‹ Commentaires et lettres (volume 3)Chapitre 12 sur 98 · A MONSIEUR L EVESQUE DE CONDOM · texte numérisé non relu

A MONSIEUR L EVESQUE DE CONDOM

[Agen, k mars 1565.]

Monsieur mon cousin, je vous prie, si n'avez parlé à monsieur de Valence', sçavoir avecques luy s'il a

1. Ogier de Pardaillan, seigneur de Panjas (t. III, p. 94, note 1). Monluc l'avait envoyé à Toulouse pour prier le roi de servir de parrain à sa fille (Lettre de Panjas à Monluc du 5 mars 1565; coll. Gaignières, vol. 34t, f» 131).

2. Charles de Pejrusse d'Escars, évêque de Poitiers en 1564. Il devint en 1568 évêque et duc de Langres.

3. Jean de Monluc, évêque de Valence , avait été nommé par le roi surintendant des finances , foveur qui paraissait d'autant plus scandaleuse aux catholiques rigides que ce prélat venait de présenter à la cour son fils Balagny, alors âgé de douze ans (Arch. de l'empire, K. 1503, n° 50).

encore parlé avec madame de Curton pour les batizailles*, et aussi si leur fauldra faire la despence dont en avez prins le mémoire : icelle prenez sur Brusselles et quelqu'un autre qui en aye. Le vice-sénesclial Girard est passé en ceste ville, s'en allant à Bourdeaulx. Je luy ay parlé d'aller faire le procès à Jehan de Mesmes*, qui m'a respondu qu'il ne le pouvoit faire qu'il n'eust exprès commandement du roy, de tant que Condomoys n'est de sa juridiction. Je vous prie en avoir la commission et icelle m'envoyer, et que soit dressante audit Girard ou ses lieutenants, car incontinent l'ung d'eux viendra faire le procès audit Jehan de Mesmes, ou bien, si vous voyez qu'il soit trop loing à recouvrer ladite commission, obtenir une lettre du roy à eux dressante, car il suffira.

Je partiray vendredy d'icy pour me randre sabmedy au soir à Montauban, sinon le roy eust changé d'oppinion, de quoy je vous prie m'en advertir, ensemble de toutes autres nouvelles. Je vous prie aussi ne bouger de la comt que n'ayez passé le contrait avec Maillac, et donner à monsiem' d'Orléans' de sa

1. Baptême de Charlotte -Catherine de Monluc (t. I, p. 17, note i).

2. Une lettre de Panjas, du 5 mars 1S65, transmet à Monluc, de la part du roi, l'ordre de faire conduire Jean de Mesmes à Agen, afin que le prévost de l'hostel lui fasse son procès pendant le séjour du roi (coll. Gaignières, vol. 341, f° 131).

3. Jean de Moi'villiers, conseiller du roi, ambassadeur à Venise, évêque d'Orléans en 1552, résigna son évêché en faveur de son neveu, Jean de la Saulçaye, en 1564, sans renoncer aux avantages de ce bénéfice, fut nommé chancelier en 1568 et mourut en 1577. Deux lettres du 3 décembre 1564, du roi

lettre sur le nés^ car il n'y peult rien demander pource que le roy n'a rompu l'eslection*. Par ainsin il n'v peult rien prétendre. Qui sera fin, après m'estre recommandé de bien bon cueur à vostre bonne gracC;, priant nostre Seigneur en bonne santé vous donner, Monsieur mon cousin, longue et heureuse vie.

D'Agen, ce 4 mars 1565.

Vostre meilleur cousin et amy à vous faire

service,

De Monluc.

(Lettre originale; signature antograpLe; Blbl. imp., coll. GaignièreSj vol. 341, f" 89.)

^30. A MONSIEUR MON COUSIN, MONSIEUR l'ÉVES-

QUE DE CONDOM, A THOLOZE

[Moissac, 12 mars (156b).]

