CoMii. SLU Corneille, II
48 REMARQUES SUR HÉRAGLIUS.
comme je raimc'', ni à ces beaux nœuds, ni à cet amour parfait, ni à CCS chaînes si belles, à ces captioités éternelles. Quinault a passé pour avoir le premier employé ces expressions, dont Corneille s'était servi avant lui dans presque toutes ses pièces. Il parait étrange que le public se soit trompé à ce point; mais c'est que ces expressions tirent une grande impression dans Quinault, qui ne parle jamais que d'amour, et qui en parle avec élégance ; elles en tirent très-peu dans les ouvrages de Corneille, dont les beautés mâles couvrent toutes ces petitesses trop fréquentes. Tous ces vers, d'ailleurs, sont du style de la comédie, et d'un style dur, rampant, incorrect.
Vers 20. Il n'est plus temps d'aimer alors qu'il faut mourir.
Ce beau vers parait la condamnation de tout ce que vient de dire Héraclius, qui n'a parlé que de mariage ; on s'attendait qu'il parlerait d'abord à Pulcliérie du péril afTreux où elle est, et dicat jam nunc debentia dici^. Aussi tous ces personnages ont beau parler d'amour, et de tyrans, et de mort, aucun d'eux ne touche ; aucun n'inspire de terreur jusqu'ici. Mais l'intrigue commence à attacher, et c'est beaucoup.fle principal mérite de cette pièce est dans l'embarras de cette intrigue, qui pique toujours la curiosité.
Vers 21. Et quand à ce départ une âme se prépare...
Ce mot départ est faible, et une âme aussi. Tâchez de ne jamais faire suivre un vers fort et bien frappé par un vers languissant qui l'énervé.
Vers 2i. J'ai peine à reconnoître encore un père en lui.
Le lecteur doit ici se souvenir qu'Héraclius sait bien que Phocas n'est point son père, mais qu'il n'a point dit son secret à Pulcliérie : cela cause peut-être un peu d'embarras, et c'est au lecteur à voir s'il aimerait mieux que Pulchérie ftit instruite ou non. Mais il y a aujourd'hui beaucoup de lecteurs si rebutés des mauvais vers qu'ils ne se soucient point du tout de savoir qui est Martian et qui est Héraclius, et qu'ils s'intéressent fort peu à Pulchérie.
Vers 33. Ah! mon prince, ah ! madame, il vaut mieux vous résoudre Par un heureux hymen à dissiper ce foudre.
1. Voyez lome XXXI, pages 471, 484 et 502. 'i. Horace, Art poétique, 43.
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