur de Monluc qu'il suffiroit d'ung presche au duché d'Albret, ung autre au conté d'Ai^maignac, et ung autre au lieu où la personne de la dicte dame résidera.

Autrement, si le dict presche se faict partout, il n'est besoing de lieutenant de roy de là la Garonne, car tout est de la dicte dame jusques aux portes de Baïonne, excepté Bourdeaulx, Bazas et Condom. Ainsi la relligion catholique sera bien

tion de la réforme, pour la séne'chaussée de Bordeaux, par l'ordonnance du 7 avril iS63 (coll. Gaignières, vol. 39o, f" 177). Mais les habitants de Saint-Macaire , qui avaient été rançonnés par Duras, refusèrent d'abriter « ce foyer d'infection. » D'autre part la ville de Saint-Macaire paraissait trop éloignée aux réformés de la province, qui préféraient Bordeaux. Le roi répondit à ces plaintes en ordonnant à Monluc et aux commissaires de s'entendre pour le choix d'une nouvelle \'ille (coll. Saint-Germain fr., vol. 689, 11, f» 294).

tost abollye en Guyenne^ et l'autre du tout exaltée.

(Copie du temps, sans date ni signature; Bibl. imp., coll. Saint-Germain fr.. Toi. 689, 11, f" 125.)

9 7. — Les mémoires et instructions que le sieur de Monluc avoit envoyé au seigneur de Charry à rendre compte à monsieur le duc Danville^ et aultres princes et seigneurs, tenens la religion catholique, des raisons qui ont esmeu ledict sieur de Monluc a quicter son gouvernement, pour ce quil en y pourroit avoir qu'il le fist plus pour le peu de compte que la royne a faict de luy, ne luy faisant des biens ny récompance de ses services, que pour aultre chose.

[Commencement de de'cembre 1563'.]

La princij^ale occasion est que, voyant appertement ledict sieur de Monluc, comme aussi ung chascun le peult cognoistre, que la royne s'en va faire perdre entièrement nostre religion, ayant appelle

\ . Cette pièce n'est pas datée, mais elle ne saurait être placée qu'entre les protestations de la cour de France contre le monitoire pontifical du 28 septembre et la mort de Charry (30 décembre 1363). Elle doit même appartenir aux premiers jours de décembre, puisque, après l'avoir reçue, la reine eut le temps d'écrire à Monluc pour l'engager à retirer sa démission, et que Monluc put répondre à la reine, le 27 décembre, qu'il obéirait à ses ordres. Voyez p. 30S.

l'admyral *, cardinal de Chastillon' et autres et en tel nombre au conseil privé du rov que les nostres ne sont plus rien, actandu aussi que monsieur le eognoistable et chancellier', qui sont les chiefz principaulx dudict conseil, les favorisent du tout; d'aultre part les grandz faveurs que la royne faict et démonstre à tout le monde à la royne de Navarre de plus en plus, pourtant tel préjudice au service du roy et de sa religion que ceulx de la religion nouvelle prennent telle assurance et si grande audace de leur faict qu'ilz disent et prêchent publicquement que, si le roy et la royne ne voulloient que leur religion prospérât par dessus la nostre, ilz ne la favoriseroient de tout ce qu'elle c'est demandé, comme ilz font, et que la royne l'a assés évidament monstre, quant elle a faict prendre la protection au roy contre le pape*, disans que, si ladicte dame n'eust volu que sa Majesté le fist ainsi, elle eust

Page 1