Monsieur mon cousin, j'ay receu tout présentement en ceste ville de Moyssac les lettres de monsieur de Vallence et les vostres par le trésorier adjoinct, et parce que je m'en vais dès ce soir à Montauban, je ne vous feray plus longue lettre, sinon pour vous prier que vous ou monsieur de Panjas me veniez trouver là justement, la présente veue. Et après

et de la reine, félicitent Monluc de l'accord consenti avec Morvilliers (Coll. St-Germ. fr., vol. 689, 11, f° 5).

1. Ce passage se rapporte aux négociations financières que le roi avait imposées à Monluc en retour du don de l'évêché de Condom, Voyez t. IV, p. 372, note 3.

avoir prié monsieur de Vallence me mander de toutes nouvelles, car incontinant je m'en retourneray à Agen, et, s'il est besoing que mon lacquay demoure à Tholoze, si l'évesque de Vallence n'avoit loysir promptement de me mander certaines nouvelles du parlement et voyage que le roy fera*, il le porra retenir pendant troys ou quatre heures pour m'en escripre tout à son ayse. Je vous prye aussi prier monsieur Dampville de me mander, s'il est possible, l'occasion du changement de voiage, auquel je n'escris point par la haste que j'ay que mon lacquay arrive de grand matin devers vous.

Revenant à monsieur de Panjas, il est si amoreux à la court qu'il ne luy souvient pas de ce qu'il m'a escript. Je vous envoie sa lettre ; et luy monstrerez que au fond d'ycelle il me mandoit qu'il s'en partoit pour s'en aller en sa maison, et qu'il ne fault pas donc qu'il trouve estrange si je ne luy ay escript. Il me feroit plaisir qu'il vinst à Montauban, et que vous ne bougissiez pour ne vous donner tant de peine. Et me semble que devez passer l'appointement faict de MaiUac et ne vous arrester en ce que me mandez, car ce n'est que conseil d'advocats qui ne demandent qu'à brouiller les cartes partout où ils mectent la main. Et espérant entendre de vos nouvelles à Montauban, je mettray fin à la présente, après m'estre recommandé de très bon cueur à vostre bonne grâce, suppliant le Créateur vous donner. Monsieur mon cousin, en santé, heureuse et longue vye.

i . Le roi quitta Toulouse le d 9 mars et arriva le 20 à Montauban (Aubais, Pièces fugit., t. I, Relation d'Abel Jouan).

De Moyssac, ce XX'"^ de mars.

Vostre meilleur amy et cousin prest à vous faire service.

De Monluc.

J'ay oblyé mettre en la lettre à monsieiu' de Vallence que je le prye dire à la royne que je suis venu jusques à Montauban, pençant les y trouver, ou au chemyn pour y venir, et si luy plaist de m'y rien commander, et s'il veult que je coure jusques à Tholoze parler à elle ou bien que je coure à Agen les attendre.

(Lettre originale; signature autographe; Bibl. imp., coll. Gaiguières, vol. 341 ,

I 3^ . A MONSIEUR MON COUSIN, MONSIEUR l'^VES-

QUE DE CONDOM, A THOLOZE

[Montauban, 12 mars 1565.]

Monsieur mon cousin, incontinent que suis esté icy, ay dëpescbé Ficquepal, présent porteur, pource que j'avoys oblyé vous escripre par l'autre lettre n'achapter rien pour le fillolaige^, car j'ay trouvé ung homme qui a baillé les mémoires de ce qu'il faut, monsieur Jacques Guiget, qui déjà'en a pris la charge. Les couppes sont pour mectre les confitures. Je vous prie, dictes à monsieur de Panjas qu'il me face ce plaisir de venir jusques icy, et ne vous bougez-vous

■1 . Fillolaige , filiolagium , don que le parrain faisait à son filleul.

