‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 140 sur 574 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Vers 11. Seigneur, l'occasion fait un cœur différent.

Faire au lieu de rendre ne se dit plus. On n'écrit point cela vous fait heureux, mais cela vous rend heureux. Cette remarque, ainsi que toutes celles purement grammaticales, sont pour les étrangers principalement.

Cette scène est toute de politique, et par conséquent trèsfroide ; quand on veut de la politique, il faut lire Tacite ; quand on veut une tragédie, il faut lire Phcdre. Cette politique de Flaminius est d'ailleurs trop grossière. Il dit que Rome faisait une injustice en procurant le royaume de Laodice au prince Attale, et que lui Flaminius s'était chargé de cette injustice : n'est-ce pas perdre tout son crédit ? Quel ambassadeur a jamais dit : On m'a chargé d'être un fripon ? Ces expressions, ce n'est pas loi pour elle, reine comme elle est, à bien parler, etc., ne relèvent pas cette scène.

Vers 51. Ce seroit mettre encor Rome dans le hasard Que l'on crût artifice ou force de sa part, etc.

La plupart de tous ces vers sont des barbarismes ; ce dernier en est un, il veut dire: ce serait exposer le sénat à passer pour un fourbe ou pour un tyran.

Vers 58. Rome ne m'aime pas, elle hait Nicomède.

Ce vers excellent est fait pour servir de maxime à jamais.

134 RE3fARQUES SUR NICOMÈDE.

Tors 65. Mais puisqu'enfin ce jour vous doit faire connoître Que Rome vous a fait ce que vous allez être, Que perdant son appui vous ne serez plus rien, Que le roi vous l'a dit, souvenez-vous-en bien.

Tâchons d'éviter ces phrases louches et embarrassées.

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