‹ Commentaires et lettres (volume 3)Chapitre 68 sur 98 · CHARLES IX A MONLUC · texte numérisé non relu

CHARLES IX A MONLUC

[Du camp devant Rouen octobre 1562.]

Monsieur de Monluc, voici mon pays de Guyenne, Dieu mercy, par le bon ordre que vous y avez mis, réduict en telle tranquil- Uté qu'il n'y a personne qui y ayt remué la teste ; et de l'autre costé, ayant entendu que la Roche foucault, Duras et tout ce qu'ils ont peu ramasser s'est allé joindre avec ceulx d'Orléans, il m'a semblé qu'ils estoyt nécessaire de me renforcer aussy et faire approcher de moy, non-seulement les forces que je tiens entour de moy, mais aussy les bons cappitaines et les personnes de qui je puisse tirer tous bons services en ime telle nécessité ; et puisque Nostre Seigneur me fait la grâce de les chasser de Guyenne, il

de la part de M. de Monluc, vous voudrez bien faire savoir à S. E. en mon nom que, quoique je ne craigne pas pour la vie du susdit seignevu-, qui n'est affligé que d'une simple fièvre tierce, et aucune complication ne s'étant déclarée, cependant, à cause de son âge, de sa mauvaise disposition, de l'affaiblissement qui se voit en lui, à cause de la saison, il me semble qu'on peut au moins penser qu'il sera peu utile pendant quelques jours, d'autant plus qu'il lui est odieux d'avoir à négocier et qu'il reste ici contre son gré, désirant toujours d'être auprès de S. E. Poui' cette cause il me parait aussi à moi nécessaire que S. E. envoie quelqu'un pour commander les soldats. »

Le reste de la lettre traite des questions d'administration militaire, augmentation de solde, etc.

fault en faire le semblable de tous les autres lieux de ce royaulme. Au reste, j'escripts à mon cousin, le duc de Montpencier, et le prie m'envoyer sept compaignies de gendarmerye de celles qui sont en la Guyenne, avec la compaignie de chevaulx legiers de vostre fils, et luy mande que je veulx par mesme moyen que vous et monsieur de Sanssac me veniez trouver avec lesdictes forces, parce qu'estant ce pays-là en seureté, je veux que ainsi ce puisse être les aultres, afiSn qu'il n'y faille plus retourner *.

Minute originale; Bibl, nat., coll. Saint-Germain franc., vol. 689, 7, f" 257.)

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