tant que vous y aurez affaire, car je crains que vous tumbiez malade, faisant les grands traites que vous avez accoustumé. Et vouldroys, s'il estoit poussible, qu'il fût icy mercredy à diner et qu'il m'appourtast certaines nouvelles du partement du roy, s'il est possible, et s'il passera en ceste ville et du temps que sa Majesté pourra estre à Gen, afin que je m'en retourne tout incontinent à Gen. Et priés monsieur de Valence de ma part d'en parlera laroyne etveoir si sa Majesté vouldra que je m'en retourne. L'on dict qu'il se faict ung batteau pour le roy; informez-vous en, je vous prie, car par venture il s'en vouldroit aller par eaue. Vous aurez demain matin mion lacquay avec des lettres que j'escrips à monsieur de Valence et à vous, que je vous ay dépescliédeMoyssac. Je ne vous ay point escript ny à monsieui' de Valence par Imberton, sinon à monsieur de Sipierre, et ung mot de lettre seulement à monsieur Damville. Je vous prie présenter mes humbles recommandations à monsiem^ de Vallence, et dictes-luy que je le supplye vouloir parler au trésorier de l'espargne de me bailler la rescription des deux mil li\Tes, adressant au recepveur Laville, qui est venu, car je suis certain que incontinent il me baillera mon argent \ Qui sera fin après m'estre recommandé de bon cueur à vostre bonne grâce, priant nostre Seigneur en très bonne santé vous donner, Monsiem^ mon cousin, longue et heureuse vie.

1. Cette affaire occupait beaucoup Monluc. Voyez la lettre de Panjas à Monluc, du 5 mars (Coll. Gaignières, vol. 341, f° 131).

De Montauban, ce 12 mars 1565.

Vostre meilleur cousin et amy prest à vous faire service,

De Monluc.

Monsieur de Panjas trouvera icy mes affectionnées recommandations à sa bonne grâce.

JLettre originale; signature autographe; Bibl. imp., coll. Calgnières, vol. 341 . fo 435.)

[Montauban, 15 mars 1565.]

Madame, j'ay receu la lettre qu'il a pieu à vostra Majesté m'escrire, et suys bien aise que vos Majestés envoyent monsieur de Caillac à Saint-Anthony * et Millau pour veoir les desmolitions qui y sont faites. Le capitaine Tilladet est icy, qui m'a asseuré de sa vie et de son honneur que à Saint Anthony ne y a rien à desmolir et que les desmolitions sont achevées. Mais quant à Millau, il sera malaysé à faire lesdittes desmolitions, qui ne soict à grands frays, pource que es habitants dudit lieu y ont faict tout ce qu'estoit possible à eulx.

; Madame, je n'ay poinct adverty la noblesse de ce

1 . Sur la démolition des fortifications de Millau , voyez une série de pièces : deux lettres de Rascalon, valet de chambre du roi, au capitaine Tilladet; lettre du roi à Caillac; lettre du roi aux habitants de Millau ; lettre de Rascalon aux mêmes ; déclaration de Caillac. Ces lettres ont été écri ^s entre le 23 février et le 8 avril 1365. Elles sont conservées à 1 Bibliothèque impériale ans la collection Doat, vol. \kb, i" 237 et suivants.

pays pour ce rendre en ceste ville au davant de vos Majestés pource que la plus grande part estoiet à Tholose à l'entrée de sa Majesté, et icy avecques moy je n'ay que dix ou douze gentilshommes, qui sont de mes parents ou de ma compaignie. Aussi difficilement y eussent-ils trouvé lougis. Et ceux qui sont voisins de ceste ville, à tout le moings la plus grande part, sont de la nouvelle religion, auxquiels je n'ay guières accoustumé de commander. Je vous escrits cecy pource que, par une lettre que monsieur de Valence m'escrit', vous voulez que je présente ladite noblesse à monsieur le prince de Navarre pour estre présentée au roy par luy, ce que je feray s'il en vient; mais de les mander à présent ce seroit trop tard. Aussy ne l'ay-je point mandé en l'Agennoys. Et si vostre Majesté veult que je les mande, il vous plaira le me mander, car je le y dépescheray incontinent.

Madame, je suplie nostre Seigneur que en toute grandeur et félicité vous doinct très longue et très heureuse vie.

De Montauban, ce XV"^ jour de mars 15fi5.

Votre très unble et très obéissant serviteur et sujet.

De Monluc.

(Lettre originale; ces derniers mots : votre très unble, etc. et la signature son autographes; Bibl. iinp.j coll. Dupuy, vol. 194, f" 5.)

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